La est une voiture mini-citadine développée par le constructeur italien Piaggio. Sa production a débuté en 1957 dans les Ateliers de construction de motocycles et d'automobiles (ACMA), situés en France dans le département de la Nièvre. Piaggio propose des améliorations modestes au fil des années de commercialisation. Mais malgré cela, les ventes sont de moins en moins importantes et il est donc décidé, en 1961, d'arrêter la production. Un peu plus de ont été fabriqués au total, commercialisés majoritairement en France.

À l'instar de la Fiat 500, sa compacité, son petit moteur et son encombrement réduit en font une citadine idéale. Elle a principalement été destinée à une clientèle jeune et féminine. Dès 1959, des carrossiers présentent une version de plage, nommée « Esterel ». En 1961, est proposée la version dite « Grand Tourisme » (GT), avec une boîte de vitesses à quatre rapports, soit un de plus que l'originale. Elle a été produite à environ .

Propulsée par un moteur essence de deux cylindres à deux temps, la peut atteindre la vitesse maximale de . Sa cylindrée est de , d'où la dénomination 400, chiffre rond le plus voisin. Grâce à sa carrosserie monocoque et ses suspensions bien pensées, elle dispose d'une tenue de route impressionnante.

La , qui a effectué plusieurs compétitions durant ses années de production sans aucun incident mécanique, prouve également sa fiabilité exemplaire.

Historique Contexte et développement Du fait de la croissance économique des Trente Glorieuses au début des années 1950 en Italie, la jeune clientèle habituelle des Vespa, Lambretta et autres modèles de deux roues de la fin des années 1940 entrevoit l'achat d'un véhicule à quatre roues pas trop cher. De plus, les difficultés de circulation qui font leur apparition en ville donnent l'idée à quelques constructeurs automobiles de concevoir des mini-voitures.. Enrico Piaggio envisage alors, en 1952, de diversifier sa production afin de répondre aux besoins de mobilité de l'après-guerre.. L'année suivante, la société italienne Siata lance la Mizti, issue d'un programme d'études pour réaliser une voiturette la plus simple possible...

Fiat sort la 600 en 1955, puis la 500 en 1957, pour motoriser l'Italie. En France, durant les mêmes années, les ventes en plein essor des Citroën 2 CV et Renault Dauphine annoncent la fin des cyclomoteurs Peugeot Motocycles, Terrot et Monet-Goyon. Piaggio, concepteur du scooter Vespa, prépare sa contre-attaque. Ses ingénieurs mettent alors au point la — le chiffre 400 provient de la cylindrée qui est de — issue du projet de la Siata Mitzi. Leur projet de petite automobile se heurte vite à la malveillance de Fiat. Celui-ci exerce une telle pression sur ses sous-traitants que Piaggio doit délocaliser ses ambitions. Il est donc choisi de confier la production au constructeur français ACMA (Ateliers de construction de motocycles et d'automobiles), qui fabrique déjà des scooters Vespa sous licence dans son usine de Fourchambault dans la Nièvre. Quelques prototypes sont lancés en 1956, équipés d'un moteur deux-temps. Les essais se font sur la piste de l'usine, ou sur les routes de la Nièvre de nuit afin de garder le secret..

Présentation, lancement et production vignette|gauche|alt=Photo d'un logo sur la carosserie d'une voiture bleu clair|Logo , placé sur le capot moteur. Quelques premières sont fabriquées et l'une d'elles est présentée pour la première fois le au restaurant gastronomique Le Pré Catelan au bois de Boulogne à Paris... Les trois premiers modèles fabriqués sont peints respectivement en bleu, blanc et rouge afin de représenter leur pays de fabrication : la France. Ils reçoivent également l'immatriculation 58 en référence, non seulement au département de la Nièvre où ils sont produits, mais également au millésime de leur production, puisque celle-ci débute à l'automne 1957. Ces trois modèles sont également présentés à la presse à Monte-Carlo, avec trois des meilleurs pilotes automobiles du moment : Louis Chiron, Juan Manuel Fangio et Jean Behra.

Deux modèles sont ensuite présentés au grand public au Salon de l'automobile, du cycle et du motocycle à Paris début octobre de la même année (une version simple dite « Tourisme » et une version agrémentée d’options dite « Luxe »).. La reçoit un accueil très favorable et est considérée comme l'une des attractions du salon. Les trois pilotes automobiles sont également présents lors de cette présentation.

La production de la est presque entièrement française. Conçue à la base par les ingénieurs italiens de l'entreprise Piaggio, elle a été construite en France par ACMA, près de Nevers, d'où le sigle P/ACMA sur le capot. Une seule pièce est de fabrication italienne : les pistons en aluminium coulés sont de l'équipementier Borgo. Les autres éléments de motorisation de la voiture sont français, tels le carburateur de Solex, l'allumage de Ducellier, les démarreurs et dynamos Paris-Rhône. La carrosserie provient de Facel-Metallon (prédécesseur de Facel Vega), les optiques sont de Auteroche et les serrures de Ronis.

Le modèle « Tourisme » est vendu et le modèle « Luxe » , les deux avec une garantie de . Pour comparaison, à l'époque, une Renault 4CV Affaires était au tarif de et la Citroën 2 CV se vendait .

Améliorations et déclin progressif vignette|alt=Photographie de l'arrière d'une petite voiture bleue décapotable.|Vue arrière de la avec la capote de toit ouverte. Le porte-bagage arrière est optionnel. Durant l'année 1958, les sièges sont rembourrés jusqu'en haut afin de les rendre plus confortables. Les lames de pare-chocs lisses et chromées sont remplacées par des lames nervurées en inox.

