Le Jeu de la dame () est une mini-série américaine en sept parties d'environ 56 minutes chacune, créée par Scott Frank et Allan Scott, adaptée du roman éponyme de Walter Tevis publié en 1983, et mise en ligne le sur Netflix.

Synopsis Cette fiction suit Elisabeth Harmon, une prodige des échecs orpheline, de neuf à vingt-deux ans, dans sa quête pour devenir la meilleure joueuse d'échecs du monde, tout en luttant contre des problèmes émotionnels et une dépendance aux drogues et à l'alcool. L'histoire commence au milieu des années 1950 et se poursuit dans les années 1960..

Distribution vignette|170px|Anya Taylor-Joy incarne la protagoniste de la série, Beth Harmon. Acteurs principaux

Anya Taylor-Joy : Beth Harmon, jeune joueuse d'échecs Isla Johnston : Beth, jeune Annabeth Kelly : Beth, à cinq ans Bill Camp : Monsieur Shaibel, le gardien de l'orphelinat qui a appris à Beth à jouer aux échecs Moses Ingram : Jolene, une orpheline amie de Beth à l'orphelinat Christiane Seidel : Helen Deardorff, la directrice de l'orphelinat Rebecca Root : Chloe Pirrie : Alice Harmon, la mère biologique de Beth

Marielle Heller : Alma Wheatley, mère adoptive de Beth Harry Melling : Harry Beltik, ami, adversaire et amant de Beth dans le Kentucky Patrick Kennedy : Allston Wheatley, mari d'Alma et père adoptif de Beth Jacob Fortune-Lloyd : Townes, un joueur d'échecs pour qui Beth développe un amour non partagé Thomas Brodie-Sangster : Benny Watts, ami, adversaire et amant de Beth Marcin Dorociński : Vasily Borgov, champion du monde russe d'échecs Sophie McShera : Miss Graham

Version française Direction artistique : Thomas Charlet Société de doublage : Cinephase

Source et légende : version française () sur RS Doublage.

Production Le , Netflix commande à la production une série composée de sept épisodes.. Créée par Allan Scott et Scott Frank, elle est réalisée par ce dernier et sort le .. Scott et Frank sont les producteurs délégués de la série aux côtés de William Horberg. La production bénéficie des conseils de l'ancien champion du monde d'échecs Garry Kasparov et de l'entraîneur d'échecs Bruce Pandolfini en tant que consultants...

Dès la commande de la série, Anya Taylor-Joy est annoncée dans le rôle principal.. L'actrice aurait accepté de jouer Beth Harmon avant même d’avoir lu le script, donnant son accord au créateur de la série, Scott Franck, ..

En , Moses Ingram est annoncée parmi la distribution..

Le tournage commence en à Cambridge (Ontario).. Certaines scènes sont également tournées à Berlin., notamment Kino International pour les scènes à Paris, le zoo de Berlin et le Friedrichstadt-Palast.

Résumé des épisodes № # Titre Réalisation Scénario Première diffusion

Accueil Audience Le , la série devient la plus regardée sur Netflix... Pendant le mois suivant sa mise en ligne, la série est vue par 62 millions de téléspectateurs dans le monde..

Critique

États-Unis L'agrégateur de critiques Rotten Tomatoes donne une cote d'approbation de 100 % sur la base de 42 avis, avec une note moyenne de 8,04 / 10, et écrit : Metacritic a attribué à la série une note moyenne pondérée de 79 sur 100 sur la base de 27 avis..

Entertainment Weekly donne un B à la série : Rolling Stone lui a attribué 3 étoiles sur 5, soulignant .. Variety écrit :

France

Sur le site AlloCiné, la série obtient une note de presse de pour 7 titres de presse recensés. et une note spectateur de pour .. Elle se classe ainsi cinquième meilleure série, derrière Game of Thrones, Breaking Bad, Chernobyl et Notre planète.

