thumb|upright=1.15|Le Cantique des Cantiques est l'un des livres de la Bible qui représentent la caractéristique du cantique : celle du texte musical.
Un cantique est un chant donné à Dieu dans le judaïsme et dans le christianisme. Son nom provient du latin canticum qui signifie chant ecclésiastique, à savoir chant biblique. Le terme recouvre donc tous les chants de la Bible, à l'exception des Psaumes, qui y forment un livre à eux seulsRobert Le Gall, Dictionnaire de liturgie, , C.L.D., Chambray 1982 (http://www.liturgiecatholique.fr/Cantique.html). Le cantique se distingue de l'hymne, qui a la même fonction, mais est un texte non biblique, et composé plus récemment.
L'origine du cantique est cependant plus ancienne que celle du psaume. Le cantique de Moïse après le passage de la mer Rouge (Livre de l'Exode 15:1), chanté ou récité au vigile pascale, est considéré comme le prototype du psaume.
Dans la tradition chrétienne, le cantique le plus solennel et le plus connu est le Magnificat.
Définitions Terme L'origine du mot latin canticum est le mot cantus, qui signifie chant. Le terme canticum était particulièrement employé pour la partie d'une comédie ainsi qu'un chant ecclésiastique ou religieuxDictionnaire historique de la langue française, tome I, , Le Robert-Sejer, Paris 1998.
L'usage dans la langue française apparut vers 1130 avec cantike au sens de « chant d'action de grâces. »
Le cantique peut signifier également « chant en langue vulgaire chanté dans les offices religieux. » Ainsi, le jeune compositeur Gabriel Fauré sélectionna le titre Cantique de Jean Racine en 1865, pour une hymne dans le bréviaire et traduite en français par Jean Racine au . De même, une hymne de François d'Assise est intitulée le Cantique de frère soleil en raison de son texte italien, plus précisément ombrien.
Aujourd'hui, le mot cantique est utilisé dans plusieurs genres littéraires.
Catégories On peut distinguer plusieurs catégories : Cantique solennel : chants bibliques, donc ceux du sens original. Traditionnellement, ces cantiques étaient et sont solennellement chantés par le chantre, c'est-à-dire soliste, et la schola dans la messe ainsi que les offices liturgiques. Cantique dédié Œuvre en latin : notamment des œuvres dédiées aux saintes et saints, anniversaires des établissements religieux. Œuvre en langue nationale : de la même manière, il existe un nombre considérable de cantiques en langue vulgaire. Œuvre non musicale : œuvres littéraires, par exemple des poèmes ou des romans. Hymne dit cantique : cantiques non bibliques ni dédiés aux saints. Les quatre cantiques spirituels de Jean-Baptiste Moreau et de Michel-Richard de Lalande, composés en 1694 en collaboration avec Jean Racine, en sont des exemples. Un certain nombre d'hymnes populaires s'appellent aussi cantiques. Au contraire des cantiques bibliques, ces chants possèdent fréquemment ses refrains, faciles à chanter pour les fidèles.
Hymnes nationaux Des nations telle la Suisse se distinguent en raison de leurs cantiques comme hymnes nationaux, appelant à la foi ainsi qu'aux protection et bénédiction du Seigneur. Le Cantique suisse est un hymne spirituel chanté en quatre langues vulgaires..
Judaïsme
Tradition de l'Église romaine Texte biblique en latin Dans l'Église d'Occident, le cantique fut d'abord l'un des deux chants de la célébration, avec le psaume. Pendant les trois premiers siècles, les offices étaient célébrés en grechttp://palmus.free.fr/session_2005.pdf Daniel Saulnier, Session du chant grégorien 2005 .. De plus, c'était uniquement le soliste qui chantait ces psaumes et cantiques in directum, à savoir sans refrain. Il s'agissait de musiques à écouter, avant que les fidèles de Ambroise de Milan ne puissent partager les chants au Jean Claire, Saint Ambroise et le changement de style de la psalmodie dans la revue Études grégoriennes, tome XXXIV 2006-2007, , Abbaye Saint-Pierre, Solesmes 2007.
