Jean-Jacques de Boissieu, né le à Lyon (Royaume de France) et mort le à Lyon (Premier Empire), est un dessinateur, graveur et peintre français.

Jouissant de son vivant d'un grand renom en France comme en Europe, surnommé par certains le « Rembrandt français », il est considéré comme un des fondateurs de l'École lyonnaise de peinture.

Il réalisa quelques planches pour l'Encyclopédie de Diderot, puis se spécialisa dans les portraits, les paysages et scènes de la vie quotidienne de la région lyonnaise.

Son style se rattache, par son souci du réalisme, à l'école hollandaise. Biographie

Jean-Jacques de Boissieu naît à Lyon le , fils de Jacques de Boissieu, médecin à Lyon, et d'Antoinette VialisActe de baptême des archives municipales numérisées de Lyon 0 de la page 208/352, cote du registre 1GG615. Baptisé le , né le .. Sa famille est originaire du Forez ; son ancêtre Jean de Boissieu fut secrétaire de la princesse Marguerite de Valois.

Très jeune et , il aurait cherché à imiter les tableaux que possédait son aïeul maternel, Vialis. Passionné par l'art dès l'enfance, il publia en 1758 six feuilles de croquis à l'eau-forte sous le titre Livre de griffonnements inventés et gravés par de Boissieu à Paris chez Pariset. Il avait ensuite gravé six Paysages dessinés et gravés par J.J.D.B. à Lyon en 1759.

Inspiré par les peintres flamands Ruisdael, Berchem, Jan Miel, les frères Jan et Andries Both, Wouwermans, Le Magasin pittoresque, 1853, article illustré de plusieurs de ses estampes, dont son autoportrait, reproduits par Pauquet..

En 1760, il était en relations de correspondance avec le graveur Jean-Georges Wille.

Il produisit des eaux-fortes, des dessins d'une grande acuité aux crayons et des lavis. Avec des portraits expressifs, il a dessiné des paysages, soit au crayon (mine de plomb, sanguine, pierre noire), soit au lavis. Son œuvre gravé se compose de 140 planches (142 selon Guichardot) et de quelques pièces connues par des exemplaires uniques de la collection du musée Städel à Francfort-sur-le-Main.

Selon Jean Adhémar, il s'inspire de Rembrandt mais surtout de ses élèves Jan Lievens et Jan van Vliet ; il le qualifie de et estime que le meilleur de son œuvre date du , ses Petits Maçons de 1801 furent admirés par Dominique Vivant Denon, lui-même graveur amateur d'après Rembrandt. Boissieu influencera les premiers aquafortistes de 1850 : Charles Meryon, Félix Bracquemond, Eugène Bléry.

Boissieu va parfaire son éducation artistique par un séjour à Paris de 1761 à 1764, où il fréquente les artistes Claude Joseph Vernet, Claude-Henri Watelet et Jean-Baptiste Greuze,

Des connaisseurs d'art lui ouvrirent leurs cabinets et galeries et lui permirent de copier les tableaux de leur collection de son choix, ce qu'il indique en légendant ses estampes.

Le voyage en Italie, 1765-1766

Boissieu eut l'occasion de faire le traditionnel Grand Tour en Italie des esthètes et aristocrates européens en compagnie de son protecteur François XII Alexandre Frédéric de La Rochefoucauld, duc de Liancourt puis de La Rochefoucauld, qui vint le chercher à Lyon. Les deux compagnons séjournèrent à Rome, Gênes, Naples, où Boissieu dessina dans les musées et surtout d'après nature (l'arc de Titus, le Colisée, la tombe de Cæcilia Metella, les cascatelles de Tivoli, la maison ruinée de Mécène, etc.) ; il s'y lia avec Winckelmnann, protégé du cardinal Albani.

Au passage, il visite Voltaire à Ferney.

Revenu à Lyon, il poursuit son œuvre artistique avec grand succès : Goethe collectionne ses œuvres, le frère du roi de Prusse vient visiter son atelier, il est reçu à l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon en 1780.

Il réalise également quelques planches pour l'Encyclopédie..

Il devient conseiller du roi, trésorier de France au bureau des Finances en 1771, et épouse en 1773 Anne Roch de Valous, d'une famille consulaire lyonnaise. Pendant la Révolution, il fut protégé par le peintre Jacques-Louis David et ses cuivres sont placés « sous la sauvegarde de la loi ».

