droite|vignette|Affiche (vers 1975) L' Association des anciens combattants français évadés de France internés en Espagne (Guerre 1939-1945) est créée en sous le nom d’ « Association des anciens combattants français évadés et internés en Espagne » avec pour objet de « grouper tous anciens combattants français évadés et internés en Espagne ainsi que tous autres combattants dans un but de solidarité et d'entraide » Journal Officiel des associations, (Lire en ligne).. Elle reprend, de façon informelle, les objectifs et les missions de l’Union des évadés de France, fondée en 1943 à Alger, présente et active en métropole de 1944 jusqu’au milieu des années 1950.

Historique Des débuts progressifs à partir de 1960 L’association dont les statuts sont déposés le à la Préfecture de police de Paris a vocation à rassembler des adhérents sur tout le territoire national. Son siège est fixé au 78, Champs-Élysées à moins de 300 m de l’immeuble où l’Union des évadés de France avait occupé un étage de bureaux en 1945-1946.

Elle ne commence à essaimer en province que 5 ans plus tard. Des sections locales, départementales et régionales se créent en 1965, dans les départements des Landes et des Basses-PyrénéesJournal Officiel des associations, et . , en 1966 dans le Territoire de Belfort Journal Officiel des associations, . , en 1967 en Basse-Normandie et à Hendaye (Pyrénées-Atlantiques)Journal Officiel des associations, , ., en 1968 à Bordeaux et dans tout le Sud-OuestJournal Officiel des associations, 12 et . .

Le , Louis Moreau, au nom de l'association qu'il préside, accueille lors d'un congrès extraordinaire à Paris Jean Sainteny, ministre des anciens combattants et victimes de guerre. Parmi les orateurs, Mgr André Boyer-Mas, délégué général de la Croix-Rouge française en Espagne pendant la guerre et grand soutien des évadés de 1942 à 1944, livre, dans un long témoignage, ce qu'il a été amené à dire, écrire et entreprendre pendant cette période pour venir en aide aux évadés de France, internés en Espagne. Il explique la façon dont il peut apporter la preuve d'une présence en Espagne permettant aux évadés d'obtenir le statut d'Interné et déporté résistantL'original de cette allocution est conservée aux Archives Nationales (72 AJ/71, Dossier 2, pièce 1c) et consultable en ligne. Une transcription à partir d'un double (Coll. Part.) est disponible en ligne Consulter sur archive.org. Il réitère son témoignage et son engagement en faveur des évadés de France dans un message lu au congrès régional de l'association le à Strasbourg et dans lequel il exhorte à nouveau les pouvoirs publics à reconnaître officiellement les actions des évadés comme leur ouvrant le droit d'obtenir le statut d'évadés-internés dès le jour où ils ont franchi la frontière françaiseArchives Nationales, Passage des Pyrénées, II, (72JA/71 dossier n°2, pièce 1b) Lire en ligne. Une transcription à partir d'un double (Coll. Part.) est disponible en ligne Consulter sur archive.org.

Au début 1968, l’association nationale adopte le nom d’« Association des anciens combattants français, évadés de France et des internés en Espagne (guerre 1939-1945) » et transfère son siège social 28, boulevard de Strasbourg à Paris dans le arrondissementDécision du , Journal Officiel des associations, ..

L’essor, 1970-1980 Ce changement apporte un nouvel élan à l’association qui voit se créer des relais à Lille, Toulouse, Carcassonne, Dijon, Foix, de 1968 à 1970Journal Officiel des associations, , 4 et , , ..

L’association nationale des évadés de France internés en Espagne (guerre de 39-45) tient un congrès à Paris au théâtre de la Gaîté-Lyrique les 28 et sous le patronage de M. Henri Duvillard, ministre des anciens combattants « L'Association des évadés de France internés en Espagne va tenir son congrès à Paris », Le Monde, 9 octobre 1970..

Le congrès suivant se déroule à Toulouse le pour le trentième anniversaire des premiers départs clandestins vers l’Espagne sous la présidence effective du ministre des anciens combattants et victimes de guerre, André Bord « M. André Bord annonce une majoration de la retraite pour ceux de 1939-1945 », Le Monde, .. Entretemps l’association nationale est devenue la « Confédération nationale des anciens combattants français, évadés de France et des internés en Espagne, guerre 1939-1945 » en et de nouvelles sections locales sont nées à Marseille, Niort, Lyon, à Paris, dans les départements de la couronne parisienne Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Yvelines, Val-d’Oise, Seine-et-Marne, Val-de-Marne, sections départementales regroupées dans une nouvelle fédération régionale d’Ile-de-France Journal Officiel des associations, , , , , 4 et , 12, 14, 20 et , , , , 8 et , ..

Deux autres congrès en à Pau et à Cannes en sont honorés de la présence de Maurice Plantier, secrétaire d’État aux anciens combattants.

De 1972 à 1980, quinze nouvelles sections locales, départementales, régionales permettent de regrouper les anciens évadés sur tout le territoire national.

