La Macédoine (en grec ) est une région historique et géographique de Grèce, principalement habitée par des Grecs ( et Micrasiates). Comprise entre le Nestos à l’est, la chaîne du Pinde à l’ouest et le mont Olympe au sud, son étendue correspond à la partie méridionale de la Macédoine historique et géographique (la partie septentrionale, de peuplement slave, correspond à la Macédoine du Nord et au Sud-Ouest de la Bulgarie).

Origine du nom

Le nom Macédoine est la forme latine d’un toponyme grec ancien et trois théories existent sur l’origine de ce nom : d’après la mythologie grecque reprise par Strabon, Makedon serait le nom du chef de la tribu qui s’installa dans la région et qui fonda le royaume de Macédoine ; selon Hérodote, les makednoí étaient une tribu dorienneHérodote, Histoires 1.56, 8.43 ( texte sur Wikisource) ; le nom pourrait aussi dériver de l’adjectif μακεδνός (makednós), qui signifie « haut », utilisé par Homère pour désigner un arbre dans l’OdysséeHomère, Odyssée Chant VII, 106. (voir le texte sur Wikisource : Chant VII et Chant VII en édition bilingue) et qui serait, selon Hésychios d'Alexandrie, un mot dorien signifiant « grand » ou « lourd »A Greek-English Lexicon, les makednoí étant censés avoir été des personnes de grande taille ;

une troisième hypothèse suggère que le nom Makedon signifie « gens des hautes terres », selon un terme de l’ancien macédonien, μακι-κεδόνες (maki-kedónes, « des hautes terres ») ; le World Book Encyclopedia avance cette théorie, mais sur la base du terme grec makednós..

La persistance de ce nom jusqu’à nos jours est largement due à son utilisation officielle par les romano-byzantins pour la province romaine et le thème byzantin, utilisation qui n’a pas disparu des cartes européennes et des toponymes chrétiens (notamment ecclésiastiques) pendant la conquête turque. Jusqu’au début du inclus, la géographie européenne traditionnelle décrivait les Balkans selon les conceptions de Ptolémée et Strabon, renvoyant au royaume de Philippe II et d'Alexandre le Grand. Pour leur part, les Turcs ottomans ne l’utilisaient pas, la région étant pour eux incluse en « Roumélie » (Rum-ili, « pays des Romains ») c'est-à-dire le beylerbelik européen pris aux Byzantins au , après l’Anatolie, et ultérieurement partagé entre les pachalıks puis les vilayets de Selanik et Monastir)Détails ici ..

Géographie

Divisions administratives La Macédoine grecque est partagée entre les deux diocèses décentralisés d’Épire-et-Macédoine-occidentale à l’Ouest, et de Macédoine orientale-et-Thrace à l’Est, soit les trois périphéries de Macédoine occidentale, Macédoine centrale et Macédoine orientale et Thrace (partie Ouest). En Chalcidique, la péninsule du Mont Athos forme un État ecclésiastique autonome.

Géographie La Macédoine grecque, dont la capitale économique et historique est Thessalonique, est limitée au sud par la mer Égée et la Thessalie, à l’est par la Thrace occidentale, à l’ouest par l’Epire et au nord par la Bulgarie, l’Albanie et la Macédoine du Nord. Les frontières internationales ont été fixées le 10 août 1913 au traité de Bucarest et ratifiées le 28 juin 1919 par le Traité de Versailles.

Le paysage physique est relativement varié en raison du caractère essentiellement montagneux de la Macédoine occidentale et orientale, à l’exception de quelques grandes vallées fertiles, tandis qu’en Macédoine centrale se trouve la plaine de Thessalonique – la deuxième de Grèce par son étendue. Cette plaine résulte de l’évolution paléoenvironnementale du complexe deltaïque de l’Axios, de de superficie, incluant des limans lagunaires ouverts sur la mer Égée : c’est sur le rives de l’un d’eux qu’était bâtie Pella, capitale du royaume antiqueMatthieu Ghilardi, Dynamiques spatiales et reconstitutions paléogéographiques de la plaine de Thessalonique (Grèce) à l'Holocène récent, 2007, thèse de Doctorat de l'Université de Paris 12 Val-de-Marne, 475 p..

