André Barbes, né le à Lorgues (Var) et mort le à Cannes, est un journaliste et homme politique français.

Biographie

Né le à Lorgues, une commune varoise proche de Draguignan, André-Marie-Joseph Barbe (sans « s ») est le fils de Victorine-Eulalie Vian (1818-1900) et de Jean-Baptiste-Marius Barbe (1820-18..), marchandArchives départementales du Var, état civil de Lorgues, registre des naissances de 1844, acte (vue 178 sur 209)..

Le , à Gênes, André Barbes épouse Louise-Catherine-Léonilda AnselmiArchives départementales du Var, état civil de Lorgues, registre des mariages de 1888, acte (vue 182 sur 231)., avec laquelle il aura trois enfantsLe Gaulois, 22 juin 1888, .. En 1870-1871, Barbes prend part à la Guerre franco-allemande en tant qu'engagé volontaireLe Clairon, 8 août 1881, ..

Avocat de formation, André Barbes est surtout connu comme journaliste au service de la cause catholique et légitimiste. En matière sociale, il est un disciple de Le PlayLe Gaulois, 21 décembre 1880, ..

En 1871, il collabore à L'Union du VarLe Figaro, 14 juillet 1871, . puis à la Gazette du MidiLe XIX siècle, 14 décembre 1871, ..

En 1873, André Barbes publie Les Traditions nationales, un essai historique et politique prônant le rôle moralisateur et normatif du catholicisme, sous l'influence du Syllabus, ainsi que la restauration de la monarchie française en la personne du comte de Chambord. Cet ouvrage lui vaut la bénédiction apostolique du pape Pie IX, adressée par un bref pontifical daté du L'Univers, 5 janvier 1874, ..

L'année suivante, il fonde à Chalon-sur-Saône un nouveau journal royaliste, Le Conservateur de Saône-et-LoireLa Gazette de France, 6 septembre 1874, .. En 1878, Barbes et ses collaborateurs reçoivent la bénédiction apostolique du nouveau pape, Léon XIIILe Courrier de Saône-et-Loire, 10 mars 1878, ..

En 1878, il quitte la Saône-et-Loire pour Paris, où il est attaché à la rédaction du journal légitimiste La France nouvelleLe Courrier de Saône-et-Loire, 3 juin 1878, ., dont le rédacteur en chef est Adrien Maggiolo. Il y rédige non seulement des articles mais également un roman, Les Chantenay, qui paraît en feuilleton dans les colonnes du journal avant d'être publié en volume en 1880Le Jockey, 21 juillet 1880, ..

Barbes est devenu un orateur apprécié dans les réunions légitimistes et certains de ses discours et conférences sont publiés sous forme de brochures. Capitaine au 63 régiment d'infanterie territoriale depuis 1876Le Courrier de Saône-et-Loire, 26 février 1876, ., il est suspendu disciplinairement de ses fonctions et placé hors cadre pour avoir pris part à un banquet royaliste à l'automne 1879Le Courrier de Saône-et-Loire, 8 décembre 1879, ..

En vue des élections municipales parisiennes de 1881, Barbes est le candidat des « conservateurs » dans le quartier Saint-Germain-l'AuxerroisLe Figaro, 21 décembre 1880, ., où il affronte le conseiller municipal républicain sortant Léon Réty. Il est notamment soutenu par le député Camille GodelleLe Figaro, 27 décembre 1880, .. Au premier tour, le , Barbes arrive en seconde position avec 590 voix, soit 36 % des votants, derrière Réty (764 voix, soit 47%), mais devant le radical Hippolyte Piétrement (238 voix, soit 15%)Le Temps, 11 janvier 1881, .. Bénéficiant du désistement de ce dernier, Réty est réélu au second tour, le , par 941 voix, soit 63% des votants, contre 548 (37%) au journaliste royalisteErnest Gay, Nos édiles, Paris, 1895, ..

Tout en continuant d'écrire pour La France nouvelle, Barbes prend en la direction d'un nouvel hebdomadaire conservateur à destination des habitants des campagnes, Le PaysanLa Presse, 30 mai 1881, .. La même année, marquée par des élections législatives, il accepte de se présenter dans l'arrondissement de Brignoles contre le député républicain sortant, Amaury Dréo. Ce dernier est réélu au premier tour, le , par voix, contre à BarbesLa Presse, 23 août 1881, .. De retour à Paris, Barbes collabore au Clairon de Jules Cornély parallèlement à son poste de rédacteur de la France nouvelle.

