Le sanctuaire de la Sainte Maison de Lorette (Santa Casa di Loreto en italien) est, depuis les années 1320, un centre religieux et lieu majeur de pèlerinage attirant de nombreux fidèles.

Du à la fin du , le pèlerinage de Lorette devient même le plus important d’Occident.

À l’intérieur de la basilique, les catholiques vénèrent la dévotion aux vestiges de ce qui, selon la tradition, est la Sainte Maison de Nazareth, où Jésus a vécu.

Histoire du Pèlerinage La cité de Lorette conserverait les murs de la Maison que la Vierge Marie habitait à Nazareth et où elle reçut l'Annonciation.

Dans les années 1319 à 1320, est conservée la mémoire d'un premier pèlerinage d'une grande quantité de personnes venues d'AllemagneLa Santa Casa di Loretto: confutazione del libro : Notre-Dame de Lorette de Ilario Rinieri - p.103 et p.107 . vignette|Des Pèlerins de Lorette par Le Caravage, où le peintre figure un couple devant la Madone et l’Enfant Jésus. La Sainte Maison est visible par les briques et le mortier sous l’enduit du mur, au sommet du triangle formé par les têtes des deux pèlerins.|400x400px

Aux et s ce fut le pèlerinage le plus célèbre du monde catholique. Venaient y prier les fidèles persécutés d'Irlande, de France, d'Allemagne ou des pays slaves du Sud.

Parmi tant d'autres, Montaigne, Descartes, Cervantès, Chateaubriand, Saint François de Sales, saint François de Paule, saint François-Xavier, saint Ignace de Loyola, Pauline Jaricot, etc. s'y rendirent en pèlerinagevoir en complément l'article Le Pèlerinage à Lorette de quelques voyageurs français entre Renaissance et Lumières de François Moureau https://crlv.org/conference/le-p%C3%A8lerinage-%C3%A0-lorette-de-quelques-voyageurs-fran%C3%A7ais-entre-renaissance-et-lumi%C3%A8res.

Le territoire de Lorette, quasiment autonome, ne dépendant que du Pape, devint une sorte d'État de Notre Dame. Les institutions d’alors permettaient l'accueil et le contrôle d'immenses foules, mais aussi les espérances et les émotions des pèlerins.

Durant les années jubilaires 1575, 1600 et 1625, le sanctuaire de la Sainte Maison de Lorette compta plusieurs centaines de milliers de pèlerins. . Montaigne, Journal de voyage en Italie, p. 346Journal de voyage en Italie (1580 et 1581), Michel de Montaigne, BnF Gallica..

Les Reliques Sa fréquentation au aurait été supérieur à celle de Saint Pierre de Rome, Saint Jacques de Compostelle, Assise, Montserrat ou Chartres ou tout autre lieu de pèlerinage en EuropeLorette, sentinelle de la Chrétienté, article d'Yves-Marie Bercé, L'Histoire n° 361 février 2011..

L’objet de cette affluence tient à la relique de la maison de Lorette où la Vierge Marie reçoit de l’Archange Gabriel, à Nazareth, l'Annonce de la venue de Jésus-Christ. Cet humble édifice de briques en terre cuite et de mortiers, enlevé à Nazareth en 1291, aurait, selon la légende, été transporté par les anges et déposé sans fondation sur la colline boisée du Comtat de Recanati, dans l'actuelle Lorette, aux bords de l’Adriatique en Italie centrale, pendant la nuit du 9 au .

Dès cette date, les pèlerins purent venir y faire leurs dévotions et se recueillir à l’intérieur de ladite Sainte Maison dans laquelle était exposée la statue de la Madone de Lorette (Madonna di Loreto en italien) mais également, et ce, jusqu’en 1797, une armoire dans laquelle reposaient le manteau de la Sainte Vierge et sa vaisselle : . Charles-Albert de Bavière, Journal de mon voyage d'Italie de l'année 1737 (p. 104-105).. centré|vignette|450x450px|Les Pèlerins à Lorette, Adolfo de Carolis, huile sur carton, Jesi, 1903

Territoires du pèlerinage vignette|350x350px|La sainte Maison de Lorette en 1860|gauche Ce fut alors le pèlerinage le plus sûr d’Occident pour que les fidèles puisse y nouer un lien avec la Terre sainte alors-même que le pèlerinage à Jérusalem était rendu dangereux par la présence des turques, de la piraterie barbaresques en Méditerranée par ou des mamelouks.

