Pluvialis est un genre d'oiseaux Charadriiformes de la famille des Charadriidae. Il compte quatre espèces de pluviers.

De taille moyenne, ces espèces ont en commun d'arborer un plumage très variable selon la saison : le plumage hivernal est terne et discret, tandis que le plumage nuptial est très contrasté, avec le dessous du corps noir et une bande blanche allant du sourcil à la poitrine ou aux flancs.

Le Pluvier argenté (Pluvialis squatarola), qui hiverne dans le monde entier, est aussi le plus facile à reconnaître grâce à sa grande taille et son plumage en nuances de gris. Le Pluvier doré (Pluvialis apricaria), plus petit et trapu, a une aire de répartition limitée principalement à l'Europe. Les deux espèces présentes en Amérique, le Pluvier bronzé (Pluvialis dominica) et le Pluvier fauve (Pluvialis fulva), peuvent être très difficiles à distinguer et ont longtemps été considérées comme une seule et même espèce. Le Pluvier fauve est néanmoins le plus petit et le plus fin du genre et passe l'hiver en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique, tandis que le Pluvier bronzé migre vers l'Amérique du Sud et quelquefois l'Europe.

Ces espèces sont généralement de grandes migratrices, à l'exception de certaines populations de Pluviers dorés. Grégaires pendant l'hiver, elles sont en revanche territoriales en période de reproduction. Elles nichent principalement en Arctique, dans la toundra, et forment leurs nids à même le sol, dans des cuvettes garnies de végétaux.

Taxonomie et systématique Publication originale .

Classification actuelle Le genre Pluvialis fait partie de l'ordre des Charadriiformes et de la famille des Charadriidae, une famille variée qui comprend 11 genres et 69 espèces.. Les quatre espèces du genre Pluvialis ont probablement évolué depuis un ancêtre commun et certains chercheurs soutiennent la classification du genre en une sous-famille propre au sein des Charadriidae.

Selon , le genre Pluvialis est représenté par quatre espèces (ordre phylogénique) :

Pluvialis squatarola (Linnaeus, 1758) — Pluvier argenté ; Pluvialis apricaria (Linnaeus, 1758) — Pluvier doré ; Pluvialis fulva (Gmelin, JF, 1789) — Pluvier fauve ; Pluvialis dominica (Müller, PLS, 1776) — Pluvier bronzé.

Anciennes classifications Le Pluvier fauve et le Pluvier bronzé étaient auparavant considérés comme une seule espèce, car ils ont un plumage très similaire et se reproduisent dans la même zone. Néanmoins, dans un article paru en 1983, Peter G. Connors a distingué ces deux espèces en montrant qu'elles ne s'hybrident pas. Le Pluvier fauve et le Pluvier bronzé sont aujourd'hui considérés comme deux espèces distinctes.. On estime que la divergence entre les deux espèces a eu lieu il y a environ , causée par les épisodes de glaciation du Pléistocène..

En 1922, l'ornithologue Percy Roycroft Lowe proposait de séparer le Pluvier argenté en un genre à part, Squatarola, en s'appuyant sur les caractéristiques de son crâne et les couleurs de son plumage. Il considérait cette espèce comme plus primitive et antérieure aux autres, formant la famille des avec des espèces présentant des caractéristiques similaires, comme le Pluvier à collier interrompu (Anarhynchus alexandrinus). Cette hypothèse des n'a jamais été formalisée.

Le Pluvier roux (Anarhynchus obscurus) était auparavant classé dans le genre Pluvialis, sous le nom Pluvialis obscura. Walter Joseph Bock, dans son ouvrage consacré aux Pluviers paru en 1958, le décrit comme ayant .

Taxonomie et étymologie Le genre Pluvialis est décrit par le zoologue Mathurin Jacques Brisson en 1760. Il classe les espèces du genre Pluvialis parmi les Oiseaux et les différencie des Outardes et des Huîtriers car ils ont . Il inclut dans Pluvialis des espèces aujourd'hui classées dans d'autres genres, comme les Guignards d'Eurasie (Eudromias morinellus).

