Le binitarisme est une conception théologique chrétienne selon laquelle Dieu n'est qu'en deux personnes. Ainsi le binitarisme s'oppose à la fois au trinitarisme et à l'unitarisme, qui stipulent respectivement qu'il est en trois personnes ou en une seule.

Le binitarisme ne doit pas être confondu avec le dithéisme ou le bithéisme, selon lesquels il y aurait deux principes divins formant une dyade (conceptions qui diffèrent du trithéisme en ce qu'elles n'admettent que deux principes, et non trois).

Histoire du concept Le terme de « binitarisme » a été utilisé la première fois en 1898 par dans un article de l'encyclopédie allemande Realencyklopädie für protestantische Theologie und Kirche pour désigner l'étape qui précède la constitution d'une doctrine trinitaire ; étape selon laquelle la réalité de la divinité du Christ ne se pense pas dans la mesure où il est un être préexistant au monde, mais dans la mesure où il est l'« esprit » ou le « souffle » (πνεύμα, pneûma en grec) de Dieu. Loofs classe ainsi le binitarisme dans la catégorie de la Geistchristologie (christologie pneumatique), du fait qu'il lui semble que l'une des bases du binitarisme est celle de l'identification du la Parole (λόγος, lógos) avec l'Esprit (πνεύμα, pneûma)p. 104.

Selon Loofs, le binitarisme procède de l'incapacité théologique à distinguer le Fils de l'Esprit en Dieu, et lui attribue ainsi un aspect « naïf » dans la conception de Dieu. Les deux autres conceptions naïves de Dieu classées par Loofs sont le pluralisme théistique - trithéisme ou dithéisme - et le modalisme.

De la même manière et plus récemment, notamment sous les travaux de Larry W. Hurtado et de , l'interprétation du binitarisme restera la même que dans l'école de l'histoire des religions. Elle est une doctrine vue comme « effort primitif de ce qui deviendra plus tard la doctrine de la trinité », .

Selon Bogdan G. Bucur une telle interprétation apparaît comme contradictoire avec la manière dont les premiers chrétiens pensaient Dieu et pratiquaient leur foi. En effet, Bucur remarquep. 106 :

Évolution de la doctrine

Antiquité Hurtado use du terme de « binitarien » pour décrire la position de premiers chrétiens sur Dieu et sa nature, et qui notamment attribuaient à Jésus certaines caractéristiques que Dieu seul, dans le judaïsme, peut avoir. Cependant cette position qui semble dévier du monothéisme juif, dans lequel Dieu est seul et unique, reste bien une forme de monothéisme ; forme de monothéisme qui se distingue alors subtilement d'une position dithéiste :

Le Pasteur d'Hermas notamment, comme certains autres textes, semblent contenir des positions binitariennes :

Époque contemporaine Aux États-Unis notamment, certaines congrégations de l'Église de Dieu, notamment celles membres de la Conférence Générale de l'Église de Dieu et de la Conférence de Salem sont binitariennes. Ces congrégations en particulier professent la divinité du Père et du Fils, mais pas du Saint Esprit.

Liste de binitariens

Philon d'Alexandriep. 103. Hermas. Justin le Martyr (Tryphon le juif, Dialogue avec Tryphon). Numénios d'Apamée. Karl Barth. Qualifié comme tel par .

Notes et références

Références principales

Références secondaires

Voir aussi

Bibliographie

Larry W. Hurtado, Devotion to Jesus in Earliest Christianity, 2003, Luigi Cirillo, « La christologie pneumatique de la cinquième parabole du « Pasteur » d'Hermas (Par. V, 6, 5) », Revue de l'histoire des religions'', vol. 184, no 1, 1973, p. 25–48, , lire en ligne, consulté le

Articles connexes

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