Jacques André Fouilhoux, né le à Paris et mort le à New York, est un ingénieur et architecte d'origine française actif aux États-Unis de 1904 à 1945. Il est surtout connu pour son travail sur la qui héberge le journal Chicago Tribune, le , et les premiers gratte-ciel tels que le ou le à New York. Il conçoit également, avec Wallace Harrisson, le et , deux structures modernistes monumentales temporaires, emblématiques de l'Exposition universelle de New York 1939-1940 qui se tient dans le Corona Park à Flushing Meadows dans le Queens.

Selon la commission de conservation des monuments de la ville de New York, la plus grande qualité de Jacques André Fouilhoux .

Plusieurs de ses premières réalisations sont également répertoriées dans le registre national des lieux historiques, notamment les immeubles résidentiels du 705 Davis Street et les appartements Wickersham à Portland, dans l'Oregon.

Jeunesse et éducation Jacques André Fouilhoux, plus connu sous le nom de J. A. Fouilhoux tout au long de sa carrière aux États-Unis, nait le dans une famille catholique à Paris.. Il fréquente le lycée Janson-de-Sailly à Paris, puis est diplômé de l'université de Paris (Sorbonne). Il est ensuite admis à l'École centrale des arts et manufactures, où il étudie l'architecture ainsi que le génie civil et mécanique.. Il y découvre entre autres le béton armé qui commençait à être utilisé en France, notamment par François Hennebique. Il utilisera largement ce matériau dans les différentes réalisations de sa carrière.

En 1904, après avoir obtenu son diplôme, il s'installe aux États-Unis et commence sa carrière d'architecte en tant que dessinateur pour Albert Kahn à Détroit..

En 1908, il se marie à New York avec Jean Butler Clark, originaire de Baltimore...

Carrière

Premiers ouvrages vignette|gauche|Lycée Jefferson à Portland (Oregon).|alt=Photographie noir et blanc de la façade du lycée Jefferson.

En 1909, J.A. Fouilhoux s'installe à Portland et entame un partenariat, qui durera jusqu'à la Première Guerre mondiale, avec Morris H. Whitehouse. Fouilhoux est prolifique pendant les huit années durant lesquelles il travaille dans cette ville. Il y construit une douzaine de bâtiments remarquables, y compris des établissements d'enseignement (par exemple, le lycée Jefferson ou l'University Club) et des immeubles résidentiels.. Ses premières réalisations sont marquées par les différents styles du renouveau architectural de la fin du et du début du : renaissance française, gothique collégial, Tudor, jacobéthain, colonial et Arts and Crafts anglais....... Bien que cette approche corresponde à l'esprit du temps, les critiques et les spécialistes de la préservation historique décèlent et décrivent une perspective unique dans son style architectural. C'est particulièrement évident avec le lycée Jefferson (1909), qui dévoile et gère habilement les tensions entre le mouvement néo-classique et le style Arts and Crafts plus moderne.

alt=Photographie de l'immeuble pris de côté. Façade en rouge.|vignette|redresse|Appartements du 705 Davis Street à Portland (Oregon).

L'architecture de Fouilhoux, en particulier l'équilibre entre l'ornementation de référence et la sensibilité moderne, aura un effet durable sur l'architecture dans l'Oregon... Plusieurs de ses bâtiments sont toujours intacts et sont inscrits au registre national des lieux historiques. Certains sont encore très recherchés en tant que résidence, comme les appartements Wickersham (1910) et ceux du 705 Davis Street (1913) qui ont contribué à caractériser des quartiers de prestige..

En 1917, l'entrée des États-Unis dans la Première Guerre mondiale marque une pause dans la carrière de J. A. Fouilhoux, qui s'engage alors dans l'armée américaine. Il sert comme capitaine en France dans le régiment d'artillerie de campagne comme le futur président Harry S. Truman. Il est démobilisé après avoir été élevé au grade de major..

Tribune Tower et Daily News Building En 1920, Fouilhoux retourne aux États-Unis, et s'installe définitivement à New York... Il commence à apporter des contributions substantielles aux méthodes de conception modernistes qui vont créer un nouveau phénomène architectural : le gratte-ciel... Dans le contexte du boom architectural de l'après-guerre, les réalisations de Fouilhoux épousent et célèbrent les valeurs démocratiques américaines, notamment la liberté de la presse..

En 1922, Fouilhoux, Raymond Hood et John Mead Howells soumettent un projet au concours international dédié à la conception de la de Chicago. Fouilhoux, en tant qu'associé des partenaires Hood et Howells, voit son projet remporter le concours parmi les soumissions. Le bâtiment associe des éléments architecturaux gothiques médiévaux à la sensibilité Art déco d'un immeuble de bureaux moderne... La conception de Hood et Howell et les éloges des jurés du concours résument le moment architectural de l'époque : nostalgique, mais à la limite de la modernité. Des éléments anciens sont utilisés de manière novatrice, notamment au moins provenant de sites historiques décorent les murs aux côtés de citations de personnages historiques. Ces inscriptions et détails sculpturaux se réfèrent à des décennies et des continents différents, commémorant le passé afin d'imaginer le futur, ce que la Tribune Company recherchait.

Lors de son inauguration en 1925, le bâtiment est décrit par les critiques comme étant atypique mais conçu pour un usage pratique, avec une perspective historique, de l'humour et une vision de l'avenir. Fouilhoux et d'autres contributeurs sont immortalisés comme des personnages des fables d'Ésope dans un grand panneau en pierre sculpté au-dessus de l'entrée principale. En clin d'œil au surnom attribué aux Français pendant la Première Guerre mondiale, Fouilhoux est représenté par une grenouille.

