La politique étrangère de la Libye regroupe l'ensemble des relations diplomatiques entretenues par l'État de Libye depuis son indépendance en 1951.

La Libye est membre de l'Organisation des Nations unies, de l'Union africaine, de l'Organisation de la coopération islamique, de la Ligue arabe, et de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole.

Depuis , le chef de la diplomatie libyenne est Abdel Hamid Dbeibah qui est aussi Premier ministre.

Chronologie des relations Pendant la période Mouammar al-Kadhafi Porté au pouvoir par un coup d’État en 1969, Mouammar al-Kadhafi instaure la République arabe libyenneProclamation constitutionnelle de 1969, site de l’université de Perpignan., régime d’inspiration socialiste, sur le modèle de l’Égypte dirigée par Gamal Abdel Nasser, gouvernée par un Conseil de commandement de la révolution. En 1973, sont formés des comités populaires conçus comme lieux de l’exercice d’une démocratie directe. En 1977, une nouvelle constitution, dite Déclaration sur l’avènement du Pouvoir du PeupleDéclaration sur l’avènement du Pouvoir du Peuple, site de l’université de Perpignan., donne au mode de gouvernement de la Libye le nom officiel de Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste (Jamahiriya étant un néologisme traduisible par État des masses) dans laquelle le pouvoir exécutif est partagé entre le Guide de la révolution et seize représentants du Congrès général du peuple, qui est l’organe législatif, et son bureau politique.

Révolution et guerres civiles libyennes

À partir de , ce pouvoir est contesté par une insurrection qui prend naissance à Benghazi et se propage sur une vaste portion du territoire libyen. Les rebelles et les régions qu’ils contrôlent sont dirigés dès le par un Conseil national de transition (CNT) présidé par l’ancien ministre de la Justice Moustapha Abdel Jalil. Après le , la rébellion contrôle également la quasi-totalité de la capitale libyenne, réduisant ainsi l’ancien pouvoir de Kadhafi à une portion congrue. Beni Ulid et Syrte, derniers bastions de Kadhafi, tombent à l'automne ; Mouammar Kadhafi lui-même est capturé et tué en tentant de s'enfuir de Syrte.

La Libye entame alors une difficile période de transition politique. Une provisoire, adoptée le , définit la Libye comme et prévoit de garantir le pluralisme politique et religieux, tout en basant la législation sur la charia, texte traduit en français sur le site de L'Express.. Le CNT annonce qu'il ne prévoit de garder le pouvoir que jusqu'à la réunion d'une assemblée constituante, qui devra désigner un nouveau gouvernement et rédiger une constitution, soumise ensuite à référendum, préalable à des élections libres.

Le , un Congrès général national est élu au suffrage universel. À compter de sa première réunion, le , il se substitue au CNT et est chargé de désigner un nouveau gouvernement de transition, en attendant la mise en place des institutions définitives. Le nouveau régime connaît cependant les plus grandes difficultés à constituer une autorité centrale forte, et doit compter avec de nombreuses milices armées tribales ou régionales, notamment islamistes, qui se sont constituées durant la guerre civile et font planer des menaces de partition du paysLa Libye s’embourbe dans le chaos, Libération, 12 mars 2014.. Le pays apparaît bientôt comme un . En 2014, après la tenue d'élections législatives en juin, la Libye, qui n'a toujours pas de véritable constitution, sombre dans une nouvelle guerre civile : deux gouvernements rivaux, celui de la Chambre des représentants issu des élections législatives, à Tobrouk, et celui du Congrès général national.

