Le Dernier Felquiste est une série documentaire criminelle et historique sur l'assassinat du militant québécois François Mario Bachand, ainsi que sur l'histoire des différents réseaux du Front de libération du Québec. Les six épisodes de 43 minutes sont réalisés par Flavie Payette-Renouf, Éric Piccoli et Félix Rose et coproduits par Babel Films et Productions Déferlantes. Le Dernier Felquiste est lancé le sur Club illico, plateforme de Vidéotron. La sortie coïncide avec le cinquantième anniversaire de la crise d'Octobre.
À propos de la série Synopsis Les journalistes Antoine Robitaille et Dave Noël enquêtent sur le meurtre non résolu du felquiste François Mario Bachand survenu à Paris en 1971. Deux thèses s'affrontent : règlement de comptes à l'interne du Front de libération du Québec ou assassinat politique commis par la Gendarmerie royale du Canada ? Dans le but de trouver le coupable dans cette affaire, les journalistes revisiteront l'histoire du FLQ de sa naissance en 1963 jusqu'à sa dissolution en 1972..
Genèse En 2010, Antoine Robitaille et Dave Noël, journalistes au Devoir, complètent une série d'articles sur les théories du complot liées à la crise d'Octobre et au meurtre de François Mario Bachand.... Fascinés par cette histoire, les journalistes s'associent à Flavie Payette-Renouf (réalisatrice de Lise Payette: Un peu plus haut, un peu plus loin et : elles se souviennent) afin de poursuivre l'enquête à la télévision. ..
Durant la même période, les cinéastes Félix Rose (fils du felquiste Paul Rose) et Éric Piccoli collaborent sur un documentaire, Les Rose, qui raconte l'histoire de la famille Rose qui fut impliquée dans la crise d'Octobre. Parallèlement, le duo développe une série documentaire sur l'histoire du Front de libération du Québec. Entre 2013 et 2017, ils feront de nombreuses captations d'entrevues avec des anciens militants du FLQ qui seront reprises dans Le Dernier Felquiste. En 2017, les deux équipes se rencontrent et décident de fusionner les projets afin de proposer une intrigue autour du meurtre de Bachand, ce qui permet du même coup de raconter l'histoire des différents réseaux du FLQ de 1963 à 1971..
Tournage Le tournage de l'enquête se déroule entre 2019 et 2020 à Montréal, Québec, Shawinigan, Limoges, Nantes et Paris. Les membres de l'équipe se rendent à l'appartement de Saint-Ouen, en région parisienne, où Bachand a été assassiné. Ils doivent revenir d’urgence au Québec le au tout début de la pandémie de Covid-19. Heureusement, ils ont eu le temps de compléter la captation des entrevues. Antoine Robitaille est le seul membre de l'équipe à avoir contracté le virus en France..
Les dessins et les reconstitutions Le tournage pour les reconstitutions fictives est annulé à cause de la pandémie de Covid-19 et est remplacé par des reconstitutions avec des dessins, ce qui s’avère bénéfique au projet. L'équipe de dessinateur est menée par Éric Piccoli qui possède une formation en animation au Cégep du Vieux Montréal. Les dessins sont en noir et blanc et s'apparentent à des croquis d'audience avec plusieurs notes écrites à la main et des éléments soulignés et encerclés. La qualité des dessins est grandement soulignée dans les médias qui les comparent à des illustrations de bandes dessinées dramatiques...
