Les récits de punition ou « récit de châtiment divin » ou « péricope de rétribution » sont des topoï littéraires très présents dans le Coran qui consistent en des récits racontant la destruction d'un dans le passé en réponse à un refus d'écouter un messager divin.

Historiographie Le terme a été utilisé pour la première foisG. Dye, J. Décharneux, "Sourate 10", le Coran des Historiens, 2019, . sous la forme Straflegenden par l'orientaliste juif allemand (1874-1931) dans son ouvrage Koranische Untersuchung (Enquête coranique) en 1926K-P Pohlmann, "Sourate 7", Le Coran des Historiens, 2019, section " 59-137 Récits de châtiments", et suiv..

Schéma littéraire Ce topos reprend un schéma habituel composé d'une rencontre entre un prophète ou un messager de Dieu (Allah) et sa communauté incroyante, habituellement idolâtre/polythéiste. Celui-ci exhorte à la repentance et à l'adoration de Dieu. Celle-ci, refusant le message divin et rejetant le messager, se voit détruite par Dieu. Dans ce schéma, il s'agit d'une destruction passée et non d'une promesse pour la vie après la mortDavid Marshall, "Punishment Stories", Encyclopedia of Qur'an, vol. 4, et suiv.. Le messager est sauvé, avec, parfois, quelques personnages l'ayant suivi.

De nombreux passages du Coran reprennent ce schéma. Ces récits sont ainsi construits pour évoquer l'histoire de Noé, de Loth, des prophètes arabes, d'autres parfois anonymes... Ils appartiennent principalement à la période mecquoise. Le plus ancien se trouve dans la sourate 91 et concerne les Thamud. Ce passage évoque l'existence d'une légende locale racontant un sacrilège. Si ce peuple est évoqué dans la poésie pré-islamique, ces évocations sont mélangées à des traditions plus tardives. Jonas est le seul cas où la communauté se repent et échappe au châtiment.

Interprétations Ce type de récit permet de mettre en valeur la puissance divine et prouver l'origine de ce que transmettent les messagers.

L'étude des différentes versions peut permettre, en étudiant les points communs et les différences, de mettre en lumière le processus de composition de ces passages. Ainsi, les versets 59-157 de la sourate 7 montrent la connaissance des autres récits de punition coraniques et sont donc plus récents. Ainsi, dans le Coran, différents récits de punition se ressemblent mais il est à remarquer que plusieurs versions du même récit, selon les sourates, montrent des « phénomènes de réécritures ».

Le message de l'envoyé divin est toujours celui d'un strict monothéisme et d'une attente eschatologique. Il reflète ainsi toujours celui de Mahomet, ce qui a permis la création du concept de « monoprophétisme ». M. Mortensen, "Sourate 16", Le Coran des Historiens, 2019, .. En outre, ces récits servaient d'encouragement pour Mahomet et ses compagnons pour résister aux persécutions et au boycott de la part des polythéistes mecquois de la tribu de Quraych. Cela pourrait expliquer le changement de paradigme après l'hégire et la perte d'importance de ces récits à la suite de la prise de pouvoir de Mahomet lors de sa période médinoise.

Dans ces récits, les messagers sont issus du peuple qu'ils rencontrent et en sont rejetés. Cela s'inscrit dans la continuité des narratifs prophétiques de l'Ancien ou du Nouveau TestamentM. Mortensen, "Sourate 16", Le Coran des Historiens, 2019, .

Notes et références

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