Le réseau de Stockholm (ou SN pour 'Stockholm Network'), basé à Londres, a été créé à la fin des années 1990, à la fois comme groupe de réflexion, comme réseau paneuropéen de think tanks, et comme réseau d'influence du libertarianisme en Europe.
Selon son site internet, outre ses propres travaux de recherche sur la manière dont les politiques publiques pourraient mieux favoriser le marché et l'ouverture de tous les marchés, il s'est donné un rôle d'organisation « faîtière » pour d'autres groupes de réflexion européens (à condition que ceux-ci soient thématiquement axés sur l'économie de marché la plus ouverte (libertarianisme conservateur, aussi dit libertarianisme de droite).
Il est (ou a été) notamment financé par le think tank libertarien américain Cato Institute et par les frères Koch.
Ce réseau a compté jusqu'à plus de 130 organisations membres ( en 2021 selon le site internet consulté le ), ce qui lui offre, selon lui, . Le réseau a une définition géographique large de l'Europe, puisqu'il avait par exemple en 2007-2008 des membres en Russie (Hayek Foundation), Turquie (Association for Liberal Thinking) et Israël (Jerusalem Institute for Market Studies) ; la plupart des membres sont cependant concentrés dans le triangle Londres-Bruxelles-Paris, avec aussi quelques autres clusters moins importants éloignés, en Europe centrale notamment (ex : 13 think tanks en Tchéquie/Slovénie).
Histoire En 1997, dans un contexte de prolifération en Europe de groupes de réflexion (dont beaucoup étaient « axés sur le marché ») Helen Disney (ancienne journaliste et directrice adjointe de la Social Market Foundation) crée le réseau de Stockholm.
Elle a commencé avec un petit groupe de think tanks ou groupes de pression partageant une idéologie commune, libertarienne, après avoir organisé des réunions à Londres et à Stockholm.
Le réseau de Stockholm comptait initialement trois personnes (outre sa créatrice, Helen Disney ; il s'agissait de Sacha Kumaria et de Nicole Gray Conchar, deux anciennes collectrice de fonds ayant antérieurement travaillé pour divers groupes de réflexion, dont le Cato Institute et l'IPN (International Policy Network) ; remarque : Nicole Gray Conchar n'a été employée que brièvement, comme collectrice de fonds à temps partiel). Puis le réseau s'est peu à peu agrandi atteignant plus de 130 membres.
En 2008, quatre think tanks ont décidé de quitter le statut de membre volontaire du Réseau : l'Institut des affaires économiques, l'International Policy Network, le Hayek Institut et le Venezie Institute, suivis en en 2009, par l'Institut Adam Smith. Le réseau a en outre exclu l'Alliance libertaire et des infirmières pour la réforme, tout en accueillant l'Institut Ohrid (Macédoine), l'Institut Murray Rothbard (Belgique) et Innoval (Allemagne).
Objectifs Le réseau de Stockholm (SN) regroupe uniquement des think tanks travaillant sur le libre marché. Il leur propose une plate-forme (forum) de partage, d'échange, pour encourager une recherche paneuropéenne sur les liens entre politiques publiques et Marché.
Le SN se dit intéressé par les idées susceptibles de stimuler la croissance économique au service d'une société de consommation, il promeut les politiques créant, selon lui, les conditions socioéconomiques d'une dans un marché dérégulé.
Selon son site internet, ses objectifs déclarés sont notamment : Réformer les États-providence européens, et créer un marché du travail plus flexible Actualiser les systèmes de retraite européens (pour autonomiser les individus, selon le SN) Réformer les systèmes de santé et les marchés de santé européens Encourager un débat « éclairé » sur les droits de propriété intellectuelle, en tant qu'incitation à l'innovation. Encourager le développement de nouvelles connaissances, tout en garantissant un accès large et rapide du public à ces nouveautés Réformer les marchés européens de l'énergie Mettre l'accent sur les avantages de la mondialisation, du commerce et de la concurrence Créer une compréhension des idées et des institutions du libre marché
Budgets, financements, ressources, dépenses
Transparence Alors que les think tanks (au Royaume-Uni notamment) sont souvent critiqués pour leurs financements opaques, le « réseau de Stockholm » annonce avoir fait des efforts pour être transparent. Il ne détaille pas ses financements ni ses dépenses, mais il publie les entités sources de son propre financement. À titre d'exemple, elles étaient en 2008, par ordre alphabétiqueStockholm Network (2000) Rapport annuel 2007-2008, voir p. 16 :
Adam Smith Institute, Amazon-EU (qui a reçu en 2018 selon Les Échos 241 millions d'euros de crédits d'impôts en Europe), Beacon Books, Bertrams Books, BGN Distributie, Blackwell's Book Service-UK, Blackwell's Business & Law Bookshop, Bookshop J Story Scientia, Bupa (Groupe international d'assurance maladie et de soins de santé et maisons de retraites, avec 33 millions de clients dans le monde), Burson Marsteller, The Business, Cato Institute, Civita A/S, Coronet Books Inc, Coutts Information Services Daunt Books, Dawson Books, DEA S.p.A., The Economist, Eli Lilly, Elisa Kangaskoski, Erasmus Booksellers, EU Bookshop, EU Observer, European Bookshop Ltd, Exxon Mobil Corporation, Fachbuchhandlung fur Sprachen FSF Ltd, Public Finance Magazine, The Fund for American Studies, Gardners Books, General Healthcare Group, Gilead Sciences Inc., GlaxoSmithKline, GML, Hannay Booksellers, Heffers Booksellers, Hill & Knowlton, Holt Jackson Book Co., IFPMA, Institute of Directors, KLIO Bookshop, Kueper International Booksellers, LCS Consulting, Lehmann - Mulheim, Luther Pendragon, Marsh Inc, Massman International Booksellers, Max Consult Group, The Merck Foundation, Merck Sharp and Dohme, Microsoft, Motion Picture Association, Motion Picture Association of America, Muenstergass-Buchhandlung, Novartis InternationalAG, Nuffield Hospitals, OLFZI, Patrick Barbour, Pfizer Inc., PhRMA, Precise Public Affairs, Schering Plough AB, Schweitzer Sortiment Wien, The Spectator, Starkmann Ltd, Strassner GmbH, TSO Bookshop, Uitgevrerij Peeters, UST Public Affairs, Yankee Book Peddler Ltd., The Wall Street Journal, VeriSign Inc.