Cette deuxième guerre civile voit la présence de nombreux intervenants extérieurs tenter de faire basculer le conflit. Mais contrairement à la première guerre civile de 2011 lors de laquelle une coalition internationale s'était formée contre Mouammar Kadhafi, les puissances qui interviennent dans la deuxième guerre soutiennent des camps opposés. Ainsi, tandis que la Turquie et le Qatar soutiennent massivement le gouvernement de Fayez el-Sarraj basé à Tripoli, l'Égypte, les Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite, la Russie et la France soutiennent le général Haftar, basé à Tobrouk. Mais leur soutien se fait plus discret, ne pouvant pas assumer de combattre le gouvernement de Tripoli reconnu par la communauté internationale, bien que celui-ci ne contrôle qu'une part minoritaire du pays. Confrontés à un déséquilibre très important de l'implication de leurs alliés respectifs, les gouvernent libyens rivaux voient leur rapport de force s'inverser; jusqu'à la mise en déroute de l'armée nationale libyenne à la suite de sa tentative de prendre Tripoli entre 2019 et 2020. Désormais sur la défensive, celle-ci bénéficie d'un soutien accru de l'Égypte, et parvient à garder le contrôle de la ville de Syrte.

Le conflit dans l'impasse et les armées ennemies ayant subi des pertes très importantes, les belligérants s'entendent pur un cessez-le-feu, acheminant peu à peu la deuxième guerre civile vers sa fin.

Réouverture progressive du pays à partir de la fin des années 2010 En 2017, l'Italie ancienne puissance coloniale et partenaire économique majeur de la Libye, est alors le seul pays européen à rouvrir son ambassade à Tripoli alors que la guerre civile fait rage, après avoir été le dernier pays à la fermer à cause de la dégradation sécuritaire, en . L'ambassade italienne en Libye n'a donc été fermée que 2 ans, contre 7 ans pour l'ambassade de France (qui rouvre son ambassade en ).

La Russie est l'un des premiers pays à rouvrir son ambassade à Tripoli après le cessez-le-feu, en . Le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas se rend à Tripoli en pour soutenir le cessez-le-feu, alors que quelques mois plus tôt, en , Berlin accueille une conférence sur la Libye pour tenter de trouver un accord entre les principaux États étrangers impliqués dans le conflit.

En , un gouvernement d'union nationale est formé par le nouveau Premier ministre libyen Abdel Hamid Dbeibah Celui-ci est reconnu par la plupart des anciens belligérants ayant participé aux et la majorité de la communauté internationale. À la suite de la formation de ce gouvernement, plusieurs pays, anciens partenaires majeurs de la Libye, annoncent la réouverture de leur ambassade à Tripoli : la Grèce en février, France, le , et Malte, le . Le , les Émirats arabes unis, autre acteur majeur du conflit apportent officiellement leur soutien au nouveau gouvernement libyen.

Le , Berlin accueille une nouvelle conférence sur la paix en Libye sous l'égide de l'ONU et avec, pour la première fois, la participation du gouvernement de transition libyen. D'autres conférences internationales se succèdent, Paris, Skhirat (Maroc) ainsi qu'à Tripoli, dédiées à la transition démocratique en Libye, mais celle-ci tarde à se mette en place. En fin d'année 2022, aucune élection libre n'a encore été organisée pour mettre en place un gouvernement représentatif de la population, tandis que certains candidats aux présidentielles s'affrontent par milices interposées.

En , devant le Conseil de sécurité de l'ONU, qu’Abdoulaye Bathily, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies, présente son initiative pour permettre l’organisation d’élections présidentielle et parlementaires d’ici à la fin de l’année. Mais dans un contexte de corruption généralisée, aucun des belligérants libyens ne veut d’un véritable accord qui nuirait à leurs privilèges, tandis que la population libyenne reproche à la communauté internationale de s’accommoder de la situation en privilégiant la stabilisation et la sécurité en Libye, au détriment de la démocratie.

Relations avec l'Afrique et le Moyen-Orient Relations avec les pays frontaliers Relations avec l'Algérie

Époque du royaume de Libye L'Algérie sous colonisation française au cours des , la Libye voisine, quant à elle, dans un cas très similaire, puisque cette dernière passe de la tutelle coloniale italienne à britannique puis la Libye sous colonisation française, au cours du le célèbre savant algérien Mohammed bin Ali Al-Sanoussi décide de quitter son pays l'Algérie lors de l'intervention française en Algérie pour s'installer en 1840 en Arabie à La Mecque où il fonda la Tariqa al-Sanussiya puis la Dynastie Senussi avec à sa tête le petit-fils de Mohammed bin Ali Al-Sanoussi, Idriss Ier qui proclame l'indépendance de l'émirat de Cyrénaïque en 1922 puis en 1951 l'indépendance du royaume de Libye.

