Québec solidaire (QS) est un parti politique québécois œuvrant sur la scène provinciale. QS forme depuis le printemps 2019 la deuxième oppositionAyant récolté le même nombre de députés mais moins de votes que le Parti québécois lors des élections générales de 2018, Québec solidaire siégea d'abord à la à titre d'opposition. La décision de Catherine Fournier le de quitter le caucus péquiste - faisant passer le nombre d'élus du PQ de 10 à 9 - permit à l'aile parlementaire de QS de passer au rang de d'opposition.. Ses deux porte-paroles sont Ruba Ghazal et Sol Zanetti. De façon générale, on appelle les sympathisants du parti les « solidaires ».
Québec solidaire est fondé en 2006 comme le résultat de la fusion de l'Union des forces progressistes et d'Option citoyenne. Le parti obtient son premier siège à l'Assemblée nationale aux élections québécoises de 2008 en remportant Mercier. Subséquemment, le parti voit son appui croître et sa position se consolider dans les quartiers centraux de Montréal aux élections de 2012 et 2014 en remportant Gouin puis Sainte-Marie–Saint-Jacques. En 2017, Québec solidaire absorbe le parti indépendantiste Option nationale.
La chute de l'appui aux partis dits « traditionnels ». aux élections générales québécoises de 2018 permet à Québec solidaire de remporter . En plus de solidifier son appui à Montréal, en remportant Laurier-Dorion, Rosemont et Hochelaga-Maisonneuve, le parti fait une percée dans le centre-ville de Québec (Taschereau et Jean-Lesage), ainsi que dans les circonscriptions de Sherbrooke et Rouyn-Noranda-Témiscamingue.
Québec solidaire est décrit et se réclame de la gauche. Sa plateforme politique défend le féminisme, l'écologie, la justice sociale, l'altermondialisme, le pluralisme et la souveraineté du Québec.. Le parti souhaite, s'il forme un gouvernement, former une assemblée constituante qui aura pour mission d'écrire la constitution d'un Québec indépendant.. Le programme du parti défend, entre autres, la réduction de 95 % des gaz à effet de serre d'ici 2050, la gratuité du transport collectif, la création d'une banque publique, l'ajout de paliers d’imposition pour les riches et son indexation annuelle et la gratuité scolaire..
Historique Origines
Québec solidaire est le fruit de la fusion en 2006 de deux entités politiques de gauche au Québec : l'Union des forces progressistes (UFP), parti fondé en 2002, et Option citoyenne, association fondée en 2004. Les principaux porte-paroles des deux organisations, Amir Khadir et Françoise David, sont devenus les premiers porte-paroles du nouveau parti.
Dès , les exécutifs de l'Union des forces progressistes et d'Option citoyenne entament des pourparlers en vue d'une fusion.. À la fin de l'année 2005, en réponse au manifeste Pour un Québec lucide, un document appelant à s'attaquer collectivement au fardeau de la dette publique du Québec, plusieurs personnalités, dont les principaux dirigeants d'Option citoyenne et de l'UFP, Françoise David et Amir Khadir, signent le Manifeste pour un Québec solidaire. Le nom de ce manifeste est finalement repris lors du Congrès de fondation du nouveau parti : l'Union des forces progressistes et Option citoyenne deviennent « Québec solidaire »..
Une fusion des deux entités s'avérait toutefois impossible, le Directeur général des élections du Québec l'assimilant à un don financier d'une personne morale (l'association Option citoyenne) à un parti politique (l'Union des forces progressistes), ce qui est interdit par la loi au Québec. Le , le DGEQ a plutôt autorisé le changement de nom du parti Union des forces progressistes, qui est devenu Québec solidaire..
En , à la suite d'un vote favorable des membres respectifs de Québec solidaire et d'Option nationale, le parti Option nationale « fusionne » avec Québec solidaire. Dans les faits, Option nationale se fond dans Québec solidaire pour y devenir un collectif interne.