Les personnages François Mario Bachand (1944-1971) François Mario Bachand est une figure emblématique et intellectuelle du FLQ par ses prises de parole dans les médias et ses nombreux textes promouvant le socialisme. Il est recruté par Raymond Villeneuve en 1963 qui deviendra un rival. Bachand serait le cerveau derrière l’Opération Westmount qui consistait à faire sauter des boîtes aux lettres. Arrêté aux États-Unis après une longue chasse à l'homme, il est incarcéré au Québec. Les dures conditions de détention ébranlent son caractère et le rendent plus anxieux. À sa sortie de prison trois ans plus tard, il devient un brillant organisateur et est à l'origine de grands rassemblements populaires dont McGill français. Harcelé par la police, il choisit l'exil et prend la route de Cuba et de l'Europe, espérant suivre un entraînement révolutionnaire. Bachand était étroitement surveillé par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) qui le soupçonnait de fomenter des attentats. Il devient alors paranoïaque et craint même pour sa vie… On le retrouve tué par balles dans son appartement de Paris le . Le meurtrier n'a jamais été identifié. Un recueil de ses textes intitulé 3 textes de François Mario Bachand est publié peu de temps après sa mort et donne accès à sa pensée politique et à son état d'esprit. Plusieurs extraits des textes sont repris dans Le Dernier Felquiste avec des reconstitutions en dessins. La voix de Bachand est interprétée par l'acteur Marc-André Grondin. Bachand a également accordé une entrevue radiophonique de fond à la journaliste Judith Jasmin en 1966 qui est ponctuée dans les six épisodes de la série. Il revient sur son enfance et les raisons qui l'ont amené à rejoindre le FLQ.
L'équipe d'enquête Les bureaux de l'équipe sont situés à l'ancienne usine Cadbury à Montréal. On y trouve un tableau des suspects et une ligne du temps avec les évènements clefs de l'histoire de Bachand et celle du FLQ. Antoine Robitaille (1968- ), ancien chef du bureau d'enquête du Journal de Montréal à Québec et ancien éditorialiste du journal Le Devoir, Robitaille a écrit sur l'Affaire Bachand en 2010. Depuis, il a développé un intérêt croissant, avec son collègue et ami Dave Noël, pour l’histoire du meurtre de Mario Bachand. Il est chroniqueur au Journal de Québec et au Journal de Montréal ainsi qu'animateur de l'émission Là-haut sur la colline à Qub Radio. Dave Noël (1981-), journaliste sur la Colline parlementaire de Québec pour le journal Le Devoir, Noël a monté un dossier de recherche exhaustif pour la série d'articles écrits par Antoine Robitaille sur l'Affaire Bachand en 2010. Titulaire d'une maîtrise en histoire de l'Université de Montréal, il est l'auteur de Montcalm, général américain et Les Lieux de pouvoir au Québec (co-écrit avec Marco Bélair-Cirino). Félix Rose (1987-), réalisateur des documentaires Avec la gauche et Yes (co-réalisé avec Eric Piccoli), il est le fils du felquiste Paul Rose. Outre son rôle à la réalisation, Félix Rose agit comme facilitateur auprès des journalistes puisqu'il a développé plusieurs contacts avec d'anciens membres du FLQ qui ont longtemps refusé de s'exprimer publiquement sur les événements. Il a monté une impressionnante banque d'archives dans le cadre de son documentaire Les Rose qui est également utilisée pour Le Dernier Felquiste. Flavie Payette Renouf (1988=), réalisatrice d'un documentaire sur sa grand-mère maternelle, Lise Payette un peu plus haut, un peu plus loin, et d'un documentaire sur le droit de vote des femmes accordé au Québec en 1940, : elles se souviennent. Durant la préparation de la série, Payette-Renouf a créé un lien de confiance avec plusieurs policiers, personnalités politiques et témoins clefs de l'Affaire Bachand permettant l'évolution de l'enquête.
Les témoins clefs Michèle Bachand (1943-), syndicaliste à la retraite, Michèle était très proche de son frère cadet François Mario Bachand. Lors de son premier voyage à Paris en 1971, elle le rencontre la veille de sa mort. Michèle avait décidé de lui rendre visite pour essayer de le convaincre de revenir au Québec. Il lui avoue se sentir espionné et de craindre pour sa vie. Dans les cafés ou sur la rue, il lui montre les hommes qu'il soupçonne de le suivre. Michèle quitte Paris pour accompagner François Dorlot, un ami de son frère, quelques jours à la campagne française. Pendant ce temps, un couple de Québécois visite François Mario Bachand. Quelques heures plus tard, le colocataire de Bachand le retrouve mort. Pierre Barral, professeur de lettres, était le colocataire français de Bachand dans le quartier Saint-Ouen à Paris. C'est lui qui trouve le corps de Bachand abattu de deux balles. Barral et Françoise Laville Barral, la conjointe de Barral à l'époque, avaient rencontré les principaux suspects, un couple de Québécois, quelques heures plus tôt. Laville avait remarqué que la femme du couple avait des traits masculins, dont de grosses mains, ce qui appuie la thèse selon laquelle il s'agirait de Michel Lambert déguisé en femme.
