Marie-Françoise-Adélaïde Gavaudan dite Gavaudan cadetteLes données personnelles de la chanteuse sont conformes à celles indiquées dans le Dictionnaire de l’Opéra de Paris sous l’Ancien Régime (article : « Gavaudan (la cadette), Marie-Françoise-Adélaïde », p. 804). Le site de l'Almanacco di Gherardo Casaglia lui attribue plutôt les noms d'Alexandrine-Adelaïde Gavaudan-Ducamel et d'Alexandrine-Adelaïde Gavaudan-Joinville, mais ils dérivent évidemment d'un mélange impropre entre la chanteuse elle-même et deux collègues contemporaines : sa belle-sœur Alexandrine-Marie-Agathe Gavaudan-Ducamel, soprano de l'Opéra-comique, et Suzane Joinville (1758 - 1804), soprano de l'Opéra de Paris qui avait fait ses débuts avec sa sœur Anne-Marie-Jeanne. et surnommée Spinette, née en Adélaïde serait née en 1762 selon et morte en , est une artiste lyrique française.
Biographie
Adélaïde Gavaudan est la fille de DenisSelon le Dictionnaire de l’Opéra de Paris sous l’Ancien Régime, le nom du père aurait été Joseph, mais l'acte de baptême de Jean-Baptiste-Sauveur, disponible en ligne, atteste plutôt « Denis ». Gavaudan et de Catherine Calmen, donc sœur d’Anne-Marie-Jeanne, de Jean-Baptiste-Sauveur et d’Émilie Gavaudan, belle-sœur d'Étienne Lainez, Pierre Gaveaux et Alexandrine-Marie-Agathe Ducamel (dite « Madame Gavaudan »), ainsi que tante maternelleLe nom de la quatrième sœur Gavaudan, Jeanne-Marie-Émilie, dont nulle activité théâtrale n'est connue, figure dans l'acte de baptême de Bosquier-Gavaudan. L'« extrait des registres de l'église Notre-Dame-Des-Tables, à Montpellier », est rapporté (p. 296) en de Bosquier-Gavaudan et des sœurs Jeanne-Marie-Françoise Gontier-Gavaudan (1784 - après 1834) (dite « Aglaë Gavaudan cadette ») et Louise Élisabeth Gontier-Gavaudan (dite d'abord « Rosette Gavaudan l'aînée ») : ils sont tous des représentants, de droit ou d'acquis, de la famille Gavaudan, très active sur la scène lyrique et théâtrale parisienne dans les décennies avant et après la Révolution, tant à l'Opéra que dans les milieux de l'Opéra comyque et du Théâtre des Variétés.
Son père, maître de musique en province, entre en 1778 au Concert Spirituel et au chœur de l'Académie Royale de Musique comme haute-contre, rejoignant sa fille Anne-Marie-Jeanne admise l'année précédente. Presque tout de suite, pourtant, il meurt prématurément et l'institution engage Adélaïde dans le chœur et un autre fils comme danseur. Quelques ans plus tard, une troisième fille, Émilie, rejoindra également le chœur et le plus jeune des fils, Jean-Baptiste-Sauveur, sera embauché d'abord comme commisDictionnaire de l’Opéra de Paris sous l’Ancien Régime : divers articles sur les membres de la famille Gavaudan (pp. 802 et suiv.)..
En 1780, elle est engagée avec sa sœur Émilie, par Madame Marie-Anne Donvilliers, du théâtre des « Jeunes Comédiens du roi » de la Muette.
Le , « la sœur de la Dlle Gavaudan, de l'Opéra » débute au Théâtre italien de Paris, par le rôle de Mme Saintclair, dans une reprise de La Fausse Magie de Gretry. Le commentateur anonyme du « Journal de Paris » exprime son appréciation positive pour les compétences artistiques de la jeune débutante (aussi bien pour la voix, « très-agréable et très-flexible », que pour « la finesse » et « l'expression » de « la figure »), tout en ne cachant pas des doutes sur son aptitude à tenir l'emploi des duègnes auquel on semble vouloir l'affecter à la Comédie Italienne« Journal de Paris », 201, Samedi 20 Juillet 1782, Spectacles. Théâtre Italien, p. 821 .. D'après Arthur Pougin, elle aborde aussi tout de suite les rôles d'Alix, dans Les Trois fermiers de Dezède, et d'Aline, dans La Belle Arsène de MonsignyLe 24 juillet, le « Journal de Paris » annonce pourtant que ce même jour, outre La belle Arsène, l'« Actrice nouvelle » jouera également un autre rôle de duègne (évidemment celui de Jacinte) dans Le Peintre amoureux de son modèle de Duni ( 205, Mercredi 24 Juillet 1782, Spectacles. Théâtre Italien, p. 842 )., mais elle n'est pas engagée par cette troupe et revient donc au chœur de l'Opéra, où elle est déjà annoncée, pour le , comme l'une des quatre nymphes de l'acte de ballet Daphné et Apollon d'Anton Mayer.