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Rayonnement du pèlerinage gauche|vignette|350x350px|gravure de pèlerins arrivant à Lorette La renommée du pèlerinage à Lorette conduisit à transformer le sanctuaire en une Villa, puis en un Castello et enfin en une Cité.

L’on apprend du père capucin Floriano Grimaldi, et Y-M Bercé avec lui, que durant les années jubilaires 1575, 1600 et 1625, les fidèles participant à ce pèlerinage se comptaient par centaines de milliers. Pour René G. Forest, le nombre de pèlerins a pu s'élever jusqu'à 506 000 en certaines occasions, et pour lesquels le nombre de messes effectuées dans la basilique ont atteint le nombre de 150 par jour, et ce, réparties dans les 23 chapelles de la Basilique. Montaigne, Chateaubriand, Cervantès, Rolland de Lassus, Mozart, Erasme, ou les marins de Christophe Colomb sont quelques-unes des personnalités qui ont laissé un témoignage de ce pèlerinage majeur sous forme de litanies, ex-votos originaux, messes, récit de voyage ou nouvelles.vignette|350x350px|Pèlerinage à la Sainte Maison de Lorette - ill. de la Sainte Maison de Lorette de l’Abbé A. Grillot. Ed Ruffet - rue Saint Sulpice, ParisRaphaël, Le Caravage, Guido Reni, Annibale Carrache, Le Pérugin, Giambattista Tiepolo, Le Dominiquin sont quelques-uns des peintres qui ont peint la Madone de Lorette et la translation de la Sainte Maison.

Le nombre de chapelles, églises, couvents ou monastères d’Europe portant le nom de Notre-Dame-de-Lorette, le plus souvent construits au frais des commanditaires locaux ou de la population locale prouve qu’il s’agissait d’un lieu sacré populaire. (voir Notre-Dame-de-Lorette (édifices et lieux))

Même le déiste Voltaire écrivant à Catherine II impératrice de Russie ne semblait pas ignorer l’existence du sanctuaire lorétain : Madame, il me paraît par votre dépêche du 12 septembre qu il y a une de vos âmes qui fait plus de miracles que Notre Dame de Czenstokova, nom très difficile à prononcer. Votre majesté impériale m'avouera que la Santa Casa di Loreto est beaucoup plus douce à l'oreille et qu'elle est bien plus miraculeuse puisqu'elle est mille fois plus riche que votre sainte Vierge polonaise..

Lettre AMIII, du 2 novembre 1772 à Catherine II de Russie. Traces matérielles du pèlerinage Nous sont parvenues comme traces matérielles du pèlerinage entre le et le :

Enseigne de boutiques-étapes en métal conservée au British Museum de Londres. Attestation imprimée avec signature de l'évêque, sceau en papier gaufré et morceau de tulle de la robe portée par la statue de la Madone, British Museum. Imprimés de la juste mesure du pied de la Vierge datés de 1780 à 1820, British Museum. Fiole à l’effigie de la Madone de Lorette de la fin du , Metropolitan Museum de New York. vignette|Enseigne pèlerinage pour la Santa Casa de Loreto (entre 1475 et 1515) Musée national du Moyen-Age - Thermes de Cluny (en 2020)|200x200px|centré Ex-Voto des pèlerins Parmi les centaines de milliers d'Ex-voto déposés par les pèlerins à la Santa Casa, on peut noter celui de Michel de Montaigne avec les figures d'argent de la Vierge, la sienne et celles de sa femme et de sa fille en ., celui de Roland de Lassus avec un ex-voto musical en 1585, et celui du Tasse sous la forme d'un poème d'action de grâce "ecco fra le tempeste" en 1587

Témoignages littéraires gauche|vignette|200x200px|Gravure d’un pèlerin en route pour Lorette Cervantes décrit la sainte Maison de Lorette recouverte des offrandes des pèlerins ainsi :(...) à Notre-Dame-de-Lorette, dans le saint Temple de laquelle il ne put distinguer ni murs ni murailles, tant il était couverts de béquille, linceuls, chaines, anneaux, menottes, chevelures, bustes de cire, peinture et retables, témoignages manifestes des innombrables grâces que beaucoup avaient reçues de la main de Dieu, par l’intercession de sa divine mère, laquelle voulut accroître l’autorité de cette sienne sacro-sainte image par une foule de miracles que lui gardent ceux qui ont orné de tels dais les murs de sa Maison.