Pour Télérama, c'est et qui .. Le site Écran Large donne une note de 3,5 sur 5 et précise :

Thèmes et analyses

Les échecs Le titre de la série Le Jeu de la dame se nomme en anglais The Queen's Gambit, qui désigne une ouverture très populaire aux échecs, appelée en français le gambit dame (ou gambit de la dame). Le titre anglais se réfère ainsi à l'ouverture de la dernière partie de la série, mais aussi à la position de Beth qui doit s'imposer dans un monde d'hommes..

Réalisme de la série Les parties d'échecs vignette|upright=0.7|Garry Kasparov à New York en 2003.

Les créateurs de la série, Scott Frank et Allan Scott, souhaitaient que les parties d'échecs présentes dans la série puissent être jugées réalistes par les joueurs d'échecs. Ils firent donc appel aux conseils de divers experts, dont l'entraîneur Bruce Pandolfini et l'ancien champion du monde d'échecs, Garry Kasparov.. Le rôle de Vasily Borgov fut proposé à Garry Kasparov, mais il dut décliner car son emploi du temps ne le permettait pas. Il accepta cependant d'être consultant..

Garry Kasparov voulait s'assurer que les parties d'échecs soient le plus réaliste possible car « de nombreux joueurs seraient amenés à regarder la série et pourraient dire : c'est complètement illogique ». Il aida à revoir chaque partie. La plus compliquée fut la dernière partie de Beth Harmon contre le champion Vasily Borgov. La partie ainsi que sa conclusion devaient être complexes, reflétant le niveau des joueurs. Après plusieurs recherches, Kasparov s'inspira de la partie de Patrick Wolff contre Vassili Ivantchouk, durant le Festival d'échecs de Bienne en 1993.

Mathilde Choisy, joueuse d'échecs, indique que quasiment toutes les parties sont inspirées de parties ayant été réellement jouées : notamment, tous les champions du monde ont pratiqué l'ouverture « sicilienne ». Elle estime que la gestuelle des joueurs dans la série n'est pas du tout semblable à celle des joueurs professionnels : ceux-ci ont une façon très assurée de bouger les pièces, ce qui est un moyen d'envoyer un message à leur adversaire. Mathilde Choisy compare les parties d'échecs à de « vrais combats de boxe », où lorsqu'un joueur réalise un coup qui « fait mal » à l'adversaire, il peut effectuer par exemple une pression avec la pièce sur l'échiquier ou la faire pivoter sur elle-même sur la case pour insister.

Autres aspects Mathilde Choisy, directrice générale de la Fédération française des échecs, donne son avis sur le réalisme de divers aspects de la série. Elle note que le comportement de Beth Harmon, qui consiste à visualiser sur le plafond de sa chambre ses parties d'échecs, correspond à une capacité habituelle chez les joueurs d'échecs d'un certain niveau : tous peuvent faire appel à une visualisation mentale et n'ont pas besoin d'un échiquier réel pour jouer. Romuald De Labaca, ancien joueur national et entraîneur, affirme : « Les joueurs anticipent tout et font beaucoup de calculs et de combinaisons. Ils peuvent préparer jusqu’à 10 coups à l’avance. Ils visualisent sans cesse, c’est omniprésent pour eux.. »

Lors du deuxième épisode, Beth affronte de façon simultanée une dizaine de joueurs. Il s'agit d'une pratique très commune et tous les joueurs d'un certain niveau en sont capables. Même un joueur amateur est capable de jouer simultanément contre des joueurs débutants. Romuald De Labaca explique qu'il arrive qu'un seul joueur affronte simultanément jusqu'à 40 joueurs et que des jeunes de 14 ans peuvent affronter des joueurs de 40 ans.

Concernant les tics des joueurs dans la série, ou leurs tentatives de déstabiliser l'adversaire, Mathilde Choisy estime qu'en général les joueurs se comportent correctement mais qu'il existe effectivement certains joueurs connus pour être « insupportables ». Mathilde Choisy cite Garry Kasparov : il se montrait désagréable en soufflant ou secouant la tête, et retirait sa montre dès qu'il savait avoir gagné la partie, ce qui était également déstabilisant pour l'autre joueur. Sa simple présence physique représentait une difficulté mentale pour ses adversaires.

