Galileo est un système de positionnement par satellites (radionavigation) mis en place par l'Union européenne (UE) à travers l'Agence spatiale européenne (ESA) et opéré par l'Agence de l'Union européenne pour le programme spatial (EUSPA) localisé à Prague en République Tchèque. Il est partiellement opérationnel depuis fin 2016, sa constellation de première génération étant en voie d'achèvement. Comme les systèmes américain GPS, russe GLONASS et chinois Beidou, Galileo permet à un utilisateur muni d'un terminal de réception d'obtenir sa position. La précision attendue pour le service de base, gratuit, est de horizontalement et de en altitude. Un niveau de qualité supérieur (High Accuracy Service - HAS., en horizontal / en vertical), fourni gratuitement.., prévu pour 2022, a été déclaré en phase de service initial le ..

La constellation de première génération doit à terme comprendre 38 satellites : quatre satellites de validation en orbite (IOV) et 34 satellites de configuration opérationnelle (FOC). Elle vise à maintenir un segment spatial opérationnel de trente satellites, dont six de rechange. Chaque satellite, d'une masse d'environ , circule sur une orbite moyenne () dans trois plans orbitaux distincts ayant une inclinaison de 56°. Ces satellites émettent un signal qui leur est propre et retransmettent un signal de navigation fourni par le segment de contrôle de Galileo. Ce dernier est constitué de deux stations chargées également de surveiller l'orbite et l'état des satellites.

Le projet Galileo, après une phase de définition technique débutée en 1999, est lancé le avec la signature d'un accord entre l'Union européenne et l'Agence spatiale européenne chargée du segment spatial. Une des motivations principales du projet est de mettre fin à la dépendance de l'Europe vis-à-vis du système américain, le GPS. Contrairement à celui-ci, Galileo est uniquement civil. Le projet parvient à surmonter l'opposition de certains membres de l'UE et d'une partie des décideurs américains ainsi que les difficultés de financement : le coût final est évalué à cinq milliards d'euros. Les tests de Galileo débutent fin 2005 à la suite du lancement des satellites précurseurs GIOVE-A et GIOVE-B en et . Les premiers satellites FOC sont lancés en . Les premiers services de Galileo sont opérationnels depuis le . Deux services s'y sont ajoutés par la suite : le service de haute précision (HAS) le , qui fait de Galileo le premier système à fournir gratuitement des corrections de positionnement décimétriques par satellite, puis le service d'authentification des messages de navigation (OSNMA) le , une première mondiale en matière de protection des utilisateurs civils contre le leurrage.

Le premier satellite de la constellation à être retiré du service, GSAT0104, a été officiellement désactivé le après plus de douze ans de mission.

Au , 34 satellites ont été mis en orbite, dont 26 opérationnels. Quatre satellites restent à lancer pour compléter la première génération, avant le déploiement de la deuxième génération, dont douze satellites sont en cours de développement.

Caractéristiques du système Galileo

Galileo est un projet européen de système de positionnement par satellites (radionavigation) qui pourra être « couramment utilisé dans les transports maritimes, aériens et terrestres, les opérations de secours et de sauvetage, les travaux publics, la prospection pétrolière, l'agriculture, ou tout simplement associé à la voiture ou au téléphone mobile dans la vie de tous les jours. ». Galileo garantit l'autonomie de l'Union européenne vis-à-vis des États-Unis et de la Russie dans ce domaine stratégique, notamment dans les applications militaires, et déploie des facultés avancées par rapport à celles actuellement offertes par le GPS des États-Unis ou GLONASS de la Russie, ou encore le projet Beidou/Compass chinois. Cette indépendance est importante, car le GPS souffre de nombreuses restrictions sur la précision du positionnement (de l'ordre de pour le signal gratuit), sur la fiabilité ou sa continuité (le positionnement peut être impossible dans certaines zones du globe et/ou à certains moments, pour des raisons techniques et/ou politiques.).

Un contrôle uniquement civil

Le système est sous contrôle strictement civil, contrairement aux autres systèmes existants qui sont eux sous contrôle militaire.

Les deux responsables du projet sont : L'Union européenne, à travers l'Agence de l'Union européenne pour le programme spatial (représentée par les États membres et la Commission européenne) ; L'Agence spatiale européenne.

Pour cette occasion, une entreprise commune, (ESNIS), anciennement Galileo Industries (GAIN), a été créée. Après l'échec de ce mode de financement, une nouvelle solution a été mise en place à partir de la fin 2007 : un financement direct de l'ESA, sans l'intermédiaire ESNIS, qui disparaît en 2009.

Selon les estimations le programme devrait créer entre . en Europe. et permanents liés à son exploitation.

Signaux sur trois bandes

Galileo diffuse ses signaux sur trois bandes (E1, E5, E6) : pour les services ouverts (OS pour « ») : E1B, E1C, E5aI, E5aQ, E5bI, E5bQ ; pour le service de haute précision (HAS pour « ») : E1B, E1C, E5bI, E5bQ, E6B, E6C ; pour le service public réglementé (PRS pour « ») : E1A, E6A.

Services Galileo

Quatre services sont initialement prévus., mais le système a depuis évolué : il propose, en 2026, une gamme de huit services destinés aux usages civils, commerciaux et gouvernementaux.

Les plans initiaux prévoyaient par ailleurs un signal dédié à la « sauvegarde de la vie » (ou « SoL », pour ), destiné à l'aviation civile. Ce concept a été abandonné : l'intégrité du service repose désormais sur une approche, encore en cours de développement, fondée sur le standard (ARAIM) et sur des messages de support d'intégrité (ISM), qui vise une meilleure interopérabilité avec les autres constellations de navigationGalileo FAQ.

