—Nicolas AlexandreAlexandre Barbier a signé tous ses tableaux, articles, lettres et livres connus par A., Al. ou Alexandre. Nicolas ne fut ajouté qu’à la fin du XXe siècle pour le distinguer des autres A. Barbier. Barbier, né le à Paris et mort le à Sceaux, est un peintre français.
Biographie Alexandre Barbier naît le 18 octobre 1789 dans la cour des religieuxL'actuelle rue Bonaparte, dans sa partie comprise entre la rue Jacob et la place Saint-Germain-des-Prés. de l’Abbaye Saint Germain-des-Près, au domicile de ses parentsActe de naissance publié par Marianne de Meyenbourg dans Nicolas-Alexandre Barbier, un peintre scéen oublié, Bulletin des Amis de Sceaux, 2014, p. 1-43.. Son père, Pierre Barbier, est marchand mercier, sa mère, Marie Jeanne Constance Banizette, fille de bourgeois. La famille est (encore) aisée, (déjà) libérale et cultivéeLe contrat de mariage de Pierre Barbier et de Marie Jeanne Constance Banizette du 17 octobre 1788 évalue son fonds de commerce à 10.000 livres (actuellement 114.000 €.) et l’épouse apporte la même somme placée en bons d’état (Documentation Waldemar Kamer). Le chevalier Achille Pierre Dionis du Séjour signe comme témoin.. Alexandre est le cousin germain du (futur) écrivain Auguste Barbier. La famille est ruinée par l’effondrement du commerce de luxe sous la Révolution et l’annulation des bons d’état. Ainsi Pierre Barbier devient ‘receveur d’impôts’ à Neuilly lors de la crise de 1805 et s’éteint en 1830 comme modeste marchand de Saint-Germain-des-Près à la charge de son filsActe de décès des époux Barbier du 2 janvier et 17 mars 1830, habitant chez leur fils, dont ils sont à charge depuis des années (Documentation Waldemar Kamer)..
Alexandre Barbier acquiert une culture ‘classique’ – qu’il transmettra à ses enfants et élèves – dans un collège de la Montagne-Sainte-Geneviève et échappe à la conscription napoléonienne. Il réussit à se faire réformer ‘pour faiblesse de constitution’ et obtient en 1809 un poste de ‘commis-rédacteur à la 2ème division du bureau de l’infanterie’ au ‘Ministère de la Guerre’ rue de Varenne. En 1812 il part quand même pour le front russe. Pas comme simple soldat, mais comme il l’écrit : « Grâce à la protection d’une belle et grande dame, l’un des plus chers et gracieux souvenirs de ma jeunesse, j’obtins du ministre de César [Napoléon] un brevet d’adjoint au commissaire des guerres, avec ordre de rejoindre en [voiture de] poste la grande armée, déjà parvenue sur les bords de la Duna [en Russie]. Ce brevet me donnait le rang de capitaine et une épée au côté de bottes éperonnées. »Chapitre « Alexandre Barbier, le bel homme débrouillard », p. 17-20 dans Waldemar Kamer et René de Vries Lise Cristiani, Paris, Bleu nuit éditeur, 2025, publié avec le soutien du Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française.. Arrivé à Moscou en octobre après le grand incendie, il accompagne comme lancier rouge de la Garde impériale l’empereur dans sa retraite. Lors du passage de la Bérézina, Alexandre Barbier est atteint d’une balle de fusil dans un pied et garde une main gelée. À peine revenu à Paris dans un piteux état, il repart en 1813 pour la campagne de Saxe, où il est fait prisonnier avec le corps d’armée du maréchal Gouvion Saint Cyr et passe six mois dans les geôles autrichiennes. Affaibli et sans emploi pendant le retour des Bourbons, il rejoint à nouveau l’armée au début des Cent Jours et participe en juin 1815 à la bataille de Waterloo dans le corps du général Reille. Intégré dans l’éphémère ‘Armée de la Loire’, créée en été avec les vestiges de la Grande Armée qu’on éloigne de Paris pour la dissoudre, il est licencié en septembre 1815 à Poitiers. Sans traitement ni pension, il sollicite en vain un emploi à Paris et entre comme homme à tout faire dans une maison de commerce de Poitiers.
