La classe La Fayette (ou FLF pour Frégate légère furtive) est un type de frégates légères furtives construites en France et en service dans la Marine nationale française. La France a aussi construit des frégates dérivées de la classe La Fayette pour les marines taiwanaise, singapourienne et saoudienne. Grâce à leur furtivité, elles peuvent jouer le rôle d'éclaireur du porte-avions Charles de Gaulle ou des PHA de la Marine nationale. Ce fut le cas par exemple lors de l' en 2011 où l'Aconit (F713) s'est approchée près des côtes libyennes pour ouvrir le feu avec son canon de calibre de 100 mm..

Conception vignette|La frégate Guépratte dans le port de Toulon. Première d'une classe de cinq navires destinés à la Marine nationale, la frégate La Fayette a été mise sur cale en 1990. Cette nouvelle classe devait répondre à deux besoins : assurer la souveraineté dans les eaux nationales et participer au règlement des crises Outre-mer. C'est pourquoi elle devait être autonome mais également intégrable dans un dispositif aéronaval. Parmi les missions qu'elle doit remplir, citons aussi les opérations spéciales ou les missions humanitaires.

C'est un navire hautement technologique. En effet, dès sa conception, la furtivité (signature radar, infrarouge et acoustique) et la modularité (afin de minimiser les immobilisations pour modernisation) ont été des objectifs essentiels. Les technologies les plus innovantes disponibles du moment ont été utilisées afin d'augmenter son automatisation, et de réduire les coûts de fabrication et de possession.

Construction Comme les navires civils modernes, elle a été construite à partir de sous-ensembles annulaires. Cette conception permet d'avancer les travaux simultanément dans les différentes tranches, d'où des économies à la production de l'ordre de 30 % et un meilleur respect des délais de construction. Cette construction modulaire a été très poussée : les tranches ont été construites à Cherbourg alors que les navires ont été assemblés à Lorient. Cette modularité permet d'interchanger des éléments très facilement en cas d'avarie (en 24 heures pour certains modules), ainsi que les changements d'équipement. Les essais ont également été facilement réalisés indépendamment les uns des autres, le canon de 100 mm constituant avec sa tourelle un élément à part qu'il a suffi d'installer à bord après l'avoir testé en atelier.

Un chiffre est particulièrement révélateur : en 1979, il fallait 30 mois pour construire une frégate. En 1999, pour la Guépratte, dernière de la classe, 6 mois ont été suffisants.

vignette|La frégate La Fayette lors de sa remontée de la Seine le .

Furtivité S'appuyant sur le concept de navire furtif, une conception agissant sur plusieurs niveaux a été nécessaire pour faire de ce navire le premier navire furtif en service actif.

Formes La furtivité requiert des formes simples et planes, ainsi qu'un minimum d'angles permettant la réflexion des ondes radars. Pour ce faire, on utilise au maximum des surfaces planes, et une forme globalement convexe. Les frégates de classe La Fayette tirent leurs formes de ces enseignements.

De petits détails pouvant augmenter significativement la signature radar, les embarcations annexes sont cachées derrière des rideaux les camouflant sur les frégates de type La Fayette, les antennes des différents systèmes de détection et de communication protégées, elles, grâce à des réflecteurs, sur le mât.

Matériaux On peut également utiliser des matériaux composites ne réfléchissant que peu ou pas les ondes radars. Les superstructures des frégates La Fayette sont essentiellement construites en matériau composite verre-résine, absorbant les ondes radars.

Signature thermique Il n'y a pas que les ondes radars qui permettent la détection, puisque la chaleur émise est visible dans l'infrarouge. Les matériaux utilisés sont donc également de bons isolants thermiques et les fluides chauds sont dilués avant d'être expulsés.