Villes de Macédoine 300px|thumb|Carte de la Macédoine grecque. Le réseau urbain de la Macédoine remonte à la colonisation grecque de l'époque archaïque puis classique, mais doit beaucoup aussi au royaume de Macédoine et à la colonisation romaine. Une partie de ce réseau a connu de profondes ruptures lors des invasions celtiques du , gothiques du et slaves des et , de sorte que le renouveau urbain de l'époque mésobyzantine (-) se fait, en partie, sur de nouveaux sites. La conquête turque a créé une nouvelle rupture dans l'organisation de ce réseau urbain en entraînant la disparition de nombreuses villes, dont certaines étaient déjà sur le déclin. Enfin, l'État grec moderne a créé un nombre de nouvelles villes dans sa politique d'accueil des réfugiés grecs d'Anatolie qui furent chassés par la Grande catastrophe de 1922.

Population Selon le recensement de 2001Voir site du recensement, la population de la Macédoine grecque s'élevait à et l’actuelle à (évaluation 2006).

Histoire

250px|thumb|left|En vert la Macédoine grecque. Le royaume de Macédoine antique est apparu au milieu du puis, en 168 avant notre ère, est devenu la province romaine de Macédoine s'étendant sur la Macédoine et l'Albanie actuelles, ainsi que sur le nord de la Grèce. Disputée entre l'Empire romain d'Orient (dit byzantin) qui en contrôle les côtes, et le premier royaume bulgare (suivi, plus tardivement, par le second), la Macédoine historique fut érigée en thème (province byzantine civile et militaire vers 790, mais ce thème de Macédoine ne correspond que partiellement à l'actuelle Macédoine grecque, qui fit aussi partie du despotat d'Épire par la suite, avant d'être conquise par l'Empire ottoman en 1396. Sous la domination ottomane, aux populations grecques (sur la côte et en Chalcidique), slaves (dans les vallées et les plaines de l'intérieur) et romanes (dans les massifs comme la Vlahina, le Moglen, le Pinde et en Macédoine occidentale) s'ajoutèrent des Turcs qui, par ailleurs, convertirent à l'islam une partie des slaves (les Torbèches et les Pomaques de langue bulgare) et des romans (les Moglénites).

C'est à l'issue des Guerres balkaniques, en 1913, que cette région de la Macédoine historique est devenue grecque, tandis la Macédoine du nord était partagée entre la Serbie et la Bulgarie. Dans ces « nouveaux territoires » grecs, les Grecs n'étaient majoritaires que sur la côte et en Chalcidique ; dans l'intérieur des terres ils ne sont devenus majoritaires qu'à partir de 1923, après de multiples échanges de populations avec la Turquie, rendus obligatoires par le Traité de Lausanne. Les descendants de ces Grecs d'Anatolie, appelés « Micrasiates », sont très nombreux dans la population grecque macédonienne actuelle.

Administration

La Macédoine grecque ne constitue actuellement pas une division administrative à part entière, le territoire étant divisé en 13 « départements » (nomes) faisant partie de 3 périphéries : Macédoine-Orientale-et-Thrace, Macédoine-Centrale et Macédoine-Occidentale. Il existe en outre une région administrative autonome : le Mont Athos.

Ces régions étaient en outre administrées par le ministère du gouvernement national de Macédoine et de ThraceΥπουργείο Μακεδονίας και Θράκης, jusqu'à la suppression de ce ministère en octobre 2009.

