Charles Claude de Ruis-EmbitoL'orthographe du nom est variable selon l'époque : Ruys, Ruyz, Rhuis, Rhuys. (né le à LorientLorient n'était pas encore une paroisse. Le baptême a été fait dans la chapelle de Lorient de la paroisse de Ploemeur. Page 10 du registre de la chapelle, Archives municipales de Lorient. et décédé le à Brest), sieur de La Chesnardière, est un membre de l'administration de la Marine royale française. Il a été commis auprès du secrétaire de la Marine Joseph Fleuriau d'Armenonville en 1720, commissaire à Rochefort en 1732, intendant de la Marine à Rochefort de 1757 à 1770 et à Brest de 1771 à 1776. Il est également devenu membre de l'Académie de Marine à sa création en 1752, membre honoraire de l'Académie royale de Marine en 1769 et conseiller d'État en 1775. Il a été fait chevalier profès des ordres royaux militaires et hospitaliers de Notre-Dame-du-Mont-Carmel et de Saint-Lazare de JérusalemLa reconstitution de sa carrière est consultable en ligne.

Il a notamment participé à la gestion de l'épidémie de typhus en , qui a évité l'extension de la maladie à la ville de Rochefort et a toujours soutenu le personnel du port.

Biographie Origines, jeunesse et vie privée Fils de Charles de Ruis-Embito de la Chesnardière, lieutenant de vaisseau, et d'Anne Marie de Barilli, Charles Claude de Ruis-Embito est né le à Port-Louis (Morbihan). Il est issu d'un nobleNoblesse confirmée. BNF, Département des manuscrits français 32125, fos 67-68. Dans ce document on peut lire que par testament du avril 1596, dom Simón Ruiz Embito laisse un héritage à son neveu André Ruis, établi à Nantes, à condition qu'il joigne, lui et ses descendants au surnom de Ruis celui d'Embito, etc. Acte reçu par Gaspard de Soto, notaire à Medina del Campo. espagnolNaturalisée française au mois de mars 1546, enregistrement au Parlement de Bretagne les 13 juin 1547 et 24 mars 1557. Andrés Ruiz, de la ville de Medina del Campo, installé à Nantes, en Bretagne, au .

Comme lui ses deux frères incorporeront la Marine royale :

- Antoine Claude Léon de Ruis-Embito de Mondion (1711 ? -1779). Écrivain de la Marine en 1731, il sera commissaire de l'escadre d'Aché aux Indes et finira commissaire généralArchives Nationales : Notes d'Étienne Taillemite, et Annexe à l'inventaire analytique des articles AE/B/I/211 à 300 du fonds dit des Affaires étrangères d'Anne Mézin..

-Jacques, chevalier de Ruis (1718-1765). Garde de la Marine royale en 1734. Il commandera l'Illustre dans l'escadre d'Aché. Chevalier de l'ordre de Saint-Louis en 1752. Capitaine de vaisseau en 1757.

Charles Claude de Ruis-Embito épouse Marie-Angélique Guibert, dont il a deux filles : Marie Angélique Antoinette qui se marie le Archives Municipales de Nantes, Registre GG.58. série-gg-Saint-Denis. avec Marie Augustin de Langlais, officier de Dragons au Régiment d'Aubigné, puis capitaine de cavalerie au régiment royal de Pologne (sans postérité) et Suzanne Louise Perette.

Charles Claude Ruis-Embito épouse en secondes noces, le AD 17, État civil, Registre paroissiaux 1756-1773, pages 70 & 71. Cote 2 E 152/5*. à Dompierre-sur-Mer (17), Henriette Esther BonfilsVeuve du colonel Jean Nicolas Dagieu de Brissaut., issue d'une famille d'origine protestanteEn 1757, pendant la Guerre de Sept ans, Ruis-Embito écrivait la difficulté "pour tenir dans l'obéissance beaucoup de gens dont la façon de penser n'est peut-être pas plus française que catholique..." (SHDMR.1E413 f°137). Finalement l'histoire démontra qu'il n'en était rien et il le constata.. Ils n'ont pas eu d'enfantÀ la mort de son mari Henriette Esther a fait une requête pour recevoir une pension. Dans une lettre du 18 juin 1779, elle écrivait : « vous lirez dans mon extrait baptistaire fille naturelle. Je vous prie de croire que je ne suis point bâtarde, mais que c'était l'usage barbare de ces temps-là de donner cette qualification aux enfants des pères et mères protestantes, nous sommes tous dans cette classe et mes contemporaines aussi. Ce mauvais usage a cessé depuis bien des années ». (ANM, C 289). Extrait de Négociants et Navires du Commerce avec le Canada, de 1660 à 1760, Études en archéologie architecture et histoire. Lieux historiques nationaux Service des parcs Environnement Canada. Traduction J. F. Bosher, ..

