Les Juifs constituent une partie importante de la population de Żelechów, depuis le début du siècle. À la fin du siècle, ils représentent plus de 70 % de la population et dominent l'économie de la ville, ce qui entraine des frictions avec les commerçants et artisans chrétiens.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, la communauté juive compte près de . Enfermés à l'intérieur d'un ghetto, dans lequel vont s'entasser aussi de nombreux réfugiés d'autres villes polonaises, les Juifs vont mourir par centaines de faim et de maladie. Le le ghetto est liquidé. sont abattus sur place, tandis que les milliers d'autres sont transportés par train jusqu'au camp d'extermination de Treblinka où ils sont immédiatement gazés.

Żelechów est une ville polonaise de la powiat de Garwolin de la voïvodie de Mazovie dans le centre-est de la Pologne, à une centaine de kilomètres au sud-est de Varsovie. Elle compte actuellement environ .

Histoire de la communauté juive Du siecle à l'occupation russe L'installation des Juifs à Żelechów remonte au siècle, quand le domaine de Żelechów appartenait à la famille Ciołek. Chaque nouvelle famille juive signe un contrat avec le propriétaire terrien et paye une taxe pour obtenir le droit de s'installer en ville. Elle doit en plus payer une redevance au prêtre de la paroisse locale. La ville est épargnée par les pogroms de 1648-1649 perpétrés par les Cosaques conduits par Bogdan Khmelnitski et sert d'asile aux réfugiés juifs des villes avoisinantes: Andrzej Ciesla: Żelechów(Powiat Garwolin.województwo lubelskie); Encyklopedia Gmin Żydowskich; Pologne; volume VII; publié par Yad Vashem; Jérusalem, contribuant à la croissance de la communauté. À partir de cette période, la population juive va s'accroitre régulièrement et bâtira au siècle sa première synagogue. Vers la même époque, sont fondées les premières organisations juives: l'Association pour la récitation des Psaumes et l'Union des tailleurs juifs. Le mouvement hassidique est très influent dans la ville.

Vers la fin du siècle, les Juifs représentent 70 pour cent de la population totale de la ville. Ils sont principalement impliqués dans le commerce, l'artisanat, le transport et les auberges. thumb|300px|right|La synagogue en briques

Au siècle, les Juifs de Żelechów en plus de leur synagogue en bois, possèdent un mikvé, un hôpital, une école et un cimetière. Leur population continue d'augmenter et leur activité va se diversifier. Ils possèdent plusieurs entreprises industrielles, comme une confiserie, une menuiserie, une brasserie, une distillerie et une usine d'embouteillage d'eau gazeuse. La plupart des Juifs vivent au centre de la ville et à la fin du siècle une synagogue en briques est construite. Żelechów est alors considérée comme une ville juive. Les Juifs dominent grandement l'économie.

Après l'échec de l'insurrection nationaliste polonaise de 1794, supportée par certains membres de la communauté juive, et l'incorporation totale d'une grande partie de la Pologne dans l'Empire russe, la communauté juive de Żelechów va vivre une période de prospérité en harmonie avec ses voisins non-juifs.

De l'occupation russe à la Première Guerre mondiale L'occupation russe stimule l'économie locale, car de nombreux soldats stationnent en garnison dans la région. Żelechów devient un centre reconnu pour son cuir et la fabrique de chaussures et de bottes par les artisans juifs. Les sociétés de construction juives construisent les bâtiments pour l'armée russe.

À la fin du siècle, Żelechów compte près de pour et la défiance entre Polonais et Juifs grandit. Pour concurrencer plus efficacement les commerçants juifs, les Polonais créent une coopérative chrétienne.

Au début du siècle, apparait à Żelechów le premier groupe sioniste avec l'ouverture de cercles d'étude de l'hébreu et le début de la collecte de fonds pour le Fonds national juif. Le premier parti sioniste qui s'établit en ville est le Po`alei Ziyyon. À la même époque est fondée une branche du Bund. Après la révolution avortée de 1905, les mouvements politiques se désintègrent en raison des persécutions politiques. En 1912, les Juifs de Żelechów ouvrent une bibliothèque communale juive, qui est fermée par les autorités.

