vignette|Disques de gramophone (URSS, années 1950). Galerie « Vinzavod », Moscou.

Les ryobra (transcription du russe , , « os »), ou les roentgenizdat, transcription de , « publication aux rayons X », sont des disques sonores improvisés, gravés sur des épreuves radiographiques médicales à l'aide de gramophones modifiés. Ils sont également connus en Union soviétique sous le nom de « musique sur côtes » () ou « jazz sur os » ().

Principalement réalisés dans les années 1950 et 1960 Donald J. Raleigh, Russia's Sputnik Generation: Soviet Baby Boomers Talk about Their Lives, N.p. : Indiana University Press, 2006, 13 février 2016. William RMinor, Unzipped Souls: A Jazz Journey Through the Soviet Union. N.p.: Temple University Press, 1995, 13 février 2016., les ryobra étaient vendus au marché noir. Ces contrefaçons permettaient d'entendre de la musique dont la diffusion était interdite en Union soviétique. Les artistes interdits pouvaient être des musiciens émigrés, tels que Piotr Lechtchenko et Alexandre Vertinski, ou des artistes occidentaux, tels qu'Elvis Presley, les , les , les , Ella Fitzgerald ou Chubby Checker S. Frederick Starr, The Rock Inundation. The Wilson Quarterly (1976-) 7.4 (1983) : p. 58–67, 10 février 2016 ..

Production vignette|Graveur sonore artisanal sur plaques radiologiques. Des radiographies médicales, achetées ou récupérées parmi les déchets des hôpitaux et des cliniques, étaient utilisées pour fabriquer ces disques souples. Les radiographies étaient découpées en disques de Ganley, Gladys D., Unglued Empire: The Soviet Experience with Communications Technologies, N.p. : Greenwood Publishing Group, 1996. 13 février 2016. et le trou central était percé avec une cigarette incandescente"Bone Collectors", New Scientist 228.3051 (2015): 24-25. Academic Search Complete, 13 février 2016.. Selon le critique musical et journaliste rock russe Artemy Troitsky, ; il ajoute que .. Les disques pouvaient être joués cinq à dix foisLogan, Wendell, Satrina Yrina et Victor Lebedev. "The Development of Jazz in the Former Soviet Union: An Interview with Victor Lebedev", Black Music Research Journal 12.2 (1992) : p. 227–232, 11 février 2016..

Le procédé finit par disparaître avec l’arrivée du magnétophone..

Interdiction Cette diffusion clandestine de musique populaire occidentale interdite a finalement conduit à l'adoption en 1958 d'une loi interdisant la production artisanale d'enregistrements à « tendance criminelle » , dans le contexte de dénigrement des stiliaguis (du mot qui signifie « style » en russe), une sous-culture de la jeunesse soviétique connue pour adopter les styles vestimentaires et de danse occidentauxMark Edele, Strange Young Men in Stalin's Moscow: The Birth and Life of the Stiliagi, 1945–1953. Jahrbücher für Geschichte Osteuropas 50.1 (2002) : p. 37–61, 11 février 2016., dont les partisans étaient considérés comme des ().

Le X-Ray Audio Project Lors d'une tournée avec The Real Tuesday Weld à Saint-Pétersbourg, le musicien britannique Stephen Coates a trouvé un ryobra sur un étal de marché. Cela lui donna l'idée de lancer le , destiné à fournir une ressource documentaire sur les enregistrements roentgenizdat avec des images, des enregistrements audio et des interviewsBone music: the Soviet bootleg records pressed on x-rays. Peter Paphides, The Guardian, 29 juin 2015. Consulté le 24 décembre 2015.. En , après plusieurs années de recherche et d'entretiens avec des vendeurs de ces disques, son livre X-Ray Audio: The Strange Story of Soviet Music on the Bone (Rayon X Audio : L'étrange histoire de la musique soviétique sur os) fut publié par Strange AttractorCoates, Stephen, X-Ray Audio: The Strange Story of Soviet Music on the Bone, Strange Attractor, 2015..

En , Coates donna une conférence TED sur le sujet au TEDX Kraków.. Il est parti en tournée avec l'artiste sonore et chercheur Aleksander Kolkowski pour raconter l'histoire des trafiquants de ryobra soviétiques. Ils ont réalisé ensemble de nouveaux enregistrements sur radiographie à partir de leurs performances musicales en direct. L'exposition itinérante que Coates a créée avec le photographe Paul Heartfield a été couverte par la presse, dans et dans l'émission de BBC Radio 4.. En , le duo sortit le long métrage documentaire Roentgenizdat contenant des interviews de trafiquants de l'ère soviétique et des images d'archives.

En 2019, Coates écrit et présente , un documentaire basé sur des interviews réalisées en Russie pour une édition de la série de BBC Radio 3. Le programme raconte l'histoire de la culture underground de la musique interdite en Union soviétique à l'époque de la guerre froide et présente le groupe russe Mumiy Troll qui enregistre une chanson de Vadim Kozin directement sur radiographie Bone Music BBC documentary..

Références

Annexes

Bibliographie Stephen Coates, (Ed.) (2015). The strange story of Soviet music on the bone. Londres : Strange Attractor Press,

Alexei Yurchak, chapitre 6 « Imaginary West » dans son livre

Articles connexes Samizdat Magnitizdat Disque flexible

Liens externes X-Ray Audio The Horse Hospital + Roman Tschiedl : Bootlegs auf Röntgenfilm: Der illegale Sound des Kalten Krieges, Radio OE1, (interviews de Stephen Coates, Aleksander Kolkowski et Masha Dabelka sur les disques Ryobra)

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