Mamadi Doumbouya ( ; en n'ko : ߡߊ߬ߡߊߘߌ߫ ߘߎ߲ߓߎߦߊ߫), né le à Bananköröda dans la ville de Kankan, est un militaire et homme d'État guinéen qui prend le pouvoir par la force en 2021 et se maintient à la tête de la junte militaire en installant un climat de propagande, de violence politique et d'intimidation visant à faire taire les voix critiques du régime.
Nommé commandant du Groupement des forces spéciales de l’armée guinéenne en 2018, il obtient le grade de colonel en 2020. Il conduit en 2021 un coup d'État contre le président Alpha Condé et devient président du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) et président de la Transition.
Situation personnelle
Origines et formation Mamadi Doumbouya naît le , fils de Karifala Doumbouya et de Hadja Mandioula Sylla. Il est originaire de la région de Kankan., deuxième plus grande ville de Guinée, dans l'est du pays, où il fait ses études primaires à l'école Dramé Oumar.
Légionnaire de l'armée française affecté à Nîmes, il termine son contrat en 2009 au grade de caporal. Il revient en 2012 pour servir dans l'armée guinéenne.
Stagiaire guinéen de l'École de guerre en France, il est titulaire d'un brevet français d'études supérieures militaires.. et d’un master de défense de l’université Paris-Panthéon-Assas. Il est titulaire d'un diplôme de Saumur dans le cadre de la coopération entre la France et les États africains partenaires pour la formation de gradés.
Il suit des formations militaires au Sénégal, au Gabon et en Israël et participe à des missions et opérations à l'École de guerre en France, en Afghanistan, en Côte d'Ivoire, à Djibouti, en République centrafricaine, en Israël, à Chypre et au Royaume-Uni..
Carrière militaire Il commande à partir de 2018 le Groupement des forces spéciales (GFS ou GPS), une unité d'élite de l'armée guinéenne spécialisée dans l'antiterrorisme... Il défile en tête de cette unité lors de la fête nationale des de l'indépendance de Guinée..
En , il est l'un des participants à une formation militaire Flintlock pour l'élite militaire africaine.. Comme Assimi Goïta pour le Mali, le lieutenant-colonel Doumbouya représente son pays à Ouagadougou lors d'exercices militaires organisés par l'armée américaine...
Il devient lieutenant-colonel en 2019 et colonel en 2020..
Au cours de l'année 2021, il tente de rendre le Groupement des forces spéciales moins dépendant du ministère de la Défense nationale, ce qui suscite la méfiance du pouvoir guinéen. En , des rumeurs font même état de son arrestation.
Le , Mamadi Doumbouya est élevé au grade de général de corps d'armée des forces armées de la Guinée. et quitte la tête des groupements des forces spéciales après six ans de commandement pour être remplacé par le colonel Mouctar Kaba.. En , il devient général d'armée..
Prise de pouvoir à la tête de la Junte vignette|Mamadi Doumbouya lors des fête de l'indépendance 2021
Coup d'État de 2021
Le , il annonce l'arrestation du président de la République Alpha Condé, la destitution du gouvernement, la suspension de la Constitution, l’instauration d’un couvre-feu ainsi que la fermeture des frontières terrestres et aériennes.. Invoquant , il proclame la mise en place d'un Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) et invite les militaires à rester dans les casernes. Il déclare alors :
Le , douze jours après le coup d’État, la junte le désigne comme ..
Premières mesures à la tête de la Junte Le est publiée la charte de la transition qui fait de Doumbouya le président de la Transition, et prévoit la désignation d'un Conseil national de la transition et d'un Premier ministre civil. Par ailleurs, Doumbouya et les autres membres de la junte sont inéligibles pour les prochaines élections... Il prête serment le au palais Mohammed V devant la Cour suprême, qui détient les prérogatives de la Cour constitutionnelle dissoute...
