Le réacteur NUWARD, abréviation de « », est un petit réacteur nucléaire modulaire (dit PRM ou SMR en anglais pour « ») en cours de développement depuis 2019. C'est un réacteur à eau pressurisée (REP) de génération III+ capable de produire de l'électricité et de la chaleur (en mode cogénération) : jusqu'à en mode 100 % électrogène et jusqu'à en mode cogénération (25 %).
Il est co-développé par NUWARD, filiale d'EDF, et ses partenaires stratégiques : EDF, Framatome, Edvance et Tractebel.
Histoire du projet Le projet est officiellement annoncé le à la conférence générale annuelle de l’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à Vienne.. Il est initialement co-développé par un consortium composé d'EDF, de Framatome (et de leur EPCC commune Edvance), de TechnicAtome, de Naval Group et du CEA. Des discussions ont également eu lieu avec .. Ce petit réacteur vise à remplacer les centrales électriques brûlant des combustibles fossiles dans le cadre de la transition énergétique et de la réduction des émissions de ..
EDF présente le premier design du réacteur le ...
En , Tractebel (bureau d'ingénierie du groupe Engie) annonce rejoindre le consortium afin notamment de participer aux travaux d'ingénierie de l'îlot conventionnel..
La création de la société NUWARD, filiale à 100 % d'EDF, est annoncée en mars 2023..
A l'été 2024, NUWARD annonce faire évoluer sa stratégie de Small Modular Reactor de génération III+ vers une solution éprouvée, utilisant exclusivement des technologies utilisées sur le parc nucléaire pour répondre plus rapidement et pleinement aux attentes du marché et des industriels en France, en Europe et au-delà. À la suite de ce changement de design reposant sur l'expertise du Groupe EDF et comprenant peu d'innovations, TechnicAtome et Naval Group quittent le développement de NUWARD SMR..
En 2025, Julien Garrel succède au directeur de projet Renaud Crassous et prend la direction de NUWARD en tant que Président Exécutif..
Financement et coût évoqué Le projet NUWARD est financé en grande partie sur fonds propres et est financièrement soutenu par l'État français à hauteur de d'euros dans le cadre du plan de relance économique de 2020-2022.. Le plan prévoit un financement de d'euros. Les coûts de développement évoqués en 2024 à l'horizon 2035-2040 avoisine le milliard d'euros..
Première version ( - )
Caractéristiques techniques Le SMR NUWARD était destiné à la production d'électricité et composé de deux réacteurs identiques de pour une puissance totale de . La technologie retenue est de la filière des réacteurs à eau pressurisée (REP), maitrisée par EDF car similaire à celle du parc de réacteur nucléaire français..
L'approche initiale d'EDF est centrée sur le développement d'un réacteur compact, développé en partenariat avec TechnicAtome et Naval Group. La conception de sa « chaudière intégrée » est innovante : le cœur du réacteur inclut le pressuriseur et les générateurs de vapeur à plaques à l'intérieur même de la cuve du réacteur. Cette structure permet d'occuper proportionnellement beaucoup moins de place que dans un grand réacteur..
Le réacteur prendrait place dans un cube d’eau de de côté et serait semi-enterré pour le protéger des agressions extérieures. La cuve ne ferait ainsi que de diamètre et de hauteur, à l’intérieur d’une enceinte métallique de de diamètre et de hauteur., elle-même logée dans une piscine..
L'aspect modulaire du NUWARD doit permettre sa fabrication en série en usine, ainsi qu'un assemblage sur site plus aisé par l'assemblage de modules pré-fabriqués. Des innovations importantes sont apportées en matière de sûreté passive (ne nécessitant ni source électrique, ni intervention humaine) et de simplification d'exploitation....
Il utiliserait le même combustible nucléaire à base d'uranium faiblement enrichi à 3-5 % que les réacteurs de grande puissance français.
Évaluation de sûreté EDF et ses partenaires ont soumis un premier dossier d'option de sûreté (DOS) à l'Autorité de sûreté nucléaire et vise une mise en production en 2035. La construction du premier réacteur est prévue pour démarrer en 2030... EDF annonce le le lancement de l'initiative de la Joint Early Review visant en une pré-évaluation conjointe de NUWARD SMR, menée par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) française avec la participation des autorités de sûreté nucléaire tchèque (SUJB) et finlandaise (STUK)...
EDF dépose le le dossier d'option de sûreté (DOS) de NUWARD auprès de l'ASN.. Cela ouvre la phase dite de , préparant la demande d'autorisation de création (DAC) prévue pour 2025. D'ici là, l'objectif est d'élaborer le pour un début de commercialisation en 2025..
Deuxième version (depuis ) Le , le Groupe EDF . EDF justifie ce choix par les échanges anticipés menés avec les clients potentiels, les experts impliqués (International NUWARD Advisory Board) et les 6 autorités de sûreté impliquées dans le développement de NUWARD (ASNR, STUK, PAA, ANVS, FANC,SUJB)..
