(« à propos du plaisir et du bien-être honnêtes ») est un manuel, écrit par Bartolomeo Sacchi, dit Platina, et paru en 1472, consacré à l’hygiène de vie générale de l’homme. Il est connu pour être le premier livre de cuisine imprimé de l’histoireWillan Anne, Cherniavsky Mark, The Cookbook Library : Four Centuries of the Cooks, Writers, and Recipes That Made the Modern Cookbook, University of California Press, California Studies in Food and Culture, vol. 35, 2012, p. 39.. En français, il est traduit sous le nom de « Platine en francoys », du nom de son auteur. alt=Première page du livre imprimé. On peut lire ce dont il va traiter.|vignette|Édition de 1505, Bibliothèque municipale de Lyon De honesta voluptate et valitudine, pour ce qui touche à la gastronomie, s’inspire en réalité des écrits de Maestro Martino, plus grand cuisinier de son temps, en reprenant les recettes du Libro de Arte CoquinariaCollard Franck, « Compte rendu de Bruno Laurioux, Gastronomie, humanisme et société à Rome au milieu du , etc. », in Revue historique, vol. 309, (644), 2007, p. 979..
Le Platine en françois La première traduction française de ce texte latin parue à Lyon en 1505 est due à un certain Desdier Christol, prieur de Saint-Maurice près de MontpellierChristol Desdier, notice de personne dans le catalogue général de la BnF [en ligne]. URL : https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb130102637, consulté le 21 décembre 2020..
Il s’est cependant pleinement approprié le Platine. Il a en effet supprimé et ajouté des rubriques, mais il a par-dessus tout significativement diminué le volume de recettes contenues dans la version originale. Là où l’original latin est rempli à presque 50% de recettes, le chiffre diminue à près de 30% dans la version françaiseMoncorgé Marie Josèphe, « Platine en français », sur Old cook [en ligne]. URL : https://www.oldcook.com/medieval-texte_platine, consulté le 21 décembre 2020.. Cela est expliqué par la portée du livre qui est différente :
Le Platine en francoys place donc les vertus des aliments pour le corps humain au centre de ses réflexions sur la nourriture. Quand il s’agit d’aborder un aliment, il louera ses bienfaits ou critiquera ses effets négatifs ou dangereux sur l’organisme. Lorsqu’il s’agit d’aborder les modes de préparation, les recettes donc, il met souvent en avant ce que cette transformation peut apporter ou non d’un point de vue nutritionnel :
Toutes ces considérations (pseudo)médicales s’inscrivent dans la tradition de la diététique hippocratique selon laquelle la digestion serait un processus de cuisson chargé de transformer les propriétés des aliments, classés selon quatre types, qui auront des impacts sur les quatre humeurs et quatre tempéraments humains. Galien augmentera ce modèle en y intégrant les notions de degrés. Les commentaires du Platine définissent les aliments selon ce modèle de Galien :
Desdier Christol s’intéresse alors à la gastronomie en ce qu’elle participe à l’équilibre sanitaire général de l’homme. Si l’original latin intègre des commentaires sur les recettes ou sur les habitudes culinaires d’un point de vue diététiqueCollard Franck, « Compte rendu de Bruno Laurioux, Gastronomie, humanisme et société à Rome au milieu du , etc. », in Revue historique, vol. 309, (644), 2007, p. 978., Desdier Christol les intègre à une vision plus large de la santé humaine. Il donne des conseils sur le sommeil, sur la façon de prendre son bain, sur la sexualité, sur la pratique d’un exercice physique, etc.
Notes et références
Catégorie:Livre paru au XVe siècle Catégorie:Livre de cuisine médiéval