L'activisme reprend pendant la Première Guerre mondiale avec l'occupation de la ville par l'armée allemande. En 1915 sont ouvertes à Żelechów des branches des partis Mizrahi (sionistes religieux) et Agudat Yisra'el (judaïsme orthodoxe). Pendant la guerre, la situation économique des habitants de Żelechów se détériore, et plus particulièrement celle des Juifs. Les nombreux réfugiés augmentent la pression. Quelques Juifs sont suspectés d'être des espions au profit de l'Allemagne et sont arrêtés par les autorités russes et beaucoup d'autres quittent la ville volontairement pour se réfugier à l'intérieur de la Russie. Même après la conquête de Żelechów par les Allemands, la situation économique continue à se détériorer et la ville souffre d'un manque cruel de produits de première nécessité comme la nourriture ou le fioul. Le nombre de Juifs diminue pendant cette période.

La période révolutionnaire ne provoque pas d'antisémitisme ni de pogrom à Żelechów, à la différence de ce qui se passe dans beaucoup d'autres villes. Les propriétaires polonais d'ateliers de cordonnerie essayent de monter leurs ouvriers juifs et polonais les uns contre les autres, mais sans grand succès. À environ six miles russes (soit ) de Żelechów, à Siedlce, les soldats tsaristes réussissent à organiser un pogrom contre les Juifs, qui en grande partie vont chercher alors refuge à Żelechów.

La période de l'entre-deux-guerres Dans la période de l'entre-deux-guerres, et plus particulièrement dans les années 1930, un tiers des conseillers municipaux de la ville est juif. Les Juifs ont de plus en plus envie de s'engager dans la vie politique. Une imprimerie est fondée par Mr Goldberg. Mais Żelechów, n'est pas épargnée par les campagnes antisémites qui s'intensifient. Les membres d'Endecja (Démocratie nationale) incitent les paysans polonais contre les Juifs, conduisant fréquemment à des menaces et des attaques verbales et physiques contre les commerçants juifs du marché de Żelechów: Abram Wolf Cyperman: Zelechow then - Zelechow the murdered Jewish Community; site: Jewish Zelechow de David Lukowiecki.

Au début de l'après-guerre, le Joint Distribution Committee fournit de l'assistance aux Juifs nécessiteux, qui sont aussi aidés par leur famille ayant émigré à l'étranger. En 1926, une association des marchands juifs est créée, et une année plus tard une coopérative de crédit est fondée, offrant des prêts à faible intérêt aux marchands et artisans. À ses débuts la coopérative a et leur nombre va croitre progressivement. Au début des années 1930, la coopérative se transforme en une société de prêt gratuit. Les organisations de secours de la communauté aident les plus pauvres de ses membres en fournissant nourriture et chauffage. Les associations Bikkour Holim et Linat tsedek aident les malades et leur famille.

La vie sociale et culturelle des Juifs de Żelechów se développe dans la période de l'entre-deux-guerres, malgré la détérioration des conditions économiques. Les mouvements sionistes augmentent leur influence. Les sionistes généraux, les mouvements Mizrahi et Po`alei Ziyyon, très actifs pendant la guerre, sont rejoints par de nouveaux courants, sionistes et non-sionistes. On trouve une branche des sionistes révisionnistes (fondée en 1927), une section du mouvement de jeunes Betar (de 1929). En 1928, sont créées une branche de HeHalutz et une unité préparant l'immigration vers la Terre d'Israël. La section de l'Hachomer Hatzaïr joue un rôle clé dans l'activisme sioniste de la ville. Un an après sa fondation, une scission entraine une partie de ses membres à créer l'Hachomer Ha-Leumi qui jouera aussi un rôle important à Żelechów en tant qu'organisation sioniste de jeunes. En 1930 est établi une branche de Tzeirei Ha’Mizrachi.

