Le Covid long, parfois appelé syndrome Covid chronique ou syndrome post-Covid-19, est le nom communément donné aux séquelles à long terme engendrées par la maladie à coronavirus 2019 (Covid-19) chez les personnes infectées, au delà de la période de convalescence typique.... Les deux symptômes les plus fréquents sont l'asthénie (fatigue anormale) et une dyspnée (essoufflement). Ils peuvent être accompagnés par des céphalées (maux de tête), une parésie (faiblesse musculaire), une anosmie (perte d'odorat), une agueusie (perte du goût) ou un brouillard mental (pouvant traduire des dysfonctionnements cognitifs)..
Après plusieurs modifications de sa définition.. Prépublication., le terme est désormais utilisé pour caractériser une présence de symptômes durant plus de . Selon la Haute Autorité de santé, 10 % des personnes ayant contracté la Covid-19 ont encore des symptômes plus de après.. Au total, plusieurs millions de patients seraient affectés par ce syndrome.
Encore mal compris, il est aussi observé chez des jeunes sans comorbidités et chez des patients n'ayant pas développé de forme grave.. Les enfants, originellement plutôt épargnés par les formes graves de la Covid, y seraient vulnérables. Les femmes semblent plus affectées que les hommes. La recherche tend à rapprocher le covid long d'autres syndromes postinfectieux. Plusieurs causes possibles sont envisagées, principalement une persistance du virus du covid dans l'organisme, une réaction auto-immune, une dysbiose ou encore des dommages tissulaires à plusieurs organes. Le Covid long pourrait ne pas être qu'une seule et même maladie et des travaux récents suggèrent un double mécanisme, associant .
Le suivi d'environ aux essais de développement d'un vaccin a conclu (en ) que la vaccination contre la Covid ne provoque pas de Covid long, contrairement aux cas d'infections naturelles....
Terminologie « Covid long » est une traduction littérale de l'anglais . En , après un sondage effectué auprès de plusieurs centaines de malades dans un groupe Facebook, l'expression est adoptée en remplacement de l'expression « moins explicite. Elle est ensuite reprise par les médias et les réseaux sociaux...
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) préfère les termes ou ., quant à l’Office québécois de la langue française et le Bureau de la traduction, ils recommandent le terme ...
Les termes anglophones adjacents (et pour une personne souffrant d'un Covid long) furent ensuite repris par la plupart des personnes affectées......
Définition L'Assurance maladie Française et la Haute Autorité de santé (HAS) proposent en la définition suivante : Infection vérifiée ou supposée au SRAS COV-2 (phase aigüe confirmée ou probable). Apparition de symptômes (cognitifs, ORL, fatigue, digestifs, cardiorespiratoires…) persistants, apparaissant ou réapparaissant après quatre semaines. L'état du patient n'est pas explicable par un autre diagnostic médical.
Pour l'OMS, .
Incidence Au début de la pandémie de Covid-19 (fin 2019/début 2020), il fut rapidement établi que les symptômes de cette maladie persistaient parfois, quel qu'ait été le degré de sévérité initial.. Cela concernerait aussi bien des personnes ayant développé des formes légères et modérées de la maladie. que des personnes qui ont été gravement atteintes..
Entre 10 et 30 % de COVID long en population générale Selon l'OMS en , les COVID longs concerneraient 10 à 15 % des personnes infectées, soit près de de personnes dans le monde, et à en France.. La HAS donne les mêmes chiffres : 10% à six mois. Une étude de l'agence nationale Santé publique France parue en indique quant à elle que ..
Les premières études estimèrent que 10 % à 20 % des malades du Covid-19 présentaient des symptômes durant plus d'un mois. Ces études étaient basées sur les suivis des personnes hospitalisées pour une forme grave de la maladie, parfois placées sous respiration artificielle, et dont le rétablissement était bien plus long.
Des études ultérieures appuyèrent le fait qu'approximativement 10 % des malades continuaient à manifester des symptômes importants après trois semaines, alors que 90 % semblaient libérés de tout symptôme.
Une revue suédoise de question associée à une étude qualitative menée sur cinq jeunes Suédois (de neuf à quinze ans) atteints du Covid, publié en , suggéra que les enfants pouvaient être aussi vulnérables à certains symptômes du Covid long... Ils incluent la fatigue intense, la dyspnée, les palpitations cardiaques et des douleurs thoraciques. Les auteurs suggèrent que les femmes sont plus exposées aux symptômes prolongés que les hommes.
Une étude de 2024 suggère que les femmes ont 30% de risque en plus que les hommes de développer un Covid long, et plus encore après 40 ans. Le risque dépend de l'âge, du nombre de grossesses et de la ménopause, indiquant une dépendance possible du Covid long aux hormones..
Selon les données épidémiologistes, en 2024 en France, entre et ont vu leur qualité de vie considérablement affectée, voire gravement affectée, en raison des effets persistants du Covid-19.. D'après une étude du CNRS parue en , le covid long affecte 3 à 7% de la population mondiale.
En avril 2026, en France, 5 ans après la pandémie, environ 2 millions de personnes vivraient avec un covid long, sévère pour 500 000 à 600 000 d'entre elles.
Jusqu'à 80 % de Covid long chez les patients hospitalisés vignette|La gare de trains de Wuhan, en Chine centrale, d'où est partie la pandémie de covid-19 en 2019. Les patients atteints de covid-19 à Wuhan qui ont dû être hospitalisés ont ensuite, en majorité, développé un covid long. Chacun peut développer un Covid long (le taux de cas pédiatriques est proche de la moyenne générale), mais le rétablissement est plus long chez les personnes devant être hospitalisées. Une majorité (jusqu'à 80 %.) de ces derniers présentent des symptômes à long terme (dont fatigue et essoufflement)... Une infection initiale sévère (nécessitant une assistance ventilatoire mécanique notamment) prédispose au syndrome de soins postintensifs après guérison.