La tradition du cantique s'amplifia dans les monastères, notamment à la suite de la règle de saint Benoît, fixée vers 530. Dans le chapitre XIII Comment célébrer l'office du matin aux jours ordinaires, il précisait qu'il faut un « cantique tiré des Prophètes » puis « ceux qui sont tirés des Évangiles.. » Il s'agit d'extraits de l'Apocalypse ainsi que des épîtres de Paul aux Éphésiens, aux Philippiens, aux Colossiens et à Timothée. La première épître de Pierre est également en usage. Toutefois, surtout dans l'office de matines du dimanche, les cantiques jouent un rôle considérable.
Les cantiques se composent essentiellement des chants bibliques de l'Ancien Testament. En effet, les cantiques célèbres dans le Nouveau Testament ne comptent que trois : Magnificat, le Cantique de Syméon et le Cantique de Zacharie. .
Texte en langue vulgaire Au regard du texte non biblique, comme déjà mentionné, le cantique de saint François d'Assise Cantique de frère soleil est très connu. En rendant hommage à ce saint, un franciscain Irénée d'Eu. publia son œuvre Cantiques spirituels en français chez Pierre I Ballard en 1639 . Mis en musique par Denis Macé, ce livre de chant eut un succès et fut réédité en 1648. Cependant, cette publication fut effectuée au temps de la Réforme catholique, et notamment avait été financée par le chancelier Pierre Séguier. Donc, ses chants spirituels en français étaient surtout autorisés auprès du Carmel de Pontoise par Jeanne Séguier, une sœur du chancelier et supérieure du Carmel, pendant les récréations entre deux offices psalmodiés en latin - 358. À cette époque-là, il n'était pas encore interdit, même aux catholiques, de traduire la bible, à condition de n'en pas utiliser les versions françaises au cours des célébrations liturgiques..
À vrai dire, ce titre Cantiques spirituels était, auparavant, très fréquemment adopté par les huguenots, pour leur traduction des cantiques de l'Ancien Testament..
Puis, d'autres Cantiques spirituels en français parurent peu après. Il s'agit de ceux de Jean Racine, sortis en 1694. C'était notamment un cas particulier, car à la suite de l'édit de Fontainebleau (1685), à savoir révocation de celui de Nantes, tous les textes religieux du chant en français étaient strictement interdits ; Ainsi, le 14 janvier 1686, sur ordre exprès du roi Louis XIV, un arrêt du Parlement de Paris fut exécuté en ordonnant la suppression des psaumes en français du feu Antoine Godeau, ancien évêque de Grasse. Ce dernier avait obtenu auparavant, un privilège du même roi, pour sa publication.. Nonobstant l'auteur précisait que ces cantiques « sont souvent chantez devant le Roy. » En effet, les œuvres avaient été composées pour la Maison royale de Saint-Louis, fondée en 1686 par Madame de Maintenon, plus précisément pour des demoiselles nobles qui avaient perdu leurs pères à cause des guerres. Parmi ces quatre cantiques, trois furent composés par Jean-Baptiste Moreau, maître de musique de cet institut. Mais c'était Michel-Richard de Lalande ayant composé le n° IV, selon la publication musicale, qui avait réussi à résoudre la difficulté du texte de Racine, grâce à son expérience profonde. L'année suivante, un autre livre de chant, mis en musique par Pascal Collasse, fut publié. Ce musicien aussi était l'un de sous-maître de la Chapelle royale. Il existe une autre surprise. Comme la plupart de traducteurs des cantiques tels Jean Calvin, Clément Marot s'essayaient à rimer leurs textes, l'Église romaine prohibait les livres des psaumes rimés et mis en musique depuis .. Ainsi, cette œuvre de Racine n'était autre qu'une exception - 459.