Carte de la Macédoine Nombre Périphérie Capitale Superficie Population </tr> 300px Macédoine-Occidentale ( comportant: ) Kozani 303,857 1 Nome de Kastoria Kastoria 53,584 2 Nome de Flórina Flórina 55,2103 Nome de Kozani Kozani 156,807 4 Nome de Grevena Grevena 38,256 Macédoine-Centrale ( comportant: ) Thessalonique 1,931,870 5 Nome de Pella Édessa 148,190 6 Nome d'Émathie Béroia 144,835 7 Nome de Piérie Kateríni 134,739 8 Nome de Kilkís Kilkís 91,828 9 Nome de Thessalonique Thessalonique 1,099,598 10 Nome de Chalcidique Polýgyros 109,587 11 Nome de Serrès Serrès 203,093 Macédoine-Orientale ( en partie seulement, comportant: ) Kavala 254,255 12 Nome de Dráma Dráma 106,371 13 Nome de Kavala Kavala 147,884 - Mont Athos (république autonome) Karyès 2,250 Macédoine Thessalonique 2,492,232

Contentieux avec la Macédoine du Nord

Le nom historique de « Macédoine » et son utilisation, pour désigner leurs origines, par trois peuples différents : les Grecs, les Aroumains et les Slaves de cette région, est depuis la fin du , au cœur de revendications nationalistes qui ont fait dire à Winston Churchill : « la région des Balkans a tendance à produire plus d'histoire qu'elle ne peut en consommer »Cité par Predrag Matvejević dans le résumé de l'article « Des Balkans », in : Cahiers balkaniques , 2008, 1-11, DOI : ..

Si les Aroumains, peu nombreux, n'ont aucune revendication territorialeCe qui n'a pas empêché l'Italie d'instrumentaliser leurs aspirations durant les deux guerres mondiales : voir « principauté du Pinde »., il n'en fut pas de même pour les Grecs et les Slaves. En effet, la Grèce ne pouvait pas accepter que la république de Macédoine, pays slave, se nomme « Macédoine » tout court, au motif qu'historiquement le seul État souverain à porter ce nom fut le royaume de Macédoine des Argéades et des Antigonides dont le caractère hellénique et la langue servent de base aux revendications d'exclusivité de l'État grec moderne sur ce toponyme. L'étendue du royaume argéade à l'époque de son apogée, sous le règne de Philippe II et de son fils Alexandre le Grand est prise comme référence par les Grecs pour déterminer les territoires qui peuvent ou non inclure le nom de « Macédoine » ; seule la Macédoine grecque peut selon eux, être appelée « Macédoine » tout court, affirmation fondée sur l'idée de continuité entre les États grecs antiques et la République hellénique contemporaine.

De leur côté, les Macédoniens slaves, dont la langue, proche du bulgare, est issue du slavon, ont progressivement construit leur propre identité nationale à la fin du et au début du autour de ce même toponyme qui désignait à cette époque la majeure partie du territoire où ils résidaient et n'entendent donc pas y renoncer. Divers compromis ont été proposés, de « Macédoslavie » à « Vardarie » en passant par « république de Skopje », mais aucun n'a abouti et l'appellation officielle internationale du pays a été durant 27 ans (1991-2018) « ARYM » en français (« Ancienne République Yougoslave de Macédoine »), ou FYROM en anglais (Former Yugoslav Republic Of Macedonia), ce qui en faisait le dernier état où figurait encore le mot « Yougoslave ». Depuis 2018, un compromis ayant finalement été trouvé, cette république Slave méridionale se nomme officiellement Macédoine du Nord. Quant aux anciens territoires macédoniens antiques appartenant à la Bulgarie, ils sont dénommés « Macédoine du Pirin » et y forment l'oblast de BlagoevgradMalgré son utilisation par les nationalistes bulgares du VMRO-BND (, ) le nom de « Macédoine du Pirin » peut aussi être perçu par certains Bulgares comme une revendication de la Macédoine du Nord (voir КАК СТАВАХ НАЦИОНАЛИСТ, Club for Fundamental Initiatives - , ) et doit donc être considéré comme controversé..

Les symboles de la Macédoine Les symboles historiques de la Macédoine, à savoir : la figure héroïsée d'Alexandre le Grand ; le symbole solaire figurant sur le coffret funéraire de la tombe dite « de Philippe II » fouillée sur le site de Vergina ; différents chants patriotiques comme l'hymne Macédoine célèbre…