La Marine Au cours de sa carrière, Ruis-Embito a été sous l'autorité de 14 ministres de la Marine, spécialement BerryerSa brutalité lui vaut la haine du peuple de Paris qui l’appelait « le vilain M. Beurrier ». Selon Marc Chassaigne, La Lieutenance générale de police de Paris, Paris, A. Rousseau, 1906, ., Choiseul, Terray, Boynes, Turgot et Sartine.

Charles Claude de Ruis-Embito, est d'abord commis à la Cour le , il a .

Rochefort vignette|Vue du port de Rochefort, prise du magasin des Colonies, Joseph Vernet, 1762 - Musée national de la Marine|319x319px Il est nommé le petit commissaire dans l'administration navale du port de RochefortVille de France au païs d'Aunis, avec un port très commode... Il y a un hôpital magnifique, plusieurs magasins bien munis, & un Arsenal. Elle est sur la Charente. Elle est à 6 li. SE de La Rochelle... Long. 16.41.26. lat. 46.2.34. Dictionnaire géographique portable, .. Fonction destinée aux jeunes gens que distinguent leur origine ou leurs services qui leur évite les fonctions subalternes de début de carrière. Chargé du service de radoub et de la construction, il prospecte les forêts à la recherche de bois. Il crée le "tarif de Rochefort", fait des mémoires. Ayant donné satisfaction, il lui est accordé la "haute paie" en 1734. Son exigence entraîne une protestation des fournisseurs de bois qui obtiennent sa mutation aux grandes forges, à la sculpture, à la peinture et à la menuiserie. Plus tard on lui confie le service des armements et des classes. En 1749, Ruis-Embito est nommé à un poste important, celui de contrôleur de Marine. Il est chargé de contrôler le port et la défense des intérêts du Roi, il participe à toutes les opérations de l'arsenal et appose sa signature sur tous les actes. Il établit l'"État des dettes" du port et la tenue du registre des fonds ; il assure dans le même temps, de 1747 à 1749, l'intérim d'A. Lefèvre de Givry, l'intendant de Rochefort.

En 1751, toujours contrôleur du port, Ruis-Embito s'occupe de la visite des magasins du munitionnaire et de la liquidation des prises de guerre. Il dit lui-même être à l'origine du bureau général des ouvriers dont il propose la création en 1752 à Sébastien François Ange Lenormant de MésiBiographie dans le Dictionnaire biographique du Canada, alors intendant de Rochefort, et dont il compose des règles de fonctionnement. Après le départ de Lenormant de Mési nommé intendant des armées navales, Ruis-Embito, pendant près de trois ans ( au ), dirige l'arsenal en qualité de commissaire général ordonnateur avant d’être promu intendant du port de RochefortEn 1751 René Marie Pichot de Querdisien est nommé écrivain principal au port de Rochefort (AN, MAR/C/7/246), il sera par la suite lors de son voyage aux Indes en conflit avec les frères de Charles Claude : Antoine de Mondion et Jacques de Ruis..

vignette|Plan du port de Rochefort en 1672, Service historique de la Défense Rochefort, SHDMR 4K196.|320x320px Les armes sont fournies par la Manufacture royale d'armes de Saint-Étienne dirigée par Jean-Joseph Carrier de Montieu, elles descendent par des gabares le long de la Loire pour être stockées à Nantes dans un entrepôt, puis acheminées par la mer ou par des charrettes. Globalement la qualité des armes françaises est remise en cause, ce sera en 1765 la réforme faite par le général de Gribeauval qui déclenchera le "Procès des Invalides"Ce nom est dû au lieu du procès : l'hôtel des Invalides. et verra Carrier de Montieu emprisonné.