En 1802, il est nommé membre de la commission administrative du Conservatoire des arts . Son fils Jean-Louis Marie, né en 1777, écuyer, seigneur de Cruzols, a été maire de Lentilly de 1806 à 1810

Il fut le maître de son neveu Claude Victor de Boissieu.

Postérité de son œuvre vignette|redresse=1.0|Le Marché d'animaux, musée des Beaux-Arts de Lyon.

. Eugène Bléry et Balthazar Jean Baron ont été marqués par cet artiste..

Au début du , le graveur et marchand d'estampes parisien Ignace Joseph de Claussin (1766-1844) collectionna ses dessins et ses eaux-fortes, qu'il reproduisit : ..

Perez cite l'album publié (en 1817 ?) par de Claussin sous le titre Onze études de têtes gravées à l'eau-forte par et d'après De Boissieu chez Osterwald et Rittner à Paris et Londres, et indique que la suite est conservée complète, sauf une planche, au Metropolitan Museum de New York et incomplète, à la Bibliothèque nationale de France à Paris ; elle présume que de Claussin grava ces en contrepartie d'après des dessins de Boissieu qu'il possédait.

De fait, le catalogue de sa vente après décès par Dumesnil, greffier de la Justice de paix du canton de Neuilly assisté de l'expert Schroth, le Fiche biographique de Claussin. mentionne . Selon l'historien et critique d'art Léon Roger-Milès, y furent vendus

Son style

Le Magasin pittoresque, , 1853..

Le style de Boissieu a été rapproché de celui de l'École hollandaise, notamment par son souci du réalisme. "Ce Lyonnais a commencé par dessiner des soieries avant de prendre la nature et la figure humaine pour objets de son travail. Après quelques mois d'étude à Paris, suivis du classique voyage d'Italie, il se fixe définitivement à Lyon. Il se fait vite un renom de dessinateur et surtout de graveur. Ses eaux-fortes (140 planches) sont recherchées. Paysagiste, il travaille d'après nature dans les environs de Lyon, ou reproduit des paysages de maîtres hollandais, avec, dans les dernières années, des effets de clair-obscur annonçant la vogues des eaux-fortes sombres dans le style de Rembrandt."

(il) "a produit des paysages d'une touche précise. (sa) composition est vaporeuse dans les fonds, son dessin un peu dur sur les devants. Il mettait un grand nombre de petits personnages dans ses paysages. (il) avait étudié les Hollandais et avait retiré de leur étude un enseignement profitable (...) Ses paysages à la mine de plomb ou au lavis étaient extrêmement recherchés, même à l'étranger" Marmottan (, pages 87 à 89).

En ce qui concerne les figures, il s'attache aux types populaires dans l'esprit du sensible et .

Allergique à la peinture à l'huile qu'il abandonne en 1780, Boissieu a réalisé peu de tableaux mais beaucoup de dessins et d'estampes (eaux-fortes).

Il s'est spécialisé dans les portraits et les paysages (région lyonnaise, ruines romaines).

Œuvres dans les collections publiques

vignette|redresse=1.0|Vue de Saint Andéol (1774), New York, Metropolitan Museum of Art. Ses œuvres figurent dans les collections publiques françaises (musées de Lyon, Grenoble, Nantes, Nice, Sens, Louvre, Petit Palais) et les musées étrangers. Aux États-Unis New York, Metropolitan Museum of Art : Vue de Saint Andéol, gravure à la pointe sèche. New York, Morgan Library and Museum : Vue de l’hôpital général de Lyon et d’une partie du Pont de la Guillotière, 1768, lavis d’encre de Chine. Washington, National Gallery of Art : Mount Cario accross the Melfa river, vers 1765-1766, dessin, provenant du Alicia Mellon Bruce Fund.

