La licence de biologie, ou sciences de la vie, est un diplôme national de l'enseignement supérieur français de premier cycle universitaire, préparée en trois années après le baccalauréat dans les universités. L’obtention de cette licence permet la poursuite d’études universitaires vers le grade de master ou l’insertion dans la vie professionnelle.
Histoire Licence ès sciences
1808-1896 : les trois licences ès sciences Selon l'article 23 du décret du 17 mars 1808 fixe le fonctionnement de l'Université, « pour être reçu licencié dans la faculté des sciences, on répondra sur la statique et sur le calcul différentiel et intégral ». Les articles 41 et 61 du statut du disposent que les candidats doivent produire leurs lettres de bachelier ès sciences (qui nécessite lui-même le baccalauréat ès lettres) et justifier qu'ils ont suivi deux cours au moins de la faculté pour chacun desquels ils auront pris quatre inscriptions trimestrielles. Ceux qui se destinent aux mathématiques doivent répondre sur le calcul différentiel et intégral et sur la mécanique. Ceux qui se destinent, soit à la physique et à la chimie, soit à l'histoire naturelle, sont examinés sur l'une ou l'autre des sciences, et il est fait mention de ces diverses circonstances dans leur diplôme. À Paris, il faut avoir suivi trois cours pendant un an avec quatre inscriptions trimestrielles par cours.
Selon l'arrêté du , il y aura chaque année pour l'obtention de la licence dans les facultés des sciences deux sessions d'examen qui devront commencer soit dans le premier mois de l'année scolaire, soit dans le dernier mois de la même année, soit dans la première semaine du second semestre. À Paris il pourra y avoir trois sessions aux dates indiquées. D'après l'ensemble des épreuves chaque faculté formera par ordre de mérite une liste des candidats reçus qui sera transmise au ministre de l'instruction publique avec un rapport spécial du doyen. Ce dernier point est lié à l'instauration par l'ordonnance du de remises de frais de licence et de doctorat pour les candidats classés en premier. L'arrêté du avait en fait déjà prescrit l'établissement d'un classement comparatif entre les récipiendaires ainsi qu'un rapport du doyen pour la licence ès lettres et l'arrêté du l'instauration pour les examens de licence ès lettres, "qui sont presque des concours", de sessions selon des dates déterminées d'avance.
Le règlement du Journal général de l'instruction publique et des cultes volume 17 n° 51 introduit des épreuves pratiques pour les licences ès sciences physiques et naturelles. L'examen pour le grade de licencié est ainsi divisé en deux parties, qui sont passées sous des commissions différentes, à quinze jours d'intervalle au plus. D'autre part la minéralogie est transférée des sciences naturelles aux sciences physiques. Un programme précis des connaissances pour les licences ès sciences mathématiques, ès sciences physiques et ès sciences naturelles est publié. L'enseignement des facultés représente alors, dans chaque spécialité, deux années d'études, et prépare aux diverses licences dont les examens embrassent tous les cours professés dans la faculté. Le ministère précise que « l'enseignement des facultés se compose de leçons orales; pour le mettre à profit, les bacheliers qui aspirent à la licence doivent rédiger les cours qu'ils suivent, s'assurer qu'ils en comprennent la marche en se soumettant à de fréquents examens, se livrer selon la spécialité de leurs études à des travaux graphiques ou à des manipulations qui forment l'indispensable auxiliaire de l'enseignement oral ». Le programme de mathématiques comprend le calcul différentiel, le calcul intégral, la mécanique et l'astronomie physique. En sciences physiques, l'examen a surtout pour objet de s'assurer que les candidats possèdent l'intelligence des phénomènes physiques, indépendamment de tout calcul, néanmoins ils ne perdront pas de vue qu'ils sont tenus de connaître tous les calculs qui ne sortent pas du programme du baccalauréat ès sciences mathématiques. Le cours de physique générale comprend les propriétés générales des corps, la chaleur, la météorologie, l'électricité statique, le galvanisme, le magnétisme, les phénomènes électrodynamiques et électromagnétismes, les actions moléculaires, l'acoustique, l'optique. Les candidats sont de plus tenues d'effectuer dans le laboratoire de la faculté, l'une des dix manipulations au programme concernant les densités, le baromètre, le thermomètre, la chaleur spécifique d'un solide, la force élastique d'une vapeur, l'hygrométrie, le magnétisme, la réfraction, la polarisation et la polarisation circulaire. Le cours de chimie se divise en chimie générale et chimie organique. L'épreuve de chimie pratique consiste en la réalisation d'une manipulation tirée au sort parmi 29 sujets, à laquelle s'ajoute une expérience d'analyse chimique parmi cinq au programme. Le cours de minéralogie comprend la cristallographie, les propriétés physiques des minéraux, leurs propriétés chimiques, la classification des minéraux et la description des principales espèces. L'épreuve pratique consiste en une manipulation tirée au sort parmi une liste de huit. En sciences naturelles, le programme comprend l'anatomie et la physiologie animale, la zoologie, pour lesquelles sont prévues une épreuve pratique consistant en une démonstration à l'aide du microscope ou bien en une préparation anatomique, ainsi que la botanique (organographie, physiologie, classification), dont l'épreuve pratique consiste en l'analyse et la description d'une plante, et enfin la géologie.