L'intendant a également la responsabilité des institutions scientifiques : l'École d'anatomie et de chirurgie de la Marine, le Jardin botanique, et les hôpitauxSi l'intendant s'occupe de la matière temporelle, la direction spirituelle est confiée à des religieux : 28 sœurs de la Charité à Rochefort. Le poste de premier médecin est occupé successivement par Jean Cochon-Dupuy, puis par son fils.. Le , trois vaisseaux viennent mouiller à l’Île d’Aix. À bord, de nombreux malades ; comme l’hôpital de Rochefort, encore une fois, est plein, Ruis les fait débarquer à l’Île d'Aix où il venait de louer des maisons particulières pour servir de dispensaire à 300 malades. En 1756, c'est sur l'île de Ré qu'il fait une extension du dispensaire de Rochefort, trop souvent plein. Pour cela il sollicite les religieux de l'hospice de l'île. Pendant la guerre de Sept Ans (1756-1763), les Anglais ayant détruit l'hôpital de l'île d'Aix, c'est sur l'île d'Oléron que Ruis-Embito, en , envoie 500 malades dans un ancien hôpital réaménagé. Il réorganise les structures sanitaires dans la ville de Rochefort pour pouvoir accueillir environ malades. Toutes ces précautions réduiront notablement l'extension des épidémies vers la ville lors de l'arrivée d'une partie de l'escadre de Dubois de La MotteÀ la même époque (novembre 1757-mars 1758) l'épidémie fera 5 à civils dans Brest et ses banlieues - Jean-Pierre Goubert, page 736.. Ruis-Embito signale en (-) dont seulement 20 parmi la population civile de RochefortSHDMR, Lettre timbrée "affaires courantes" , volume 1 E 413..

vignette|322x322px|La résidence des intendants de 1757 à 1770 En , le port de Rochefort subi l'attaque d'une flotte anglaise commandée par John Mordaunt, son indécision va sauver le port mal préparé à un débarquement. L'administration de Ruis-Embito est entrecoupée de plusieurs séjours à la Cour : de janvier à , où le secrétaire d'État de la Marine Nicolas Berryer s'efforce de réprimer les abus qu'il croit discerner dans les services. En 1761, au décès du commissaire général ordonnateur des ports de Bordeaux et Bayonne, le roi "ordonne au sieur de Ruis-Embito d'étendre ses fonctions dans tous les ports et quartiers des classes dépendants du département de Bayonne et Bordeaux…". D'août à et surtout de à , Berryer le convoqueAvec sa brutalité coutumière Berryer lui adresse une semonce le 6 juillet 1759 : (SHD Brest 1E 155). ainsi que Gilles Hocquart, afin qu’ils lui exposent les projets de dépenses pour l’année qu’ils ont établis pour leurs ports respectifs (Rochefort et Brest). Le Mercure de France, 1763, . La Table ou Abrégé des cent trente-cinq volumes de la Gazette de France, Tome III, indique le 4 juillet 1763. Cette Table a été imprimée en 1768., Ruis-Embito est reçu chevalier de l'ordre de Saint-Lazare. Mais avec l'approche de l'été il est atteint à nouveau d'une fièvre qui le mène à l'approche de la mort, Jean-Joseph Choquet est envoyé de Brest en pour le remplacer. Dans le cadre du Mémoire présenté au Roi par la ville de Rochefort, Choquet écrit une lettre au duc de Choiseul, le , pour savoir s'il sera enfin accordé "aux Habitants du port de Rochefort la liberté d'y faire des armements pour les Colonies"... "Journellement les Bâtiments du Commerce appartenans aux Négociants de la Rochelle, viennent dans la Rivière de Charente... Ces mouvements de la Marine Commerçante peuvent se très bien allier, & ne point troubler ceux de la Marine Royale, etc." La demande du droit à l'établissement d'un entrepôt à la Cabanne-quarés est soutenue par les officiers de la Marine royale et aura bien lieu. La copie de la lettre est signée par Ruis-EmbitoLettres et Certificats des Commandants et principaux Officiers de la Marine & de l'Administration, servant de preuves au Mémoire présenté au Roi par la ville de Rochefort. De l'Imprimerie de GRANGÉ, rue de la Parcheminerie.. La complexité de la gestion d'un port ressort dans les Mémoires de Malouet sur son séjour (1764-1767) à Rochefort et l'accord qu'il a dû prendre avec Ruis-Embito "homme d'esprit, très original" pour faire son travail d'inspection.