Miguel de Cervantes, nouvelles exemplaires, le licencié de verre, folio classique p.257

Images du Pèlerinage dans les Archives Luce

En 1930 : En 1937 :

Notes et références vignette|Pèlerinage à Lorette en 2009.|centré|300x300px Voir aussi Bibliographie Charles de Brosses, Lettres familières. Texte établi par Giuseppina Cafasso. Introduction et notes de Letizia Norci Cagiano de Azevedo, Naples, Centre Jean Bérard, 1991, t. III, p. 1176-1179, 1230. Charles-Albert, électeur de Bavière, « Journal de mon voyage d'Italie de l'année 1737 », un vol. manuscrit in-8° de 136 p. Munich, BStB., cod. gall. 563. Maximilien Misson, Nouveau Voyage d’Italie, La Haye, Henry van Bulderen, 1698, Lettre XX, t. I, p. 302-320. Michel de Montaigne, Journal de voyage, François Rigolot (éd.), Paris, PUF, 1992, p. 138-143. Montesquieu, « Voyages ». Ch. X : « États de l’Église », Œuvres complètes, Roger Caillois éd., Paris, Gallimard, 1949, t. I, p. 761-762. Richeome, Louis, s.j., Le Pèlerin de Lorette, vœu à la glorieuse Vierge Marie, Bordeaux, Simon Millanges, 1604. Donatien Alphonse François de Sade, Voyage d’Italie, Maurice Lever éd., Paris, Fayard, 1995, « Note sur Lorette », p. 305-306. Voyage de Provence et d’Italie (ms. fr. 5550, B.N. Paris), Luigi Monga éd., Genève, Slatkine, 1994, p. 92 [anonyme français, fin du ]. Voyageurs anglais à Lorette dans la première moitié du : Joseph Addison, Remarks of Several Parts of Italy, Londres , Jacob Tonson, 1705 ; A. D. Chancel, A New Journey over Europe, Londres, John Harding, 1714 ; John Durant Breval, Remarks on several parts of Europe, Londres, Bernard Lintot, 1726, t. II ; Edward Wright, Some Observations made in travelleing through France, Italy, etc., Londres, Th. Ward et E. Wicksteed, 1730 ; Charles Thompson, The Travels, Reading, J. Newbery et C. Micklewright, 1744 ; D. Jeffereys, A Journal from London to Rome by way of Paris, Lyons, Turin, Florence, etc., and from Rome back to London by way of Loretto, London, W. Owen, [1742 ?] ; Thomas Nugent, The Grand Tour, Londres, J. Rivington, 1748, 4 vol. ; Dr. Maihows, Letters of several parts of Europe, Londres, J. Davis, 1748.

Charles Béné, Charles, « Humanistes et pèlerinages au : Montaigne à Lorette », Montaigne e l’Italia, Genève, Slatkine, , p. 597-607. Chélini Jean et Henry Branthomme, Les Chemins de Dieu. Histoire des pèlerinages chrétiens des origines à nos jours, Paris, Hachette, 1982, Chevalier, U. Notre-Dame de Lorette, étude historique sur l’authenticité de la Santa Casa, Paris, Picard, 1906. Faurax, Joseph, Bibliographie lorétaine, Paris, 1913. Gomez-Géraud, Marie-Christine, « Entre chemin d’aventure et parcours d’initiation : Le Pèlerin de Lorette du père Richeome », L’Image du pèlerin au Moyen Âge et sous l’Ancien Régime, Pierre André Sigal éd., [Gramat], Association des Amis de Rocamadour, s. d., p. 231-240. Grimaldi, Floriano, Il Libro lauretano. Edizioni e illustrazioni (1489-1599), Macerata, Libreria Quondam, 1973. Legros, H. M. ,« Pèlerins manceaux au . Pèlerins du Maine au Mont Saint-Michel, à Saint-Méen, à Rome et à Notre-Dame de Lorette », La Province du Maine, 1913, p. 251. Santarelli, P. , La Traslazione della Santa Casa di Loreto : tradizione e ipotesi, Lorette, 1988.

Articles connexes Lorette (Italie) ; Notre-Dame de Lorette (Arts) ; Notre-Dame de Lorette (Édifices et lieux internationaux) ; Musée pontifical de la Sainte Maison de Lorette ; Prélature de Lorette ; Translation de la Sainte Maison de Lorette Bonaparte et le Trésor de Lorette Litaniae lauretanae ; Litanies de Lorette ; Reliques, Litanies, Vierge Noire ; La Chapelle de Loreto (L’église des Augustins à Vienne) ; L’Eglise de Lorette (Salzbourg) Via Lauretana (Umbria-Marche) Églises dans les Marches Pèlerinage chrétien ; Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle ; Pèlerinage de Jérusalem ; Pèlerinage de Rome ; Pèlerinage de Lourdes

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