D'une part, les exploitants sont demandeurs de projets peu risqués sur le plan technologique, c'est-à-dire ne faisant pas appel à des concepts innovants encore non maitrisés. Il leur est préféré des « briques technologiques » éprouvées, à choisir « sur étagères ». Ainsi le concept de générateurs de vapeur à plaque directement intégrés dans la cuve du réacteur pose une difficulté, car il n'existe pas sur le marché et présente de nombreux défis de conception. D'autre part, le besoin est exprimé de pouvoir produire de l'électricité mais aussi de la chaleur. À la suite de ce changement de design reposant sur l'expertise du Groupe EDF et comprenant peu d'innovations, TechnicAtome et Naval Group quittent le développement de NUWARD SMR.
Le nouvel objectif est de finaliser le conceptual design du réacteur d’ici mi-2026 et proposer un produit commercialisable dans les années 2030..
Le projet de SMR NUWARD tourné autour d'un design éprouvé est relancé en après un changement de Président Exécutif (Renaud Crassous est remplacé par Julien Garrel).. Le SMR NUWARD cible deux marchés. :
la production d'électricité : la puissance électrique développée est augmentée à , pour un coût de production estimé entre 80 et . Cette production s'adresse au réseau électrique, aux data centers et industriels électro-intensifs. la cogénération de chaleur : jusqu’à d'une chaleur allant de à , adaptée aux besoins des industriels et des réseaux urbains de chaleur, et pour un coût de production estimé entre 30 et .
Lors de la World Nuclear Exhibition (WNE) de , la filiale NUWARD a signé de nombreux accords exploratoires avec Technip Energies, REEL, Bouygues et l'industriel italien Maire.
NUWARD continue de travailler avec trois filiales d'EDF : Framatome, qui fabriquera les chaudières à la place de TechnicAtome, et le spécialiste des turbines Arabelle et Edvance. NUWARD travaille également en étroite collaboration avec Tractebel, filiale d'ingénierie d'Engie, et Ansaldo, fabricant italien de centrales électriques. NUWARD espère boucler également mi-2026 la structuration financière auprès des industriels, des clients potentiels et des fonds d'investissementAmélie Laurin, EDF s'associe à de nouveaux partenaires pour son projet de mini-réacteur nucléaire, Les Échos, 7 novembre 2025..
Planning de développement L'objectif est de réaliser le pré-conceptuel design en 2024, puis le conceptual design de 2025 à 2026, suivi du basic design de 2026 à 2029 et enfin le detailled design à partir de 2030. Les premières constructions démarreraient à partir de 2030. Le délai de construction des séries SMR (hors « tête de série » (ou First-Of-A-Kind)) est indiqué à 48 mois.
Caractéristiques techniques Les caractéristiques de cette nouvelle version du SMR NUWARD s'appuient au maximum sur des technologies éprouvées et facilement constructibles dans les usines de Framatome. Ainsi, le SMR NUWARD adopte une architecture de sûreté active (et non plus passive comme initialement envisagé), et reposant sur les technologies déjà mises en œuvre sur le parc nucléaire français historique et les futurs EPR2. Le réacteur sera protégé dans une enceinte de confinement en béton précontraint. Le cœur du réacteur sera fait d’une cuve de taille adaptée, d’un pressuriseur et d'un circuit primaire à deux boucles (à la différence des réacteurs français de , qui en possèdent trois, voire quatre pour les réacteurs de , de et l'EPR). Chacune des boucles primaires est reliée à un générateur de vapeur et actionnée par une pompe primaire.
La source froide du réacteur sera soit en circuit ouvert (refroidie uniquement par une source d'eau froide), soit semi-fermée avec utilisation d'une tour aéroréfrigérante, selon les contraintes spécifiques du site.
Réacteurs NUWARD en projet
France L'objectif de NUWARD est de commencer à construire son premier réacteur NUWARD SMR en Europe (sur un site non encore défini), à l'horizon 2030, pour une mise en service aux alentours de 2035..
Italie
En , EDF, Edison, Ansaldo Energia et Ansaldo Nucleare annoncent avoir signé une lettre d’intention en soutien au développement de nouveaux projets nucléaires en Italie..
Dans l'objectif de décarboner sa production d'électricité, la compagnie italienne d'électricité Edison annonce en envisager la construction de deux SMR Nuward en Italie d'ici à 2030/2040, si les conditions techniques et économiques sont réunies..
Small Modular Reactors concurrents
Plusieurs autres PRM sont en cours de développement et apparaissent comme des concurrents proches du réacteur Nuward : technologies similaires (réacteur à eau pressurisée (REP) ou réacteur à eau bouillante (REB)), puissances similaires (300 à ), stades de développement proches et horizon de construction aux alentours de 2030. On peut notamment citer.. : le SMR de Rolls-Royce (REP de ) ; l'AP300 de Westinghouse (REP de ) ; le BWRX-300 de GE-Hitachi (REB de ) ; le SMR-300 de Holtec International (REP de ) ; les VOYGR-4 et VOYGR-6 de NuScale (groupement de quatre ou six REP de chacun, soit un total de ou ).
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Énergie nucléaire Histoire de l'énergie nucléaire Petit réacteur modulaire Réacteur à eau pressurisée Liens externes
Catégorie:Réacteur nucléaire français