L'étymologie du nom Pluvialis fait référence à la pluie.. Ce sens existe aussi dans d'autres langues : Carl von Linné écrit des , l'ancien nom suédois du Pluvier doré, qu'Citation originale : ., de même avec le français : ..

En anglais, les Pluviers doré, bronzé et fauve sont parfois rassemblés sous l'appellation , qui les différencie du Pluvier argenté, . L'expression , , est utilisée pour les quatre espèces, en référence à leur zone de reproduction et pour les différencier des autres espèces appelées Pluvier..

Le nom vernaculaire de « Pluvier » concerne également une trentaine d'espèces de la sous-famille des Charadriinae.

Description Les espèces du genre Pluvialis sont des Oiseaux limicoles de taille moyenne, d'allure plutôt massive et courte sur pattes, avec un bec court. Le dessous du plumage noir en période de reproduction, la silhouette corpulente et les ailes fines et pointues différencient le genre Pluvialis des genres Charadrius et Vanellus.

Comme tous les limicoles, ces espèces ont deux périodes de mue : l'une avant la reproduction, qui fait apparaître le plumage nuptial, et l'autre après, qui laisse place au plumage hivernal. Les quatre espèces du genre ont en commun un plumage nuptial très contrasté, avec le dessous noir, le dessus moucheté de gris, blanc, noir et/ou doré, et une bande blanche séparant les deux. Le plumage hivernal est plus terne, avec le dessous pâle.

Identification des espèces Le Pluvier argenté est le plus facilement reconnaissable : c'est l'espèce la plus grande et la plus lourde . Son plumage est tout en nuances de gris, avec une tache noire caractéristique sous l'aile.

Les trois autres espèces sont beaucoup plus difficiles à distinguer. Le Pluvier doré est le plus arrondi, avec les pattes les plus courtes, et a le ventre et le dessous des ailes blanc immaculé en plumage hivernal. Le dessous de sa queue reste blanc même en plumage nuptial, et certains individus nichant assez au sud présentent du blanc sur la face et les côtés du cou. En plumage hivernal, son sourcil chamois est peu visible et sa poitrine est gris-brun moucheté de jaune et striée de sombre.

Le Pluvier bronzé et le Pluvier fauve ont une morphologie plus fine et élancée, avec les pattes plus longues et le corps qui s'amincit vers l'arrière. En plumage nuptial, ils ont la face et le dessous bien plus noir que le Pluvier doré. La bande blanche le long du flanc est plus fine, voire absente, et le dessous de la queue est complètement noir chez le Pluvier bronzé, mais mêlé de blanc chez le Pluvier fauve. En plumage hivernal, le sourcil est bien plus visible que chez le Pluvier doré : il est jaunâtre chez le Pluvier fauve et blanc éclatant chez le Pluvier bronzé. La poitrine du Pluvier fauve est chamois tachetée de jaune, celle du Pluvier bronzé est plutôt grise et tachetée de blanc.

+ Principaux caractères distinctifs entre le Pluvier bronzé, le Pluvier doré et le Pluvier fauve Pluvier doré (Pluvialis apricaria) Pluvier bronzé (Pluvialis dominica) Pluvier fauve (Pluvialis fulva) Dessous de l'aile Blanc Gris Gris Longueur de l'aile par rapport à la queue Ailes légèrement plus longues ou égales Ailes plus longues Ailes plus longues Taille et morphologie Large et corpulent, avec un bec court Assez corpulent Petit et fin Longueur des pattes Assez courtes Assez longues Assez longues Plumage nuptial Ligne blanche épaisse et irrégulière le long des flancs, taches blanches absentes ou petites sur les côtés de la poitrine, dessous de la queue blanc Ligne blanche absente le long des flancs, taches blanches grandes et très visibles sur les côtés de la poitrine, dessous de la queue noir Ligne blanche fine et peu visible le long des flancs, taches blanches assez petites sur les côtés de la poitrine, dessous de la queue noir et blanc Plumage hivernal Sourcil chamois indistinct, dessus brun pâle moucheté de jaune, poitrine gris-brun striée et mouchetée de jaune Sourcil blanc éclatant, dessus gris-brun moucheté de blanc et de jaune pâle, poitrine grise mouchetée de blanc Sourcil chamois-jaune distinct, dessus brun moucheté de jaune vif, poitrine chamois mouchetée de jaune

