alt=Les armes Riant remontent à Jacques Riant, capitaine d’une compagnie de cent hommes des ordonnances sous Louis XII (1462-1515) . Elles seront utilisées par les Riant de Villeray et la branche de la famille aujourd’hui subsistante depuis la fin du . Devise : Nomen omen Le nom est un présage Distinctions : Ordre de Saint Grégoire le Grand|Armes :de gueules, semé de trèfles d'or, à deux bars adossés du même brochant sur le tout. |cadreLa famille Riant (aussi parfois orthographié «Riantz», «Ryants», «de Riant», «de Ryants», «de Villeray de Riant») serait originaire du Perche, ou elle était propriétaire des terres de Villeray, pendant une centaine d’années aux . Ses membres ont exercé des fonctions dans la politique, les affaires, et la culture.
Vers la révocation de l’Édit de Nantes (1685), les Riant perdent la terre de Villeray, ainsi que leurs titres, et s’éparpillent, certains partant vers le nouveau monde (Québec et Antilles), alors qu’on retrouve d’autres membres de la famille à Lyon et Paris.
C’est à compter de la deuxième partie du , et plus encore du , que la famille connait une deuxième période de prospérité, avec Jean-Marie Riant (1737-1811), échevin de Lyon, et ses fils Joseph-Ferdinand Riant (1789-1857), Jean-Louis Riant (1793-1871), maitres de Forges, et Didier-Nicolas Riant (1790-1864), notaire, proche conseiller du roi Charles X et homme d’affaires.
Au , les Riant participent à des projets économiques de la révolution industrielle en France: naissance de la sidérurgie moderne et de l’industrie minière, débuts du chemin de fer, développement immobilier de Paris (on leur doit le quartier de l’Europe) ainsi que la création d’une banque d’affaires: l'Union Générale.
Les Riant s’impliqueront aussi dans les affaires politiques à travers des mandats locaux (à Paris) et nationaux où ils défendront des opinions conservatrices, voire monarchistes, marquées particulièrement par le soutien à l’enseignement catholique et aux autres grands projets du clergé. Le comte Paul Riant (1836-1888), historien médiévaliste spécialiste des croisades fonda et dirigea la Société de l’Orient Latin et la Revue de l’Orient Latin.
Des romans d’Honoré de Balzac en sont inspirés : la Cousine Bette (1846) se déroule au moment des prémices de l’urbanisation de la plaine des Errancis, en train de devenir le Quartier de l’Europe sous l’impulsion des Riant, alors que Beatrix (1839) montre le Quartier de l’Europe quelques années plus tard à l’état de chantier. L'Argent (1891) d’Émile Zola met en scène l’Union Générale (la banque «l’Universelle» dans le roman de Zola). Les Riant seront en outre une source d’inspiration de Philippe Hériat pour sa saga La famille Boussardel, présentant l’ascension et les vicissitudes d’une famille sur plusieurs générations depuis la chute du premier empire.
Les Riant du Moyen Âge au
L'essor des Riant au Le fut marqué par de grands bouleversements à travers trois républiques, deux monarchies et deux empires. Sur le plan politique, la période connait l’opposition entre partisans des idéaux révolutionnaires et contre-révolutionnaires, et d’une lutte incertaine pour pérenniser une forme de régime stable entre républicains, monarchistes et bonapartistes.
L'Église catholique, ciment traditionnel de la société française, perd petit-à-petit de son influence avec la laïcisation progressive de l'État, voulue par des républicains anticléricaux, face aux monarchistes soutiens de l'Église.
Sur le plan économique, la France est bouleversée par la révolution industrielle, entraînant une progressive industrialisation et la sortie d'une économie primaire. Cette transformation provoque un rééquilibrage démographique entre les villes et les campagnes, si bien que dans les années 1910, la population citadine française atteint la barre symbolique des 50%.
La famille Riant s'engagera dans la naissance de l’industrie sidérurgique, le développement des chemins de fer (en son nom propre autant qu’à travers l’Union Générale), la construction de Paris et la défense des intérêts des catholiques dans un contexte marqué par l’anticléricalisme.