Premières expériences électorales
thumb|redresse|Amir Khadir, député de la circonscription de Mercier de 2008 à 2018. Le , Québec solidaire participe au premier test électoral de son histoire soit une élection partielle dans la circonscription de Sainte-Marie–Saint-Jacques. Sa candidate Manon Massé remporte 22 % des voix, terminant ainsi troisième derrière le Parti libéral du Québec et le Parti québécois. Québec solidaire participe ensuite le aux élections partielles dans les circonscriptions de Pointe-aux-Trembles et de Taillon. Le chef du Parti québécois, André Boisclair est candidat dans la première circonscription. Le Parti libéral du Québec et l'Action démocratique du Québec ne lui opposant pas de candidat, il remporte l'élection haut la main. Québec solidaire termine troisième, derrière le Parti vert du Québec, avec 8 % des votes exprimés en sa faveur. Dans Taillon, Québec solidaire termine quatrième, derrière le PQ, le PLQ et l'ADQ, avec 7 % des voix.
Lors des élections générales québécoises de 2007, Québec solidaire présente des candidates et des candidats dans 123 des 125 circonscriptions québécoises, plus de la moitié (65 exactement) étant des femmes, une première pour un parti politique en Amérique du Nord.. Cette élection est marquée par le débat entourant les accommodements raisonnables. Le scrutin a lieu le . Québec solidaire ne réussit pas à faire élire de député, mais récolte en sa faveur, soit 3,64 % des votes exprimés.. Le porte-parole masculin Amir Khadir recueille plus de 29 % des votes dans Mercier, terminant ainsi deuxième derrière le péquiste Daniel Turp, qui reçoit un peu plus du tiers des votes, et avec une avance de de pourcentage sur la candidate et ancienne députée libérale Nathalie RochefortVoir article : Mercier (circonscription provinciale). La porte-parole féminine Françoise David termine elle aussi deuxième dans sa circonscription de Gouin, recueillant plus de 26 % des suffrages, soit près de 8 % de plus que la candidate libérale Nathalie Rivard. vignette|gauche|upright=0.8|Françoise David, députée de Gouin de 2012 à 2017. Un an et demi plus tard, le premier ministre libéral Jean Charest, qui dirige alors un gouvernement minoritaire, décide de déclencher des élections anticipées le . Québec solidaire présente des candidats dans toutes les circonscriptions, sauf Notre-Dame-de-Grâce, où le Parti vert avait enregistré son meilleur score., Gatineau et Abitibi-Ouest.. Le , Amir Khadir devient le premier député solidaire à l'Assemblée nationale en remportant la circonscription de Mercier par d'avance sur le député péquiste sortant Daniel Turp. Il obtient (37,89 %), contre (34,32 %) pour Turp.. À l'échelle nationale, Québec solidaire reçoit 3,78 % des votes ()., ce qui en pourcentage correspond essentiellement au score qu'il a obtenu lors des élections du 26 mars 2007 (3,6 %).. Le parti récolte néanmoins de moins qu'en 2007, alors que les libéraux et les péquistes reçoivent respectivement et supplémentaires..
Quatre ans plus tard, de nouvelles élections générales sont déclenchées. Le , les deux porte-paroles du parti sont élus : Amir Khadir dans Mercier et Françoise David dans Gouin. Khadir recueille 46,73 % des voix (), devant le péquiste Jean Poirier (23,55 %). David, quant à elle, récolte 46,15 % des voix () devant le péquiste Nicolas Girard (32,55 %). Le parti a accumulé 6,03 % des voix (), ce qui fait plus que doubler sa performance de 2008 en nombre de votes ().. Le Parti québécois dirigé par Pauline Marois forme alors un gouvernement minoritaire.