Service ouvert (OS)

Le service ouvert (OS, pour ) est le service de base : gratuit et accessible à tous, il constitue l'équivalent du service civil du GPS et reste le plus utilisé par le grand public. Il fonctionne sur deux bandes de fréquencesCe système bi-fréquence s'affranchit des problèmes de traversée de la ionosphère, dont la densité électronique fluctue en fonction du jour et de la nuit. : et . Un récepteur exploitant les deux bandes peut atteindre une précision horizontale inférieure à et verticale inférieure à . Les mesures de performance de 2024 font état d'une précision horizontale réelle d'un peu moins de (valeur à 95 %). Avec une seule fréquence, la précision tombe à moins de en horizontal et en vertical, soit des performances comparables à celles du GPS. Le service ne fournit aucune information d'intégrité.

Service de haute précision (HAS)

Le service de haute précision (HAS, pour ) vise à porter la précision du positionnement à environ en horizontal et en vertical. Prévu de longue date, il a été déclaré en phase de service initial le , faisant de Galileo le premier système à diffuser gratuitement des corrections décimétriques par satellite pour un usage civil.

Pour en bénéficier, l'utilisateur doit recevoir et exploiter un signal de correction, diffusé soit par les satellites sur la bande E6-B (ce qui nécessite une puce et une antenne adaptées), soit par l'internet terrestre. Ces corrections reposent sur la méthode du (PPP) : le segment sol calcule en temps réel des corrections précises de l'orbite et de l'horloge de chaque satellite (bien plus fines que les valeurs du message de navigation standard) ainsi que des biais de code du signal. Le récepteur applique ensuite ces corrections pour affiner son propre positionnement. Contrairement aux méthodes de positionnement différentiel, qui exigent une station de référence à proximité, ces corrections sont valables à l'échelle mondiale. En contrepartie, le récepteur a besoin d'une période dite de convergence avant d'atteindre sa pleine précision.

Une fois le service pleinement déployé (prévu pour 2027), une disponibilité de 99 % sera garantie. La correction sera affinée par la prise en compte des biais de phase et par l'ajout de corrections atmosphériques (ionosphériques et troposphériques), ce qui ramènera le temps de convergence à moins de en Europe, contre moins de dans le reste du monde. Ces signaux peuvent en outre être complétés par des corrections issues de stations terrestres pour atteindre une précision inférieure à .

Service public réglementé (PRS)

Le service public réglementé (PRS, pour ) s'adresse en priorité aux utilisateurs assurant une mission de service public, particulièrement dépendants de la précision, de la qualité du signal et de la fiabilité de sa transmission (services d'urgence, transport de matières dangereuses). Devant rester disponible en toutes circonstances, il s'appuie sur deux signaux dédiés et sur plusieurs dispositifs de protection contre le brouillage et le leurrage. Chiffré, il n'est accessible qu'au moyen de récepteurs spécifiques et reste réservé aux États membres de l'Union européenne, sauf accord particulier.

Le service a été modernisé lors de la migration majeure du segment sol (System Build 2.0) menée en 2024, les premiers signaux PRS issus de la nouvelle architecture ayant été diffusés le . En février 2026, il se trouve toutefois encore en phase de capacité opérationnelle initiale : son utilisation effective par les autorités gouvernementales reste suspendue à l'accréditation finale de sécurité par les agences européennes.

Service de recherche et secours (SAR)

Lancé avec les premiers services le , le service de recherche et secours (SAR, pour ) permet de localiser, partout dans le monde, les balises de détresse Cospas-Sarsat émettant à , avec une précision de l'ordre de . Il a été complété par une fonction d'accusé de réception baptisée , exclusive à Galileo : entrée en service début 2020, elle a atteint sa pleine capacité opérationnelle en mars 2021. Elle renvoie vers la balise en détresse un message d'acquittement en moins d'une minute, apportant un soutien moral à la personne secourue en attendant l'arrivée des secours. La réglementation et la définition de ces fonctions relèvent de l'Organisation maritime internationale (OMI) et de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI).

Service d'authentification des messages (OSNMA)

Le service OSNMA (pour ) permet d'authentifier les données du service ouvert reçues par les utilisateurs, offrant une protection contre le leurrage (). Déclaré en phase de service initial le , il fait de Galileo le premier système de navigation par satellite au monde à proposer gratuitement ce type de protection pour les usages civils.

L'OSNMA garantit que les données diffusées par les satellites (éphémérides, temps système) n'ont pas été altérées, en signant chaque message à l'aide d'une clef. Cette clef dérive d'une clef de confiance situé à la racine d'un arbre de Merkle, et sert à produire une signature insérée dans des bits du message jusque-là réservés : le procédé préserve la compatibilité avec les récepteurs existants et n'alourdit pas le signal. La clef est ensuite diffusée par le satellite lui-même, après un délai de 30 à 300 secondes, ce qui permet à l'utilisateur de vérifier à la fois qu'elle dérive bien de la clef de confiance et que les messages reçus ont effectivement été signés avec elle. C'est cette divulgation différée de la clef, renouvelée fréquemment, qui garantit l'authenticité de l'information contenue dans chaque message.

Déjà imposé dans les chronotachygraphes intelligents équipant les poids lourds vendus depuis décembre 2025, l'OSNMA est appelé à garantir une géolocalisation fiable pour l'aviation comme pour les véhicules autonomes, ainsi qu'une synchronisation temporelle sûre pour des infrastructures critiques telles que les centres de données et les réseaux de distribution d'électricité ou de télécommunications.

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