Concernant le blitz (« éclair » en allemand), un genre de parties d'échecs auquel est initiée Beth Harmon par le joueur Benny Watts, Mathilde Choisy explique que ce type de parties jouées à toute vitesse a d'abord été considéré comme un loisir puis est devenu une discipline à part entière avec des tournois spécifiques. Le blitz est également utilisé comme entraînement à la vitesse de réflexion. Une partie peut durer cinq minutes, deux minutes ou même une minute.

Il est exact que dans les années 1960, les échecs étaient joués par les hommes, comme cela est le cas dans la série. Mathilde Choisy estime que la série, qui met en scène des adversaires qui se comportent quasiment tous comme de « parfaits gentlemen », ne représente pas la réalité, qui est « un peu plus compliquée que cela ». Judith Polgar témoigne que certains joueurs qu'elle a battus refusaient de lui serrer la main, contrairement à ce que veut la coutume. Elle rapporte également que l'un de ses adversaires « se tapait la tête contre l'échiquier après sa défaite ».

Inspirations de la série Dans la préface du roman original, l'auteur, Walter Tevis, amateur féru d'échecs, indique s'être inspiré également pour son grand maître fictif Vasily Borgov. du grand maître Anatoli Karpov (plusieurs fois champion du monde de 1975 à 1998). L'héroïne de la série est une personne de nationalité américaine qui défie la suprématie échiquéenne russe d'après-guerre, ce qui peut évoquer Bobby Fischer affrontant Boris Spassky. Le match qui clôt la série ferait alors écho au « match du siècle » qui opposa les deux joueurs pour le titre de champion du monde d'échecs en 1972, un match gagné par Bobby Fisher, qui, tout comme l'héroïne de la série brise ainsi l’hégémonie soviétique dans la discipline. Les similitudes entre l'héroïne de la série et Bobby Fischer ne s'arrêtent pas là. Tout d'abord la période couverte par la série, de 1958 à 1968, correspond à celle de la période la plus active de la carrière du Bobby Fischer. Fischer était également un joueur très précoce, tout comme Beth Harmon, et il avait également, comme elle, des difficultés dans ses interactions sociales. Comme elle, il lisait les revues d'échecs, et comme elle, il avait appris à parler le russe. Il désirait en effet pouvoir lire les revues russes, considérées comme les meilleures sources d'information sur les échecs. Bobby Fischer avait également le même type de jeu que l'héroïne de la série Beth Harmon : il était très agressif et passait rapidement à l'attaque contre ses adversaires. Il n'était pas dépendant à des médicaments comme Beth Harmon. L'auteur du livre dont est tiré la mini-série, Walter Tevis, s'est inspiré de sa propre expérience concernant cet aspect de son héroïne : hospitalisé pour un cœur rhumatismal, il a reçu de très fortes doses de médicaments et il est devenu dépendant.... Une autre différence est que Bobby Fischer n'a pas été dans un orphelinat. Il vécut dans un environnement familial difficile, son père étant absent et sa mère étant une femme complexe, ce qui nourrit sa volonté de s'évader grâce aux échecs, qu'il découvre à l'âge de six ans..

Deux noms de joueuses moins connues qui ont pu servir d'inspiration au personnage de Beth dans le roman ont été proposés : Lisa Lane, championne des États-Unis au début des années 1960 qui fit la une de Sports Illustrated en 1961, et Diana Lanni, une joueuse américaine née en 1955 qui lutta contre sa toxicomanie et fit nulle contre la Championne du monde soviétique Nona Gaprindachvili à l'Olympiade d'échecs de 1982, au moment où l'auteur écrivait son livreStory : Diana Lanni, la it-girl des échecs qui aurait inspiré « Le Jeu de la dame », vanityfair.fr, mars 2021. A star is pawn! Was the 'It Girl' of US chess in the 1980s the inspiration for Netflix hit The Queen's Gambit?, dailymail.co.uk, février 2021..