En 1816 il y rencontre la comédienne Agathe Richard – probablement en tournée avec la Comédie-FrançaiseContrat d'engagement d'Agathe Richard pour des « premiers rôles tragiques » du 8 juin 1816, signé par le duc de Duras (archives de la Comédie-Française).. Celle-ci a connu une vie au moins aussi mouvementée que la sienne : après la ruine de ses parents pendant la RévolutionAgathe Marie Richard (1785-1875) est la fille d’un ‘marchand de vin’ dans le quartier de Saint Etienne-du-Mont, François Richard, qui n’est en 1805 plus qu’un simple ‘employé’ dans le faubourg Saint-Martin., elle est montée sur scène à l’âge de 15 ans pour nourrir sa famille. Protégée par les comédiens Barthélémy La Rochelle et Mademoiselle Mars, elle a débuté en 1800 sur le Boulevard du crime, vécue et jouée et à Lyon, Strasbourg, Bruxelles et Amsterdam et acquis une telle « habitude de la scène » qui justifie son engagement au FrançaisCompte rendu de l’audition d'Agathe Richard du 30 mai 1816 (archives de la Comédie-Française), apparemment suite à une demande de Talma (non documentée).. En tant que « femme émancipée avant la lettre »Chapitre « Agathe Richard, femme émancipée avant la lettre », p. 13-17 dans Waldemar Kamer et René de Vries Lise Cristiani, Paris, Bleu nuit éditeur, 2025, publié avec le soutien du Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française., elle apporte en 1818 dans sa corbeille de mariage trois jeunes filles naturelles, que Barbier va légitimerLisberthe Barbier (1805-1850), Victoire Barbier (1808-1906) et Jeanne (dite Jenny) Barbier (1816-1848).. Le couple s’installe à Paris dans le Sentier et dans le faubourg Montmartre, où naît en 1825 leur fils Jules BarbierLe au 7 Rue Marie-Éléonore-de-Bellefond. Transcription de l’acte de naissance p. 12 dans Waldemar Kamer et René de Vries Lise Cristiani, Paris, Bleu nuit éditeur, 2025, publié avec le soutien du Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française.. La même année naît également leur petite fille, Lise Cristiani, qui grandit aux côtés de Jules dans cette « famille recomposée d’artistes »Lise (1825-1853) est la fille naturelle de Lisberthe, qui épouse en 1827 un ami de la famille Etienne Paul Chretien (1779-1836), qui légitime l’enfant. Pour ses débuts sur scène, elle italianise en 1845 son nom Lise Barbier Chretien en « Lise B. Cristiani »..
En 1827 la situation de la famille se stabilise quand leur amiCf. « Lettres de Barbier à Cuvillier-Fleury » dans Journal et correspondance intime de Cuvillier-Fleury, la famille d’Orléans aux Tuileries et en exil, 1832-1851, Paris, Plon, 1903, [tome II], p. 160-227. Alfred-Auguste Cuvillier-Fleury devient « gouverneur » (précepteur) du jeune duc d'Aumale et engage Alexandre Barbier comme professeur de dessin. C’est (encore) une fonction modeste, puisque Henri, cinquième fils et neuvième enfant du duc d’Orléans, n’a que 5 ans. Mais suite à l’héritage d’Henri de Bourbon-Condé (dont le château de Chantilly), il devient un prince très en vue sous la Monarchie de juillet (1830-1848). Lors de l’émancipation d’Aumale, Cuvillier-Fleury devient son « secrétaire des commandements » avec Barbier comme « sous-secrétaire des commandements » et « chef du secrétariat du duc d’Aumale »Waldemar Kamer, « Le peintre Nicolas Alexandre Barbier, professeur de dessin et secrétaire particulier du duc d’Aumale », Bulletin des Amis du Musée Condé, n° 88, Chantilly, 2025.. Cette position sociale permet aux Barbier de tenir un salon musical et littéraireEn 1842, ils donnent par exemple « une soirée complète, opéra-comique, concert et bal », Lettre de Cuvillier-Fleury à son épouse du 22 juin 1842 dans Journal et correspondance intime de Cuvillier-Fleury, la famille d’Orléans aux Tuileries et en exil, 1832-1851, Paris, Plon, 1903, [tome II], p. 259., qui leur permet de lancer la carrière artistique de deux plus jeunes enfants. En 1845 Lise, 19 ans, fait des débuts très remarqués comme première femme violoncelliste professionnelle en France et en Europe. En 1847 Jules, 22 ans, débute comme auteur à la Comédie-Française, avec la grande Rachel dans le premier rôle.
