est le nom donné aux langues berbères au Moyen Âge. Le terme signifie littéralement la « langue occidentale », sous entendu celle des Berbères du Maghreb à l'occident du monde musulman et particulièrement celle du Maghreb Al-Aqsa.
Étymologie L'expression arabe signifie , ou encore . Il fait référence aux d'un hadith prophétique, les « étrangers », dont la racine (composée à partir de la racine arabe trilitère [ĠRB]) est similaire avec le terme « occidentaux ». Les Almohades instrumentalisent ce hadith. comme désignant les Berbères, dont les Masmoudas, comme désigné par ce hadith.
Histoire Aire de locution originelle Les auteurs médiévaux favorables aux Almohades tel , Ibn Sahib as-Salat ou encore , désignent la langue par laquelle s'expriment les Almohades comme « langue occidentale » (al-lisān al-ġarbī) ; peut-être faut-il la comprendre davantage comme « langue des habitants du Maġrib » et, plus spécifiquement encore, « langue des habitants du Maġrib al-aqṣā ». Une lettre, Rissalat al-fusul, rédigée à Béjaïa sur ordre de ‘Abd al-Mu’min en Rabī‘ I 556 (/) rappelle les fondements de la doctrine almohade et le fait que al-lisān al-ġarbī est la dénomination officielle de cette langue et son caractère sacré.
L'ouvrage Kitāb al-ansāb fī maʿrifat al-aṣḥāb, qui contient notamment une sentence prononcée par Ibn Toumert lorsqu’il se trouvait dans une grotte à permet de faire la liaison entre le syntagme arabe et le groupe nominal berbère (bi-l-lisān al-ġarbī ou « en langue occidentale »), qui correspond dans ce contexte à l’expression « en langue berbère ».
Le Lisān al-Gharbī est attestée comme une forme de langue berbère surtout employé dans les plaines atlantiques du Maroc au sB. Frankel, History in Dispute: The Middle East since 1945. First series (St. James Press, 2003), p.206.
Selon Carles Múrcia, cette langue est une forme médiévale du chleuh. Selon Rachid Agrour, lisan al-gharbi désignait une ou plusieurs langues berbères..
Réduction de l'aire de locution .
Legs De nos jours, tandis que le chleuh est le parler berbère ayant le plus fort nombre de locuteurs au Maghreb, plusieurs tribus et fractions tribales d'origine masmouda, néanmoins arabisées à des dates plus ou moins récentes, se retrouvent encore parmi les ensembles tribaux arabophones des plaines atlantiques, soit chez les Doukkala, les Chaouia, les Zaër et les Chiadma.
Le ghomari, parlé au nord du Maroc, pourrait également être un reliquat du Lisān al-Gharbī originelVan Den Boogert N., « Medieval Berber Orthography », dans Chaker S., Zaborski A., Études berbères.
L'étude du linguiste Van Den Boogert sur des lexiques du à propos desquels Al Baydaq avait qualifié de rédigé en lisan al-gharbi, démontre une proximité avec le vocabulaire du tachelhit actuel, pp.154-157. Toutefois cela résulte probablement d'un biais en l'absence de manuscrit de l'époque mais uniquement de copies datées de la période post-médiévales. Ces copies par des non-berberophones ou par des locuteurs du tachelhit (chleulh) à partir de la fin du ont abouti à des versions de manuscrit dans un style fondamentalement différent de celui du berbère médiéval et rapprochant le lexique de celui des langues modernes.
Annexes Références
Articles connexes Almohades Masmouda Tachelhit Arabe marocain
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