En France

Musée des beaux-arts et d'archéologie Joseph-Déchelette de Roanne : Études, visages d’hommes dont un musicien et la tête d’un chien, Études de têtes : six hommes et une femme, 1793 Études de têtes, 1771 Études de têtes : visages d’hommes et de femmes, de chèvres et de bouc, 1803

Lyon, musées Gadagne : Ascension de Montgolfier en 1784, 1784, dessin à l'encre ; Château de Pierre-Scize de la ville de Lyon, dessin au lavis d'encre de Chine. Nantes, musée des Beaux-Arts : Paysage, legs Clarke de Feltre en 1852, figure au catalogue de 1903 du musée, . Paris : musée du Louvre : Scène d'intérieur, huile sur toile, acquis en 2005, met en scène des membres de sa famille dans un salon orné d'œuvres d'art (on distingue une estampe de Rembrandt) examinant des dessins. Petit Palais : La Danse des Enfants, huile sur bois, legs Auguste Dutuit de 1902, du catalogue des peintures de 1981 sous le titre Portraits présumés de son épouse et de son frère Jean-Baptiste de Boissieu. Saint-Étienne, musée d'Art et d'Industrie : Vue de Lyon prise du quai Saint-Antoine, 1785. Grenoble, musée de Grenoble : environ 150 estampes.

En Pologne

Varsovie, musée national de Varsovie : Vue de Lyon et du château de Pierre Scize, aquarelle et encre sur papier (1760).

Au Royaume-Uni Londres, Institut Courtauld : Trois arbres dans une forêt, dessin à l'encre et à la mine de plomb sur papierReproduit dans Arbres / Carnet de dessins, Bibliothèque de l'Image, 2013, p.40..

Dessins et estampes

Autoportrait, dessin et gravé à l'eau-forte, où chapeauté, il montre un dessin ; sur une table devant lui, un porte-mine et un buste « à l'Antique »Illustre l'article de Connaissance des Arts de mai 1985, . Ruine d'un vieux château à Saint-Chamond (1759) . Vestiges d'aqueduc (1763). Vieilles tours sur le bord d'une rivière (1763). Vue d'une cascade tombant d'une maison élevée (1764). La Fontaine de Choulans (1764). Vue de montagne (1764). Portrait, d'après Van Dyck (1770). Les grands Charlatans, d'après le tableau de Karl Dujardin portant l'inscription , eau-forte signée des initiales et datée 1772. Vue de Lyon prise du Quai Saint-Antoine, "dessiné par J. de Boissieu", daté 1785. Pie VII souverain pontif cédant à l'empressement des Lionnais de luy faire connaître les bords de la Saône lors de son passage à Lion le , et plus bas , eau-forte signée du monogramme. Le Grand Maître d'école, oeuvre décrite aussi comme Intérieur de ferme : vieillard entouré de cinq enfants, eau-forte signée du monogramme et daté 1780. L'Écrivain public, daté 1790, eau-forte, signée des initiales. Portrait, d'après Téniers (1803). Le Jeu de boules - Croix Rousse aux portes de Lyon (1803). Pie VII bénissant les enfants (1805). Portrait du Souverain Pontife, eau-forte portant l'inscription . Le Champ de blé, d'après Ruisdael, eau-forte portant l'inscription , signée du monogramme et datée 1772. Saint-Jérôme, eau-forte, signée des initiales et datée 1797. Vue champêtre prise à Ambronay (Ain), eau-forte, signée des initiales et datée 1796. Paysage, dessin au lavis d'encre de Chine. Le Grand Pont de pierre (1769). Le Repos des travailleurs - paysans du Charolais (1803). [Titre] (?), groupe de personnes à une fontaine en pierre surplombée par deux grands pins, au fond dans une vallée une ville (italienne ?) avec un dôme, eau-forte portant l'inscription : , eau-forte, signée des initiales et datée 1804. Temple de la Sibylle à Tivoli, plume, encre noire et lavis d'encre de Chine, H. 0,293 ; L. 0,189 m. Paris, Beaux-Arts de ParisSous la direction d’Emmanuelle Brugerolles, de l’alcôve aux barricades de Fragonard à David, Beaux-Arts de Paris les éditions, 2016, p.62-63, Cat. 16. D'abord vendue comme étant de la main d'Hubert Robert, cette feuille donne une interprétation du site de Tivoli inondé de soleil par des contrastes entre les réserves de papier et les nuances de lavis gris. Le traitement des arbres et les personnages sur la route en contrebas évoquent les maîtres hollandais. Vue du château des Échelles à Ambérieux-en-Bugey, vers 1780-1800, plume et encre noire, lavis d’encre grise sur papier vergé, 23,2 x 37,2 cm, musée des Beaux-Arts d’Orléans.                                                                                                                                                            

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