En Chine antique et impériale, les femmes sont exclues de plusieurs domaines de la vie sociale, l'exigence sociale les plaçant au foyer, et les hommes à l'extérieur. Hommes et femmes sont divisés, par une politique selon laquelle « les hommes labourent, les femmes tissent » (en chinois : 男耕女织), par des histoires cloisonnées dès la dynastie Zhou, l'ouvrage des Rites de Zhou stipulant que les femmes doivent être éduquées spécifiquement dans les « rites féminins » (en chinois : 陰禮, en pinyin : yīnlǐ). Des politiques les privent du droit de propriété, de celui de passer des examens ou d'occuper certaines fonctions. Les femmes constituent ainsi une société distincte. Des activités exclusivement féminines se développent, notamment des cercles littéraires, ainsi qu'une certaine influence politique, inaccessible aux hommes. Le rôle des femmes dans l'éducation (en jouant le rôle de mères dévouées) prend une certaine importance. La liberté des femmes s'améliore durant la dynastie Tang. Cependant, elle décline sous la dynastie Song : lors de la montée du néo-confucianisme, des restrictions dans le droit des femmes s'opèrent.

Chine néolithique et antique L'historiographie chinoise qui nous est parvenue sur la Chine antique est avant tout rédigée par des érudits confucéens au avant notre ère. Sa visée est de faire remonter le système dynastique de gouvernement loin dans le passé. Ces textes, comme le Zuo zhuan et le Classique des vers, se concentrent sur les nobles et érudits masculins, au détriment des femmes. Les Biographies de femmes exemplaires, compilées au avant notre ère, en représentent une exception. Conçu pour les hommes, l'ouvrage insiste sur les avantages des femmes vertueuses, ainsi que sur les dangers des femmes lâches. La majorité des femmes, d'ascendance noble, est décrite comme passive, le gardien, masculin (mari ou père) contrôlant les actes de la femme. On s'attend à une application du principe « les hommes labourent, les femmes tissent », qui confère à l'homme un rôle dominant et la femme un rôle subordonné. En fait, dans la tradition confucéenne, l'accent est mis sur le rôle et l'engagement que les hommes, pères et frères aînés, ont envers les femmes. Celles-ci sont considérées comme un groupe envers lequel les hommes ont des responsabilités. De plus, les enseignements confucéens ont promu des valeurs telles que la chasteté, l’obéissance et la loyauté des femmes envers les hommes. Aussi, la loyauté envers les hommes de la famille (père, mari et fils aîné) devait être une caractéristique propre aux femmes. En revanche, des vestiges archéologiques des périodes pré-confucéennes montrent que les femmes sont actives, et ce dans toutes les classes sociales

Néolithique gauche|vignette| Poterie de la culture Majiayao décoré d'une figure androgyne. En Chine, la société du néolithique est perçue comme matrilinéaire. Plus tard, les sociétés patrilinéaires les supplantent dans un contexte de pastoralisme et de première division sociale du travail. Cette thèse provient des théories marxistes du matérialisme historique, qui soutiennent que la structure sociale se détermine par l'économie. Cependant, la non-existence de cette division du travail a pu être montrée par l'archéologie : dans les sépultures masculines comme féminines se trouvent des objets funéraires (bien que différents chez les hommes et chez les femmes). Ainsi a-t-on pu montrer que la culture Yangshao est matrilinéaire, hypothèse influente dans l'archéologie contemporaine.

Des figurines féminines représentant déesses et symboles de fertilité sont découvertes sur plusieurs sites de la culture Hongshan dans la province du Liaoning, ainsi que dans la culture Xinglongwa dans l'est de la Mongolie intérieure. Ces personnages posent leurs mains sur un ventre proéminent. À Niuheliang, site archéologique situé à Liaoning, une telle figurine est trouvée dans un temple, ce qui confirme l'idée qu'elles sont adorées au Néolithique. Les rôles de genre sont probablement moins rigides au néolithique que dans les cultures ultérieures. Ainsi, une poterie de la culture Majiayao de Liupingtai (六平台) au Qinghai est découverte (voir illustration). Dans la mesure où la figure porte des parties génitales mâles et femelles, les archéologues concluent que la combinaison des sexes est signe de puissance dans ces cultures, peut-être précurseur de la philosophie du yin et du yang.

Sur des sites de la culture Majiayao, les femmes sont souvent enterrées avec des fusaïoles, ce qui suggère que le tissage constitue une activité importante pour cette culture. Lorsqu'une femme est enterrée aux côtés d'un homme, les deux membres du couple se trouvent l'un à côté de l'autre, dans la même position, ce qui peut signifier qu'aucune hiérarchisation n'a lieu. En revanche, dans la culture Qijia, on trouve des femmes enterrées aux côtés d'un cercueil, parmi les biens du défunt, comme à Liuwan à Ledu, Qinghai. Les femmes sont ainsi considérées comme les biens des hommes. On observe que la jambe gauche d'une femme enterrée dans une double sépulture est coincée sous le cercueil : selon les archéologues, elle fut enterrée vivante.

Dynastie Shang gauche|vignette| Statue de Fu Hao. Pendant la dynastie Shang, le statut des femmes varie d'une région à l'autre. Au Nord, dans le cimetière de la culture de Xiajiadian inférieur de Dadianzi (en chinois : 大甸子), les femmes sont aussi nombreuses que les hommes, ce qui suggère que les rites funéraires sont les mêmes pour hommes et femmes. De plus, l'âge moyen des femmes au décès est légèrement plus élevé que les hommes, ce qui donne une indication sur leur espérance de vie. Ces observations contrastent avec celles sur les autres cimetières, où les femmes sont moins nombreuses à recevoir un enterrement formel.