Personnalités Les personnalités de la famille Riant sontActes de l'état civil, Besançon, Paris, Versailles. :
Les Riant et la naissance de la sidérurgie moderne, Riant frères & Cie Du négoce de fer à la sidérurgie Les frères Riant, Joseph-Ferdinand Riant et Jean-Louis Riant, s’associent vers 1810 avec le marchand de fer Louis-Victor Moreau, dont ils reprennent l’affaire à sa mort en 1816. Ils comptent parmi les grands marchands de fer parisiens au début du .
Ainsi, en 1829, Riant frères & Cie achetait et commercialisent l’ensemble de la production du Creusot, alors que d’autres vendent les productions d’autres bassins : Thomas Nodler vend tous les fers de Chatillon, les Poupillier vendent le fer des Wendel, les Holagray de Bordeaux celui de Decazeville.
Les marchands ont à cette époque un poids considérable. En effet, les modalités traditionnelles de commercialisations du fer, les foires et marchés régionaux (par exemple Saint Dizier qui commercialise les fers de Champagne, ou Chalon-sur-Saône ou arrivent les fers de Bourgogne) qui ont une grande influence sur la formation des prix, tendent à disparaitre. Dans le même temps, le prix du fer pratiqué à Paris commence à s’imposer sur tout le marché national. Les grands marchands fixent le prix car eux seuls sont capables d’écouler la production. D’autres phénomènes contribuent à accroitre leur importance. Les grandes usines, par la masse même de leur production, connaissent de difficiles problème d’écoulement de leurs fers, alors même que la demande est en croissance avec l’énorme expansion de la construction urbaine qui devient de plus en plus consommatrice de fer (coupoles, ponts, poutrelles, etc). Il faut donc des intermédiaires ayant une vue d’ensemble, et donc basés à Paris.
Une première phase d’expansion industrielle a lieu en France vers 1820-1826, avec des développements importants dans le domaine de la sidérurgie. C’est à ce moment que certains grands négociants, mais aussi financiers, rentrent dans la production d’acier : les Riant marchands de fer dans l’Allier et banquiers à Paris, les Demachy, agents de change dans l’Aveyron, Humann, ancien ministre des Finances et grand négociant dans le bassin d’Alais, les banquiers Worms dans la Loire et Laffitte dans le Puy de Dôme.
Les frères Riant s’intègrent en amont vers la production. Ils exploitent d’abord la mine de Fins dans l’Allier, et deviennent maîtres de forges à Basse-Indre. Déjà producteurs de fonte à bois, ils découvrent en 1820 la fonte au coke à l’occasion d’un voyage en Angleterre ou ils visitent les forges.. C’est dans l’Aveyron, qu’ils mèneront avec succès un grand projet industriel, les mines d’Aubin.
Les mines de Fin Les Riant détiennent la terre de Fins en sus des mines. La terre de Fins est composée de terres labourables, prés, vignes, bois, moulins, étangs, sur une étendue de . La mine de houille se compose de la concession des mines, de tous les produits d’extraction, et de deux pompes à feu.
Les houillères seront vendues à Narcisse Lafond, ancien gérant de la Banque de France, en 1831.
La production de Fins était commercialisée à Paris par la maison Riant Frères & Cie, 177 rue Saint Antoine.
Les forges de Basse-Indre Les Forges de Basse-Indre, sont créées en 1822 par la société Thomas, Hughes et Cie. Installées sur la Loire un peu en aval de Nantes, elles ont été un des premiers et plus importants exemples en France de forges à l’anglaise, c’est-à-dire d’atelier de puddlage de houille. L’usine est arrêtée en 1829 peu après la crise économique. Elle est rachetée sous la monarchie de Juillet par la société Riant, Langlois & Cie, et n’est remise à feu qu’en 1836, sous la direction de Joseph-Ferdinand Riant qui sera à la tête de la société jusqu’en 1847. À partir de 1845 cependant, il se réoriente vers une autre société à Aubin, dans l’Aveyron, et sera remplacé par Adrien Langlois.