Le déclin Les premières dissolutions de fédérations locales sont déclarées en 1986. L’extinction progressive de l’association se poursuit jusque dans les années 2010, à mesure de la disparition des acteurs de la Résistance. Quelques associations survivent au décès des évadés souvent grâce à leurs descendants impliqués dans la perpétuation de la mémoire de la Résistance et des combats contre l'oppression nazie.

Les hommes et les engagements Animateurs de l’association Quelques noms émergent parmi des responsables plutôt discrets et un nombre d’adhérents difficile à établir.

La figure de l’abbé Maurice Cordier (1920-2014), évadé de France, aumônier des anciens de la 2e DB, domine la Confédération nationale des anciens combattants français évadés de France et des internés en Espagne, qu’il préside déjà en 1980 Maurice Cordier, « Les évadés de France … des hors-la-loi ? », Le Monde, 6 novembre 1980. et jusqu’à sa mort« Décès du P. Maurice Cordier, ancien de la 2e DB », sur le site lacroix.fr, ..

André Lemaire (1925-2018), capitaine de vaisseau, dernier président de l'Association des Combattants volontaires évadés de France par l'Espagne région PACA, s'investit dans les conférences et témoignages sur la Deuxième Guerre mondiale et la Résistance dans les collèges et les lycées. L'association participe ainsi à sensibiliser les élèves de la région PACA aux thèmes du Concours national de la résistance et de la déportation« André Lemaire (1925-2018) », Notice biographique, École Navale Traditions, lire en ligne.. Jean-Claude B. Montagné, né en 1922 à Biarritz, secrétaire puis président de l’Association des Hauts-de-Seine des anciens combattants français, évadés de France et des internés en Espagne (guerre 1939-1945) créée en 1972, dissoute en 2006Journal Officiel des associations, , , (Lire en ligne). publie à compte d’auteur en 1998 les récits de son évasion et son incarcération en Espagne. Il fait œuvre de pédagogie en éditant ses récits sur internet et en produisant un documentaire accessible en DVD M. O. Montagné, « Biographie de J-C. B. Montagné » (Consulter en ligne).. Marcel Vivé, secrétaire général de la confédération en , apporte publiquement son témoignage sur les évasions par l’Espagne dans les colonnes du journal Le Monde à l’occasion du 30e anniversaire de la capitulation de l’Allemagne « Les évadés de France par l’Espagne », Le Monde, .. Il cosigne en 1998 avec Robert Vieville un ouvrage sur ce même thème .

Leur combat : faire reconnaître le rôle des évadés Au-delà de l’entraide entre évadés de France, internés en Espagne, leurs associations confédérées militent inlassablement pour la reconnaissance du rôle de ces hommes et femmes qui ont tout quitté pour reprendre la lutte contre l’Occupant et libérer la France.

Les actions menées entre 1945 et 1950 par l’Union des évadés de France n’ont permis d’obtenir que des résultats partiels. En 1980, le président Maurice Cordier doit encore s’écrier :

Ce constat n’est guère éloigné de celui qu’exprimait déjà en 1946, Pierre E. Lamaison, secrétaire général de l’Union des évadés de France : « C'est un fait ! Les évadés de France n'ont pas encore les mêmes droits que les Prisonniers, les Déportés ou les STO » Evadé de France, , p. 2. (Lire en ligne).. La disparition définitive des hommes et femmes évadé-e-s de France finit d’aplanir ces différences.

En 1994, cinquante ans après les dernières évasions par l'Espagne, le sénateur René Marquès s'inquiète encore du statut des évadés dont la durée d'internement en Espagne ne leur permet pas, à quelques jours près au vu de la réglementation en vigueur, de bénéficier du titre d'interné résistant et de l'attribution de la carte de combattant (ainsi que de l'avantage fiscal qui y est liéUn ancien combattant ou son conjoitn survivant peut bénéficier d'une demi-part supplémentaire pour le calcul de l'impôt sur le revenu (Voir le site).). Le ministre des anciens combattants lui répond que « la situation des intéressés fait l'objet d'une étude approfondie au sein des services du département ministériel »« Question de M. MARQUÈS René (Pyrénées-Orientales - UC) » (Journal officiel du Sénat, 12 mai 1994, p. 1125), « Réponse du ministère : Anciens combattants » (Journal officiel du Sénat, 9 juin 1994, p. 1427, lire en ligne)..

Bibliographie

Henri Amouroux, La Grande histoire des Français sous l'occupation. Tome 6, L'impitoyable guerre civile, décembre 1942-décembre 1943, Paris, Robert Laffont, 1983, p. 379-388. . Sébastien Barrière, Pyrénées, l’échappé vers la liberté : les évadés de France , Pau, Éditions Cairn, 2005, 168 p. . . . . .

Notes et références

Catégorie:Évadé de guerre Catégorie:Association d'anciens combattants en France Catégorie:Forces françaises libres Catégorie:Mémoire de la France libre Catégorie:Résistance française Catégorie:Association ou organisme ayant son siège en France Catégorie:Association fondée en 1960