Le , il nomme Mohamed Béavogui Premier ministre.. Dès le , il reçoit le soutien de Julius Maada Bio, président de la république de Sierra Leone, qui a effectué le déplacement en Guinée devenant le premier président à rendre visite depuis le coup d'État du .., qui a permis la réouverture de frontières guinéennes avec les pays limitrophes..
Le , Mamadi Doumbouya met en place le Bureau de suivi des priorités présidentielles (BSPP).. L'organe veille à l'exécution des programmes prioritaires du président de la transition..
Courant 2022, bien qu'il ne quitte pas l'armée, il délaisse l'uniforme militaire..
Sur le plan économique, il prend en une mesure phare concernant le secteur minier : il ordonne aux compagnies minières exploitant la bauxite (dont la Guinée possède les plus grande réserves mondiales) de construire des raffineries d'alumine sur le sol guinéen, afin que la transformation du minerai soit effectuée localement..... Doumbouya donne aux entreprises jusqu'à fin pour présenter un plan de réalisation des raffineries, sous peine de sanctions en cas de non-respect des délais. Il déclare .
Le , il nomme Bernard Goumou Premier ministre en remplacement de Mohamed Béavogui..
Le , il nomme Bah Oury Premier ministre en remplacement de Bernard Goumou..
Prolongation de la transition et sanctions internationales Si Mamadi Doumbouya avait initialement assuré vouloir une transition courte, la durée de la transition militaire a fait l'objet de vives négociations avec les instances régionales. En , la junte annonce vouloir rester au pouvoir 39 mois (soit trois ans et trois mois) avant de rendre le pouvoir aux civils.. Le délai de la transition est finalement écourté à trois ans.. Cette perspective (reportant les élections à 2025) est critiquée par la CEDEAO. Le , en marge de l'assemblée générale de l'ONU, les dirigeants ouest africains décident d'imposer des sanctions progressives contre la junte guinéenne, lui reprochant de ne pas respecter un délai raisonnable pour la transition. vignette|242x242px|Mamadi Doumbouya lors des fête de l'indépendance 2021 sur l'axe. La CEDEAO prépare alors une liste de personnalités du régime guinéen visées par des interdictions de voyager et un gel de leurs avoirs financiers. Sous la pression du président de la CEDEAO, Umaro Sissoco Embaló, qui menaçait de , Mamadi Doumbouya finit par accepter le principe d'une transition ramenée à 24 mois à compter de . Un accord est conclu en entre la Guinée et la CEDEAO, fixant la date butoir de la transition à et définissant un chronogramme de 10 étapes à accomplir d'ici la. La Guinée est ainsi temporairement épargnée par de plus sévères sanctions, même si elles restent suspendues des instances de la CEDEAO et de l'Union africaine.
En , sous la pression de la CEDEAO et d'une partie de la communauté internationale, Mamadi Doumbouya accepte de raccourcir encore sa présence à la tête du pays. Il s'engage à réduire le délai avant la remise du pouvoir aux civils et annonce deux années de transition à compter de , ce qui place l'échéance électorale à ..
Entre la fin de l'année 2023 et 2024, Doumbouya ne respecte pas le calendrier promis. Un comité de suivi de la transition est bien mis en place en par celui-ci, mais il est dominé par des membres du gouvernement et l'opposition doute de son efficacité. La redaction de la nouvelle constitution prend du retard.
Le , il annonce l'organisation d'un référendum constitutionnel « au cours de la nouvelle année », soit avant la fin de 2024Guinée : le chef du régime militaire annonce un référendum constitutionnel en 2024, Le Figaro, janvier 2024.. Cette annonce n'est pas compatible avec l'accord signé avec la CEDEAO et ravive les critiques de l'opposition guinéenne. Une coalition réunissant des partis politiques et la société civile, nommée Forces Vives de Guinée (FVG) appelle la junte à quitter le pouvoir d'ici le et à restituer la gouvernance aux civils.
