Les peuples autochtones du Brésil ( en portugais) comprennent un grand nombre de groupes ethniques distincts qui habitaient la région avant l'arrivée des Européens aux environs de 1500. À la suite de Christophe Colomb, qui croyait avoir atteint les Indes orientales, les premiers explorateurs portugais les appelèrent Indiens, un nom encore utilisé au Brésil, bien qu'il y ait une différence de nom entre les indiens d'Inde (indiano) et les indiens d'Amérique (índio).
Les peuples autochtones au Brésil étaient surtout des tribus semi-nomades dont l'économie se basait sur la chasse, la pêche, la cueillette et l’agriculture de subsistance. Beaucoup des groupes qui existaient en 1500 ont été assimilés à la culture européenne. Ils constituent la principale origine de peuplement du Brésil malgré les apports de l'immigration européenne, africaine et japonaise. Les peuples autochtones du Brésil représentaient selon diverses estimations entre 5 et 15 millions d'habitants précolombiens. Ils sont aujourd'hui entre (considéré par le gouvernement brésilien)Christiane Galus, « Le réveil des peuples autochtones », dans Le Monde du 08-12-2007, et qui est une valeur plus probableClaire Gatinois, Le massacre des Indiens continue au Brésil dans Le Monde du 16 septembre 2017 . Aujourd'hui, la structure tribale ne se rencontre plus que dans des endroits retirés de la forêt amazonienne. La quasi-totalité des peuples autochtones se sont intégrés dans un état de style européen, fusionnant avec les immigrants et adoptant le mode de vie européen. Une nouvelle politique gouvernementale protège depuis une cinquantaine d'années les « non-assimilés » subsistants. Les peuples autochtones « non assimilés » sont estimés à à 1991 puis à lors du recensement de 2000Chiffres de l’IBGE). Le nombre de personnes parlant une langue autochtone est de (nombre peut-être inexact). Le nombre de langues distinctes identifiées au Brésil par les ethnologues est de 235, dont 188 toujours vivantes. 215 peuples autochtones sont actuellement identifiés, majoritairement localisés dans l'ouest et le nord amazonien.
L'héritage culturel des autochtones dans la culture brésilienne se rencontre dans les noms des lieux géographiques, la langue, la musique. Cet héritage reste largement sous-estimé encore aujourd'hui, faisant partie d'une culture dominée. De manière anecdotique, l'habitude de se baigner tous les jours provient de la culture indienne, de même que l'usage du manioc, nourriture typique des régions rurales.
Origines
L'origine de ces peuples autochtones est encore matière à discussion parmi les archéologues. Le point de vue traditionnel qui les relie à la migration sibérienne vers l’Amérique à la fin de la dernière glaciation a toujours les faveurs des archéologues d'Amérique du Sud. Cependant, il existe des preuves de migrations européennes antérieures à la migration sibérienne, comme le démontrent des squelettes retrouvés en Amérique du Nord.
Des faits anthropologiques et génétiques montrent que beaucoup de peuples d’origine américaine descendent de la première vague de peuples migrants du nord de l'Asie (Sibérie) qui entrèrent par le détroit de Bering en au moins trois vagues distinctes. Au Brésil, particulièrement, nombre de tribus présentes en 1500 descendaient de la première vague arrivée par le détroit à la fin de la dernière glaciation, vers 9000
La vague de migration d'environ 9000 , serait arrivée au Brésil vers 6000 pénétrant le bassin du rio Amazone du Nord-ouest. La deuxième et la troisième vagues vinrent de la Sibérie et ont formé les peuples d'athabaska et eskimo et n'ont pas dépassé les uns le sud des États-Unis et les autres le Canada.
Hypothèse des aborigènes américains La thèse traditionnelle citée plus haut a été contestée à cause de trouvailles de restes humains en Amérique du Sud qui seraient trop vieux pour l'étayer : ils auraient environ . On affirme que quelques trouvailles récentes (par exemple le squelette de Luzia à Lagoa Santa) sont morphologiquement différentes du génotype asiatique et sont plus proches des aborigènes africains et australiens. Ces peuples aborigènes auraient ensuite été absorbés par les émigrants d’origine sibérienne. Les natifs de la Terre de Feu à l'extrémité sud du continent américain sont peut-être les derniers descendants de ces populations aborigènes. Il convient de traiter le peuplement de l'est du continent qui fut le fait de peuples originaires d'Asie (peuples asiatiques et de l'Océanie) du peuplement de l'ouest où des migrations ont eu lieu grâce à la glaciation. Ainsi on retrouve les mêmes outils de cette époque en Amérique et dans la région du sud de la France.
Ces premiers émigrants auraient traversé l’océan ou auraient voyagé le long de la côte et auraient pénétré en Amérique par le détroit de Bering bien avant les vagues sibériennes. Cette théorie est rejetée par beaucoup de spécialistes parce que le parcours leur semble trop difficile.
Restes archéologiques Pratiquement, toutes les preuves archéologiques sur la préhistoire du Brésil datent de la période postérieure aux vagues d’immigration. Les Indiens brésiliens, au contraire de ceux de la Mésoamérique et des Andes occidentales, n’ont pratiquement pas laissé de monuments en pierre. Cependant, on retrouve un peu partout au Brésil des peintures rupestres semblables à Lascau qui attestent d'une occupation ancienne. Pour cela, ce que nous connaissons de l'histoire de cette région avant 1500 a été déduit et reconstitué par des preuves archéologiques en petite échelle comme de la poterie et des flèches en pierre. Récemment, en mai 2006, une équipe d'archéologues brésiliens a découvert un site archéologique de monuments en pierres dans l'État d'Amapá.
