vignette|Porteur d'eau dans une commune de formation pionnière du mouvement de jeunesse Ha No'ar haTsiyyoni à Lowicz (1936). La présence de Juifs à Łowicz remonte au , mais leur importance pour la ville date du et du début du , où ils possèdent de nombreuses usines et la majorité des commerces. Au début du , leur nombre dépasse soit un peu moins de 40 % de la population de la ville. Leur nombre va légèrement diminuer, mais au début de la Seconde Guerre mondiale, ils représentent encore environ un quart de la population. La communauté juive est anéantie pendant la Seconde Guerre mondiale. Les Allemands, après avoir parqué les Juifs de Łowicz dans un ghetto, les transfèrent en 1941 au ghetto de Varsovie où ils subiront le sort de ses occupants.
Łowicz (allemand : Lowitsch, yiddish : לאָװיטש) est une ville du centre de la Pologne, dans la voïvodie de Łódź. Située à environ au nord-est de Łódź et à à l'ouest de Varsovie, Łowicz est arrosée par la Bzura. Elle compte actuellement un peu plus de .
Histoire de la communauté juive Le début de l'implantation des Juifs à Łowicz Des Juifs originaires de Gąbin ou de Sochaczew se seraient installer de façon temporaire à Łowicz au début du , sans créer de communauté. On sait avec certitude qu'en 1526, l'archevêque Jan Łaski interdit aux Juifs de s'installer dans la ville, et que ceux qui y habitent déjà sont expulsésle site: dbs.anumuseum.org.il The Jewish Community of Lowicz donne 1516 comme date d'expulsion par l'archevêque Jan Łaski. Les Juifs s'installent alors dans les villes avoisinantes.
Lors du synode de l'Église catholique locale tenu à Łowicz en 1556, la peine de mort est prononcée à l'encontre de trois Juifs de la ville voisine de Sochaczew, accusés d'avoir désacralisé une hostie. Une femme chrétienne, Dorotea Lazencka, est accusée d'avoir volé une hostie consacrée et de l'avoir vendue aux Juifs de Sochaczew afin d'obtenir du sang pour le sacrifice pascal. Lippomano, le nonce apostolique mène l'enquête, emprisonne trois Juifs de Sochaczew et les torture pour leur faire avouer leur crime supposé, cherchant à persuader le roi de condamner au bûcher les trois Juifs et la femme chrétienne. Le roi Sigismond Auguste est convaincu de la fausseté des accusations et ordonne au gouverneur de Mazovie de faire relâcher les trois Juifs. L'évêque de Chelm, produit alors un document falsifié soi-disant provenant du roi, qui se trouvait alors à Vilna, et les trois Juifs sont envoyés au bûcher. Pour le nonce apostolique, cette condamnation doit intimider les hérétiques qui se rebellent contre l'Église catholique. Le roi apprenant l'exécution en son nom des trois Juifs est si indigné qu'il se serait exclamé: Je tremble de cet outrage et je ne veux pas que les gens pensent que j'ai perdu la raison en croyant qu'une hostie percée peut saigner. Il décide alors que dorénavant, si un Juif est accusé de crime rituel ou de désacralisation d'hostie, il sera uniquement jugé par la Diète et sur des preuves absolument irréfutables: G. Shaiak: Lowicz; site: JewishGen; Tel Aviv; 1966: Herman Rosenthal, J. G. Lipman, Vasili Rosenthal, L. Wygodsky, M. Mysh et Abraham Galante: Russia- Under Sigismund II; site de la Jewish-Encyclopedia.
Łowicz est célèbre dans toute la Pologne pour son activité commerciale lors de ses marchés hebdomadaires et de ses six foires annuelles, principalement celle de la Saint-Mathieu qui débute le et dure jusqu'à six semaines. En raison de conflits avec les marchands chrétiens, les marchands juifs se voient interdire en 1724 par l'archevêque Teodor Potocki (1664–1738) de rester plus de trois jours à Łowicz lors des foires et de s'installer en ville. En 1738, Potocki impose de nouvelles restrictions. Les Juifs ne sont autorisés qu'une fois par an pour la foire de la Saint-Mathieu et n'ont le droit qu'à la vente en gros. En 1750, avec l'autorisation de l'archevêque Adam Komorowski (1699-1759), les Juifs peuvent louer pendant la foire une salle pour servir de lieu de prière.
