Le batteur de mesure électrique est un instrument de transmission pour indiquer le tempo ou la battue d'un chef d'orchestre, pour chaque temps de la mesure. Ce mécanisme permet à des musiciens d'orchestre d'exécuter une partition lorsqu'ils se trouvent placés au sein d'un ensemble musical très vaste ou dissimulés en coulisse, par exemple.

En 1844, le compositeur, chef d'orchestre et écrivain français Hector Berlioz décrit le principe et l'emploi du batteur de mesure électrique, ou « métronome électrique », dans Euphonia ou la ville musicale, dernière nouvelle des Soirées de l'orchestre. Il en fait l'expérience dès 1855 pour diriger ses propres œuvres. Par la suite, l'Opéra de Paris et des salles de concert en font usage.

Le système connaît divers perfectionnements et fait l'objet de brevets d'invention à la fin du . L'emploi du batteur de mesure électrique est progressivement remplacé par la vidéo, à la fin du .

Histoire Berlioz, le précurseur En 1844, le compositeur, chef d'orchestre et écrivain français Hector Berlioz décrit une utopie musicale, dans la dernière nouvelle des Soirées de l'orchestre, Euphonia ou la ville musicale :

Berlioz, . Ce mécanisme, inspiré du télégraphe, aboutit à la réalisation d'un que Berlioz décrit en 1855 dans le supplément de son Traité d'instrumentation et d'orchestration consacré à la direction d'orchestre. Son expérience de compositeur et de chef d'orchestre lui fait rapidement apporter des améliorations techniques au prototype dont il avait confié la réalisation à l'ingénieur bruxellois Joannes Verbrugghe.

vignette|redresse=1.2|« M. Berlioz profitant de son bâton électrique pour diriger un orchestre qui aura ses exécutants dans toutes les régions du globe », caricature de Cham pour le Charivari (1855).

Dans un premier temps, Berlioz recommande la présence d'un « sous-chef d'orchestre » pour les chœurs placés à distance, ou tournant le dos au chef d'orchestre. Il y ajoute un principe de rétroaction, en considérant les deux sources sonores : . Or, cette méthode de direction présente des difficultés dès que, . Alors, .

Joël-Marie Fauquet signale que, loin d'être une excentricité propre à susciter la raillerie des caricaturistes, .

Dans ses Mémoires, Berlioz revient sur l'exécution de sa cantate L'Impériale par musiciens, le :

Dans l'Enfance du Christ, qui ne fait pourtant appel qu'à un effectif de musique de chambre, . Léon Escudier rend compte de cette exécution et de .

En effet, le compositeur .

Perfectionnements Plusieurs modèles de batteur de mesure électrique sont présentés et brevetés.

Le « batteur de mesure ou métronome électrique » de Duboscq, de 1869, est .

Le batteur de mesure de Samuel, .

Les baguettes oscillantes du batteur de mesure électrique, . Le système Carpentier résout ce problème, en 1886, en proposant un éclairage alternatif de deux baguettes sur un fond noir, qui .

On fera observer qu'à la différence du métronome électrique de Berlioz qui doit transmettre la battue et le tempo à des « sous-chefs d'orchestre » et non aux exécutants eux-mêmes, .

Description Les différents modèles de batteur de mesure électrique sont toujours .

Œuvres Le batteur de mesure électrique est utile pour l'interprétation de partitions faisant appel à de vastes effectifs, ou à des effets de distance en acoustique musicale.

Opéras Composé à la fin de l'année 1856, le finale du acte des Troyens est, selon Suzanne Demarquez, . Dès lors, à mesure que .

Le « métronome électrique » est employé par l'Opéra de Paris, lors de la reprise dAlceste de Gluck, en 1861. Gounod et Bizet, admirateurs de Berlioz, ont également recours au batteur de mesure électrique pour leurs opéras : Faust et Carmen. Berlioz recommande personnellement l'emploi du « métronome électrique » à son ami Verdi pour la création des Vêpres siciliennes à l'Opéra Le Peletier, le . Son système est encore employé pour des représentations de Rigoletto et du Cid de Massenet, en 1886, avec .

Symphonies

Parmi les partitions symphoniques employant des effectifs et une disposition spatiale telles que l'emploi du batteur de mesure électrique est souhaitable, on peut citer : la Symphonie « Résurrection » de Gustav Mahler, la Symphonie ou « Symphonie des Mille » de Gustav Mahler, la Symphonie de Charles Ives.

Autres Le Te Deum de Berlioz fait appel à . Suzanne Demarquez relève dans cette œuvre .

Au cinéma Dans le film Répétition d'orchestre () de Federico Fellini, sorti en 1978, l'orchestre se révolte contre son chef, de manière grotesque, et le remplace par un métronome géant.

Bibliographie

Ouvrages généraux

Monographies . . présentés et annotés par Pierre Citron. . .

Articles . .

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Références

Catégorie:Rythme Catégorie:Invention du XIXe siècle Catégorie:Invention française