Rebecca Amsellem est une entrepreneuse, économiste et militante féministe franco-canadienne née à Paris le .
En 2015, elle lance la lettre d'information féministe Les Glorieuses et le mouvement #7novembre16h34 qui dénonce les inégalités salariales entre hommes et femmes. Elle publie son premier livre, Les Glorieuses, chroniques d'une féministe, en 2018. Elle a été saluée pour son activisme pour l'égalité femmes-hommes, et critiquée pour ses méthodes de management jugées abusives par d'anciennes collaboratrices.
Biographie Enfance et formation
Rebecca Amsellem naît le à Paris. Elle possède la double nationalité franco-canadienne, sa mère étant une Canadienne descendant des Merle d'Aubigné, famille huguenote dont certains membres se sont installés en France et en Amérique du Nord. Elle grandit dans un milieu familial préservé, où l'égalité des sexes est manifeste. Elle est diplômée de l'Institut d'études politiques de Toulouse en 2012. Elle soutient en 2016 une thèse en économie de la culture à l’université Paris I-Panthéon-Sorbonne, intitulée Les stratégies d'internationalisation des musées et les nouveaux modèles d'affaires.
Carrière professionnelle Les Glorieuses et #7novembre16h34
En 2015, alors qu'elle rédige sa thèse, Rebecca Amsellem crée la lettre d'information féministe Les Glorieuses. Envoyée tous les mercredis, elle fait le tour de l'actualité féministe internationale, à travers un édito, une revue de presse et des interviews. Fin 2019, la lettre d'information est suivie par .
Elle lance également en 2015 ce qui est au départ le mouvement #7novembre16h34, dont la date est actualisée tous les ans. Il a pour objectif de sensibiliser à l'inégalité salariale entre les femmes et les hommes en France, alors que les salariées gagnent en moyenne 15 % de moins que leurs collègues masculins, malgré une interdiction de la discrimination salariale remontant à 1972. Ce différentiel, converti en date, correspond aux nombres de jours où les femmes travailleraient donc « gratuitement », soit presque deux mois au lancement du mouvement. Ses propositions pour remédier au problème incluent un congé parental partagé suivant le modèle suédois, la transparence des salaires en entreprise, une revalorisation des salaires des métiers dits féminisés, et la création d'un certificat d'égalité à l'adresse des entreprises.
Dans le cadre de l'élection présidentielle française de 2017, Les Glorieuses devient un collectif qui cherche à peser sur le débat public en menant une veille sur les prises de position des personnalités et partis politiques français au sujet des droits des femmes. Rebecca Amsellem les appelle à adopter ses propositions, telles que le principe d', qui consiste à conditionner l'accès aux marchés publics, l'obtention des subventions ou de prêts garantis par l'État au respect de l'égalité salariale. Elle lance Petites Glo, une newsletter féministe destinée aux adolescentes, en 2017. En 2018 est créé Gloria Media, entreprise chapeautant les lettres d'informations et les partenariats des Glorieuses, ce qui lui permet de se consacrer au projet à temps complet. Six ans plus tard, ses différentes newsletters comptent environ .
Premier livre et accusations sur ses méthodes managériales
Elle publie en 2018 son premier ouvrage, Les Glorieuses : chroniques d'une féministe. Dans ce livre autobiographique, Rebecca Amsellem met à profit son histoire personnelle pour raconter Virginia Woolf, Anaïs Nin, Olympe de Gouges ou la journaliste Marguerite Durand, des femmes qui ont fait naître son intérêt pour le féminisme, mais qui ont surtout été à l'origine des premières réflexions de la société sur la condition féminine. Le livre est écrit à la première personne car c'est nécessaire, selon elle, pour mieux transmettre son expérience et montrer que celle-ci est partagée par de nombreuses femmes.
En , son activisme lui vaut d'être classée parmi les françaises de l'année par le magazine Forbes.
En 2021, une enquête d'Arrêt sur images auprès d'anciennes collaboratrices semble montrer un manque de cohérence entre le discours et les actes de Rebecca Amsellem, qui est accusée de mauvais traitements, en contradiction avec les valeurs qu'elle affiche publiquement. Elles lui reprochent des . À la suite de cette publication, Anna Toumazoff, qui fut stagiaire aux Glorieuses d' à , relate une série d'abus que Rebecca Amsellem lui aurait fait subir.
Rebecca Amsellem est, par ailleurs, condamnée le par le conseil des prud'hommes de Paris à verser de rappel de salaire, à la suite de la requalification en CDI du contrat d'une ancienne collaboratrice.
En , elle présente une série de podcast nommée La Méthode, coproduction entre Les Glorieuses et Louie Media. Les six épisodes, qu'elle écrit en collaboration avec Léna Coutrot et Fanny Ruwet, s'appuient sur des analyses d'intellectuelles féministes françaises et internationales, comme Geneviève Fraisse, ou Reni Eddo-Lodge. Cette série interroge les conditions d'une utopie féministe et des méthodes à utiliser pour atteindre une société mondiale sans féminicide ou discrimination envers les femmes.
Prises de position
Si Rebecca Amsellem est principalement connue pour avoir lancé le mouvement du #7novembre16h34 en faveur de l'égalité salariale, elle prend plus largement position sur des sujets liés au féminisme. Elle se définit comme pro-choix au sens large, considérant que . L'écrivaine Barbara Polla la classe parmi les féministes intersectionnelles. En 2019, lors de la campagne de communication des JO 2024, elle dénonce l'hypersexualisation du logo représentant Marianne.
Rebecca Amsellem considère qu'une place plus conséquente doit être donnée au féminisme dans le système éducatif, car l'école est, selon elle, le meilleur endroit pour initier les enfants à l'égalité femmes-hommes, après le cercle familial. Elle propose par exemple de faire étudier les textes de l'écrivaine nigériane Chimamanda Adichie au lycée ou, sur un registre plus pratique, de faire installer des distributeurs de protections hygiéniques gratuits dans les collèges et lycées.
Enfin, Rebecca Amsellem se prononce pour une réévaluation de la place des femmes dans les musées, ceux-ci étant d'après elle trop souvent dirigés par des hommes ou adaptés à des visiteurs masculins. Le fait que les œuvres exposées ont dans leur très grande majorité été réalisées par des hommes ou que les représentations de femmes nues y soient beaucoup plus nombreuses lui pose également problème. En conséquence, elle appelle les pouvoirs publics à favoriser l’émergence des personnalités féminines dans le monde muséal, tant au niveau artistique qu’administratif.
Bibliographie Thèse
, sous la direction de Xavier Greffe. Traduction en anglais : .
Essais
Ouvrages collectifs
Références
Liens externes
Catégorie:Naissance à Paris au XXe siècle Catégorie:Féministe française du XXIe siècle Catégorie:Docteur en économie de l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne Catégorie:Élève de l'Institut d'études politiques de Toulouse Catégorie:Naissance en octobre 1988 Catégorie:Auteur publié par les Éditions de l'Iconoclaste