La Perle était un sous-marin mouilleur de mines de la classe Saphir, qui a servi dans la Marine nationale française pendant la Seconde Guerre mondiale. Mis en service en 1937, il fut coulé par méprise par un avion allié en juillet 1944 en Atlantique nord.
Conception Les sous-marins de la classe Saphir avaient un déplacement en surface de et un déplacement immergé de . Ils mesuraient 65,9 m de long, 7,1 m de large et 4,3 m de tirant d'eau. La propulsion en surface était assurée par deux moteurs diesel Normand-Vickers d'une puissance totale de cv () et en plongée par deux moteurs électriques d'une puissance totale de cv () par l'intermédiaire de deux arbres, permettant une vitesse maximale de 12 nœuds () en surface et de 9 nœuds () en plongée. Leurs soutes de de carburant pétrolier leur donnaient une autonomie en surface de nautiques () à 7,5 nœuds (), et de milles nautiques () à 12 nœuds () et leurs batteries une autonomie en immersion de 80 nautiques () à 4 nœuds (). Ils avaient un équipage de 42 sous-mariniers. Les sous-marins de la classe Saphir pouvaient plonger jusqu'à ().
Ces sous-marins étaient armés de 3 tubes lance-torpilles de et de 2 tubes lance-torpilles de . Pour les attaques et défenses en surface, ils étaient équipés d'un canon de , d'une mitrailleuse de 13,2 mm/76 Aa et de 2 mitrailleuses Hotchkiss Mle 1914 de .
Ces sous-marins étaient conçus pour mouiller des mines sans faire surface. Les 32 mines à orin Sautter-Harlé HS 4, portant une charge de de tolite et utilisables par de fond dont ils étaient équipés, étaient fixées à l’extérieur de la coque sous un revêtement hydrodynamique : chacun des huit puits situés de chaque bord du sous-marin contenait deux mines, disposées l’une au-dessus de l’autre. Arrivé au lieu choisi, le sous-marin larguait ses mines avec un système à air comprimé Normand-Fenaux (du nom de son inventeur Fernand Fenaux, ingénieur chez Normand) ; du fait de l’allégement ainsi causé, il fallait rééquilibrer rapidement la pesée, de façon à ne pas faire surface en pleine zone ennemie.
Historique La Perle est mise sur cale le à l'arsenal de Toulon. Elle est lancée le et mis en service le .
Au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, la Perle est en service dans la mer Méditerranée dans le cadre du 21 escadron de la 1 flottille sous-marine à Toulon (avec son navire-jumeau (sister ship) "Diamant").
En , la Perle fait toujours partie du 21 escadron à Toulon. Après que l'Italie ait déclaré la guerre, l'unité se rend sur la côte italienne pour mouiller des champs de mines. Le , la Perle mouille 32 mines près de Bastia. Le , le jour du cessez-le-feu entre la France et l'Allemagne (armistice du 22 juin 1940), le sous-marin est à Hyères. En , la Perle est sous le contrôle du gouvernement de Vichy dans le cadre du 5 groupe de sous-marins à Toulon (avec les sous-marins Galatée, Sirène, Naïade, Atalante et Diamant), où elle est désarmée.
Après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord (Opération Torch), la Perle rejoint la flotte alliée, devenu une unité de la Marine des forces françaises combattantes, elle est affectée à Dakar. Après avoir pris part à plusieurs opérations, la Perle navigue vers les États-Unis pour être modernisée.
En septembre et octobre 1943, l'unité ainsi que d'autres navires français participent à la libération de la Corse. Les 16 et , le sous-marin dépose 30 commandos français près d'Ajaccio et livre sept tonnes de matériel de guerre à Alger.
Au tournant de 1943 et 1944, le navire est modernisé. Un seul canon antiaérien Oerlikon de 20 mm Mark II/IV est monté au lieu de doubles mitrailleuses Hotchkiss de 13,2 mm modèle 1929. La rénovation, qui commence le , est effectuée aux États-Unis, au Philadelphia Naval Shipyard à Philadelphie.
Perte Pendant le voyage de retour après sa rénovation, le 8 juillet 1944 alors qu'il naviguait en surface, la Perle est coulée par méprise par un avion néerlandais embarqué sur un porte-avions marchand ( ou MAC) britannique le prenant pour un U-Boot allemand (plusieurs sous-marins avaient été signalés dans la zone mais il semble que la présence du sous-marin français n'ait pas été signalée à tous les navires alliés). La Perle se trouvait alors au milieu de l'Atlantique Nord, à au sud-est de la pointe du Groenland (), il coule moins de deux minutes après l'attaque. Sur les 57 sous-mariniers de son équipage, une quinzaine d'hommes, pour la plupart grièvement brulés, parviendront à s'échapper du sous-marin mais un seul survivra, le premier-maître Émile Cloarec qui était monté dans le kiosque fumer une cigarette avant l'attaque"La mémoire tragique de la « Perle »", par Nathalie Guibert, blog "Un mois sous les mers", Le Monde, 12 octobre 2014. Il sera recueilli plusieurs heures plus tard par la corvette canadienne .
Sous-marin homonyme Un autre sous-marin français porte le nom de . Il s'agit d'un sous-marin nucléaire d'attaque lancé en 1993.
Bibliographie Gardiner, Robert; Chesneau, Roger (1980). Conway's All the World's Fighting Ships, 1906–1921. London: Conway. . . Fontenoy, Paul E. (2007). Submarines: An Illustrated History of Their Impact. ABC-CLIO. . . Tucker, Spencer (). World War II at Sea: An Encyclopedia, Volume 1. ABC-CLIO. . .
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Liste des sous-marins français Liste des navires de guerre des mines français
Liens externes La classe Saphir (1930-1937), sur navypedia.org. La classe Saphir dans la Marine nationale sur uboat.net
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