L'église Saint-Pierre de Saint-Pé-d'Ardet est une église catholique située à Saint-Pé-d'Ardet, dans le département français de la Haute-Garonne en France.

Présentation

L'église est de style roman du et elle est inscrite à l'inventaire des monuments historiques depuis 1956.

Elle a été érigée sur l'emplacement d'un temple païen de l'époque gallo-romaine et incorporée à une enceinte fortifiée (une tour sert de clocher). vignette|Église Saint-Pierre de Saint-Pé-d'Ardet. C'est le point le plus haut du centre du village. L'église se trouve à .

Elle est entourée de remparts dont quelques vestiges subsistent.

L'emplacement actuel fut toujours un lieu de culte.

Cette église est un amoncellement d'architecture : à l'intérieur, il y a des monuments gallo-romains aussi bien que mérovingiens ou encore de l'époque contemporaine. Il y a notamment le couvercle d'un sarcophage mérovingien appartenant à Saint-Seurin de Bordeaux. En réalité, ce que beaucoup ont pris pour un couvercle de sarcophage n'est en fait qu'un côté (la décoration végétale - vignes notamment - ainsi que le chrisme - symbole des premières communautés chrétiennes - laisse penser que c'est la face latérale d'un sarcophage paléochrétien, -s, période à laquelle sont attestés les premiers chrétiens dans les Pyrénées Centrales, à la suite de l'évangélisation de saint Saturnin).

On retrouve gravé sur un marbre assez foncé (gris) en bas-relief : un chrisme (symbole du Christ dans la religion primitive), ainsi que des motifs floraux et végétaux (grappe de raisins notamment), mais aucune représentation du défunt, ou du Christ ou d'un saint. Mais on retrouve aussi des modillons de l'époque mérovingienne au-dessus de la fenêtre de la tribune, ou encore en bas des arches de la voûte de la nef. Deux corbeaux soutiennent aussi la grande arche cachait par la tribune, et un autre corbeau plus abîmé soutient une partie de la tribune.

À l'intérieur, des fresques ornent le chœur, elles sont datées du . Voir Section Fresques de cet article.

Le trésor du village était composé de nombreux objets dont seulement quelques-uns sont encore dans l'enceinte du village : le reliquaire, la croix processionnelle, les différentes statues et certains autels votifs gallo-romains…

Le reliquaire est la pièce principale du trésor ; il contient les reliques des saints Paul, Simon, Thomas de Cantorbéry, de Barthélemy, Ferréol, Gordien et de sainte Marine. Le reliquaire renferme d'autres reliques dont les inscriptions sont effacées ou perdues, parmi lesquelles figure peut-être un morceau de la vraie croix. Le reliquaire contient de nombreux "mini-reliquaires" contenant chacun une dizaine de reliques : il contient plus de 70 reliques. Beaucoup n'ont pas été identifiées car les inscriptions sont illisibles. Le reliquaire est orné de peintures du (peintures florales et naïves) et du (période de la mort de certains saints dont le reliquaire contient les restes) mais elles se dégradent de plus en plus… La croix processionnelle de fin - début (datation incertaine) fut offerte à Saint-Pé-d'Ardet par le pape Clément V, qui appréciait le village où il avait passé quelques étés alors qu'il était évêque du Comminges, à l'époque où Saint-Pé-d'Artet était une des résidences d'été de l'épiscopat de Saint-Bertrand-de-Comminges. Cette croix est d'une beauté et d'une conservation quasiment unique (jamais retravaillée ou restaurée depuis sa fabrication), l'émail repoussé est intact… On retrouve sur la face de la croix, un Christ en croix qui a la particularité de porter une couronne (ce qui confirmerait la datation puisque, même si elles sont rares, les représentations du Christ couronné sur la croix, datent généralement d'entre le et le , avec un "pic de production" au )., petit par rapport à la croix, mais très raffiné. Aux trois extrémités supérieures de la croix processionnelle, ont été insérées trois bulles de verre dans lesquelles étaient déposées les reliques lors des processions… De l'autre côté, est représenté le tétramorphe, ou les quatre vivants (Ange, Aigle, Bœuf et Lion représentants les quatre évangélistes). Lors de la dernière ostentation de la croix (), des inscriptions grecques - jusque-là non remarquées - sont découvertes dans les phylactères entre les pattes du Lion et du Bœuf, inscriptions qui, du fait de l'écriture onciale (non traditionnelle), n'ont pas encore été traduites. La Vierge à l'Enfant est une statue réalisée dans le style local. Elle fait partie d'un ensemble qui comprend saint Pierre, patron des lieux, et un couple d'anges. La Vierge foule de son pied gauche un dragon noir et de son pied droit un griffon ou un chien. Il semblerait que ces statues faisaient partie à l'origine d'un ensemble qui devait lui-même être intégré dans un grand autel (la Vierge ayant le dos creux, il semble impossible que ça ait été par exemple une statue processionnelle ; à moins qu'elle n'ait été dégradée que plus tard…).

