vignette|redresse=1.4|Le Tribut à César, par Bartolomeo Manfredi (v. 1610), galerie des Offices, Florence. Rendre à César ce qui est à César ou ce qui appartient à César est une expression qui renvoie à la phrase biblique (en grec ancien : , Apodoté oun ta Kaisaros Kaisari kai ta tou Theou tô Theô). Cette phrase se trouve dans les trois Évangiles synoptiques : , et . Elle est prononcée par Jésus, répondant à une question des pharisiens, partisans d'une stricte observance de la loi juive.

Domaine religieux vignette|Denier à l'effigie de Tibère, portant la mention "TI CAESAR DIVI AVG F AVGVSTVS".

La scène est rapportée trois fois dans le Nouveau Testament. Elle figure dans l'Évangile selon Marc (Mc 12:13-17) et la même péricope est reprise avec quelques variantes en Matthieu 22:15-22 et Luc 20:20-26Justin Upkong, « Tribute to Caesar : Mark 12:13-17 (Matt 22:15-22 ; Luke 20 :20-26) », Bible Bhassyam 21, 1995, p. 147-166.. Des envoyés des pharisiens et des sanhédrites tentent de piéger Jésus en lui demandant s'il faut ou non payer l'impôt à l'empereur romainSelon le Lévitique 25:23, la Terre d'Israël est la propriété exclusive de Dieu, de sorte que le paiement d'une taxe foncière à l'occupant étranger est une offense à la Loi de Moïse.. Jésus les qualifie d', puis leur demande de montrer une des pièces servant à payer l'impôt et de lui dire qui y est représenté. Ils répondent qu'il s'agit de César, c'est-à-dire Tibère, qui portait le surnom de « Caesar », comme tous les empereurs romains. Jésus leur répond alors :

Selon Axelle Partaix, « Rendre à César » signifie donc rendre à l’État, à la puissance qui gouverne le pays.

Domaine politique Ce passage s'applique aux relations entre la religion et le domaine politique, notamment sur les questions de la séparation de l'Église et de l'État et de la résistance à l'impôt.

Séparation de l'Église et de l'État

Tertullien, dans De Idololatria, interprète Jésus comme disant de rendre .

Selon Axelle Partaix, séparation n’est pas divergence. Elle explique que Jean Paul II avait rappelé dans une lettre aux évêques de France, « le principe de laïcité, auquel votre pays est très attaché, s’il est bien compris, appartient aussi à la Doctrine sociale de l’Église. Il rappelle la nécessité d’une juste séparation des pouvoirs […], qui fait écho à l’invitation du Christ à ses disciples […]. Pour sa part, la non-confessionnalité de l’État, qui est une non-immixtion du pouvoir civil dans la vie de l’Église et des différentes religions, comme dans la sphère du spirituel, permet que toutes les composantes de la société travaillent ensemble au service de tous et de la communauté nationale ».

Selon le père Nicolas de Boccard, « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » demande à chacun d’entre nous de respecter le pouvoir temporel – avec ses règles ; mais aussi d’exiger de l’État de permettre le libre exercice du culte et rendre à Dieu ce qui lui est dû. La résistance aux impôts Le pasteur mennonite John K. Stoner s'est fait le porte-parole de ceux qui interprètent la parabole comme autorisant ou même encourageant la résistance à l'impôt : « Nous sommes des résistants à l'impôt de guerre parce que nous avons découvert un certain doute sur ce qui appartient à César et ce qui appartient à Dieu, et nous avons décidé de donner le bénéfice du doute à Dieu. »

Gandhi, qui partageait ce point de vue, a écrit :

Domaine artistique vignette|droite|Le Tribut de César, par Valentin de Boulogne vers 1624. De nombreux peintres et graveurs, notamment des écoles italienne et flamande, ont représenté cette scène sous le titre de Tribut à César ou Tribut de César. On peut citer Valentin de Boulogne, Andrea del Sarto, Bartolomeo Manfredi, Bernardo Strozzi, le Titien, van Dyck, Rubens, Gustave Doré ou James Tissot.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Élian Cuvillier, « Marc, Thomas, Justin et les autres : Variations autour de la péricope du denier à César », Études théologiques et religieuses 67, 1992, p. 329-344 Camille Focant, L'Évangile selon Marc, éditions du Cerf, 2004 , p. 446 sq. Camille Focant et Daniel Marguerat (dir.), Le Nouveau Testament commenté, Bayard/Labor et Fides, 2012 Daniel Marguerat (dir.), Introduction au Nouveau Testament : Son histoire, son écriture, sa théologie, Labor et Fides, 2008 Charles Perrot, « Jésus et le pouvoir impérial », Laval théologique et philosophique 39, 1983, p. 283-294 Werner Stenger, Gebt dem Kaiser, was des Kaisers ist ! Eine sozialgeschichtliche Untersuchung zur Besteuerung Palästinas in neutestamentlicher Zeit, Königstein, 1988

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