À partir de la seconde moitié du , des commerçants et des artisans juifs tentent de s'installer illégalement dans la ville et font face à de fréquentes plaintes des artisans et commerçants chrétiens.
La communauté juive au et jusqu'à la Première Guerre mondiale Après le troisième partage de la Pologne, en 1796, Łowicz devient une ville gouvernementale. En 1797, Boroski, Cukier, Plamka et Pinkus sont les quatre premiers Juifs qui obtiennent le droit de s'installer dans la ville auprès des autorités prussiennes. En contrepartie, ils doivent acquitter un droit de séjour permanent, un permis de commerce ou un permis d'achat d'une maison. La population juive va alors croitre rapidement, passant de en 1808 à en 1827 correspondant à 11 % de la population de la ville.
La communauté juive de Łowicz est alors subordonnée à la communauté de Sochaczew. Son statut de communauté indépendante (Kehilla) ne lui sera accordée qu'en 1820. Malgré cela, Łowicz possède un rabbin adjoint et un hazzan (chantre).
En 1829, la population juive reçoit l'ordre de s'établir dans un nouveau quartier situé à l'ouest et au nord-ouest de la place du Nouveau marché (Nowy rynek) et délimité par les rues Bielawska, Podrzeczna, Wałowa, Długa et Piotrkowska. Ne peuvent être dispensées de s'installer dans ce quartier juif que les personnes répondant à des exigences spécifiques, principalement économiques.
Au début de 1829, un Conseil de surveillance de la synagogue est établi à Łowicz, permettant ainsi de construire une synagogue et d'aménager un cimetière. La communauté juive peut alors louer un bâtiment en bois rue Zduńska pour s'en servir comme synagogue. Peu après, le grand-duc Constantin, qui règne sur le duché de Łowicz, fait don à la communauté d'une morga de terrain1 morga est égal à environ près du village de Zagórze (aujourd'hui rue Łęczycka), dans le but d'y fonder un cimetière. Le cimetière est finalement créé en 1830. Les Juifs de Bolimów, situé à de Łowicz, sont alors rattachés au Conseil de surveillance de la synagogue de Łowicz.
L'installation obligatoire de tous les Juifs dans le quartier juif pose un problème en raison du manque d'habitations appropriées et la date d'échéance doit être reportée en 1830. La construction de nouvelles maisons commence, mais le déclenchement de l'insurrection de Novembre contre la domination de la Russie, contrecarre ces travaux, et en plus, les bâtiments existants dans le quartier sont en grande partie détruits. Le nombre de Juifs à Łowicz a fortement augmenté à cette époque et en 1832, selon les sources, leur nombre s'établit entre et .
Malgré l'intercession en leur faveur du commandant de la garnison de Łowicz, le colonel Aleksander Gotlieb Grottenhielm, les Juifs sont divisés en trois catégories: ceux qui ont leur maison, terminée ou en construction, dans le quartier juif doivent déménager immédiatement, c'est-à-dire avant la fin ; les familles moins aisées, sans leur propre logement voient leur date de déménagement repoussée d'un mois; enfin, pour les Juifs pauvres, leur déménagement doit intervenir avant la fin .
Malgré ces ordres, une grande partie de la population juive reste en dehors du quartier, car le comte Aleksander Wielopolski, va abolir toutes les restrictions d'habitation dans le centre de Łowicz, et principalement rue Zduńska, où plusieurs dizaines de familles juives vivent encore
Dans la première moitié du , la communauté juive est pauvre. Elle loue des bâtiments publics qu'elle utilise comme abattoir rituel, comme école et comme hôpital. Elle est endettée et ne possède pratiquement aucun bien propre. L'artisanat et le commerce sont les principales occupations des Juifs de Łowicz. Environ 40 % des membres de la communauté sont artisans: tailleurs, boulangers ou orfèvres. Deux bouchers travaillent à Łowicz, effectuant des abattages rituels. Le deuxième groupe, d'environ 40 % également, est constitué de marchands, principalement itinérants ou sur des étals. Parmi eux, cinq commerçants détiennent des licences pour vendre des boissons alcoolisées. Les 20 % restants de la population juive comprend les ouvriers et compagnons, les membres de profession libérale, tels que les musiciens, les barbiers, les enseignants, le propriétaire d'une cuisine pour les pauvres et les charretiers et enfin un nombre indéterminé de mendiants.