Mue partielle alt=Photographie d'un Pluvier fauve marchant dans l'herbe. Le dessous de son corps, de la face au ventre, est moucheté de plumes noires et de plumes beiges ou blanches.|vignette|Pluvier fauve en période de mue. Chez les Pluviers fauve, bronzé et doré, une mue partielle a lieu dès la période d'incubation, plusieurs semaines avant l'éclosion des œufs. La poitrine noire se couvre alors de plumes jaunes, qui ressemblent aux plumes hivernales chez les Pluviers fauve et bronzé, mais sont plus spécifiquement striées de noir chez le Pluvier doré. L'atout principal des oiseaux durant la couvaison n'est plus d'avoir un plumage contrasté, mais au contraire de se camoufler, ce qui pourrait expliquer cette mue partielle. Elle n'a pas lieu chez le Pluvier argenté, qui garde son plumage nuptial contrasté jusqu'après l'éclosion. Cette espèce présente un comportement de protection du nid bien plus agressif que les autres espèces, ce qui peut être corrélé à son absence de plumage permettant de se camoufler. Son plumage contrasté et les taches noires sous ses ailes pourraient lui permettre de mieux dissuader les prédateurs.

Répartition et habitat alt=Photographie avec au premier plan un Pluvier doré vu de dos, en plumage nuptial, debout sur un promontoire rocheux avec un peu de végétation. À l'arrière-plan, une montagne.|vignette|Pendant la période de reproduction, les Pluviers du genre Pluvialis vivent principalement dans la toundra (ici un Pluvier doré photographié en Islande). Le genre Pluvialis est présent sur tous les continents excepté l'Antarctique. Tous migrateurs, ces Pluviers nichent principalement en Arctique. Le Pluvier argenté est le seul qui soit vraiment cosmopolite, puisqu'il est présent sur les côtes du monde entier, alors que les autres espèces ont une aire de répartition plus restreinte. Le Pluvier bronzé et le Pluvier fauve se reproduisent dans la même région, de la Sibérie au Canada, puis se séparent pour hiverner : le Pluvier bronzé migre en Amérique du Sud, dans la pampa, et quelques individus migrent aussi régulièrement en Europe, tandis que le Pluvier fauve migre dans les îles du Pacifique et en Asie du Sud-Est. Le Pluvier doré est principalement européen, avec quelques individus hivernant en Afrique de l'Ouest. C'est l'espèce qui niche le plus au sud et qui effectue la migration la plus courte.

En période de reproduction, les espèces du genre Pluvialis vivent principalement dans la toundra plus ou moins sèche . Ils migrent en groupe, d'un vol rapide avec des battements d'ailes réguliers. Leurs aires d'hivernage sont plus variées : prairies humides et agricoles, marais, vasières, côtes et lagons, estuaires, zones humides à l'intérieur des terres. L'habitat hivernal varie selon les espèces : le Pluvier fauve et le Pluvier argenté préférent les côtes, ce dernier se rapprochant plus du comportement habituel des Oiseaux limicoles, alors que le Pluvier bronzé et le Pluvier doré vivent plus souvent dans les terres. Le Pluvier doré, comme le Guignard d'Eurasie (Eudromias morinellus), préfère les zones humides.

Écologie et comportement En dehors de la période de reproduction, les Pluviers du genre Pluvialis sont plutôt grégaires. Pendant les migrations, ils forment des groupes qui rassemblent des adultes et des juvéniles, voire d'autres espèces, notamment les Vanneaux huppés (Vanellus vanellus).

Alimentation alt=Photographie d'un Pluvier bronzé dans de l'herbe, penché vers l'avant et scrutant le sol.|vignette|En chasse, les espèces du genre Pluvialis (ici un Pluvier bronzé) font de petites courses rapides, s'arrêtent pour scruter le sol et extirper une proie, puis reprennent leur course.