Signature sonore Un grand soin a été apporté à la réduction de la signature acoustique du navire comme réponse à l'amélioration des dispositifs d'écoute des sous-marins. Par exemple, le pétrin du boulanger à bord a été soigneusement isolé de la structure du bâtiment au moyen de suspensions pour éviter que ses vibrations soient transmises jusqu'à l'eau via la coque. Le niveau de silence est tel que des bruiteurs ont été installés sous la coque pour réduire les risques de collision accidentelle avec les sous-marins lors des exercices. Ces bruiteurs permettent également de supprimer le cône de silence généré par la frégate pour éviter la détection par absence de signal.

Armement

Son armement est relativement léger et principalement antinavire..

Son système d'armes principal est le missile Exocet dont elle peut emporter huit exemplaires dans deux lanceurs quadruples. Il s'agit pour les navires français à l'origine du MM40 Block 2 d'une portée de , remplacé depuis lors par des MM40 Block 3 d'une portée de offrant une capacité de frappe de précision contre les cibles côtières..

Son artillerie navale se compose d'un canon de calibre 100 mm AA Mle 68 aux formes furtives, appelé 100 TR ( Technologie Rénovée) capable de tirer 80 coups par minute et d’engager un bâtiment en surface entre 10 et , de tirer sur la terre jusqu’à et d'engager un aéronef à . Cette tourelle pèse et son cycle de vie est de neuf ans, rythmé tous les trois ans par une visite d’entretien à bord avant d’être retirée par l’industriel pour un carénage. Cette période d’entretien étant longue, une tourelle nouvellement carénée est installée à sa place.. Les obus utilisés sont des OPF F4 et OEA F1. La masse de la cartouche, sans fusée, est de 23,5 kg et celle du projectile est de dont de trinitrotoluène..

Elle dispose également de deux canons automatiques de calibre 20 mm F2. Chacun d'eux est alimenté par deux caissons de sur l'affût. Pouvant tirer 7 par minute, leur portée est de . La masse unitaire est de sans munitions et de avec celles-ci.

Elle est enfin armée du système de missile surface-air Crotale CN2 équipé de missiles VT 1 allant à mach 3,5 et d'une portée de 13 km. Il s'agit d'une batterie octuple disposant de 18 missiles en soute. Il faut une demi-heure pour recharger entièrement le lanceur.

Initialement, les frégates classe La Fayette devaient être équipées de douze missiles surface-air Aster. Ils n'ont pas été installés pour des raisons budgétaires mais leurs emplacements sont disponibles, entre la tourelle de et l'avant de la passerelle. Depuis la féminisation des FLF ces emplacements sont aménagés en locaux vie pour le personnel féminin.

Aéronautique navale Un hélicoptère classe (Panther ou NH90) pouvant assurer des missions de transport léger, de lutte anti-sous-marine ou contre navires de surface peut être embarqué en permanence.

Électronique STI Le STI (Système de traitement de l'information) fusionne les données provenant des différents capteurs et sources d'informations afin de présenter à l'équipage une situation tactique complète.

Les frégates classe La Fayette n'ont pas de sonar, ce qui fait terriblement défaut.

Détection 1 radar de veille combiné Air/Surface DRBV-15C 1 conduite de tir modulaire (CTM) pour le canon de 100 mm 1 radar de navigation DRBN-34 1 radar de navigation utilisé comme aide à l'appontage DRBN-34 1 sonar de coque KingKlip Mk2 ou BlueWatcher à l'exception du Guépratte non équipé.

Guerre électronique 1 intercepteur radio ARBG-1 Saïgon 1 intercepteur radar ARBR-21 2 lance-leurres AMGL-1C Dagaie Mk2 1 bruiteur remorqué AN/SLQ-25 Nixie 1 système de masquage de bruit « Prairie Masker »

Transmissions 1 système Syracuse II 1 système Inmarsat

Opérations vignette|La frégate Guépratte dans l'océan Indien. vignette|Le Surcouf en 2004.