« Les Spectacles de Paris » l'indiquent dans le statut de coriphée en 1784, dans celui d'« adjointe », parmi les artistes solistes, deux ans plus tard. 1787 est son « année de merveilles » grâce surtout à deux rôles brillants et spirituels : celui de l'impertinente et gracieuse Aglaé dans l'opéra-féerie Alcindor de Dezède et Floquet, et celui de l'« intrigante et coquette » Spinette dans Tarare de Salieri, qui lui vaudra le sobriquet définitif de SpinetteFr. Marchal-Ninosque, « Gavaudan (la cadette), MarieFrançoise-Adélaïde », dans le Dictionnaire de l’Opéra de Paris sous l’Ancien Régime, II, p. 804..
Dans les années qui suivent, elle est très active à l'Opéra et, contrairement à sa sœur aînée, sa carrière continue de progresser jusqu'à ce qu'en , elle assume son premier rôle titulaire dans Cora de Méhul. Après cette date, probablement en lien avec les événements de la Révolution, elle s'enfuit brièvement en Allemagne, mais seulement pour en revenir bientôt à Paris, où elle se voit confier divers rôles dans la nouvelle production lyrique révolutionnaire (dans laquelle, d'ailleurs, les personnages féminins sont résolument manquant). Elle incarne Laurette dans Le Triomphe de la République (Gossec), début 1793cf. livret original ., Télèphe dans Miltiade à Marathon (Lemoyne), en novembre de la même annéecf. livret original ., et une des vieilles mères de famille dans La Rosière républicaine (Grétry), le La Rosière républicaine aurait dû être jouée en 1793 sous le titre de la Raison, dont le livret est disponible sur Gallica - B.N.F .. En elle avait aussi joué le rôle de Suzanne dans un arrangement bizarre des Noces de Figaro de Mozart en françaisIl s'agissait d'un « tripatouillage » (comme les appelait Émile Bergerat) en 5 actes où le texte original de Beaumarchais était joué en le mêlant aux airs, duos, trios et cœurs de Mozart retraduits en français (Félix Gaiffe, Le Mariage de Figaro, Amiens, Malfère, 1928, p. 129 ). Un examen contemporain de ce spectacle se trouve sur « Affiches, annonces et avis divers, ou Journal général de France », Suhplément du Vendredi 22 Mars 1793, Spectacle, pp. 1217-1218 . Elle sera encore sur la brèche en 1797 apparaissant sur scène dans le rôle mineur de Cléone dans une reprise de Castor et Pollux de RameauCastor et Pollux : tragédie-lyrique, en cinq actes, représentée sur le Théâtre de la République et des arts (Le poëme est de Bernard. La musique est de Rameau), Paris, Roullet, An V de la République )..
Elle reste dans la troupe de l'Opéra, dans les diverses nouvelles dénominations assumées par l'ancienne Académie Royale de Musique, jusqu'en 1799, date à laquelle elle obtient une pension de 1000 livres. Après quoi, on dit souvent qu'elle se produirait quelques années au Théâtre FeydeauFrance Marchal-Ninosque aussi, dans son récent article du Dictionnaire de l’Opéra de Paris sous l’Ancien Régime, crédite la thèse du passage de la chanteuse au Théâtre Feydeau, de 1799 « au moins jusqu'en 1802 » (p. 804), mais sans vraiment citer aucune source significative, mais cela semble plutôt improbable. Les sources ne donnent aucun nom de productions lyriques auxquelles elle aurait participé, et la situation est rendue plus compliquée par le fait que la troupe de l'époque comprenait déjà sa sœur Émilie et deux de ses nièces, qui portaient le patronyme Bousquier, mais qui avaient pris les noms de scène de Rosette et Aglaë Gavaudan et que l'on appelait souvent « Mlle Gavaudan aînée » et « Mlle Gavaudan cadette », tout comme jadis leurs tantes à l'OpéraPougin (1875), « Une Dynastie de chanteurs », III, p. 157 e suiv..