Dans la période 1836-1864, les Forges de Basse-Indre deviennent le centre d'un petit groupe sidérurgique détenant des actifs non seulement à Basse-Indre, mais aussi à Moisdon-la-Rivière, au nord de Nantes (forges), à Duravel (Lot), à Mendive (Basses-Pyrénées, hauts-fourneaux) et qui fonctionne grâce au cabotage entre l'estuaire de la Loire et les ports de Bordeaux et Bayonne. Cette structuration prendra fin en raison de changements techniques (chemin de fer) et politiques (règlementation douanière).
La société Riant, Langlois & Cie devient, en 1843, la Société des Forges de Basse-Indre, qui fusionne en 1902 avec les établissements JJ Carnaud. Sous le nom de Carnaud SA, la société est une filiale de Marine-Wendel, avant d’être apportée à la CGIP, aujourd’hui Wendel, une des sociétés issues du groupe Wendel-Sidélor lors de la restructuration de la sidérurgie dans les années 1980. L'activité industrielle des Forges de Basse-Indre existe encore de nos jours dans le cadre du groupe ArcelorMittal, l'unité de production étant désormais dénommée Arcelor Packaging International.
Les forges de Salles (Côtes d’Armor) En 1841, la forge est affermée à Messieurs Riant et Langlois qui gèrent d’autres hauts fourneaux en France et qui possèdent les forges à l’anglaise de Basse-Indre en aval de Nantes. Cette nouvelle gestion coïncide avec l’ouverture du canal de Nantes à Brest. Riant et Langlois abandonnent les forges et la fonderie. En 1845 la forge neuve devient un moulin à tan destiné à broyer les écorces et fabriquer le tan nécessaire au tannage des peaux. Riant et Langlois fabriquent exclusivement à Salles de la fonte pour approvisionner Basse-Indre. Pour ce faire ils construisent un nouveau haut fourneau et sa halle sur le site de Guénault.
En 1853 Monsieur Garnier leur succède. En 1858 et en 1859 il modernise l’usine en remplaçant le haut fourneau en pierre par un haut fourneau en briques et en construisant la dernière halle à charbon. Les plans du haut fourneau et de la halle sont exécutés par Thomas et Laurens, ingénieurs parisiens issus de l’école Centrale; ils vont réaliser un ensemble moderne et productif. De 1865 à 1877 la famille Carré-Kérisouet prend le relais. La concurrence de la technologie au coke inventée par les Anglais, des accords commerciaux, le manque de rentabilité entraînent la fermeture des forges à bois. Les forges de Salles s’arrêtent ainsi le .
Le Creusot Dans les années 1826 à 1833, le Creusot, alors détenue par la société anglaise Manby & Wilson, aussi propriétaire des forges de Charenton, connait une période d’expansion ambitieuse, avec un important agrandissement, la construction d’une forge à l’anglaise, la reconstruction de quatre hauts fourneaux et le développement d’une cité ouvrière.
Mais la société connait aussi une succession de crises, liées à la fois à des performances qui laissent à désirer (à des problèmes de production s’ajoutent des coûts de revient trop élevés, qui mettent la société en perte), une instabilité managériale, et des événements politiques qui la déstabilisent.
À cette époque, les frères Riant commercialisaient l’intégralité de la production du Creusot. Ils étaient d’ardents défenseurs des qualités des «fers à la houille» du Creusot, diffusant l’opinion selon laquelle les consommateurs «éclairés» ne devaient faire aucune différence entre «fers au bois» et «fers à la houille». C’était aller contre un préjugé prévalent à l’époque, selon lequel les fers de très bonne qualité étaient toujours fabriqués au bois.
Joseph-Ferdinand Riant devient le directeur du Creusot en 1831, succédant au Saint-Simonien Henri Fournel, polytechnicien et ingénieur du corps des mines. L’idée du Conseil d’Administration était de rompre avec une habitude de nommer des techniciens comme dirigeants de la société, qui plus est ne connaissant pas la sidérurgie.