Les suspects Raymond Villeneuve (1943-), cofondateur et principal chef du premier réseau du FLQ. C’est lui qui recrute Bachand quand ce dernier gravitait dans les milieux de gauche. Même s'ils se suivent pendant une décennie, ils seront comme l'eau et le feu, ayant tous les deux des têtes fortes. En 1963, Villeneuve est condamné à 12 ans de prison pour homicide involontaire (pour avoir fabriqué la bombe responsable de la mort accidentelle du gardien de nuit Wilfred O'Neil). Après sa sortie de prison en 1967, Raymond Villeneuve milite au Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN) avant de partir en exil à Cuba où il sera par la suite rejoint par les felquistes François Mario Bachand, Pierre Charette et Alain Allard. En , Villeneuve et ses camarades quittent Cuba en direction de l'Europe avant de se séparer. En partant pour Paris, Raymond Villeneuve caressait le projet d'une délégation du FLQ à Alger. Il participera à sa mise sur pied en en compagnie de Normand Roy et Michel Lambert, deux anciens militants du réseau de Pierre-Paul Geoffroy qui ont fréquenté des camps d'entraînement palestiniens en Jordanie. Villeneuve a toujours renié son implication dans la mort de Bachand même si plusieurs indices semblent indiquer le contraire. Comme il était en Algérie au moment des faits, certains pensent qu’il aurait commandé le meurtre de Bachand trouvant qu'il était devenu une nuisance pour le FLQMichael McLoughlin, Last Stop, Paris. The assassination of Mario Bachand and the death of the FLQ, Viking, Toronto, 1998, 320 pages . (Copie consultable sur Google books)... Robert Hudon (1945-), membre de l'Armée de libération du Québec qui a repris le relais du premier réseau du FLQ. Lors de son cautionnement en 1963, Bachand vole une somme importante d'argent à Hudon et prend la fuite à Saint-Pierre-et-Miquelon. Hudon tente de l'attraper sans succès. Hudon se fait arrêter peu de temps après à cause de nombreux vols de banque. À sa sortie de prison, il confronte Bachand pendant la préparation de McGill français et le menace de mort. Bachand prend la fuite quelques jours après pour Cuba. Il est l'un des rares suspects à avoir été interrogé par la police québécoise en rapport à l'Affaire Bachand. Il était en prison au moment des faits. Normand Roy (1949) et Michel Lambert (1949): Le duo Roy et Lambert a posé de nombreuses bombes pour le réseau du felquiste Pierre-Paul Geoffroy. À l'arrestation de Geoffroy à la suite de l'attentat de la bourse, Roy et Lambert prennent la fuite. Ils se retrouvent dans un camp palestinien en Jordanie et donnent une entrevue à Pierre Nadeau sous les surnoms Selim et Salem. Ils révèlent à Nadeau qu'ils envisagent de faire des assassinats sélectifs de politiciens au Québec. Certains croient, dont l'auteur Michael McLoughlin, qu'ils s'agiraient d'agents doubles. Selon une autre hypothèse, c'est Villeneuve qui leur aurait demandé d'éliminer Bachand. Roy et Lambert ont été considérés comme suspects, mais n'ont jamais été accusés. La police française aurait même avoué à Michèle Bachand qu'il s'agissait d'eux. Ils reçoivent des courtes sentences à leur retour au Québec et n'ont jamais voulu parler publiquement de cette histoire. Denyse Leduc (1948-2016), conjointe de Normand Roy. Plusieurs hypothèses laissent croire qu’il s'agirait de la femme du couple soupçonné d'avoir tué Bachand. N'étant pas du FLQ, elle gravitait néanmoins autour. Refusant de s'exprimer à la caméra lors d'un reportage d'Enjeux en 1997 sur le sujet, elle révèle qu'elle est tenue par le secret.