En 1930, Howells, Hood et Fouilhoux conçoivent un autre immeuble destiné au monde du journalisme le à New York. Bien que les propriétaires du et de la aient des liens familiaux, les bâtiments ne partagent pas l'influence néo-gothique qui caractérise la ; avec la conception du gratte-ciel du , Fouilhoux entre dans . Le partage cependant avec la l'utilisation d'éléments d'Art déco et de citations et symboles des valeurs démocratiques et de l'éthique protestante du travail américaine. Le bâtiment est bien accueilli par les critiques, les architectes et les New-Yorkais. Une exposition au MoMA en 1932 le décrit d'ailleurs comme le

Le Rockefeller center vignette|upright|Construction du à New York.|alt=Photographie de nuit du Rockefeller Center. En 1931, Fouilhoux rejoint un consortium d'agences d'architecture de premier plan, coordonné par Raymond Hood, qui participera à la construction du .. Todd, Robertson et Todd Engineering Corp, en tant que conseillers de John D. Rockefeller et de sa famille, . Trois cabinets différents forment le collectif .. Fouilhoux exerce la plus grande influence sur l'élément central du complexe, le 30 Rockefeller Plaza, connu sous le nom de « 30 Rock », et qui sera popularisé, bien plus tard, dans une série télévisée américaine. Le bâtiment combine des éléments de design Art déco avec une inspiration Beaux-Arts et le style international, de plus en plus répandu.. Dès sa création, le est au cœur de l'imaginaire urbain des médias commerciaux. Dans les années 1980, Paul Goldberger du New York Times réfléchit à son statut : .

Après la mort de Hood en 1934, et à la suite de son travail sur le , Fouilhoux, qui, selon la commission de conservation des monuments de la ville de New York, reçut moins d'attention que celui de ses partenaires John Mead Howells ou Raymond Hood, sa plus grande qualité étant et qui, , s'associe à Wallace Harrison sur une commande de John Davison Rockefeller Junior et Nelson Rockefeller pour concevoir les appartements Rockefeller, adjacents au nord . Les , de conception assez inhabituelle et sans rien de comparable à l'époque, sont de petites tailles et bénéficient tous de la lumière du soleil et d'une bonne ventilation. Les immeubles possèdent une cour intérieure et des trottoirs plus larges, un restaurant au rez-de-chaussée, des cabinets médicaux, une pharmacie et un salon de beauté, et sont idéalement situés pour les jeunes professionnels travaillant au ou à Midtown. Ils sont tous loués avant même d'être terminés et une liste d'attente est créée alors qu'il existe des appartements vacants dans toute la ville. Les appartements Rockefeller ont ainsi changé les standards. Construits dans un style international avec des baies vitrées arrondies et orientées vers le sud, ils sont salués par les critiques pour leur esthétique, leur aspect pratique et leur design progressiste. Le célèbre urbaniste Lewis Mumford déclare que .

Le monde de demain vignette|upright|Trylon et la Perisphere à l'Exposition universelle de New York de 1939.|alt=Photographie La contribution de Fouilhoux et Harrison pour l'Exposition universelle de New York 1939-1940 est une œuvre architecturale et technique des plus audacieuses. La commission de la construction de New York affirme que les contributions de Fouilhoux au design . Cette exposition universelle américaine, parmi les plus coûteuses, représente un projet ambitieux dans la période d'incertitude qui suit la Grande Dépression et qui précède la Seconde Guerre mondiale... En 1934, le thème prévu pour l'exposition est la célébration du anniversaire de l'investiture de George Washington, mais, en 1936, après le début de la Guerre d'Espagne, les organisateurs changent d'avis et un nouveau thème, plus abstrait et avant-gardiste, l'emporte : « Construire le monde de demain ».

Selon le New York Times, le thème donne la priorité à une vision idéale.. L'exposition se déploie au Flushing Meadows Park, sur l'emplacement d'une ancienne décharge dans le Queens, et occupe plus de pour imaginer le futur à travers le prisme de l'innovation, de la consommation et du commerce. Les expositions et les espaces de loisirs sont rendus possibles grâce aux participations de et new-yorkaises.. Selon l'ouvrage de 1989, Trylon and Perisphere,

La contribution la plus importante de Fouilhoux s'exerce sur les figures centrales de l'exposition, le Trylon et Perisphere, respectivement une grande pyramide triangulaire et la plus grande sphère jamais construite.. Masses blanches imposantes du elles représentent avec justesse un futurisme fondé sur des principes modernistes, qui envisagent la réalisation d'abstractions extrêmes grâce aux nouvelles technologies. Le Trylon et la Perisphere représentent d'impressionnantes prouesses d'ingénierie. La construction nécessite de béton, plus de individuelles, et le poids total des deux monuments est d'environ . Le Trylon mesure de haut et la Perisphere a un diamètre de et une hauteur de . À l'intérieur de la Perisphere, accessible par les plus grands escaliers mécaniques du monde, se trouve la « Démocracité », l'exposition centrale de la foire et la vision de l'avenir de l'Amérique en 2039.. Les réalisations technologiques sont au cœur du thème de la foire et des conceptions de Harrison et Fouilhoux, comme en témoignent l'ingénierie du Trylon et de la Perisphere, ainsi que l'accent mis sur l'électrification de la ferme à l'énergie solaireElectrified Farm, World's Fair, 1939 : perspective sketch of the solar farm. ou d'autres bâtiments de l'exposition comme le et le .. La foire, qui incarne une réalité physique imposante et une vision futuriste ambitieuse, accueille près de de visiteurs pendant les deux saisons où elle est ouverte.. Malgré ces réalisations, elle n'atteint pas les objectifs de fréquentation et de recettes financières escomptés. Pourtant, elle n'est

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