Pendant la guerre d'Algérie, ville de libyenne de Ghât, située à une dizaine de kilomètres de la frontière et fonctionnant en interaction avec sa jumelle algérienne Djanet, est une base arrière de la lutte contre la colonisation française. La zaouïa Tidjani, située quasiment sur la frontière, est l'une des bases du FLN, abritant armes, combattants et réunions.

Mouammar Kadhafi et la révolution libyenne droite|vignette|Les Présidents Moammar Gaddafi, Houari Boumédiène, et Hafez el-Assad à Tripoli en 1977. Au cours de la guerre civile libyenne, le Conseil national de transition (CNT) de Libye accuse l'Algérie de soutenir Kadhafi en lui permettant de faire circuler du matériel militaire et des combattants étrangers à travers le territoire algérien.

Le , Sadek Bouguetaya, un leader parlementaire et membre du comité central du FLN gouvernant, a exprimé le soutien inconditionnel de l'Algérie à Kadhafi, tout en abordant la rencontre de Khadafi avec des tribus libyennes à TripoliAlgeria's 'one-eyed' American general - Briefings - Al Jazeera English. Plus tard, il a expliqué lors d'une interview pour le journal algérien Echourouk, que sa visite en Libye a été à des fins humanitaires et qu'il a été chargé de cette mission par Abdelaziz Belkhadem, le secrétaire général du FLN et ministrehttp://www.echoroukonline.com/fra/international/9099-participation-du-fln-%C3%A0-la-rencontre-des-tribus-libyennes-%3A-bouguetaya-s%E2%80%99explique.html. droite|vignette|Manifestation en Libye pour réclamer la famille du Kadhafi. Au début de , le CNT a commencé à assouplir sa rhétorique. Ghoga, le vice-président du CNT, a accepté une interview avec le quotidien algérien Echourouk, dans laquelle il dit que

Malgré les efforts de Ghoga pour réparer les relations avec l'Algérie, deux mois et demi plus tard, les combattants de l'opposition ont pris d'assaut l'ambassade d'Algérie à Tripoli au cours de l'opération aube de la sirène, pillant et vandalisant le bâtiment. Il était difficile de savoir si les vandales avaient pour ordre de cibler l'ambassade. Le ministre des Affaires étrangères algérien Mourad Medelci s'est plaint au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon à propos de l'incident. Le , le ministère des Affaires étrangères algérien a de nouveau nié les allégations disant qu'Alger avait offert son soutien à Kadhafi pendant la guerre et a exigé que le CNT revienne sur ses accusations comme une condition pour que le gouvernement algérien reconnaisse le conseil.

Toutefois, lorsqu'il est apparu que l'Algérie a prétendument mis à l'abri Kadhafi après qu'il a fui à la suite de la prise de contrôle de Tripoli par le CNT, le CNT a pris un ton beaucoup plus sévère. Le , il a déclaré que la mise à l'abri de Khadafi ou des membres de sa famille par l'Algérie serait considérée comme un « acte d'agression ». En réponse, les forces de sécurité libyennes ferment la frontière avec l'Algérie pour empêcher plus de passage illicite.

Dans la Libye post-Kadhafi À cause de son soutien jusqu’au bout à Mouammar Kadhafi, par peur d’une contagion des printemps arabes, l’Algérie finit par perdre son influence, en Libye, même au Fezzan région frontalière qui faisaient traditionnellement partie de son aire d’influence. Celle-ci ne joue quasiment aucun rôle dans la médiation et les accords de réconciliations entre les belligérants en conflit lors de la deuxième guerre libyenne, surpassée par le Maroc, la Tunisie, le Qatar ou les Émirats arabes uni.