L'artillerie lourde à tracteurs (ALT) est une des branches de l'artillerie française, existant pendant la Première Guerre mondiale, l'entre-deux-guerres et la Seconde Guerre mondiale. Formellement créée en , elle regroupe les pièces lourdes tractées par des tracteurs automobiles. Elle disparaît à la suite de la défaite française de 1940.

Formation de l'artillerie lourde à tracteurs vignette|Canon de 120 L du tracté par un Châtillon-Panhard en 1913. L'idée de déplacer l'artillerie grâce à des automobile remonte aux origines de ce moyen de transport, le fardier de Cugnot devant répondre à ce problème. À partir de 1913, le tracteur Châtillon-Panhard K11 à (quatre roues motrices) est mis en service au d'artillerie lourde pour la traction des canons de 120 modèle 1878 de Bange. À partir d', le du (I/), doté de ces tracteurs, donne pleine satisfaction lors des opérations initiales de la guerre, notamment pendant la course à la mer. Deux nouveaux groupes, équipés l'un de Panhard K13 et l'autre de Latil TH, sont créés respectivement en novembre et en .

De mars à , seize nouveaux groupes d'artillerie lourde à tracteurs sont créés, rattachés au mais également au ainsi qu'un groupe au d'artillerie à pied. Les canons sont des 120 de Bange mais également des 155 longs modèle 1877 de Bange, des mortiers de 220 modèle 1880-1891 de Bange, des 155 courts modèle 1881-1912 de Bange et des canons de 100 TR modèle 1897 (sur affûts de Bange). Les tracteurs sont maintenant des Jeffery Quad, des Renault EG et des Latil TAR. Ces deux derniers matériels deviendront le tracteur standard de l'ALT.

Le , les groupes à tracteurs sont regroupés dans huit régiments d'artillerie lourde à tracteurs (, , , , , , et ), dont certains possèdent des insignes peints sur leur véhicules. Les groupes I à VI sont équipés de canons courts et de mortiers, les canons longs étant affectés aux groupes VII à XII.

Nouveaux matériels et réorganisation En 1916, entrent en service dans l'ALT les mortiers de modèle 1885, les canons de modèle 1891 et modèle 1910, les canons de modèle 1910Le 145 modèle 1910 est un canon naval de modèle 1910 réalésé., les canons de long modèle 1877-1914, les mortiers de TR modèle 1914. En 1917, ces modèles sont rejoints par le mortier de modèle 1880 ACS, le canon de TR modèle 1897Le 105 TR est un 100 TR modèle 1897 réalésé., le mortier de  TR modèle 1916, le canon de long modèle 1916, le canon de et l'.

Deux nouveaux RALT ( et ) sont formés en et . À la mi-1917, les RALT comptent douze, voire treize groupes, et il est décidé de les dédoubler. Les groupes de canons longs restent affectés au à mais dix nouveaux RALT regroupant les canons courts sont créés : , , , , , , , , , (ces deux derniers régiments ne sont créés qu'en novembre-).

En , l'artillerie lourde à tracteurs devient la de la réserve générale d'artillerie.

En 1918, les canons les plus modernes de l'ALT, les 155 GPF ont leurs tubes trop usés et sont retirés du front pour repartir à l'usine. La production neuve est destinée aux Américains. L'ALT remet donc en service les 120 et 155 de Bange et reçoit des canons de 155 L modèle 1917 prévus pour la traction hippomobile.

Entre-deux-guerres vignette|Canon de 155 L modèle 1916C'est-à-dire un canon de L modèle 1916 réalésé. et Latil TAR du ou du le sur l'hippodrome de Vincennes. Dès 1919, les régiments 281 à 290 sont dissous par regroupement avec les RALT de la série 81 à 90.

Lors de la réorganisation des corps d'artillerie français décidée en 1923, les RALT prennent un numéro dans la série 181 à 199. Sont alors actifs le , le , le , le , le , le , le , le et le . Les régiments de 181 à 189 doivent être équipés de canons longs et ceux de 190 à 199 de canons courts mais cette classification n'est pas respectée jusqu'au début de la Seconde Guerre mondiale, en .

Seconde Guerre mondiale gauche|vignette|Représentation d'un Latil TAR H2 du en mai 1940. En 1939, l'ALT ne regroupe plus tous les matériels à tracteurs mais, rattachée à la réserve générale, regroupe les canons tractés à faible vitesse. Les canons sont alors des 155 GPF (, , , et ), des 145/155 L modèle 1916 (au et ) et des 220 C modèle 1916 (au , , , , , , ). Les tracteurs sont toujours en majorité des Latil TAR (plus de ) et des Renault EG (plus de 600), renforcés par 454 Latil TAR H2, 66 Laffly S35T et 101 SOMUA MCL (de dépannage).

Les tracteurs de l'artillerie lourde se révèlent trop lent pour la guerre rapide de la bataille de France.

Notes

Références

Bibliographie

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Articles connexes

Artillerie française pendant la Première Guerre mondiale Artillerie portée Artillerie lourde à grande puissance Débuts de la mécanisation automobile des armées françaises

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