On estime que les femmes, sous la dynastie Shang, ont un statut inférieur à celui des hommes. Pourtant, les fouilles archéologiques des sépultures montrent que les femmes peuvent avoir un statut élevé et un certain pouvoir politique. La tombe de Fu Hao, générale et épouse du roi Wu Ding, contient de précieux objets en jade et des récipients rituels en bronze, démontrant sa richesse. En outre, d'après des textes de la dynastie Shang, Fu Hao mène des troupes au combat au nord des territoires Shang, à la conquête des États, dirige des services pour adorer les ancêtres et participe aux affaires politiques à la cour. Longtemps après sa mort, Fu Hao est honorée par les dirigeants en tant qu'Ancêtre Xin. On lui offre des sacrifices pour s'assurer de sa bienveillance.

La lecture des os oraculaires indique que les Chinois de la période Shang préfèrent les garçons aux filles : l'une des questions figurant sur ces os est l'état de la grossesse de Fu Hao. Il est écrit que la grossesse n'est « pas bonne ; [l'enfant] était une fille ». En outre, les dirigeants masculins ont le droit d'épouser plusieurs femmes afin d'accroitre leur chance d'avoir un garçon. Fu Hao est ainsi nommée conjointe, alors que Fu Jing (婦井) est première épouse. Cette différence de statut est illustrée par leurs enterrements respectifs : Fu Jing, première épouse, est enterrée dans l'enceinte du cimetière, alors que Fu Hao, conjointe, l'est à l’extérieur du cimetière officiel.

Dynastie Zhou Sous la dynastie Zhou, la société chinoise est patriarcale, une stricte hiérarchie féodale déterminant les rôles de genre. La période des Zhou de l'Est (771-256 avant notre ère) marque le fondement d'une division entre hommes et femmes. Ainsi, moïstes et légistes soutiennent une répartition des tâches stéréotypée, afin de préserver l'ordre social et moral. Ce partage s'illustre par le dicton « les hommes labourent, les femmes tissent » (en chinois : 男耕女织). Il s'étend à une division sociale. Dans le Yi Jing (Livre des Changements), il est écrit : « parmi les membres de la famille, la place des femmes est à l'intérieur et celle de l'homme à l'extérieur ». D'après les sources écrites, les femmes appliquent cette séparation de plus en plus strictement. Celles qui effectuent un travail à l'extérieur, d'un bas rang social, doivent rentrer dès que le travail cesse. Ne pas travailler à l’extérieur est un luxe réservé à la noblesse, et l'enfermement, préservation du regard masculin, prouve un statut élevé.

Par les textes qui nous sont parvenus, l'impression générale que hommes lettrés ont des femmes nous apparait. Il y indiqué que pour la famille, la fille est moins précieuse que le garçon. Filles et garçons bénéficient de la même éducation jusqu'à l'âge de neuf ans. À l'âge de dix ans, cependant, les filles doivent étudier un code moral destiné à la femme mariée, les Trois obédiences et les Quatre Vertus. Selon lui, les femmes doivent obéissance à leur père, puis à leur mari, puis, après la mort de ce dernier, à leur fils. Le Classique des Rites stipule qu'une femme doit être mariée à ou, "s'il y a un problème, se marier à ". Après le mariage, la femme vit avec la famille de son mari et manifeste de la piété filiale envers les parents de son époux. La compensation payée par la famille du marié à la famille de la mariée (pour l'avoir perdue) peut remonter à la dynastie Zhou, et est établie dans les Six Rites de mariage. droite|vignette| Bronze yi coulé par un marquis pour sa femme, Mengji (孟姬), princesse de Guo . Les prescriptions sur les femmes des textes rituels de Zhou ne sont pas toujours suivies. Par exemple, le cimetière des marquis de Jin dans le Shanxi contenait dix-neuf sépultures communes des seigneurs Jin et de leurs épouses. Les riches biens funéraires permettent aux archéologues de supposer que le statut des femmes est proche de celui des hommes au avant notre ère, sans doute parce que les rituels de la dynastie Zhou ne s'appliquent pas encore. Dans les sépultures du début du , cependant, la quantité des récipients en bronze accompagnant des épouses diminue beaucoup, ce qui laisse à penser qu'un système rituel subordonnant l'épouse au mari est en place. En revanche, une tombe d'un seigneur Jin datant du avant notre ère est plus petite que celles de ses deux épouses, acte interdit par les textes. Ainsi, le pouvoir du gouvernement Zhou décline et les rituels sont inégalement appliqués.

Dans les hautes sphères, il existe des femmes conseillant des parents masculins en stratégie politique, composant de la poésie (Dame Xu Mu est ainsi conseillère et poétesse), se défendant contre de dures peines juridiques, enseignant le tir à l'arc aux nobles et réprimandant leur dirigeant pour comportement inacceptable. Le roi Zhou Wuwang nomme son épouse Yi Jiang (en chinois : 邑姜) parmi ses neuf ministres.

Période des printemps et automnes gauche|vignette| Gravure sur bois de la dynastie Qing représentant Zheng Mao conseillant son mari, le roi Cheng de Chu, sur la succession. Avec le déclin du pouvoir de la dynastie Zhou, les États féodaux gagnent en indépendance et en puissance. Dans ce contexte de trouble politique, les philosophies prescriptives sur le monde abondent, la majorité souligne l'infériorité des femmes par rapport à leurs homologues masculins. Pourtant, les femmes proches des dirigeants jouent un rôle clé dans la diplomatie. Par exemple, après que le roi Cheng de Chu envoie une aide militaire au duc Wen de Zheng, les deux épouses du duc lui rendent visite pour le remercier.