est le deuxième album des Beatles, paru le en Grande-Bretagne. Il est enregistré dans la foulée de la sortie du single , qui bat des records de vente alors que la Beatlemania est en plein essor. Au milieu des tournées en Europe, le groupe enregistre en sept journées de travail, étalées sur trois mois, quatorze chansons composées pour la moitié par le duo Lennon/McCartney pendant les tournées.

Enregistré quatre mois après leur premier album, , l'album contient huit chansons originales (incluant la toute première composition de George Harrison) et six reprises, principalement de succès rhythm and blues de la Motown. Davantage que dans leur album précédent, les Beatles ont recours à de nouveaux instruments et techniques de studio, notamment pour doubler leur voix. L'album, généralement moins connu que le précédent, est malgré tout jugé plus abouti. Le disque ne contient cependant pas de chanson majeure du groupe, à l'exception d, les morceaux au meilleur potentiel étant conservés pour les singles.

Ce deuxième opus connaît un énorme battage médiatique, battant tous les records de pré-commande, et détrône pour siéger en tête des classements britanniques. Il est également le premier album d'un artiste britannique à dépasser le million d'exemplaires vendus au Royaume-Uni. Outre ses records de vente, et sa pochette qui deviendra une des plus pastichées de l'histoire du rock, With the Beatles est connu comme le premier disque des Beatles à faire l'objet de critiques dans un journal sérieux, le . C'est aussi le premier disque du groupe publié en France, mais simplement intitulé « Les Beatles »., et au Canada, avec le titre Beatlemania! With the Beatles. La majorité des chansons de l'album sont réutilisées sur l'album américain , sorti le , qui est le premier disque du groupe largement diffusé aux États-Unis.

Historique Contexte thumb| paraît alors que la Beatlemania bat son plein. Le milieu de l'année 1963 voit l'expansion rapide de la Beatlemania. Alors que le premier album des Beatles, est durablement installé en tête des classements pour y rester trente semaines, le groupe multiplie les tournées. Avec , puis , ils connaissent également un grand succès en single, leur popularité commençant à dépasser le Royaume-Uni pour s'étendre à tout le continent européen. Le rythme d'enregistrement est effréné.

Les records de vente explosent à l'automne pour les disques du groupe, qui entame des tournées en Europe, notamment en Suède, où les Beatles rencontrent un succès qui les prend de court. Le , ils jouent devant la famille royale britannique lors du . John Lennon s'y permet même un trait d'humour social avant d'entonner . C'est dans ce climat que s'impose la nécessité de faire un nouvel album. Alors que le premier disque du groupe a été enregistré à partir de compositions de longue date et de reprises que le groupe est habitué à jouer, ce nouvel album est préparé dans l'urgence, entre les concerts. Lennon et McCartney apprennent donc à composer dans les bus et les chambres d'hôtel afin de préparer au mieux quelques chansons inédites. Leur univers musical s'élargit. En fréquentant d'autres musiciens, comme Roy Orbison, et en diversifiant leur collection de disques, ils découvrent de nouvelles techniques d'écriture. Paul McCartney est également initié à la musique classique par sa petite amie, Jane Asher.

Enregistrement vignette|gauche|Avec cet album, les Beatles apprennent à mieux profiter des possibilités offertes par le travail en studio.

Mises à part les chansons parues en single, avait été enregistré dans l'urgence au cours d'une seule session le . Pour ce deuxième disque, les séances sont réparties sur trois mois, d'autant que les quatorze chansons de l'album doivent, cette fois-ci ne pas avoir été publiées en single. Entre juillet et octobre, ce sont donc sept jours qui sont consacrés à l'enregistrement entre deux tournées. Les deux premières séances, les 18 et , sont consacrées à l'enregistrement de chansons que le groupe est habitué à interpréter. Il s'agit de reprises de leurs standards favoris. Sont enregistrées, tout d'abord, , , et , puis, le deuxième jour, et . Les Beatles font de plus en plus preuve d'originalité : alors qu'ils s'étaient contentés de leurs instruments de scène sur leur premier disque, ils introduisent des instruments plus originaux, comme des bongos.

La séance du voit également le début du travail sur des chansons inédites du groupe : et sont mises en boîte ce jour-là. Les 11 et , de nouvelles compositions sont explorées : , , , , et (cette dernière ayant déjà été enregistrée une fois lors des sessions de ).

Les séances d'octobre sont plus parcellaires et concernent principalement les finitions des chansons les plus difficiles. est ainsi retravaillée les 3 et , le 3 seulement. De façon générale, le groupe consacre beaucoup plus de temps aux enregistrements sur cet album : la plupart des compositions originales nécessitent plus de vingt prises, et même les reprises sont mises en boîte après plusieurs essais (au minimum six), quand certaines chansons du premier album avaient été enregistrées en un seul coup. Le , enfin, le groupe retente une prise de , mais abandonne : la séance est surtout consacrée à l'enregistrement du single , qui accompagnera l'album. Les différents mixages sont effectués à la fin des mois d'août et d'octobre.

D'un point de vue technique, la séance du , si elle ne marque pas une avancée pour l'album, marque un point crucial pour le groupe. Les studios EMI, sur Abbey Road, troquent leurs vieux magnétophones à deux pistes pour des quatre pistes, qui permettent des enregistrements plus étoffés. C'est sur ceux-ci que travaille le groupe jusqu'en 1968. C'est également à cette époque que les Beatles découvrent la possibilité de doubler les voix. John Lennon en devient particulièrement friand : La technique est notamment utilisée sur . C'est également durant ces sessions d'enregistrement que Ringo Starr adopte sa batterie la plus emblématique, la Ludwig , tandis que McCartney fait l'acquisition d'une nouvelle basse reprenant le modèle Höfner 500/1 qu'il utilisait jusque-là, mais cette fois-ci spécialement conçue pour le gaucher qu'il est. George Harrison utilise également à partir de cette époque une de ses guitares emblématiques, la Gretsch .

