Le Comité d'action socialiste (CAS) est un mouvement de Résistance français, créé en par Daniel Mayer et Suzanne Buisson, sur les consignes de Léon Blum, pour reconstituer la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) et organiser une résistance socialiste.
Il disparaît en lorsque se crée la SFIO clandestine.
La création du CAS (1940-1941) Résister Tout au long de l'été 1940 suivant l'effondrement français, et jusqu'à son arrestation le , Léon Blum s'est entretenu avec les dirigeants de la SFIO et les a exhortés à la résistance. Blum insista pour que l'action politique reprenne en Francein J.P. Azéma, de Munich à la Libération, Le Seuil, 1979, . À Daniel Mayer et à son épouse Cletta qui lui faisaient part de leur intention de partir pour Londres, il dit :
Les premiers signes de la résistance socialiste Pendant l'automne 1940, des premiers signes épars de résistance, plutôt des réactions individuelles, se font jour. Des groupes se forment à l'automne.
En zone occupée Ainsi un militant, Jean Texcier, rédige et fait circuler ses "Conseils à l'occupé" dès . D'abord journal clandestin, dès , Libération-Nord se structure peu-à peu en mouvement de résistance, se voulant l'expression des mouvances syndicales CGT non communiste, CFTC et de la SFIO clandestine, autour de Christian Pineau et de l'équipe du Manifeste des douze. Sans être seuls, les socialistes sont hégémoniques dans ce mouvement.
Déchu de ses fonctions par le régime de Vichy, Jean-Baptiste Lebas, député-maire SFIO de Roubaix, appelle dès à la résistance, dans une brochure intitulée "Le socialisme continue !". À la fin de l'été, il fonde l'un des tout premiers réseaux de Résistance en zone occupée, « L'homme libre », avec un journal du même nom. socialistes suivent d'emblée le maire de Roubaix. Pour « L'Homme libre », « il n'est pas question de reconstitution du parti socialiste, puisque le parti socialiste n'est pas dissous » ().
En , « L'Homme libre » étend sa diffusion à Lille et à Douai. Toujours en , Jean-Baptiste Lebas fonde un Comité d'action socialiste (CAS) pour regrouper les socialistes résistants. Ce comité s'intègre au CAS de la zone occupée, qui fusionne ensuite avec le CAS, de toute la zone Nord, plus large, fondé en .
En zone libre vignette|gauche|redresse|Plaque en mémoire de Suzanne Buisson, cofondatrice du Comité d'action socialiste, morte en déportation. Le CAS Sud est créé le à Nîmes par Daniel Mayer, sa femme Cletta, Félix Gouin, Édouard Froment, Lucien Hussel, Pierre Lambert, Suzanne Buisson et deux autres militants SFIO, sans fonction élective ou administrative.
Structuration du CAS (1941-1942) Le CAS se structure progressivement au cours des années 1941 et 1942, et regroupe un nombre croissant de militants. Mais, à la différence du Parti communiste, le CAS ne lie pas la constitution de réseaux de Résistance et la reconstitution du parti. Aussi, sauf à Libération-Nord, où les socialistes sont hégémoniques, le CAS ne dispose-t-il pas de véritables relais, bien que les militants socialistes soient majoritaires à Libération-Sud, nombreux à Combat, à Ceux de la Résistance, dans le réseau Brutus ainsi qu'à l'Organisation civile et militaire (OCM, notamment avec Guy Mollet, dirigeant de l'OCM dans le Pas-de-Calais).
Le , le journal du CAS devient Le Populaire clandestin.
Création de la SFIO clandestine (1943) En , le CAS devient la SFIO clandestine. Le Populaire écrit alors :
Peu après, lors d'une réunion secrète tenue à Paris les 17 et de cette année, le CAS de la zone Nord s'intègre à la SFIO clandestine.
Au début de 1944, la SFIO clandestine compte environ , chiffre inférieur au nombre total de militants socialistes effectivement engagés dans la Résistance, à cause des difficultés de l'action clandestine.
Quelques résistants du Comité d'action socialiste
Notes et références
Annexes Bibliographie Pierre Guidoni et Robert Verdier (dir.), Les Socialistes en Résistance. 1940-1944. Actes du colloque, éd. Séli Arslan, 1999 Daniel Mayer, Les Socialistes dans la Résistance, PUF, 1986 Martine Pradoux, Daniel Mayer, un socialiste dans la Résistance, éd. de l'Atelier, 2002 Marc Sadoun, Les Socialistes sous l'Occupation, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1982 (ouvrage issu d'une thèse de doctorat d'État dirigée par Maurice Duverger)
Catégorie:Section française de l'Internationale ouvrière Catégorie:Réseau ou mouvement de la Résistance française Catégorie:Parti politique fondé en 1941 Catégorie:Parti politique disparu en 1943