Admise au service actif en 1996, la frégate La Fayette et les autres navires de la classe ont participé aux exercices et opérations suivants (non exhaustif) : Exercice Jalibut 98 : exercice franco-qatari ; Exercice Khunjar Hadd 99 : exercice multinational en mer d'Oman ; Exercice Tapon 2000 : exercice franco-espagnol ; Exercice Gulf Falcon 6. : exercice franco-qatari ; Exercice Kunjar Hadd. 2001 : exercice franco-omanais ; Mission Héracles 2002 : intervention internationale en Afghanistan ; 2004 : maintien de la paix en Côte d'Ivoire ; Mission Enduring Freedom 2005 : lutte anti-terroriste dans l'océan Indien ; Exercice Varuna 7 : exercice franco-indien ; : arraisonnement du ferry Pascal Paoli ; Mission Enduring Freedom 2006 : lutte anti-terroriste dans l'océan Indien ; Mission Baliste 2006-2007 : intervention au sein de la FINUL au Liban ; Mission Atalanta 2008 : lutte anti-piraterie en océan Indien ; 2011 en Libye ; Opération européenne EUNAVFOR MED Sophia 2015 ; 2015 en Méditerranée orientale.

Modernisations Urgence opérationnelle La classe La Fayette fait l'objet d'un équipement en urgence opérationnelle avec le système de détection infrarouge HGH Vigiscan à partir de 2009Jean-Marc Tanguy, Piraterie : 5 FLF rétrofitées, le Mamouth, jeudi 5 novembre 2009 ; De nouvelles tourelles optroniques françaises en Afghanistan 26 novembre 2010, Optro & Défense.

Le capteur infrarouge en rotation permanente permet de détecter des mobiles rapides et bas sur l'eau, sur 360°, jusqu'à 3 kilomètres de jour comme de nuit..

Modernisation Le ministre de la Défense Jean-Yves Le DrianLaurent Lagneau, M. Le Drian justifie l’acquisition de 5 frégates de taille intermédiaire aux dépens du programme FREMM, opex360.com, 29 mai 2015 ; Michel Cabirol, Et voguent les frégates de taille intermédiaire de la Royale..., La Tribune, 24 novembre 2015. annonce en la modernisation de la classe La Fayette, dans l'attente de son remplacement par la frégate de défense et d'intervention.

thumb|gauche|Le La Fayette après sa modernisation en 2023 : 2 Sadral à la place du Crotale sur le hangar, et brouilleurs sur la plage avant

Le programme de rénovation des frégates « La Fayette » est notifié par la direction générale de l’Armement le à DCNSFrégates FTI : Le ministre a signé, Mer et Marine, 22 mars 2017] ; Lancement du programme de rénovation des frégates furtives FLF, communiqué de la Direction générale de l'armement, 4 mai 2017] ; La rénovation des frégates La Fayette, Mer et Marine, 6 juin 2017 ; Emmanuel Huberdeau, Feu vert pour la rénovation des frégates "La Fayette", Air et Cosmos, 4 mai 2017.. Il porte sur une tranche ferme de trois bâtiments, fin , il est décidé que ce seront les Courbet, La Fayette et Aconit, dont le chantier sur le premier exemplaire débute en , pour une livraison le https://www.opex360.com/2021/10/16/une-premiere-fregate-legere-furtive-renovee-a-ete-livree-a-la-direction-generale-de-larmement/. La modernisation des deux dernières frégates Surcouf et Guépratte qui était envisagée n'aura pas lieu..

Les travaux sont effectués au cours des périodes d'entretien programmé. Ils portent sur la structure des navires et des installations électroniques et informatiques assurant la gestion de la propulsion, de l'appareil à gouverner et de l'usine électrique. Un sonar de coque Thales Kingklip MK2 et des contremesures antitorpilles seront ajoutés et leurs conféreront une véritable capacité de lutte anti-sous-marine qui leur fait défaut jusqu'ici. Le système de combat sera remplacé par un système dérivé de celui du porte-avions Charles de Gaulle et les liaisons de données modernisées.

vignette|SADRAL sur la frégate Dupleix.