Durant cette période, les partis sionistes constituent la première force politique parmi la communauté juive de Żelechów, et sont à l'initiative de la majorité de l'aide sociale et des projets culturels. En dehors des mouvements sionistes, lAgudat Yisra'el établit une école Beit Yaakov, fréquentée par . Le Bund avec ses nombreux membres gère le Forvarts une organisation culturelle. Vers la fin des années 1920, le mouvement Folkiste devient actif à Żelechów. On retrouve aussi beaucoup de Juifs chez les communistes, même si le parti est illégal et plusieurs de ses membres sont emprisonnés en raison de leurs activités.

Les Juifs participent aussi au conseil municipal où ils ont traditionnellement un tiers des mandats.

En 1939, on compte plus de sur une population totale de .

La Seconde Guerre mondiale et l'anéantissement de la communauté Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, le , Żelechów est occupée par la division blindée allemande du général Werner Kempf: Wacław Janicki: Zarys działalności Armii Krajowej na terenie Żelechowa w latach 1939–1945 (Aperçu de l'activité de l'armée de l'intérieur à Żelechów entre 1939 et 1945); éditeur: Wydawnictwo Lubelskie; Lublin: Paweł Ajdacki: Garwolin i okolice. Przewodnik turystyczny (Garwolin et ses environs. Guide touristique); 2004; . Deux jours plus tard, les Allemands mettent le feu à la synagogue. Dans l'incendie, périt Hayyim Palhendler, qui avant la guerre était membre du conseil municipal. Les Allemands rassemblent un groupe de Juifs qu'ils envoient à Ostrów Mazowiecka, en abattant plusieurs en chemin. Mais à la suite de différends frontaliers entre l'URSS et le Troisième Reich allemand, les troupes allemandes se retirent de la ville pendant quelques jours. Des bandes antisémites de Polonais en profitent pour piller les maisons des Juifs. Des déserteurs polonais qui se cachaient dans les forêts avoisinantes enlèvent le rabbin de Żelechów, Isaac Dawid ha-Kohen Ferzischer, et ne le libèrent que contre paiement d'une rançon.

Le , dès que la frontière à l'est de la Pologne est définie, les Allemands reviennent à Żelechów. Les déportés d'Ostrow-Mazowiecka sont autorisés à revenir.

En , les Allemands établissent un Judenrat dirigé initialement par Israel-Mordecai Engel, puis par Shalom Finkelstein, avec ses deux adjoints Velvel Shpringer et Moses Weislander. Le Judenrat est assez représentatif de la communauté juive, avec parmi ses responsables des membres des partis sionistes, des associations de commerçants et d'artisans, des Hassidim et un communiste. Dès la mise en place du Judenrat, les Allemands imposent aux Juifs de Żelechów une contribution de .

En , plusieurs centaines de réfugiés arrivent à Żelechów des villes de Uchacze, Sobolew, Garwolin, Dęblin-Irena, Kalisz et Luslawice, ainsi que des villages de la région. Ce même mois, un ancien soldat polonais tue un Allemand un jour de marché. Immédiatement les Allemands rassemblent plusieurs centaines de Juifs pour les fusiller en représailles. Ceux-ci sont sauvés in-extremis par l'intervention en leur faveur du prêtre et l'arrestation du coupable. À la même date, les Juifs sont obligés de porter un brassard avec une étoile de David. En , le Judenrat reçoit l'ordre de fournir des ouvriers pour des travaux forcés. Un premier contingent d'environ est envoyé à Jarczew et aussi en Allemagne. En 1941, la demande augmente, et des groupes d'une centaine d'hommes sont envoyés régulièrement dans un camp de travaux forcés situé à Wilga, près de Garwolin, où ils sont employés à drainer la Vistule.

Pendant l'été 1940, les maisons des Juifs de Żelechów sont confisquées, et ils doivent dorénavant payer un loyer pour continuer à habiter dans leur maison. De même leurs magasins, leurs entreprises sont confisqués et placés en dépôt chez un superviseur pour le compte du gouvernement allemand. En juillet et , une nouvelle vague d'environ arrive à Żelechów en provenance principalement de Varsovie et de Maciejowice.