Saïd Boualam, dit le bachaga Boualam, né le à Souk Ahras (Algérie française) et mort le à Mas-Thibert (Arles), est un militaire et homme politique français.

Son surnom de « bachaga » signifie « haut dignitaire », ou « caïd des services civils », c'est-à-dire chef de tribu arabe ou berbère, en l’occurrence chef de la tribu des Béni-Boudouane, située en Ouarsenis (entre Alger et Oran)Voir carte de l'Algérie avec les tribus de l'Ouarsenis, à l'ouest d'Alger : cliquer ici..

Il fut responsable de la harka de la région de l'Ouarsenis pendant la guerre d'Algérie.

De 1958 à 1962, le bachaga Boualam est élu quatre fois vice-président de l'Assemblée nationaleChristophe Vial, "Enfants et petits-enfants des harkis réclament justice", sur laprovence.com, 26 septembre 2016 (consulté le 12 mai 2021)., devenant le symbole des musulmans favorables à la FranceBruno Fuligni, Les Quinze Mille Députés d'hier et d'aujourd'hui, préface de Jean-Louis Debré, Éditions Horay, 2006, ..

Biographie Carrière militaire Saïd Boualam est né le à Souk Ahras, dans le département de Bône. Il appartient à une ancienne famille de notables de la tribu arabo-berbèreDalila Kerchouche, « Mon père, ce harki », Média Diffusion, 264 pages, 2016 . des Beni Boudouane"Le Bachagha Boualem Saïd, un notable et une famille au service de la France", extrait de Mémoire vive, magazine du Centre de Documentation Historique de l'Algérie, n°47, 2011.. Enfant de troupe à Saint-Hippolyte-du-Fort et à Montreuil de 1919 à 1924, il devient officier dans l'armée française, au de tirailleurs algériens.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il atteint le grade de capitaine. Il est promu commandeur de la Légion d'honneur à titre militaire et reçoit la croix de guerre, la croix du combattant et la croix de la valeur militaire.

Bachaga de l'Ouarsenis, il devient responsable de la harka de la région en juillet 1956. À partir de février/ sous la responsabilité de l’ex-colonel Jean Gardes, membre dirigeant de l'OAS, il forme un maquis dans l’Ouarsenis, « mais les maigres troupes activistes sont vite anéanties par les soldats françaisSylvie Thénault (CNRS) " Histoire de la guerre d’indépendance algérienne", éd. Flammarion, avril 2005, chapitre Un processus de paix en danger pages 249-253 ». Durant les combats contre le FLN, il perd dix-sept membres de sa famille, dont un de ses fils, AbdelkaderMarcel Thiébault, "Le fils et le beau-frère du bachaga Boualem sont tués dans une embuscade près d'Orléansville", sur lemonde.fr, 31 décembre 1958 (consulté le 12 mai 2021)..

Carrière politique En 1945, il devient « caïd » du douar des Beni Boudouane, il est nommé « agha » en 1955 et « bachaga » en 1956Site de l'Assemblée nationale.. En , Saïd Boualam se rallie au général de Gaulle. Il est élu député de la d'Algérie le Sa fiche sur le site de l'Assemblée nationale., celle d'Orléansville (actuelle Chlef), sur la liste de l'Union nationale pour l’intégration et le renouveau (UNIR). Il est élu vice-président de l'Assemblée nationale. Il siège au sein du groupe des élus de la « Formation administrative des élus d’Algérie et du Sahara » (EAS), puis du « Regroupement national pour l’unité de la République » à partir de 1960.

En 1959, il est élu maire de la commune de Beni Boudouane et conseiller général du département d’Orléansville. Il est l'objet d'une tentative d'assassinat le , à Orléansville.

Le , il préside à la création du Front Algérie française (FAF), qui regroupe très vite dont musulmansMarianne Cornevin, Histoire de l'Afrique contemporaine : de la deuxième guerre mondiale à nos jours, Payot, 1978, p. 247. pour finir à 1 million avant sa dissolution par les autorités en décembre.

Il s'éloigne peu à peu du gaullisme et ne prend pas part au vote sur la déclaration de politique générale de Michel Debré le . Le , il vote contre le projet attribuant des pouvoirs spéciaux au gouvernement et s'oppose à la modification de la Constitution le . Il est démis de son mandat à l'indépendance algérienne, le .

Rapatrié d'Algérie le , avec 67 membres proches de sa famille, il se retire en Camargue, à Mas-Thibert, à d'Arles, où l'État français lui a attribué le domaine agricole du « Mas Fondu ».

Il préside alors le Front national des rapatriés français de confession islamique (FNRFCI). À ce titre, il est nommé à la Commission nationale chargée de l’étude des problèmes des Français musulmans en 1979. Il meurt le .

En 2010, une stèle est inaugurée à la cité du Mazet à Mas-Thibert (Arles), en l'honneur du Bachaga. En 2013, une deuxième stèle est érigée au Sanctuaire Notre-Dame-de-Santa-Cruz à Nîmes.