En 1841, vivent à Łowicz, ce qui constitue 22 % de la population totale de la ville. La situation de la population juive dépend dans une large mesure de la situation économique du marché local. Les récoltes catastrophiques de 1854–1855, conduisent au dépeuplement des villages environnants, obligeant également les Juifs de Łowicz à demander de l'aide.
La construction de la ligne de chemin de fer reliant Łowicz à la route du fer Varsovie-Vienne a été d'une grande importance pour le développement de la ville, mais sans affecter le profil dominant de l'économie. Les Juifs sont également des pionniers de l'industrie à Łowicz. Au tournant des et siècles, les moulins à vapeur de Wacław Rosenblum, Moszek Żelechowski et M. Elechnowicz, ainsi que des usines de transformation des aliments plus ou moins grandes, de production de machines agricoles, d'engrais artificiels et autres sont construits. L'artisanat continue à jouer un rôle important. On trouve aussi des brasseries et des moulins à huile. Les foires, autrefois populaires pour le négoce des chevaux et du bétail, deviennent progressivement des expositions techniques.
Au début du , un hôtel cacher s'ouvre rue Zduńska, destiné aux clients juifs. Des associations de prêt et d'épargne sont également créées, comme la Handlowo-Przemysłowe Towarzystwo Wzajemnego Kredytu (Société de crédit mutuel commercial et industriel), fondée en 1908 par Michał Wekstein et orientée principalement vers la population juive, ou la Towarzystwo Pożyczkowo-Oszczędnościowe (Société de prêt et d'épargne). En 1903, est créé aussi un fonds de dot juif appelé Wesele (mariage) et peu après, la Żydowski Bank Spółdzielczy (Banque coopérative juive) qui accorde des prêts sans intérêt pour les activités artisanales et commerciales.
Pendant longtemps, l'éducation des enfants s'effectue dans des écoles religieuses. À la fin du , il y a treize heders dans la ville. Les jeunes garçons continuent alors leurs études soit vers une yechiva, soit pour les familles les plus progressistes vers une école laïque. Les jeunes filles sont généralement exclues de l'enseignement. Ce n'est qu'au tournant du et du que sont créées des écoles privées juives, des bourses pour les filles désirant faire des études et une école de commerce, qui suscite immédiatement un grand intérêt chez la jeunesse juive.
Le début du voit un renouveau de la vie culturelle juive à Łowicz. La première librairie de la ville est ouverte en 1864 par S. Kronenberg, et la suivante par Arensztajn. En 1908, une bibliothèque juive est créée, où sont organisés des représentations théâtrales, des conférences et des entretiens de sensibilisation. Łowicz ne possède pas de troupe théâtrale juive professionnelle, mais la ville reçoit des troupes itinérantes et voit se développer plusieurs troupes amateures. À partir des années 1920, l'hebdomadaire juif Mazowszer Wochenblat est publié à Łowicz.
La ville attire de fameux écrivains juifs, comme Sholem Asch, Yekhiel Yeshaye Trunk, Joseph Opatoshu et d'autres qui vont écrire des romans sur Łowicz et le mode de vie des Juifs de Mazovie. L'écrivain et sioniste militant Nahum Sokolow étudie le Talmud à Lowicz dans sa prime jeunesse pendant une courte période.
La Première Guerre mondiale provoque l'effondrement de l'économie de Łowicz. À la fin de 1914, les batailles qui se déroulent dans la ville et à proximité, provoquent de nombreuses victimes civiles et de très importants dégâts matériels. La ville a faim et les épidémies se propagent. Dans la période la plus difficile, la communauté juive organise des cantines pour les pauvres, qui fournissent des repas à près de . Elle dirige également un refuge.