L'interdiction des psaumes rimés était néanmoins l'origine de l'autorisation des chants religieux en langue vulgaire lors de la messe dominicale, jusqu'à nos jours : « Pour faire en sorte que les catholiques cessent de se sentir frustrés en entendant les Réformés chanter les Psaumes en français, il eût fallu leur proposer quelque chose d'équivalent, c'est-à-dire des chants religieux en langue vulgaire, chantés et entendus à la Messe du dimanche et, par conséquent, connus de tous. Il leur eût été facile, en ce cas, de les fredonner « ès maisons » à l'instar de leurs « frères séparés » dont les Psaumes constituaient le répertoire courant. Or, chacun sait que les Psaumes (latins) qui constituent la substance de Heures canoniales n'apparaissent pas tels quels dans la liturgie de la Messe, mais, à l'exception des versets d'Introïts, transformés par l'ornementation. Comme le Kyriale, les chants du Propre ne se prêtent pas directement à une traduction française poétique, analogue à celle des Psaumes, moins encore à la répartition en strophes chantables. En de telles conditions, (et en considérant que l'Église de Rome n'avait jamais interdit la traduction de ces textes en langue vulgaire), on ne pouvait guère envisager la création d'un répertoire tiré des prières de la Messe, et qui ait quelques chances de remporter, auprès des catholiques, le même succès que connaissaient, chez les protestants, les Psaumes de Marot. ».
Dans l'usage moderne, le cantique s'emploie plus fréquemment. Outre les chants liturgiques approuvés par les différentes autorités ecclésiastiques, la foi populaire se traduisit souvent par la création et l'interprétation de chants en langue vernaculaire. Le vit notamment la naissance d'une multitude de chants qui étaient interprétés à la sortie de la messe dominicale, lors des pèlerinages, ou pour des occasions particulières : saint patron, noces sacerdotales, bénédiction de cloches, installation de curé, etc. Certains sont passés à la postérité, entre autres « Aux habitants de la sainte Patrie », « C'est le mois de Marie », « Je suis chrétien », « J'irai la voir un jour », « Ô Marie, ô Mère chérie », « Tandis que le monde proclame »… ; ils sont toujours utilisés dans la mouvance catholique traditionaliste, beaucoup plus rarement ailleurs.
Ce type de cantique en langue vulgaire fut formellement autorisé par le pape Pie XII le , avec son encyclique Musicæ sacræ disciplina, qui le recommande notamment en faveur des enfants et des jeunes.
Après l'évangélisation, la Bretagne possède plus de de l'histoire de cantique en breton..
Œuvres musicales thumb|upright=1.38|Magnificat, toujours sommet de la célébration des vêpres (œuvre de Fra Angelico).
Cantiques en latin avec textes bibliques
Dans l'histoire de la musique liturgique, un grand nombre de compositeurs s'inspiraient toujours du Magnificat. En effet, ce cantique est le sommet des vêpres, la liturgie des Heures la plus solennelle et au premier rangRobert Le Gall, Dictionnaire de liturgie, p. 250, C.L.D., Chambray 1982 (liste des œuvres de Magnificat). chant grégorien (après le ) : Magnificat avec antienne Exsultet omnium Guillaume Dufay (vers 1400-1474) : au moins deux Magnificat polyphoniques (vraisemblablement les premiers dans l'histoire de la musique occidentale) Jean Lhéritier (vers 1480 - après 1551) : cet élève de Josquin des Prés écrivit un motet Nigra sum d'après le Cantique des Cantiques ; Palestrina composa une messe selon ce motet. Nicolas Gombert (vers 1495 - vers 1556) : une série des huit Magnificat selon les huit modes ecclésiastiques du chant grégorien et les mélodies de celui-ci. Giovanni Pierluigi da Palestrina (1526 - 1594) : surtout motets Canticum Canticorum (1583/4) ; motet Sicut lilium (1569) et messe Sicut lilium (1590) d'après le Cantique des Cantiques ; 35 Magnificat. Roland de Lassus (1532-1594) : 100 Magnificat (posthume 1619, Jubilis) selon le chant grégorien ainsi que d'après les mélodies variées Claudio Monteverdi (1567-1643) : notamment ses deux versions monumentales de Magnificat, traditionnelle et contemporaine, à la fin des Vespro della Beata Vergine (1610) ; également deux Magnificat dans la Selva morale e spirituale (1640)