Le mouvement autobusiaque désigne à la fois un nouveau mode de création littéraire — qui se manifeste dans l'expression poétique et théâtrale — et une philosophie libertaire.
C'est en 1966 que Michel-Georges Micberth crée le mouvement autobusiaque, qui devait être surtout connu par des spectacles écrits et mis en scène par lui-même ; ceux-ci, nommés aussi « dégagements autobusiaques », qui furent souvent considérés comme des expériences visant à réaliser un art total, apparaissent surtout aujourd'hui comme des œuvres ludiques de psychothérapie individuelle se déroulant en public, des moments d'improvisation verbale et gestuelle, des actes de libération de l'être, à savoir la substitution de la vie, dans sa dynamique et dans son essence, à l'art théâtral traditionnel. L’universitaire Gérard Lecha a étudié ce nouveau type d'expression culturelle dans un mémoire de maîtrise intitulé : Micberth ou le théâtre en question.
Mais la signification du mouvement autobusiaque ne se réduit pas à cela ; les créateurs qui revendiquent leur appartenance à cette tendance ne se contentent pas d'être les « actants » de ces spectacles, ils s'efforcent de mettre leur vie en harmonie avec les options retenues et énoncées par Micberth : le rejet du conditionnement socio-politique, essentiellement bourgeois, de l'époque, qui conduit à une réification de l'existence — l'anti-vie — et l'accomplissement total de l'être.
Cette aspiration profondément libertaire préfigurait le soulèvement de la jeunesse du printemps et de l'été 1968 (Mai 68).
Voir « Les Dégagements autobusiaques ».
Bibliographie Autobusiaque 00, Création Éditions libres, 1983. Gérard Lecha, Micberth et le théâtre en question avec les dégagements autobusiaques, Res Universis, Paris, 1992. Le Romantisme aujourd'hui, textes réunis par Daniel Leuwers, Samuel Tastet éditeur, Paris, 2005.
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