Le , il annonce, via le porte-parole de la présidence, le général Amara Camara, avoir dissous le gouvernement de la transition dirigé par Bernard Goumou sans explication publique claire sur les raisons de cette décision. Dans ce contexte, le CNRD indique le gel des comptes bancaires, le retrait des gardes du corps, la récupération des véhicules de fonction et la saisie des passeports des membres du gouvernement. Il est indiqué que « la gestion des affaires courantes sera assurée par les directeurs de cabinet, les secrétaires généraux et les secrétaires généraux adjoints jusqu’à la mise en place d’un nouveau gouvernement ».
Quelques jours plus tard, le , Mamadi Doumbouya nomme un nouveau Premier ministre civil, Bah Oury, figure de l'opposition modérée, pour diriger un gouvernement remanié. Ce changement surprise est interprété comme une volonté de la part de Doumbouya de resserrer son contrôle sur la transition, voir de se défaire de certains alliés devenus encombrants à l'approche des échéances électorales.
Le , après la disparition de Foniké Menguè et de Billo Bah, les familles déposent une plainte à Paris en France, via les avocat du Front national pour la défense de la constitution (FNDC), à l'encontre de Mamadi DoumbouyaDisparition de Foniké Menguè et Billo Bah : Doumbouya visé par une plainte à Paris, Jeune Afrique, 23 juillet 2024..
En , à l'approche de l'échéance de l'échéance de , le ministre des Affaires étrangères Morissanda Kouyaté annonce officiellement que l'élection présidentielle ne pourra pas se tenir fin 2024 et qu'elle est repoussée à 2025.
Référendum constitutionnel de 2025
Le , il fixe la date du référendum constitutionnel au 21 septembre suivant. Le , la Cour suprême valide les résultats officiels selon lesquels la nouvelle constitution a été approuvée par 89,4 % des votants.
Le même jour, Doumbouya promulgue la nouvelle constitution de la Guinée. Celle-ci apporte des changements institutionnels majeurs comme la durée du mandat présidentiel qui est portée de 5 ans à 7 ans, pouvant être renouvelable deux fois. Elle crée aussi un Sénat dont un tiers des membres seront nommés par le président. Cette nouvelle constitution autorise aussi le président de la transition à être candidat à la future élection présidentielle, revenant ainsi sur l'inéligibilité à laquelle il s'était engagée pour les membres de la junte en prenant le pouvoir.
L'annonce de ces modifications suscite de vives critiques de la part de l'opposition et des observateurs : des accusations de fraude massive lors du referendum sont formulées avec allégations de bulletins préremplis et d'entrave aux votes. Des opposants estiment que les resultas du référendum étaient et que le processus visait avant tout à légitimer la prolongation du régime de Doumbouya.
Malgré ces contestations, le gouvernement de transition fixe la date de l'élection présidentielle au , accompagnées des législatives la même semaine.
Candidature à l'élection présidentielle de 2025 Le , Mamadi Doumbouya dépose sa candidature pour l'élection présidentielle de 2025. Candidat indépendant, il se présente sur la bannière de . Le , la Cour suprême valide sa candidature avec huit autres candidats, sur les 51 autres candidats qui avaient déposé leurs candidatures.
À l'issue de l'élection du , il est proclamé largement vainqueur avec 86,7 % des suffrages. Il est assermenté le ..
Alors que le pays bénéficie d'investissements directs étrangers dans le secteurs minier, ce qui permet une relance de l'économie, les organisations de défense des droits de l'homme dont l'Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) dénoncent des disparitions forcées, des exécutions extrajudiciaires et un manque d'indépendance de la justice. De même, le juge Algassimou Diallo, qui a siégé lors du procès des événements du 28 septembre 2009, a été arrêté sous les ordres du président Doumbouya..
Politique étrangère Le , Mamadi Doumbouya se rend à Bamako pour une visite de travail, reçu à l'aéroport international Modibo-Keïta à son arrivée par le colonel Assimi Goïta pour 24 heures.