Le , Barbes est nommé chevalier de l'ordre de Charles III d'EspagneLa Gazette de France, 23 septembre 1882, .. À Brignoles, la mort de Dréo provoque une élection législative partielle le . Les monarchistes font de nouveau appel à Barbes, mais celui-ci décline la candidature au motif que la chambre des députés pourrait être bientôt dissouteLe Soleil, 7 octobre 1882, .. Le candidat républicain, Marius Poulet, est donc élu sans concurrence.

vignette|Affiche pour L'Action (1883)

À la fin de l'année 1882, Barbes prend la direction d'un nouveau quotidien royaliste, L'Action politique et socialeL'Univers, 15 décembre 1882, .. L'été suivant, la société exploitant L'Action et La France nouvelle décide de fusionner les deux journaux sous la direction politique de BarbesLe Temps, 8 août 1883, ..

À la mort du comte de Chambord, survenue le , Barbes se rallie au comte de Paris, à l'instar de la grande majorité des légitimistesLa Gironde, 23 septembre 1883, .Le Gaulois, 21 septembre 1883, .. En décembre de la même année, il démissionne de ses fonctions de directeur politique et de rédacteur en chef de L'Action - La France nouvelleLe Figaro, 31 décembre 1883, . et reprend sa collaboration au ClaironLe Soleil, janvier 1884, ..

vignette|Portrait d'André Barbes publié dans Le Balai du 20 mars 1884.

En vue des élections municipales de 1884, le comité conservateur du arrondissement de Paris, présidé par l'ancien maire , sollicite à nouveau André Barbes. Or, celui-ci préfère se présenter dans sa commune natale et conseille à Dettwiller de présenter aux électeurs du quartier Saint-Germain-l'Auxerrois « le nom d'un industriel et d'un négociant plus naturellement désigné pour les représenter »La Gazette de France, 23 avril 1884, ., indiquant ainsi Joseph Odelin, qui avait été l'un de ses soutiens en 1881. À Lorgues, la liste « d'opposition libérale » conduite par Barbes remporte 22 sièges sur 23 : le seul républicain élu est le docteur François Cordouan, conseiller général du canton de LorguesLe Soleil, 6 mai 1884, .. Barbes ne sera cependant pas maire immédiatement après le scrutin : il ne sera élu à cette fonction qu'en 1887.

En 1884, Barbes partage la déception et l'inquiétude de plusieurs autres anciens militants légitimistes face au manque d'action du comte de Paris. Il fait état de ces sentiments et de son analyse dans une lettre ouverte au directeur du Matin français qui est largement citée et commentée dans la presse politiqueLe Temps, 2 septembre 1884, .. Malgré ces états d'âme, il est à nouveau candidat à la députation à l'occasion des élections législatives de 1885, qui ont lieu au scrutin de liste départemental. Le , le comité monarchiste du Var lui a en effet attribué l'une des quatre places de la liste « conservatrice », aux côtés d'Émile Rigaud, de Louis Baggary, maire de Brignoles, et du contre-amiral SerreLe Temps, 17 septembre 1885, .. Au premier tour, Barbes et ses colistiers obtiennent plus de voix chacun, soit 32% des suffrages. Ils devancent ainsi la liste opportuniste menée par Jules Roche (21%) mais ils sont distancés par la liste radicale conduite par Georges Clemenceau (46%)Journal des villes et des campagnes, 8 octobre 1885, .. Au second tour, la liste opportuniste applique la discipline républicaine en se désistant en faveur de la liste radicale, qui est intégralement élue avec environ voix, soit 62% des votants, contre près de (36%) à Barbes et à ses colistiersL'Univers, 20 octobre 1885, ..

Souffrant d'une maladie cardiaque, Barbes se rend à la mi- chez son oncle l'abbé Barbes, curé-doyen de CannesLe Petit Marseillais, 21 juin 1888, ., où il meurt le Archives départementales des Alpes-Maritimes, état civil de Cannes, registre des décès de 1888, acte (vue 267 sur 335).. Il est inhumé dans sa commune natale.

Œuvres d'André Barbes Les Traditions nationales, Paris, Douniol, 1873, 336 p. (consultable en ligne sur HathiTrust). Les Chantenay, Paris, Palmé, 1880, 369 p. La République devant la question sociale, Paris, Palmé, 1880, 30 p. (consultable en ligne sur Gallica). Les Programmes républicains et le programme monarchique. Réunion de l'Élysée-Montmartre, sous la présidence de M. Baragnon, sénateur, Paris, Palmé, 1880, 33 p. (consultable en ligne sur Gallica). L'Action royaliste, discours prononcé au cirque de Troyes, le 3 juin 1883, Paris, Palmé, 1883, 16 p. La Politique d'un villageois, Paris, Palmé, 1885, 291 p.

Distinctions

Notes et références

Liens externes

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