Sur les vertus est le dix-neuvième traité des Ennéades, et deuxième livre de la première Ennéade qui traite de morale, rédigé par Plotin. Celui-ci prend pour sujet les vertus, et ses liens avec l'âme.

Contexte Le traité 19 a été écrit à la même époque que les vingt-et-un premiers traités des Ennéades ; traités qui constituent la première partie de la vie d'écrivain de Plotin, qui, selon Porphyre, était alors âgé de 59 ansp. 281.

Sur les vertus peut être déconcertant pour les lecteurs d'aujourd'hui. En effet, ce traité s'inscrit dans une tradition philosophique essentiellement platonicienne : assimilation au divin, fuite pour l'intelligible, contemplation. D'autres éléments sont hérités d'Aristote (la métriopathie) ou du stoïcisme (l'idéal du sage)p. 425-427. Il est toutefois à remarquer qu'à l'inverse d'Aristote, le traitement de la question morale ne se fait pas en passant par celle descriptive de comment l'homme agit : elle est indissociable de la dialectique d'une part, et de la structure métaphysique du monde de l'autrep. 419.

Par ailleurs, Plotin, comme dans beaucoup d'autres traités, utilise Platon comme tremplin pour la réflexion philosophique. C'est à partir du passage sur l'assimilation au divin, dans le Théétète, 176b, que le traité commence :

Contenu La doctrine éthique de Plotin n'est pas directement une éthique de la relation avec autrui, mais de l'union de l'âme avec le divin : l'unique activité de l'esprit doit être celle de la direction continuelle de l'âme afin d'atteindre le divin. Et c'est par la vertu que l'âme, qu'elle soit celle de l'univers ou des âmes individuelles, manifeste toute sa potentialité, son excellence. C'est alors en partant de ce qui la caractérise le plus que les vertus se montrent. Or l'âme est "amphibie", tournée vers les réalités supérieures (dont l'Intellect), et celles inférieures (le corporel, le sensible). De ce fait, l'âme doit, dans la mesure du possible, se détacher des choses inférieures pour s'orienter vers les réalités supérieures, jusqu'à ce qu'elle soit absolument absorbée par celles-cip. 420.

Plan détaillé du traité Le traité est divisé en sept chapitresp. 427-429. Chap. 1. La vertu consiste à devenir semblable au divin ; sur les vertus civiques.

1-10. A quel dieu faut-il ressembler par la vertu ? — 10-16. Le dieu ne possède pas toutes les vertus — 16-21. Les quatre vertus : réflexion, courage, justice, et maîtrise de soi — 21-31. Les vertus civiques ne sont pas dans le divin, mais elles font aspirer à lui — 31-40. Analogie de ces idées avec la chaleur — 41-45. Sur la participation de l'âme à la vertu — 46-53. La vertu rend semblable à ce qui n'a pas de vertu : la vertu ne concerne que l'âme de l'homme.

Chap. 2. Sur la double assimilation au divin.

1-4. Sur l'élément semblable entre nous et le monde intelligible — 4-10. Les deux façons de s'assimiler — 11-18. Les vertus civiques imposent mesure et limites aux passions — 19-26. Participer à la forme implique l'assimilation à un principe sans forme.

Chap. 3. Les vertus les plus grandes sont de l'ordre de la purification.

1-10. Platon : placer la ressemblance au dieu dans des vertus supérieures aux vertus civiques — 10-14. L'âme mêlées au corps reçoit de lui les affections et les opinions ; si elle s'en libère, alors il y a purification et vertu — 15-19. Ce qui est purifiant, ce sont les quatre vertus élémentaires (voir I, 16-21 : réflexion, courage, tempérance et justice) — 19-22. L'âme impassible, dans sa disposition, est comme le divin — 23-27. Penser : pour l'âme et l'Intellect — 28-30. Les langages : celui articulé, celui intérieur à l'âme, celui antérieur — 31. La vertu est de l'âme, non de l'Un ou de l'Intellect.

Chap. 4. L'effet de la purification.

1-7. Sur la pureté et la purification — 7-11. Ce qui subsiste après la purification — 12-17. L'âme ne peut s'unir au bien qu'en s'orientant vers lui — 18-25. La vertu est ce qui advient après orientation. Sur la contemplation — 25-29. L'âme possède des empreintes des objets intelligibles, qui ne deviennent lumière que par l'orientation vers l'Intellect. Illumination.

Chap. 5. L'état de l'âme qui entreprend de se séparer.

1-5. Jusqu'où va la purification — 6-11. L'âme impassible ne retient que les sensations qui sont nécessaires — 12-16. Sur la colère et la crainte — 17-20. Sur le désir — 21-31. L'âme purifiée n'est pas divisée entre sa partie rationnelle et irrationnelle.

Chap. 6. Les vertus de l'âme purifiée.

1-5. Les impulsions involontaires dans l'âme sont de caractère démonique — 6-11. Sans ces impulsions : l'âme est simplement divine — 12-19. La vertu est contemplation de ce que possède l'intellect — 19-23. Exemple de la justice en soi — 23-27. Extension des autres vertus.

Chap. 7. Implication mutuelle des vertus.

1-8. Implication des quatre vertus entre-elles. Leurs modèles dans l'Intellect — 9-12. Par la purification les vertus sont achevées ; les vertus supérieures impliquent les inférieures — 13-21. Le sage est complètement purifié — 21-30. Il faut viser la vie des dieux, non seulement la vie de l'homme de bien.

Extraits

À partir de quand la vertu est purificatrice :

Jusqu'où va la purification ?

L'homme purifié n'a qu'une seule volonté :

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Liens internes

Liens externes

https://www.wdl.org/fr/item/8915/

http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/plotin/table.htm

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