Afin d'éviter les malentendus, dans les livrets du Théâtre Feydeau les chanteuses de la famille Gavaudan sont souvent indiquées avec leurs noms et prénoms professionnelscf. Jean-Baptiste , opéra comique en prose et en un acte... paroles et musique du Cousin Jacques, Paris, Moutardier, 1798 , mais il y a aussi des cas où l'on n'écrit que « Gavaudan cadette »cf. : Marcelin, opéra en 1 acte et en prose; musique de Lebrun, Paris, Huet/Charon, An VIII (1800), où la « cadette » joue le rôle travesti minuscule, presque impensable pour Adélaïde, de Jacquinet, un jeune garçon fils du protagoniste ; Ziméo, opéra en trois actes...Les paroles sont du cit. Lourdet de Santerre. La musique est du citoyen Martini, Paris, Magasin de rue des Prêtres St. Germain-l'Auxerrois, 44, An IX (1800), où la « cadette » chante en tant que coriphée .. Cependant, il s'agit très probablement d'Aglaë : pour Adélaïde l'appellation de « cadette » avait déjà été abandonnée dans les derniers livrets de l'Opéra après les adieux de sa sœur aux scènes (quand il n'y avait donc plus de risque de confusion); et il est concevable qu'au Théâtre Feydeau elle aurait été appelée par son prénom et son nom, comme on le faisait déjà pour sa sœur Émilie.
Après sa retraite, Adélaïde retourna probablement en Allemagne, où elle mourut à Hambourg en 1805Pitou, p. 241..
Création À l'Académie royale de musique 1782 : Daphné et Apollon, acte de ballet d'Anton Mayer, livret de Louis-Guillaume Pitra, le , rôle d'une nympheReprésenté comme le troisième acte d'un « spectacle coupé » ou de « Fragments », comprenant l'acte du Feu de Destouches (à l'origine la troisième entrée du Ballet des Élemens) et Ariane, dans l'Isle de Naxos de Jean-Frédéric Edelmann (cf. livret original du spectacle ).. 1783 : Alexandre aux Indes, opéra en trois actes de Nicolas-Jean Lefroid de Méreaux, livret d'Étienne Morel de Chédeville, le , rôle d'une femme de la suite d'Axiane. Didon, tragédie lyrique en trois actes de Niccolò Piccinni, livret de Jean-François Marmontel, le , rôle de Phénice. Chimène ou le Cid, tragédie lyrique française, d'Antonio Sacchini, livret de Nicolas-François Guillard, , rôle d'une femme de la suite de Chimène. 1784 : , opéra-ballet en trois actes d'André Grétry, livret d'Étienne Morel de Chédeville, le , rôle d'une Hongroise. Les Danaïdes, tragédie lyrique en cinq actes d'Antonio Salieri, le , rôle d'une des filles de Danaus. Diane et Endymion, de Niccolò Piccinni, livret de Jean-François Espic de Lirou, le , rôle de l'Amour. 1785 : Panurge dans L’Île des Lanternes, d'André Grétry, livret d'Étienne Morel de Chédeville, le , rôle d'Agarène. 1786 : Œdipe à Colone, d'Antonio Sacchini, le , rôle d'Ériphyle. , opéra de Jean-Baptiste Moyne, livret de François-Benoît Hoffman, le , rôle d'Œnone.. Les Horaces, tragédie lyrique en trois actes, livret de Nicolas-François Guillard, musique d'Antonio Salieri, le , rôle d'une suivante de Camille.. 1787 : Alcindor, opéra-féerie en trois actes, livret de Marc-Antoine-Jacques Rochon de Chabannes ; musique de Nicolas Dezède, le , rôle d'Aglaé. Tarare, opéra, musique d'Antonio Salieri, livret de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, le , rôle de Spinette.. 1789 : Les Prétendus de Lemoyne, livret de Marc-Antoine-Jacques Rochon de Chabannes, le , rôle de Julie. 1790 : Les Pommiers et le Moulin, de Jean-Baptiste Lemoyne, le , rôle de Rosette.
Notes
Références
Pour approfondir Bibliographie : , 1872 : n°32, ; n°33, ; n°34, ; n°35, ; n°36, 4 aout lire en ligne. Arthur Pougin, Figures d’Opéra-Comique : Mme Dugazon, Elleviou, la tribu des Gavaudan, Paris, Tresse, 1875, p. 143-157 . . .
Liens externes
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