En 1959, de nombreux changements ont lieu : ajout de vitres coulissantes qui furent très demandées, ajout de clignotants sur les ailes avant au-dessus des optiques et abandon des pare-chocs à lame mis en place l'année précédente au profit de nouveaux pare-chocs plus enveloppants. Pour le compartiment moteur, la turbine de refroidissement en acier est remplacée par une en aluminium pour réduire le poids. Le moteur bénéficie également d'une amélioration ; il passe de .

En , au salon de l'Automobile de Paris, sont présentés deux nouveaux modèles : « Luxe 61 » et « Grand Tourisme » (GT) qui est équipé d'une boîte de vitesses à quatre rapports, d'un mélangeur automatique, de pneus à flancs blancs et d’un ajout de chrome à la carrosserie. Les modèles de cette année bénéficient également d'une finition plus soignée avec des sièges à deux tons et des vide-poches dans les portes.

Malgré toutes les améliorations effectuées durant les quatre ans de production, les ventes sont de moins en moins importantes. Il est donc décidé, en 1961, d'arrêter la production. L'usine était prévue pour par jour. Au plus fort de la production en 1958, la cadence ne dépassa pas par jour.

Un total de sont fabriqués. Moins de furent produits dont une soixantaine avec la conduite à droite. Environ ont été exportés vers les États-Unis.

Le déclin de la touche également le marché des deux-roues et affecte donc directement l'activité d'ACMA. L'usine de Fourchambault ferme donc ses portes après l'arrêt de la production des deux-roues, mettant fin à la société ACMA. Les ateliers de l'usine sont définitivement fermés le . Le site est alors revendu à Simca Industries, filiale de Fiat.

Caractéristiques Données techniques et comparaison

Pour comparaison avec la qui est le modèle le plus proche au niveau gamme et datant de la même période, la est plus courte, plus basse et plus légère de . Concernant l'Autobianchi Bianchina, elle est légèrement plus grande que ces deux principales rivales.

+ Masses et dimensions de la 70px|alt=Image du logo AMCA. (1957-1961) (1957-1960)(pour comparaison) Autobianchi Bianchina(1957-1969)(pour comparaison) Longueur

Largeur

Hauteur

Empattement

Voies avant / arrière / / / Masse à vide (PV)

Coffre

Places assises réelles 2 4 4 Capacité du réservoir

Dimensions des roues

Note : ce tableau comprend les dimensions hors-tout, cependant, les rétroviseurs, antennes ou autres éléments hors carrosserie ne sont pas compris dedans.

Motorisations et boîte de vitesses vignette|alt=Photographie d'un moteur dans une voiture bleu clair.|Compartiment moteur de la .À gauche est situé le réservoir d'essence, à droite en noir est visible le système de mélange essence-huile, à l'arrière les doubles bobines d'allumage et au centre le moteur avec la dynamo et la turbine de refroidissement.

La est munie d'un petit moteur à deux temps, bicylindre en ligne. Celui-ci est positionné longitudinalement sur porte-à-faux arrière de la voiture et est penché à vers la gauche. Il a une cylindrée de et développe DIN, soit . Sa course et son alésage sont de avec un taux de compression de 6,4 pour chaque cylindre. L'allumage se fait via une double bobine (une par cylindre) et le refroidissement est à air par ventilation forcée. Le système d'alimentation se fait via un carburateur, un Solex 26.

Une caractéristique originale de la est son système d'aide à la préparation du prémélange essence-huile consommé par le moteur deux temps. Pour les premiers modèles, le mélange se faisait à la main avec un godet gradué. Il fallait ajouter 2 % d'huile à l'essence afin de pouvoir faire démarrer et fonctionner le moteur. Durant l'été 1958 est apparu un réservoir d'huile couplé à une petite pompe semi-automatique à manivelle qui est implanté sous le capot, au-dessus du passage de la roue arrière droite. Lorsque le conducteur remplit le réservoir d'essence, il donne un certain nombre de tours de manivelle pour injecter le pourcentage préconisé d'huile dans l'essence.

La est équipée d'une boîte de vitesses à trois rapports avec les et synchronisées. Le rétrogradage du deuxième au premier rapport, vers , exige le double débrayage. Elle dispose de deux arbres de transmission avec des Flector en caoutchouc renforcés.

En 1959, le moteur est légèrement modifié pour atteindre les DIN (). Le taux de compression passe à 6,8 par cylindre. La double bobine d'allumage est remplacée par une simple avec un allumeur Delco. Il reçoit également une nouvelle culasse.

En 1961 est proposé un nouveau modèle avec une boîte de vitesses disposant d'un quatrième rapport. Il prend la dénomination de et est fabriqué à environ .

La vitesse maximale de la avoisine les , atteinte en sur route plate. Son début d'accélération est cependant assez nerveux puisqu'elle effectue les mètres en .

Le rapport poids/puissance de la Vespa 400 de est de , et celui de la est de Le rapport poids/puissance ce calcule en divisant le poids par la puissance. Plus le chiffre est bas, plus ce ratio est avantageux..

+Essence Modèle et boîte Construction Moteur + nom Cylindrée Puissance Couple

Vitesse maxi Consommation (boîte 3) 1957 - 1959 L2Type I () () à à ~ ~ ~ (boîte 3) 1959 - 1961 L2Type II () () à

~ ~ ~ (boîte 4) 1961 L2Type II () () à

~ ~ ~

Mécanique En termes de freinage, la dispose d'un système hydraulique à tambours pour l'avant et l'arrière.

Pour la direction, elle est à crémaillère non assistée.

Au niveau suspensions, les quatre roues sont indépendantes. L'avant et l'arrière disposent de ressorts hélicoïdaux et d'amortisseurs télescopiques. L'essieu arrière est muni, en plus, d'une triangulation inférieure pour chaque roue.

Châssis et carrosserie