Les restes les plus marquants des sociétés d'avant la découverte sont des tas de coquillages ("sambaquis") trouvés dans certains sites côtiers qui ont été continuellement occupés durant et la terre noire déposée en divers endroits le long de l’Amazone que l'on croit être d'anciens dépôts d'ordures. Des récentes excavations dans de tels dépôts dans le haut et moyen cours de l'Amazone ont montré des restes de quelques grands établissements, contenant de dizaines de centaines de maisons indiquant une structure sociale et économique complexe.
Économie et culture Les peuples indigènes du Brésil paraissent avoir subsisté de chasse, de pêche et de cueillette. Ils utilisent des instruments et des flèches en pierres taillées, semblables à celles trouvées dans toutes les Amériques aux époques correspondantes.
Céramique La poterie a été introduite à une date fort récente. Les poteries brésiliennes utilisent du matériel sophistiqué (comme des pointes de silice microscopiques obtenues de certaines éponges d'eau douce) pour la fabrication de récipients utilitaires ou de cérémonie, décorés de sculptures, de moulures et de peintures. Cependant, les indigènes ne connaissaient pas le tour de potier.
L’évolution des styles de poterie à divers endroits indique un schéma complexe de migrations internes et de substitutions. En particulier, il semble que les Indiens Tupi-guarani, qui, vers 1500, était la plus grande famille ethnique à l'est des Andes, avaient pour origine une petite tribu de la région amazonique. Elle a semble-t-il migré de son occupation historique du Brésil central vers le Paraguay, au
Agriculture Les Indiens brésiliens ont développé ou appris quelques techniques d’agriculture. Certaines, comme le maïs, ont été importées des civilisations plus avancées de l'Ouest des Andes, tandis que le manioc, qui est devenu une des denrées de base de l'alimentation, semble avoir été développée sur place.
Les Indiens brésiliens n’avaient pas d'animaux domestiques qui puissent être utilisés pour le transport ou pour les travaux des champs. La quasi totalité des animaux domestiques rencontrés en Amérique du Sud tels le cheval, le cochon, la vache, le chat, etc sont des animaux importés d'Europe. L’agriculture était donc totalement exercée à mains d’homme. Son schéma traditionnel comprenait l’abattage des arbres pour créer une clairière, brûler sur place le bois coupé pour en libérer les nutriments minéraux, planter et récolter. En général, on plantait ensemble deux espèces ou plus. Les champs étaient fréquemment abandonnés une fois le sol épuisé.
Des Indiens brésiliens fabriquaient une boisson alcoolisée à partir de la fermentation du maïs ou du manioc, selon une technique qui semble être parvenue de l'autre côté des Andes.
Les peuples autochtones à l'époque de la découverte
Quand les découvreurs portugais arrivèrent pour la première fois au Brésil, en avril 1500, ils y trouvèrent, à leur grand étonnement, une terre largement habitée. Selon le CNRS, on estime entre 8 et 10 millions le nombre d'habitants du Brésil à l'époque de la découverte qui vivaient dans un paradis de richesses naturelles. Pero Vaz de Caminha, le secrétaire officiel de Pedro Alvares Cabral, le capitaine de la flotte qui avait atterri dans l’État actuel de Bahia, écrivit une lettre au roi de Portugal décrivant sur un ton admiratif la beauté du pays et de ses habitants. Là où ont abordé les nouveaux arrivants, les Indiens étaient hospitaliers et intéressés à négocier. Bientôt, les Portugais s'aperçurent que les Indiens étaient constitués en différentes ethnies, avec leur culture et leur religion propre. Certaines de ces sociétés pratiquaient le cannibalisme religieux.
Les découvreurs (français, portugais principalement) passaient des accords avec les tribus qui devenaient leurs fournisseurs en matériaux exotiques. Le nom Brésil provient du "Pau Brasil" (Pieu de couleur de braise), très prisé des marins malouins en particulier. Ce bois était ramené du Brésil vers la Hollande (un des deux centres de tissage de l'Europe) où il était mis en poudre pour fabriquer la couleur rouge. La concurrence entre Français et Portugais a conduit à diverses expéditions et des guerres entre la France et le Portugal. Naturellement, cette compétition a correspondu à des luttes entre les tribus brésiliennes qui prenaient parti pour les clients (Tupiniquins alliés aux Portugais et Tupinambas alliés aux Français). Il existe un excellent récit de ce temps - écrit par un Allemand canonnier au service des Portugais (Hans Staden), on peut aussi voir un film. La nécessité de mieux s'approvisionner amena les Français à créer des établissements stables à l’instar des Portugais. Ils furent imités par les Hollandais à Olinda. Ces deux puissances furent expulsées par une coalition hispano-portugaise et seules les zones plus au nord de la Guyane restèrent en leur possession.
L'intérêt des Européens pour le Brésil diminua fortement lorsque le rendement de l'exploitation de la canne à sucre aux Antilles devint meilleur qu'au Brésil.
Pour répondre aux besoins de main d'œuvre, en particulier des plantations de canne à sucre, les colonisateurs portugais, peu nombreux, essayèrent de réduire en esclavage les Indiens des tribus non alliées. Des groupes mixtes indiens et portugais organisèrent des expéditions appelées bandeiras dans l’intérieur pour capturer des Indiens et chercher de l'or et des pierres précieuses.
Les Amérindiens d'Amérique du Sud transmirent peut-être la syphilis aux Européens, mais furent atteints et partiellement décimés par des maladies apportées par les Européens, notamment la variole..