Histoire de Mme de la Pommeraye est un récit enchâssé par Denis Diderot dans son roman Jacques le Fataliste et son maître.
Publication Le conte de Mme de la Pommeraye n’est parvenu à la connaissance du public qu’en 1785, après la mort de Diderot. Comme nombre des œuvres à avoir suivi l’emprisonnement à Vincennes de leur auteur, ce texte a été réservé à la postérité, afin de ne pas le compromettre. Il n’a été initialement connu que du petit nombre d’abonnés à la Correspondance littéraire, où elle a paru en 15 livraisons de 1778 à 1780..
Quand Schiller, frappé de la , l’a traduit dans le premier numéro de sa nouvelle revue, Die Rheinische Thalia, après y avoir eu accès dans l’exemplaire de la Correspondance littéraire du baron de Dalberg..
En 1792, Paul-Jean-Baptiste Doray de Langrais la retraduit en français sous le titre d’Exemple singulier de la vengeance d’une femme.. Le public n’aura accès au texte original du récit que onze ans plus tard, lorsque le roman complet sera publié, chez Buisson, en 1796..
Résumé Jacques et son maître sont en voyage et s’arrêtent en chemin à l’auberge du Grand Cerf. Le lendemain de leur arrivée, le temps est exécrable et les deux personnages se voient dans l’obligation de rester à l’auberge. Ils rencontrent alors l’hôtesse du Grand Cerf, qui leur raconte l’histoire du marquis des Arcis qui séjourne à l’auberge.
Dans sa jeunesse, le marquis des Arcis s’éprend de . Celle-ci repousse pendant plusieurs mois ses avances avant de lui céder. L’idylle ne dure qu’un temps car le marquis finit par se lasser d'elle et lui montre de moins en moins d’attention. , fière et , prépare alors une vengeance terrible : elle fait passer une belle jeune fille, , tombée dans la pauvreté et prostituée par sa mère, pour une dévote auprès du marquis. Comme elle l’avait prévu, le marquis tombe éperdument amoureux de la charmante . Il finit par l'épouser, sans rien connaitre de son passé. C’est alors que lui révèle que sa femme avait été une courtisane, pensant le couvrir d’infamie. Mais le marquis, amoureux, pardonne, contre toute attente, à sa femme sa vie passée et sa dissimulation et ils vécurent ensemble la passion la plus vraie.
Les personnages Jacques le Fataliste : il est le valet du maître, avec qui il est en voyage. Jacques est un bavard effréné. Il a été soldat, et admire son ancien capitaine dont il tient une doctrine qu'on appellerait aujourd'hui déterminisme. : .
Le maître de Jacques : il ne cesse de regarder sa montre et de prendre du tabac. Il ne peut pas se passer de Jacques. Il aime que l’on lui conte des histoires. vignette|gauche|Jacques, son maître et l’hôtesse qui raconte l’histoire de René Lelong. L’hôtesse de l’auberge du grand-cerf : elle est passionnée par le fait de raconter des histoires, qu’elle . C’est une femme . Elle a été élevée à Saint-Cyr. L’hôtesse du Grand Cerf a eu une vie pleine d’aventures galantes. Elle n’aime son mari.
: personnage principal. Elle a sacrifié toute sa vie au marquis. Elle était malheureuse avec son premier mari, puis, devenue veuve, . En devenant amante du marquis des Arcis après lui avoir résisté longtemps, . Durant le récit, le marquis se lasse de et celle-ci met en œuvre une vengeance pour punir le libertin.
Le marquis des Arcis : c'est un , un , , .. Le marquis des Arcis est « jeune » au début du récit, a une belle figure, et a des mais, se lassant vite de ses amantes, il est considéré comme libertin. Ancien ami du premier mari de , il a une liaison avec qu’il poursuit jusqu’à ce que celle-ci le « rende heureux ». Se lassant de la marquise, il se remarie avec une courtisane devenue dévote, .
: elle est « jeune », « belle » et « bien élevée ». Prostituée par sa mère, est dans la nécessité d’accueillir un nouvel amant tous les soirs. Elle devient dévote et change de nom pour devenir à la demande de , qui subvient en échange à ses besoins. Elle se marie au marquis des Arcis à la fin de la nouvelle, et vit avec lui .
d’Aisnon : C’est la mère de . Elle est tombée dans la nécessité de prostituer sa fille. Elle devient dévote avec et change son nom en à la demande de .
Les lieux Le récit d’ouverture se situe dans l’auberge du Grand-Cerf, elle-même située à proximité de Paris.
Le récit de se situe à proximité de Paris. Elle va à l’« opéra », assiste à des « comédies ». En utilisant les termes « opéra » et « comédies », pense aux lieux de l’Opéra et de la Comédie-Française. Elle donne aussi un rendez-vous au marquis et à et d’Aison au « Jardin du Roi » et ils visitent le « Cabinet du Roi ».
Le marquis se rend, à la fin du récit, à l’hôtel de Hambourg, rue Traversière, pour apprendre le « sale métier » que sa femme exerçait.
Le temps Le récit d’ouverture avec Jacques, son maître et l’hôtesse, se déroule au , sans information précise sur la date, bien que plusieurs indices amènent à penser qu’il prend place aux alentours de 1765. Jacques et son maître arrivent le soir à l’auberge et le récit de leur est conté le lendemain de leur arrivée.
Le récit de se déroule quelques années avant le récit d’ouverture, pendant la « jeunesse » du marquis des Arcis, tandis qu’il est « âgé » lorsqu’il séjourne à l’auberge du Grand Cerf. Le mariage entre et le marquis dure « quelques années ».
La marquise fait patienter le marquis des Arcis quelques mois avant que celui-ci ne se marie avec .
Conditions de rédaction La visée didactique de cet apologue est caractéristique du siècle des Lumières, mouvement né au d’un désir d’émancipation : il s’agit de donner à l’Homme les moyens de prendre en main son destin individuel ou politique. Les Philosophes des Lumières tels que Diderot ou Voltaire croient en la raison et luttent contre l’ignorance, la superstition et l’abus de l’autorité qu’elle soit politique ou religieuse..
Adaptations au cinéma Le plus célèbre épisode de Jacques le Fataliste a été une source d'inspiration pour le cinéma. : Les Intrigues de madame de La Pommeraye (1922), film muet de Fritz Wendhausen basé sur la traduction de Schiller.. Les Dames du bois de Boulogne (1945) de Robert Bresson, histoire transposée dans le Paris moderne.. Mademoiselle de Joncquières (2018) d’Emmanuel Mouret, film en costumes..
Notes et références
Catégorie:Nouvelle française des années 1780 Catégorie:Fiction de Denis Diderot Catégorie:Jacques le Fataliste et son maître Catégorie:Nouvelle adaptée au cinéma