Un de ses fils, Ali, a épousé Emmanuelle Perez, la deuxième fille de Jean-Claude Perez, un des chefs principaux de l'OASJean-Claude Perez, Le Sang d'Algérie, Éditions du Camelot et de la Joyeuse Garde, Paris, 1992, p.90..

Sa petite-fille, Sarah Boualem., a épousé Julien Aubert, un homme politique français (parti LR)..

Décorations (1977)Ordre national de la Légion d'honneur. Décret portant élévation à la dignité de grand officier du 28 décembre 1977. Publié dans le Journal officiel du janvier 1978.. Commandeur de la Légion d'honneur à titre militaire (deux citations) 50px Croix de la Valeur militaire (1981).

Hommages Voies portant son nom (par ordre alphabétique des communes) thumb|right|Place Bachaga-Boualem à Lyon. Plusieurs odonymes rappellent le nom de Saïd Boualam alias Bachaga Boualem, plus rarement Capitaine Boualam, sous différentes transcriptions, principalement dans le sud de la France et en région parisienne : Square Bachaga-Boualem, à Aix-en-Provence Rue Bachaga-Boualem (localement orthographié Bachagua Boualem), à Alès (voir OpenStreetMap & Google Street) Avenue Bachaga-Said-Boualem, à Arles (avec une plaque) Rond-point Bachagha-Boualam, à Béziers Rue Capitaine-Boualam, à Caen. Nom donné au début des années 1990 ; la rue mène à la caserne Lorge. Rond-point Bachagha-Boualam, (avec une plaque commémorative en arabe), à Cagnes-sur-Mer Avenue Bachaga-Saïd-Boualam, à Cannes, voie rapide au bas du boulevard Carnot, entre l'avenue de la -de-la-France-libre à l'est et l'avenue des Anciens-Combattants-en-Afrique-du-Nord à l'ouest Place du Bachaga-Boualem, à Carpentras Rue (du) Bachaga-Boualem à Compiègne (voir OpenStreetMap & Google Street) Place Bachaga-Boualam, à Draguignan Square Bachagha-Boualam, à Giens Place Bachaga-Boualam, à Issy-les-Moulineaux Place Bachaga-Boualem, à Lyon dans le quartier de La Duchère dans le Allée (du) Bachagha-Boualem, à Manosque (voir OpenStreetMap & Google Street) Rue du Bachaga-Boualam, à Marguerittes (voir OpenStreetMap & Google Street) Rue Bachaga-Boualam, à Marignane Rond-point Bachagha-Boualem, à Marseille (chemin de Château-Gombert, ) Avenue Bachaga-Boualem, dans le quartier de Port Marianne à Montpellier (voir OpenStreetMap et Google Street) Boulevard du Bachaga-Boualem, au Muy (voir OpenStreetMap & GoogleStreet) Jardin Bachaga-Saïd-Boualam, à Nice. Place Bachaga-Boualem, à Nîmes Chemin du Bachaga-Boualem (VC 38, également noté Route du Bachaga-Boualem), à Orange (Vaucluse, voir OpenStreetMap & Google Street) Rond-point du Bachaga-Boualem, à Pau (voir OpenStreetMap & Google Street) Avenue Bachaga-Saïd-Boualam, Promenade Bachaga-Saïd-Boualam et Rotonde Bachaga-Saïd-Boualam, à Perpignan (voir OpenStreetMap et Google Street) Rond-point Bachaga-Boualem, à Saint-Martin-de-Crau (Bouches-du-Rhône) Esplanade Bachaga-Boualam (Mémorial à l'Armée d'Afrique), à Saint-Raphaël (Var) Avenue Bachaga-Boualam (ancienne Route de Miramas), à Salon-de-Provence (voir OpenStreetMap) Rue du Bachaga-Boualam, à Sartrouville Rue Bachaga-Boualam, à Sète Rond-point Bachaga-Saïd-Boualam, à Toulon (voir OpenStreetMap & Google Street) Impasse Bachaga-Boualam, à Toulouse Rue Bachaga-Boualam, à Villepinte (Seine-Saint-Denis) Place Bachaga-Boualam, à Vitrolles (Bouches-du-Rhône)

Le maire socialiste de Longjumeau, Philippe Schmidt, a fait débaptiser une rue qui portait son nom en 1990..

Ouvrages Mon pays, la France, éd. France Empire, Paris, 1962 Les Harkis au service de la France, éd. France Empire, Paris, 1963 L'Algérie sans la France, éd. France Empire, Paris, 1964

Bibliographie Bruno Fuligni, Les quinze milles députés d'hier et d'aujourd'hui, préface de Jean-Louis Debré, Éditions Horay, 2006

Notes et références

Voir aussi

Filmographie

Articles connexes Affaire Si Salah Front Algérie française Liste des députés de l'Algérie française Guerre d'Algérie Mohamed Deriche

Liens externes

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