Avec la révolution de 1848 et l’exil des Orléans, Alexandre Barbier perd tous ses emplois et quitte Paris pour s’installer à Sceaux avec sa famille. Parmi eux, sa fille Victoire Barbier, aquarelliste de talent (elle co-signe un livre avec son père), qui abandonne le pinceau pour devenir femme de lettres. Les Barbier, fervents orléanistes de la première heure, restent en contact avec le duc d’AumaleCorrespondance jusqu’à la mort d’Aumale en 1897, qui aurait légué plusieurs œuvres d’art à son « camarade » Jules Barbier.. Alexandre recherche activement sa collection dispersée lors du sac des Tuileries en 1848Extrait d’une lettre d’Alexandre Barbier à Aumale [à Londres] du 2 février 1849 en tant que membre de l’Administration générale du séquestre des Biens et Domaines de M. le duc d’Aumale : « Je me suis occupé de nouveaux de la recherche de vos tableaux ; je suis heureux de vous annoncer que j’ai retrouvé le corps de garde marocain de Delacroix à l’administration, confondu dans les toiles de rebut; on n’avait pas imaginé que cela pût être autre chose qu'une mauvaise ébauche et l’on ne s’était pas arrêté à la signature. Par ce seul fait, vous pouvez juger combien Messieurs les employés de votre domaine sont réactionnaires et classiques maintenant en matière d’art. En voilà encore un de sauvé ! » [Le tableau était sans cadre]. Archives du musée Condé, Na 18/42 [dossier « spoliations de 1848 »]. et Jules lui rend visite en Angleterre pour lui apporter des livres. Lors de son décès le 4 février 1864 à 74 ansActe de décès no 8 de l'état-civil de la Ville de Sceaux « décès 1864 » (transcrit par Marianne de Meyenbourg)., Alexandre Barbier est déjà un peintre oublié. Mais il a droit à une longue nécrologie dans le Journal des débatsJournal des Débats politiques et littéraires, lundi 8 février 1864, p.5., est enterré au cimetière de Sceaux et Jules reçoit une lettre de condoléances du duc d’Aumale qui, rentré dans ses fonds, accorde une pension à la veuve de son « bon et vieil ami »Lettre duc d’Aumale [en Angleterre] à Jules Barbier du 9 février 1864 : « Mon cher Jules, Vous avait perdu un bon père, et nous avons perdu un bon et vieil ami. […] Votre ancien et affectionné Camarade, H. d’Orléans ». (bibliothèque de Chantilly, Inv. Na 111/7, Achat des Amis du Musée Condé en 2024)..
Rendu à la vie civile, il s'adonne à la peinture sous la direction de Xavier Leprince.
Il peint d'abord des sujets architecturaux, mais devient rapidement paysagiste. Il expose un grand nombre d'œuvres aux Salons de Paris entre 1824 et 1861.
Titulaire de la chaire de dessin au collège Henri IV, il devient professeur de peinture des enfants de Louis-Philippe Nouveau Larousse illustré - Dictionnaire universel encyclopédique, tome 1, p. 729.
Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1842.
Il meurt à son domicile à Sceaux le Selon l'acte dans l'état-civil de la Ville de Sceaux, décès 1864. et est enterré au cimetière de Sceaux.
Peintre de la Monarchie de Juillet
Publications
Alexandre Barbier, Salon de 1836, suite d’articles publiés dans le Journal de Paris, Paris, Joubert, 1836Parfois faussement attribué à son cousin germain, l'écrivain Auguste Barbier (1805-1882). Tout comme Alexandre Barbier n’est pas l’auteur de Résumé du Manuel de morale pratique et religieuse à l’usage des écoles primaires des deux sexes, publiés par Alexandre [A.] Barbier & Chenet, Paris, Langlois & Leclercq, 1842.. Alex. [sic] Barbier, Salon de 1839, Paris, Joubert, 1839. Al. [sic] Barbier, Lettres familières sur la littérature, littérature ancienne, adressées à Mademoiselle Cl. F. [Clémentine Fleury], Paris, Michel Lévy, 1862.
Distinctions par décret du
Hommages
Notes et références
Voir aussi Liens externes
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