Quatre ans plus tard, sous le second Empire, le décret du d'Hippolyte Fortoul introduit la "bifurcation" dans le régime des études au lycée. Les "parties les plus élevées des mathématiques de la physique, de la chimie et de l'histoire naturelle, qui étaient comprises dans les anciens programmes du baccalauréat ès sciences mathématiques et du baccalauréat ès sciences physiques, sont reportées à l'examen des trois licences ès sciences" (art. 11). En application de ce décret, l'arrêté du établit un nouveau règlement qui fixe l'ouverture des sessions d'examen aux et avec une durée d'au maximum d'un mois. Les jurys sont composés de trois examinateurs. Des épreuves écrites sont introduites. L'examen se décompose ainsi en une épreuve écrite d'une durée de 4 heures, une épreuve pratique d'une durée de 4 heures également, et une épreuve orale publique d'une heure et demie divisée en deux interrogations, nul ne pouvant être admis à l'une des trois épreuves s'il n'a satisfait à celles qui précèdent, les candidats perdant en cas d’échec à une des épreuves le bénéfices des épreuves antérieures. Pour la licence ès sciences mathématiques l'épreuve écrite porte sur deux sujets, choisi par le président du jury, la géométrie analytique et le calcul différentiel et intégral d'une part, la mécanique et l'astronomie d'autre part. Pour les sciences physiques elle porte sue un sujet de physique générale. Pour les sciences naturelles, l'épreuve porte sur l'anatomie et la physiologie animale ou végétale. L'épreuve orale concerne pour les mathématiques d'une part l'algèbre, la trigonométrie, la géométrie analytique et le calcul différentiel et intégral et d'autre part la géométrie descriptive, la mécanique et l'astronomie. Pour les sciences physiques, une des interrogations porte sur la physique, l'autre sur la chimie et la minéralogie. Pour les sciences naturelles, une des interrogations porte sur la zoologie et l'autre sur la botanique et la géologie.
Le décret du modifie certaines dispositions du règlement de 1853. En particulier les jurys doivent comporter trois membres de la spécialité de la licence postulées et peuvent comprendre des agrégés des facultés (à un moment où l'on tente de relancer leur institution, ils seront finalement remplacés par les maîtres de conférences) ou des professeurs d'autres facultés si nécessaire. L'épreuve écrite de mathématiques doit porter uniquement sur le calcul différentiel et intégral et la mécanique, l'astronomie faisant partie des épreuves pratiques. L'épreuve écrite de sciences physiques porte à la fois sur la physique et la chimie et celles de sciences naturelles sur la botanique d'une part, et sur la zoologie, l'anatomie et la physiologie d'autre part. Un nouveau programme des connaissances est établi à cette occasion par le Conseil supérieur de l'Instruction publique.
« Il était assez facile de passer [l'une de ces trois licences] en deux ans, et deux en trois ans. Les meilleurs des étudiants arrivaient d'ailleurs à gagner souvent un an sur ces délaisCependant en 1885 on rapporte dans Enquêtes et documents relatifs à l'enseignement supérieur que "il y a trop de distance entre le baccalauréat ès sciences actuel et les diverses licences ès sciences. Un bon bachelier ès lettres peut préparer une des licences littéraires en un an. Il faut au moins trois ans d'études à un bon bachelier ès sciences pour préparer une des licences ès sciences". Ceux qui ont connu ce temps savent que les jeunes titulaires de deux licences, par exemple licenciés ès-sciences mathématiques et ès-sciences physiques, ou ès-sciences physiques et ès-sciences naturelles, présentaient de très réelles garanties de savoir et ces titres avaient une valeur universellement estimée »« Cette organisation, pourtant avait des inconvénients qui, par le développements même des sciences et des disciplines nouvelles qui, de toutes parts, pénétraient dans nos universités, devaient s'accentuer peu à peu et rendre une réforme inévitable. D'abord, devant l'ampleur des programmes, il devenait illusoire d'exiger d'un candidat, le même jour, des épreuves complètes, écrites, pratiques et orales sur trois sciences aussi considérables, par exemple, que la physique, la chimie et la minéralogie : déjà, pour certaines catégories de candidats, les élèves de l'école normale supérieure, ces épreuves avaient été scindées [entre les différentes années][...]. Ce système donnait de bons résultats; on résolut de le généraliser en laissant le candidat libre de passer séparément, et quand il le voudrait, les épreuves relatives aux trois sciences constitutives d'une licence, et de donner comme sanction à chacun de ces examens, un simple certificat d'études supérieures: la réunion de ces trois certificats reconstituait l'ancienne licence»Paul Janet, sur la réforme de la licence ès sciences, Revue des cours scientifiques de la France et de l'étranger, 1923
1896-1947 : l'instauration du système des certificats Le décret du réforme en profondeur la structure de la licence ès sciences en créant le système des certificats d’études supérieures.
Gaston Darboux explique les raisons et les bénéfices de ce nouveau système dans sa présentation au Conseil supérieur de l'Instruction publique du rapport sur les projets de décrets relatifs à la licence ès sciences. La forme des examens de licence ès sciences est restée inchangée depuis 1853, avec des programmes "minutieusement réglés" portant toujours sur les mêmes branches de la science depuis 1808. Or les domaines d'enseignement des facultés se sont beaucoup élargis depuis 1808, et surtout depuis 1870, grâce à la création de chaires nouvelles (chimie industrielle, chimie organique, physique mathématique, physique industrielle, géométrie supérieure, etc.), mais ces enseignements ne font pas partie du programme de licence, malgré un remaniement des programmes en 1877 ayant visé à les "mettre plus en harmonie avec les découvertes qui se succèdent chaque jour". En effet c'est le caractère même de la licence ès sciences, comme diplôme destiné exclusivement aux futurs professeurs, qui en empêche l'évolution des programmes. Ces programmes sont de plus trop précis et trop chargés. De plus, comme "garanties de culture générale", on demande alors aux candidats aux concours d'agrégation d'être titulaire de deux licences.