L’aéroport de Lorient Bretagne Sud , auparavant dénommé aéroport de Lorient Lann-Bihoué, propriété de l'État, est un aéroport à usage mixte, militaire et civil, situé sur la commune de Ploemeur à à l'ouest de Lorient dans le département du Morbihan.

L'aéroport civil est entièrement géré par la société de gestion d'équipements Edeis Concessions.

Présentation Le terrain d'aviation de Lann-Bihoué est composé d'un aéroport civil, ouvert au trafic national et international commercial, et militaire avec la base d'aéronautique navale de Lann-Bihoué (créée en 1938), la deuxième plus grande base aérienne militaire de France et la plus grande base aéronavale d'Europe.

L'aéroport de Lorient - Lann-Bihoué s'ouvre à la circulation commerciale en 1946 et participe au désenclavement breton à partir du , date de son premier vol régulier vers Paris en Douglas DC-3 de la TAI pour Air Inter.

Cette liaison historique, véritable colonne vertébrale du site a vu défiler les fleurons de l'aviation régionale, des turbopropulseurs de Rousseau Aviation (Nord 262, HS-748) aux jets d'Air Inter, d'Air France, Brit Air ou Hop ! Air France (Caravelle, Mercure 100, Airbus A320, Boeing 737, Fokker 100, CRJ-1000, ERJ 145 ou Embraer 170).

Au-delà de sa connexion avec la capitale, la plateforme a été le théâtre d'une activité diversifiée, accueillant aussi bien des personnalités comme le Général de Gaulle et le Pape Jean-Paul II, que des opérations logistiques insolites comme le lancement de la Renault 5 en 1972.

Malgré une fréquentation record de 253 000 passagers en 1990 et l'ouverture de lignes régulières ou saisonnières vers Lyon, Belle-île en Mer, la Suisse, l’Irlande, Londres ou Porto, l'aéroport a dû faire face à la concurrence du TGV et à la crise sanitaire de 2020, aboutissant au retrait définitif d'Air France en après 60 ans de présence. Seule une ligne régulière vers Toulouse subsiste.

Aujourd'hui géré par le groupe Edeis, l'aéroport cherche à se diversifier en misant sur l'aviation d'affaires, le transport spécialisé pour les marins et le transport des sportifs (football ou Rugby). Edeis veut également miser sur le retour des vols charters comme par le passé.

Activité commerciale et liaisons régulières Depuis la crise sanitaire de 2020, l'offre commerciale de l'aéroport de Lorient - Bretagne Sud s'est considérablement réduite, marquée par le retrait des lignes nationales structurantes :

Paris-Charles-de-Gaulle : Exploitée par Air France, cette liaison a définitivement pris fin le . Lyon-Saint-Exupéry : Également assurée par Air France, la ligne a été suspendue lors du premier confinement de et n'a jamais été rétablie. Toulouse-Blagnac : Depuis le , cette liaison est assurée par APG Airlines, considérée comme la plus petite compagnie aérienne française. Elle s'effectue sur un appareil de faible capacité, le Beechcraft 350i (8 places) et constitue la dernière ligne régulière active.

Aviation d'affaires et vols non commerciaux Parallèlement au trafic régulier, l'aéroport connaît une activité d'aviation générale et d'affaires en progression, dépassant les 5 000 passagers annuels.

Secteurs d'activité et événementiel Ce trafic non régulier est porté par plusieurs piliers de l'économie et de la vie locale :

Industrie et services : Vols liés au BTP, à l'agroalimentaire, à la filière nautique et à la pêche. Sport de haut niveau : Déplacements des clubs de football professionnels (dont les clubs locaux : FC Lorient, US Concarneau) et de rugby (RC Vannes). Événements culturels et touristiques : Flux générés par le Festival Interceltique de Lorient, les Vieilles Charrues, le Grand Prix cycliste de Plouay ou encore les courses à la voile.

Le projet Lorizon Aircraft Fin 2022, la société lorientaise Lorizon Aircraft s'installe sur la plateforme avec deux Embraer ERJ 135 (37 places). Le modèle économique reposait sur l'ouverture au grand public de vols initialement affrétés par des entreprises (notamment pour la relève des marins de la Scapêche vers Inverness) afin d'en optimiser la rentabilité.

