Le génocide des Isaaq (, ), ou holocauste d'Hargeisa, est le massacre systématique de civils Isaaq perpétré entre 1987 et 1989 par la République démocratique somalie et avec sa complicité, sous la dictature de Mohamed Siad Barre, au cours de la Révolution somalienne. Ce massacre a causé la mort, selon plusieurs sources, de à civils ou, selon les analyses locales, jusqu'à civils Isaaq.
Parmi les étapes de ce génocide figure la destruction totale des deuxième et troisième villes principales de la République somalie, Hargeisa (détruite à 90 %) et Burao (détruite à 70 %). Les attaques ont aussi conduit Somalis (principalement des Isaaq) à fuir le pays et traverser la frontière pour se réfugier à Hart Sheik en Éthiopie, mouvement décrit comme ; les rescapés se sont trouvés dans le plus grand camp de réfugiés à l'époque, en 1988 et autres victimes ont été déplacées. L'ampleur des destructions menées à Hargeisa a valu à la ville le surnom de « Dresde de l'Afrique ». Ces tueries qui ont eu lieu à l'époque de la Révolution somalienne sont parfois qualifiées de .
En milieu rural, les forces armées somaliennes se sont dotées d'une section mécanisée pour perpétrer la persécution des Isaaq : les Dabar Goynta Isaaqa (les Exterminateurs d'Isaaq), composée uniquement de personnes n'appartenant pas au clan Isaaq (principalement des Ogaden). Cette unité a mené ; c'est ainsi que des villages entiers ont été dépeuplés et des villes livrées aux pillages. Les Isaaq ont aussi été victimes de viol en tant qu'arme de génocide. Human Rights Watch déclare que le groupe armé des Dabar Goynta Isaaqa, ainsi que d'autres unités des forces militaires, sont responsables d'une campagne de terreur menée contre les nomades Isaaq dans les zones ruralesSomalia: A Government at War with its Own People. Human Rights Watch, 1990, p.89.. Le Dabar Goynta Isaaqa est ensuite devenu un système de gouvernance dont les représentants locaux appliquaient les politiques les plus répressives à l'encontre des IsaaqSomalia: A Government at War with its Own People. Human Rights Watch, 1990, p.115. En outre, le gouvernement somalien a déposé un million de mines terrestres sur le territoire des Isaaq.
En 2001, les Nations unies ont mandaté une enquête sur les atteintes aux droits humains qui ont été perpétrées en Somalie, et plus particulièrement pour déterminer si . L'enquête est mandatée à la fois par les Nations unies et par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme. Au terme de l'enquête, le rapport conclut qu'un crime de génocide a bien eu lieu contre les Isaaq en Somalie. L'enquêteur des Nations unies, Chris Mburu, déclare : .
Références
Isaaq Catégorie:Histoire de la Somalie Catégorie:Violence en Somalie Catégorie:Atteinte aux droits de l'homme au Somaliland Catégorie:Atteinte aux droits de l'homme en Somalie