Lors des élections anticipées du 7 avril 2014, Amir Khadir et Françoise David sont réélus dans leurs circonscriptions. De son côté, Manon Massé parvient à devenir la troisième députée de Québec solidaire en se faisant élire dans la circonscription voisine de Sainte-Marie–Saint-Jacques en récoltant 30,6 % des voix, devant la candidate libérale Anna Klisko (30,27 %) et le député péquiste sortant Daniel Breton (27,61 %). À l'échelle nationale, Québec solidaire récolte 7,63 % des voix.
Départ de Françoise David et arrivée de Gabriel Nadeau-Dubois vignette|Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé. Pendant la législature de l'Assemblée nationale, le , Québec solidaire réussit à faire adopter son premier projet de loi, présenté par Françoise David, venant modifier le Code civil du Québec afin d'empêcher l'éviction de locataires âgés de plus de .. Quelques mois plus tard, la députée de Gouin annonce, le , qu'elle quitte son siège à l'Assemblée nationale ainsi que son poste de porte-parole du parti, citant la fatigue professionnelle comme raison de son départ, à l'âge de .. Manon Massé assure l'intérim comme porte-parole féminine. Quelques semaines plus tard, c'est au tour d'Andrés Fontecilla d'annoncer qu'il ne sollicitera pas le renouvellement de son titre de porte-parole et qu'il quitte la présidence du parti.. Pour la première fois de l'histoire de Québec solidaire, le congrès de est appelé à renouveler les deux postes de porte-parole ainsi que la présidence.
C'est dans ce contexte que, le , Gabriel Nadeau-Dubois annonce son intention de succéder à Françoise David comme député de Gouin et de devenir porte-parole masculin du parti.. Cette annonce de l'ex-leader étudiant, devenu depuis la grève étudiante de 2012 une figure centrale de la gauche québécoise, entraîne une forte hausse du nombre de membres de Québec solidaire. et une montée du parti dans les sondages..
Au congrès du au , Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois sont officiellement élus comme porte-paroles du parti, alors que Nika Deslauriers, ancienne attachée politique d'Amir Khadir, est élue présidente..
Fusion d'Option nationale et de Québec solidaire À un an et demi des prochaines élections, divers projets germent pour rassembler les différents partis souverainistes au Québec. Sous la direction de l'organisation OUI-Québec, les représentants de Québec solidaire, d'Option nationale, du Parti québécois et du Bloc québécois parviennent à une entente de principe sur une « feuille de route » devant mener le Québec à l'indépendance.. Parallèlement, le Parti québécois tente un rapprochement avec Québec solidaire afin d'élaborer une alliance électorale où, dans certaines circonscriptions, un candidat souverainiste et progressiste unique se présenterait au nom des deux partis pour maximiser les chances de remporter la victoire contre le Parti libéral et la Coalition avenir Québec.
Or, au cours du congrès de , les militants de Québec solidaire rejette tout projet de convergence avec le Parti québécois. Du même souffle, ils donnent le feu vert à des discussions en vue d'une fusion avec Option nationale et proposent des rapprochements avec le Parti vert du Québec.. L'entente de principe élaborée par OUI-Québec ne fut jamais soumise pour approbation aux instances internes des différents partis.
Le , les directions de Québec solidaire et d'Option nationale annoncent qu'elles sont parvenues à une entente de principe à propos de la fusion des deux partis politiques. L'entente de fusion est approuvée par les congrès des deux formations politiques, le dans le cas de Québec solidaire. et le dans le cas d'Option nationale.. Ce dernier est appelé à se fondre dans Québec solidaire pour y devenir un collectif. Deux représentants provenant de ses rangs siégeront aussi au Comité de coordination nationale (CCN) de Québec solidaire, alors que Sol Zanetti, chef d'ON jusqu'à la fusion, deviendra ambassadeur de l'indépendance du nouveau parti unifié et se verra offrir une circonscription prenable lors des élections de 2018.
Enfin, en vertu de cet accord, Québec solidaire s'engage, s'il forme un gouvernement, à convoquer une Assemblée constituante devant nécessairement aboutir à l'indépendance du Québec...
Départ d'Amir Khadir