En 2023, le premier appareil de la compagnie a réalisé 127 vols au départ ou à l'arrivée de Lorient, dont 78 % pour le compte d'entreprises et 22 % pour des clubs sportifs.

Cependant, le développement de la compagnie est freiné en 2024 par deux facteurs majeurs relevant des contraintes réglementaires avec des difficultés liées aux procédures douanières pour la commercialisation des vols vers l'Écosse et de difficultés financières avec le placement en redressement judiciaire, le , de la compagnie partenaire Millésime Aviation, chargée de la commercialisation des vols, entraînant une réaffectation des appareils de Lorizon.

Évolution du trafic et fréquentation

Une décennie de déclin (2004-2014) Entre 2004 et 2014, l'aéroport de Lorient enregistre la plus forte baisse de trafic des aéroports français, avec une chute de 38 % du nombre de passagers. Cette situation s'explique par un contexte régional fortement concurrentiel, la Bretagne étant la région française comptant la plus forte densité d'infrastructures aéroportuaires.

Plusieurs facteurs structurels ont contribué à cette baisse. Le retrait d'Air France avec la suppression de la liaison vers Paris-Charles-de-Gaulle (exploitée entre 1998 et 2003) a réduit les capacités de correspondances internationales. L'instabilité des lignes transversales, la ligne vers Lyon (57 000 passagers en 2011) a périclité après sa reprise par Eastern Airways, qui ne permettait plus de connexions via le hub lyonnais. Enfin, l'arrêt des liaisons saisonnières vers les îles Britanniques (Londres-Luton, Cardiff, Cork, etc.) a suivi les difficultés financières de la compagnie Aer Arann.

Modernisation et rebond éphémère (2014-2017) En 2014, d'importants travaux de rénovation sont engagés. Tandis que la Marine nationale modernise la piste et le balisage LED, la zone civile est réaménagée pour accueillir simultanément quatre vols commerciaux et des appareils de plus de 100 places.

L'année 2015 marque un net redressement (+18,4 %) porté par l'arrivée de la compagnie Ryanair. L'ouverture de la ligne vers Porto engendre une croissance spectaculaire du trafic international, qui passe de 600 à près de 22 000 passagers en un an. Malgré une légère baisse en 2016 due à de nouvelles suppressions vers Lyon et Paris, la dynamique se stabilise en 2017 (+1,46 %) grâce au succès des lignes vers Porto et Londres, bien que la liaison vers Paris souffre de nombreuses annulations techniques.

Crise et déclin récent (2018-2022) En 2018, le trafic amorce une nouvelle baisse de 4,4 %, consécutive à l'arrêt de la desserte de Londres par Ryanair. Si le lancement de nouvelles rotations vers Lyon et Paris-CDG fin 2018 affiche initialement des taux de remplissage prometteurs (respectivement 69 % et 81 %), la dynamique est brisée par les fermetures de lignes successives et l'impact de la pandémie de COVID-19.

Depuis 2020, la fréquentation de l'aéroport s'est effondrée avec moins de 26 000 passagers en 2020, moins de 9 000 passagers en 2021. Depuis 2022, le trafic se maintient sous le seuil des 7 000 passagers..

Les dessertes historiques Si l'aéroport de Lorient a par le passé proposé des liaisons saisonnières ou régulières vers des destinations françaises (Belle-île en Mer, Quiberon, Groix, Lille, Mulhouse, Strasbourg, Calvi, Ajaccio, Chambéry...), européennes (Inverness, Swansea, Cork, Galway, Waterford, kerry, Porto, Genève ou Zurich) et des charters vers le bassin méditerranéen essentiellement, deux axes ont historiquement structuré son activité : Paris et Lyon.