Description

Extérieur

Intérieur

Les fresques de l'église Personne n’est capable de donner une date précise quant à leur création, ni de donner des preuves d’une possible datation, mais la mode vestimentaire représentée est celle de la fin du Moyen Âge (après 1480). Recouvertes probablement au moment de la Révolution française, elles ne furent découvertes qu’en 1948…

On peut décomposer l’ensemble des fresques en quatre cycles :

Le cycle de la Naissance Le cycle de la Passion Le cycle de la Gloire Le cycle des Saints

Cycle de la Naissance

Le cycle de l’Enfance est probablement le plus abîmé car c’est le plus bas – donc le plus proche des mains des curieux désirant toucher la texture de la peinture – et surtout parce qu’au , des ouvertures ont été percées endommageant grandement les scènes (qui étaient alors recouvertes)… Il reste actuellement quatre scènes - mais il est probable en les comparant au récit biblique qu’il en manque (par exemple on pourrait imaginer qu’il manque l’adoration des bergers) – qui n’ont été que partiellement conservées : L’Annonciation, La Visitation, La Nativité et L’Adoration des Mages. L'Annonciation : La scène de l’annonciation est une des plus abîmées puisqu’on ne voit plus les visages des personnes… Cependant un indice a subsisté : en haut à droite on aperçoit le buste (le peintre n’a pas représenté de jambes) de l’Ange Gabriel tenant dans ses mains un phylactère où est écrit « mulieribus » (un extrait des paroles dites par l’ange à Marie : « d’entre les femmes »). En mettant en parallèle la fresque et les représentations traditionnelles, le personnage debout, en tunique rose, à gauche semble inéluctablement être la Vierge… L’Ange Gabriel vient annoncer à Marie qu’elle est enceinte du Fils de Dieu. La Visitation : La scène de la Visitation est la plus abîmée de toutes puisqu’il ne subsiste que la partie inférieure… On arrive tout de même à distinguer deux tuniques : une blanche et une rouge. Par la position de la scène (entre l’Annonciation et la Nativité) et par le fait qu’on soit face à deux femmes, on peut facilement déduire que l’épisode représenté ici est la Visitation : Marie, la future mère du Christ, rend visite à sa cousine Élisabeth, enceinte de Jean-Baptiste. La Nativité : Bien que mieux conservée que les précédentes, la scène de la Nativité n’en est pas moins « mystérieuse ». Le peintre montre clairement qu'elle se déroule dans une étable, par la représentation « naïve » d’une charpente en bois. On reconnaît la Vierge, debout, priant et ayant les mêmes habits que dans la Visitation. Jésus est très certainement allongé – comme le dit le texte biblique – dans une mangeoire dont un bout a traversé le temps. Mais deux détails restent encore inexpliqués : que représente l’objet qui est devant la Vierge ? Et qu’y avait-il, à l’origine, à gauche de la scène ? L'Adoration des Mages : L’Adoration des Mages est la dernière scène du cycle de l’Enfance et est tout aussi abîmée que les précédentes. Grâce à un bout de la tunique rouge et blanche, on devine que la Vierge était assise à droite de la scène et devait tenir sur ses genoux l’Enfant Jésus. Devant la Vierge, on retrouve trois mages, ou rois mages : le premier, le plus vieux, est agenouillé devant l’Enfant et lui présente son offrande ; un autre, plus jeune, est debout derrière le premier tenant son offrande dans les mains. Il ne reste qu’un bout du corps du dernier à gauche de la scène.

Cycle de la Passion

alt=Schéma de l'Arrestation du Christ|vignette|Personnages de l'Arrestation du Christ : Le cycle de la Passion est peut-être un des mieux conservés – même s'il manque une « bande » en bas de chaque scène (la partie qui se rapproche le plus du cycle de l’Enfance et des vitraux n’a pu être récupérée) Le cycle est entier, il ne manque aucune scène. Il est composé des six scènes « classiques » de la Passion du Christ, c’est-à-dire : L’Agonie au jardin des Oliviers ; L’Arrestation du Christ ; Le Jugement par Ponce Pilate ; La Flagellation du Christ ; La Crucifixion et La Mise au Tombeau. L'Agonie au Jardin des oliviers : Selon la Bible, alors que Jésus sait qu’il va être arrêté, il part au jardin des oliviers prier avec quelques-uns de ces disciples… Jésus est au centre de la scène, il prie : il demande à Dieu de lui écarter de ses lèvres « ce calice », symbole de sa douleur (représenté ici figurativement par un calice rouge surmonté d’une hostie). Il est entouré de trois de ces disciples : « Pierre et les deux fils de Zébédée, Jacques et Jean », qui dorment alors que le Christ prie. En fond, par-dessus la palissade, on voit les lances et les hallebardes des soldats qui viennent arrêter le Christ. L'Arrestation du Christ : La deuxième scène du Cycle de la Passion reste surement une des plus énigmatique, surtout à cause du nombre de personnages présents et du fait qu'elle ne représente pas un seul évènement, mais qu'elle soit un « mélange » de deux épisodes de l’Arrestation du Christ. Le peintre a rassemblé en effet deux moments de l'arrestation du Christ en une seule scène : La confrontation entre saint Pierre et Malchus, le serviteur du Grand Prêtre et le baiser de Judas (ou du "Pseudo-Judas"). En effet, saint Pierre, au premier plan, personnage central, remet son épée au fourreau sur ordre du Christ après avoir tout de même coupé l'oreille de Malchus, représentant des autorités religieuses juives ; Jésus accomplira un miracle en guérissant le pauvre serviteur, et en lui faisant repousser son oreille. Si cette partie de la fresque ne pose pas de problème, celle du Baiser du pseudo-Judas, elle, reste toujours non entièrement décryptée. En effet, il est difficile d'identifier tous les personnages, et surtout la symbolique de leurs représentants. Le « mystère » plane avant tout autour de Judas… Ont été représentés au moins deux soldats (au centre), un doute plante sur le personnage à l'extrême-droite, barbu, qui semble être un soldat (par son casque), mais porte la barbe contrairement aux autres (les autres seraient peut-être les Romains et lui juif ? un représentant/garde du Grand-Prêtre du Temple ?) ; on devine la présence de nombreux autres soldats grâce aux lances, hallebardes et autres armes en arrière-plan : tous sont venus arrêter le Christ…