Le SN encourage les autres think tanks à aussi lister leurs bailleurs de fonds sur leurs sites Web. Selon le SN, ceci rendrait plus difficiles les accusations ou soupçons de conflits d'intérêts potentiels (politicofinanciers notamment) ou de lobbying déguisé, accusations souvent portés contre ce type de groupes de réflexion.
Comme l'ont montré des expériences d'évaluation et de notation de think tanks par des ONG américaine (Transparify) et anglaise (Who Funds You?) sur la base de critères clairs (ex : publication (accessible à tous) de toutes les sources de financement, de leur montant et des projets de recherche spécifiques soutenus par ce financement...), dans de nombreux cas, les sources exactes (directes ou indirectes) de nombreux think tanks restent à ce jour encore impossibles à corroborer (ou à réfuter), étant donné leur nature souvent non-attribuée et/ou non-vérifiée ou difficilement vérifiable, ce qui nuit à la crédibilité de leurs productions ; il est également en général impossible de savoir si le don est purement altruiste, neutre et charitable, ou si le bailleur de fonds a négocié en échange de son argent, une production spécifiquement orientée, trompeuse ou des services particuliers en retour).
Spécificité des think tanks du Royaume-Uni en termes d'opacité ? Transparify notait en 2015 que globalement, les think tanks anglais sont moins transparents que la moyenne en Europe ; et que plusieurs organisations basées au Royaume-Uni sont (ou étaient au moment de leur évaluation) particulièrement « opaques » (LSE IDEAS, Institute of Economic Affairs, International Institute for Strategic Studies)Transparify (2015) « How Transparent are Think Tanks about Who Funds Them 2015? » (PDF). Transparify. consulté le 19 mars 2015. Parmi ceux-ci, et en tant que regroupement de think tanks, le groupe du 55 Tufton Street notamment, beaucoup étaient affiliés au réseau Atlas (mondial) et au réseau de Stockholm (européen). D'autres évaluations disponibles (par exemple faites pae Who Funds You?) invitent à des conclusions similaires pour les années 2010, et que les think tanks de gauche sont plus transparents que ceux de droite.
Membres basés en France Les think tanks du « réseau de Stockholm » basés en France en 2008 étaient : l'Institut Montaigne, l'Institut Turgot, Institute for Economic Studies Europe, Liberté Chérie, Sauvegarde Retraites, Cercles libéraux, French Institute for Research into Public Administration (iFRAP), Euro 92, Fondation pour l'innovation politique.
Thématique commune et points de vue Le SN agit comme une vaste église regroupant des chapelles de réflexion, toutes axés sur l'économie de marché ouvert, avec une certaine variété de points de vue - impliquant parfois des désaccord entre think tanks ou personnes sur les sujets politiques.
Programmes Le réseau de Stockholm (SN) a actuellement trois programmes, concernant respectivement : le marché de la « santé et du bien-être », la propriété intellectuelle et la concurrence les marchés de l'énergie et de l'environnement. Ils visent tous et chacun à promouvoir l'objectif du réseau, en recherchant des solutions pratiques « orientées marché » aux problèmes auxquels les économies européennes son, selon SN, confrontés.
Programme sur la propriété intellectuelle et la concurrence Il a été créé en janvier 2005 avec quatre objectifs : Généraliser le domaine de la propriété intellectuelle (notamment en le rendant plus accessible au grand public) accroître l'interaction entre les spécialistes en se concentrant sur différents aspects des droits de propriété intellectuelle encourager la discussion et le débat, sur la propriété intellectuelle promouvoir la compétitivité européenne
Programme « énergie et environnement » Créé au début de 2005, en reconnaissant qu'il s'agit de questions critiques pour le grand public et pour les décideurs politiques. Il promeut des réponses pratiques, « axées sur le marché », aux problèmes environnementaux. Le « réseau de Stockholm » dit reconnaître l'importance des politiques environnementales, pour sauvegarder la prospérité future et s'efforcer de produire des solutions pratiques, affirmant que ces solutions doivent reconnaitre la réalité économique lors des dilemmes posés par la politique environnementale.
Un rapport dénommé Carbon Scenarios: Blue Sky Thinking for a Green Future, publié par le réseau en 2008, avant les pourparlers du sommet l'ONU sur le changement climatique à Bonn reconnait que le Royaume-Uni et l'UE ne tiendront pas leurs propres objectifs climatiques locaux et mondiaux (ne pas dépasser +2°C) s'ils continuent de suivre leurs politiques actuelles, trop lentes et insuffisantes c'est-à-dire même en atteignant l'objectif européen qui était alors de réduire les émissions de l'UE de 20% avant 2020.
Programme de santé et de bien-être Créé fin 2005, il vise les objectifs suivants : Fournir une ressource complète concernant les initiatives des think tanks européens en matière de santé et de bien-être Promouvoir la concurrence et la liberté de choix dans le domaine des soins, par une réforme des systèmes de santé et des marchés de santé en Europe Promouvoir des marchés du travail plus flexibles en Europe Promouvoir une réforme axée sur le marché des systèmes de retraite, défaillants en Europe selon le réseau.