Parution et réception est publié au Royaume-Uni le , journée marquée par l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy. À sa sortie, les pré-commandes s'élèvent déjà à , et le demi-million de disques vendus est rapidement atteint. En novembre 1963, le million est dépassé, ce qui en fait le premier album « pop » aux ventes à sept chiffres. C'est également le premier album d'un artiste britannique à dépasser ce score. Les ventes sont telles que le disque entre même dans les classements des ventes de singles qui, à l'époque, sont en réalité un classement uniformisé, tous formats confondus. Il détrône du sommet du hit-parade et s'y installe pour vingt-et-une semaines, permettant aux Beatles de rester à la première place durant cinquante-et-une semaines consécutives.

Une chanson se démarque principalement : . Le disque est cependant, à son époque, très apprécié, dans la mesure où il marque une progression stylistique dans l'œuvre du groupe Stephen Thomas Erlewine, « With the Beatles », AllMusic. Consulté le .. est également le premier album à susciter des commentaires dans la presse non-spécialisée. C'est notamment à partir de que le journaliste du publie une critique de l'album en termes spécialisés, vantant notamment les de la chanson. Avec cette critique, les Beatles deviennent donc un groupe pris en considération par les milieux intellectuels de l'époque.

L'album est publié sur disque compact le , en mono, en même temps que trois autres albums des Beatles (, et ). Cela lui permet de revenir, brièvement, en des classements britanniques. La sortie de la version remastérisée en 2009 en mono et en stéréo, le fait également remonter au Graham Calkin, « With the Beatles », The Complete Beatles U.K. Discography. Consulté le .. Parution au Canada

Sous le nom, Beatlemania! With the Beatles, l'album est le premier des Beatles paru en Amérique du Nord. Le disque est publié le par Capitol Records of Canada exclusivement pour le marché canadien. Il comprend la même liste de chansons que la version sortie en Angleterre trois jours plus tôt.

Étant membres du Commonwealth, les pays comme l'Australie., la Nouvelle-Zélande., l'Inde et le Canada ont été plus rapides à publier les disques des Beatles que, par exemple, les États-Unis ou le Japon. Mais, alors que dans ces trois pays sujets de la Couronne, les disques ont été publiés de la même façon qu'au Royaume-Uni, l'historique de publication des albums des Beatles au Canada est différente.

Bien que, sous l'initiative de Paul White, responsable du département Artists and Repertoire ., quatre 45 tours ont été publiés par Capitol Records of Canada durant l'année 1963, (Love Me Do / PS I Love You le , Please Please Me / Ask Me Why le , From Me to You / Thank You Girl le et She Loves You / I'll Get You le .), le 33 tours Please Please Me n'était disponible qu'en importation. Les chansons She Loves You et Roll Over Beethoven (celle-ci publiée en single le ) étaient déjà et dans le palmarès CHUM au moment où I Want To Hold Your Hand faisait son entrée à la place dans les charts américaines..

À la suite du succès outre-mer de ce premier album et de l'engouement palpable au pays, Capitol Records of Canada publie le second avec les 14 chansons dans le même ordre que l'original.. Publié dans leur collection « 6000 series », la photo est la même et le texte est repris au verso. Par contre, le titre du disque est modifié avec l'ajout du mot « Beatlemania! » et on imprime sur le coin inférieur gauche du recto de la pochette des textes qui vantent les Fab Four.:

Bien qu'on lise souvent que le mot « Beatlemania » ait été utilisé pour la première fois le par Sandy Gardiner du tel que cité ici., c'est plutôt dans le Daily Mail de Londres du qu'il apparaît pour la première fois dans le corps d'un article par Vincent Mulchrone. et le dans le titre d'un article du Daily Mirror. Le promoteur Andi Lothian affirme qu'il a créé ce mot quelques semaines plus tôt..

de l'album ont été vendues durant les années 1963 et 1964 et plus de seront éventuellement écoulées, un nombre considérable pour le marché canadien à cette époque., sans compter les de la version écourtée américaine, Meet the Beatles! qui ont été achetés au nord de la frontière.

Parution aux États-Unis

Intitulée , l'édition américaine de l'album est sortie le par Capitol Records et atteint la première position du Billboard 200 le . La même photo figure sur sa pochette, dans une mise en page différente, mais le contenu du disque diffère. Avec douze chansons au lieu de quatorze, on élimine toutes les reprises, sauf pour Till There Was You, qui seront placées sur The Beatles' Second Album, le prochain 33 tours. On y ajoute la chanson , parue en single en Angleterre et aux États-Unis, et leurs faces B respectives, This Boy et .

Cet album est le premier des Beatles à être largement diffusé aux États-Unis, attisant la popularité du groupe de ce côté de l'Atlantique à la suite de la publication du single par Capitol trois semaines plus tôt « Meet the Beatles! », AllMusic. Consulté le . et de la version de Vee-Jay de l'album Please Please Me au titre similaire, Introducing… The Beatles, le . Ces deux 33 tours se retrouveront en première et seconde positions dans le classement, du au . Le , cèdera sa première place à The Beatles' Second Album mais demeurera dans le top 10 jusqu'au . Il restera dans le Billboard 200 pour un total de soixante-quatorze semaines.

Caractéristiques artistiques Analyse des chansons thumb| contient la toute première composition de George Harrison, .|alt=George Harrison en 1964