La majorité des patients hospitalisés à Wuhan, première ville où s'est répandu le covid-19 au début de la pandémie, présentaient toujours au moins un symptôme six mois après l'infection ; et les plus atteints avaient toujours une grande difficulté à respirer correctement.. Et parmi les sortis de l'hôpital, les symptômes pouvant se manifester six mois plus tard étaient la (63 %), les troubles du sommeil (26%) et (23%)...
En , une étude britannique révéla que parmi les sorties des hôpitaux au cours de la première vague au Royaume-Uni, un tiers d'entre elles (29,4 %) furent réadmis à l'hôpital dans les suivant leurs sorties et un huitième (12,3 %) y décédèrent. Beaucoup de ces personnes revenaient avec un nouveau diagnostic, ayant au passage développé des problèmes cardiaques, rénaux, hépatiques, ainsi que du diabète..
En , selon l'Association indonésienne des médecins, jusqu'à 21 % des patients guéris souffriraient d'un long Covid. Mais une enquête auprès de suggére que 63,5 % du groupe interrogé présentaient des symptômes (fatigue et toux le plus souvent, devant des douleurs musculaires et maux de tête).
Un épidémiologiste australien de l'université Griffith a déclaré que l'impact clinique à long terme de nombreux cas de Covid long est inconnu. À cette date, l'Indonésie avait enregistré de cas de Covid et plus de ..
En , une étude française publiée dans la revue Clinical Microbiology and Infection Sarah Knapton, Persistent COVID-19 symptoms are highly prevalent 6 months after hospitalization: results from a large prospective cohort, Clinical Microbiology and Infection, 2021-05-10 a suivi, depuis le , prises en charge pendant la première vague, sous l'égide de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). L'étude examine dix symptômes attestés par visite médicale (fatigue, dyspnée, douleurs articulaires et musculaires, céphalées, toux, rhinorrhée, perte du goût et de l'odorat). Six mois après infection, l'étude recense : 60 % des patients hospitalisés à cause du Covid-19 sont toujours affectés par au moins un symptôme ; 25 % présentent « trois symptômes ou plus » ; 2 % ont « dû être hospitalisés à nouveau » ; 7 % des patients n'ont pas retrouvé le goût ou l'odorat un semestre après leur infection ; 29 % de ceux qui avaient initialement une activité professionnelle n'ont pas pu reprendre leurs fonctions.
Jad Ghosn (auteur principal) de l'article, parle de plutôt que de Covid long, le virus n'étant plus détectable dans l'organisme chez la plupart des patients. L'étude ambitionne de suivre les patients sur . Il avait d'abord été décidé de suivre « dans les maladies respiratoires. La diversité des séquelles a conduit à envisager des tests supplémentaires (sur la mémoire, la concentration, les séquelles cardiaques, la qualité de vie ou la force musculaire). La cohorte suivie s'est élargie jusqu'à atteindre plus de , afin notamment de comparer les effets à long terme des différents variants.
Liste des symptômes L’expression clinique de ce syndrome est très polymorphe. . En , les symptômes les plus rapportés étaient... :
Troubles généraux Fatigue intense ; Faiblesse musculaire ; Douleurs articulaires ; Douleurs aiguës dans les bras et les jambes ; Fièvre légère ; Diarrhées et vomissements ; Démangeaisons ; Perte de cheveux ; Perte de dents ;
Troubles rénaux Calculs rénaux ; Apparition de diabète ;
Troubles cardiaques Apparition d'hypertension ; Palpitations cardiaques
Troubles cognitifs Troubles de l'attention ; Mémoire vacillante ; Changements d'humeur, parfois accompagné par de la dépression ; Troubles du sommeil ;
Troubles neurologiques Dystonie neurovégétative ; Tremblement essentiel ; Amnésie ; Apathie ; Ataxie ; Migraines ; Perte du goût (Agueusie) et d'odorat (Anosmie) ; Accidents vasculaires ischémiques. ; Accident vasculaire cérébral ;
Troubles neuromusculaires Fonctions neuromusculaires des membres inférieurs
Troubles pulmonaires et ORL Toux de longue durée ; Maux de gorge et difficultés de déglutition ; Essoufflement ; Douleurs à la poitrine ;
Troubles gynécologiques Risques de saignements utérins anormaux plus importants.
Symptômes différents selon le sexe Le covid augmente les risques de saignements utérins anormaux chez les femmes. De plus, les symptômes du covid long s'intensifient durant les phases pré-menstruelle et proliférative du cycle menstruel, notamment la fatigue, les maux de tête et les douleurs musculaires. Cette corrélation entre le cycle menstruel et le covid long s'explique par une réaction inflammatoire dans l'utérus.
Les atteintes du covid long diffèrent selon le sexe. Les femmes qui en souffrent montrent des indicateurs d'activation immunitaire et d'inflammation plus importants que les hommes, ce que montre notamment le dosage des cytokines et des symptômes d'hypermalléabilité intestinale dûs à une inflammation intestinale devenue systémique. En particulier, les femmes présentant des symptômes d'encéphalomyélite myalgique/syndrome de fatigue chronique montrent une modification de leur myélopoièse (c'est-à-dire leur production de moelle osseuse), une réduction de leurs lymphocytes, des neutrophiles/monocytes plus nombreux, et une réduction des lymphocytes T régulateurs, suggérant une activation immunitaire permanente. Les femmes atteintes présentent en outre souvent un manque de globules rouges.