La liaison vers Paris (1961 - 2021) Bien que la compagnie Air Ouest ait envisagé dès 1958 une desserte vers la capitale, le projet avorte avec la disparition de l'entreprise. La ligne vers l'aéroport de Paris-Orly est officiellement inaugurée le par Air Inter. À ses débuts, Lorient constitue souvent une escale sur les routes Paris-Brest, Paris-Nantes ou Paris-Quimper avec quelques liaisons directes. Ce n'est qu'au début des années 1980 que la liaison devient réellement directe et autonome avec l'utilisation sur la ligne, entre autres de la Caravelle Super 12 de 131 places (1981). Air Inter intègre à son programme par la suite, les Dassault Mercure 100 de 156 places (1989) et l'Airbus A320 de 172 places (1990) avec en complément le Fokker 100 de 100 places (1992)Le Télégramme du Morbihan du 19 mai 1992. Titre: Air Inter dans l'Ouest. Une année 92 plutôt souriante..

Au fil des décennies, Air Inter sous-traite une partie de l'exploitation à des compagnies tierces comme Rousseau Aviation pour ses Nord-Aviation N262 (années 1960-1970), Europe Aéro Service pour ses avions "Caravelle" (années 1980) ou Brit Air avec ses Fokker 27 Friendship et ATR 42 (dès 1983 sur les liaisons à faible densité).

Suite à l'intégration d'Air Inter au groupe Air France, la gestion de la ligne évolue. Entre 1998 et 2003, les vols basculent alternativement entre Roissy-Charles-de-Gaulle et Orly (Airbus A320 ou Boeing 737), pour se stabiliser sur Orly en 2003. Air France confie la liaison à sa filiale Brit Air qui utilise les Fokker 100 (100 places) et CRJ- 700 (78 places). En 2013, la ligne est intégrée au pôle régional HOP! Air France qui utilise différents appareils au fils du temps (CRJ-700, ATR-42, ATR-72, Embraer 170 ou CRJ-1000). En 2018, la desserte est transférée vers Roissy-CDG et opérée en Embraer 145 par la compagnie Amelia International (Aero4M) pour le compte d'Air France.

Marquée par la crise sanitaire de la Covid-19, la ligne est suspendue le avant de reprendre brièvement le . Confrontée à la concurrence accrue du TGV Atlantique et dans un contexte de réduction des vols intérieurs (porté par l'esprit de la loi Climat et Résilience), Air France se retire définitivement de l'aéroport le , mettant fin à 60 ans de présence.

La liaison vers Lyon (1994 - 2020) Dès 1990, deux projets de liaisons aériennes au départ de Lorient sont successivement envisagés, sans toutefois aboutir. Le premier, en mai, porté par la compagnie Air Lorient, prévoyait l'utilisation d'un Swearingen Metro Merlin II de 18 places.

Le second projet, en août, mené par Air Jet, ambitionnait de mettre en place une ligne transversale reliant Lorient à Lyon et Genève en Fokker 27. Cette liaison présentait la particularité d'être mixte : elle devait assurer le transport de passagers ainsi que le fret de marchandises à haute valeur ajoutée, notamment la « marée fraîche » issue de la pêche locale .

Longtemps sollicitée par la Chambre de commerce du Morbihan, la desserte vers Lyon-Saint-Exupéry est officiellement autorisée début 1993. Elle est inaugurée le par la compagnie D.E.A.L. (Diagonal European Airways Link) Cette dernière n'opère cependant que quelques semaines dès , faute de passagers et suite à la défaillance de son actionnaire, avant que la liaison ne soit reprise par Proteus Airlines en .

Cette liaison transversale devient rapidement un axe stratégique, transportant plus de 10 000 passagers annuels dès 1997 et atteignant 57 000 passagers en 2011, offrant ainsi des connexions vers les Alpes ou l'international. Au fil des ans, plusieurs opérateurs se succèdent pour assurer la ligne, notamment Régional, Hop ! Air France, Eastern Airways, FlyKiss (dont le lancement avorte en 2016 pour des raisons administratives) puis la compagnie Amelia International pour le compte d'Air France. À l'instar de la ligne vers Paris, la liaison est définitivement interrompue le , lors de la crise sanitaire de la Covid-19, Air France décidant de ne pas la reconduire à la reprise du trafic.