Les relations entre la Colombie et la Géorgie sont les liens bilatéraux entre la République de Colombie, un pays d'Amérique du Sud, et la Géorgie, une république de Transcaucasie. Tandis que la Colombie vote en faveur de l'accès de la Géorgie à la Société des Nations en 1920, ce n'est qu'en 1997 que les deux pays signent un protocole à New York pour établir des liens diplomatiques, tandis que ce n'est qu'en 2010 que les deux pays commencent à approfondir leurs relations avec la visite du président géorgien Mikheïl Saakachvili pour l'inauguration de Juan Manuel Santos. En 2012, le premier ambassadeur géorgien en Colombie est nommé, mais avec résidence à Brasilia, tandis que la Colombie accrédite son ambassade à Ankara à la Géorgie en 2016.
Depuis la signature du Mémorandum d'entente entre les ministères des Affaires étrangères des deux pays en les liens entre Tbilissi et Bogota sont principalement réglementés par les consultations politiques bilatérales, qui se déroulent plus ou moins fréquemment et qui comptent six cycles jusqu'à ce jour. Ces consultations ont mené à plusieurs progrès, dont le développement de la diplomatie sportive avec l'échange de joueurs de rugby en , des liens culturels et économiques (notamment avec l'organisation d'une semaine de la culture colombienne à Tbilissi en ), l'ouverture d'un consulat honoraire de la Colombie à Tbilissi en 2018 et la signature de plusieurs accords entre les deux pays.
Pour la Géorgie, entretenir des relations avec la Colombie est clé dans sa politique de non-reconnaissance pour empêcher la pression par la Russie en Amérique latine de reconnaître l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud. Pour la Colombie, la Géorgie est un pas vers l'Eurasie, ce qui a encouragé le gouvernement colombien à approfondir les liens entre GUAM et l'Alliance du Pacifique et à augmenter le rôle de la Géorgie dans les organisations sud-américaines.
Contexte Politique internationale de la Colombie La République de Colombie est un pays situé dans le Nord-Ouest de l'Amérique du Sud qui gagne son indépendance de l'Espagne en 1819 et poursuit depuis une politique internationale limitée principalement à sa région. Longtemps alliée aux pouvoirs occidentaux durant la guerre froide, le pays a depuis développé une stratégie diplomatique envisageant une plus grande attention envers l'intégration économique et politique des pays d'Amérique latine. La stratégie du Ministère des Affaires étrangères de Colombie pour 2018-2022 prévoit une plus grande implication du pays dans les organisations multilatérales, notamment dans le cadre de la lutte contre le changement climatique, le crime organisé et le trafic de stupéfiants.
La Colombie a maintenu de proches relations avec l'Europe depuis la Seconde guerre mondiale, particulièrement avec l'Espagne et l'Allemagne. En 2018, le gouvernement colombien a annoncé une poussée vers le développement de relations bilatérales avec plus de nations européennes via le commerce. Depuis 2011, le ministère des Affaires étrangères entretient l'initiative « Diplomatie sportive et culturelle » pour utiliser les sports et la culture comme instruments vers la paix et le dialogue dans les zones de conflit, une initiative utilisée dans la politique diplomatique colombienne envers la Géorgie. Malgré ces projets, la Colombie n'a pas encore établi de proches liens avec l'Eurasie, un but pour lequel Bogota voit un potentiel de coopération avec la Géorgie. La seule présence diplomatique officielle de la Colombie en Transcaucasie est son ambassade à Bakou, qui ouvre en 2014.
La Colombie occupe un rôle important dans la propagation de la démocratie dans sa région. Depuis 2019, Bogota est instrumental dans l'aide envers Juan Guaido, président du Venezuela reconnu par les pouvoirs occidentaux, dont la Géorgie.
Position de la Géorgie en Amérique latine thumb|Ambassade de la Géorgie au Mexique Depuis son indépendance en 1991, la Géorgie fait face à un conflit contre la Russie au sujet des régions séparatistes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, conflit se développant en tensions diplomatiques, économiques et parfois militaires (voir la guerre russo-géorgienne de 2008). Parallèlement, la Géorgie supporte officiellement son intégration dans les organisations occidentales, telles que l'Union européenne et l'OTAN. Depuis la reconnaissance par la Russie de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud en 2008, suivie par les gouvernements d'Hugo Chavez au Venezuela et Daniel Ortega au Nicaragua, la Géorgie s'est engagée dans une diplomatie globale de non-reconnaissance, en particulier dans les États sud-américains, africains et océaniens susceptibles à l'influence de la Russie.
C'est dans cette politique que la Géorgie lance une nouvelle stratégie en Amérique latine et ouvre plusieurs ambassades dans la région : Brésil et Cuba en 2011, Argentine et Mexique en 2012. Mikheïl Saakachvili, président géorgien, fait plusieurs visites à travers l'Amérique du Sud pour continuer cette politique, dont au Costa Rica en , en Colombie en et au Pérou en . Pour Tbilissi, la Colombie est un partenaire clé en tant que leader régional, dont au sein de l'Alliance du Pacifique, un statut confirmé durant la seconde tournée des Consultations politiques colombiano-géorgiennes en 2016.
Histoire des relations bilatérales Aucun lien connu n'existe entre la Colombie de l'empire espagnol et les royaumes géorgiens avant le , tandis que la Géorgie fait déjà partie de la Russie impériale lors de l'indépendance de la Grande Colombie en 1819. Le premier contact entre les deux États apparaît en 1920 quand la Colombie est l'un des dix États membres de la Société des Nations à soutenir la candidature de la République démocratique de Géorgie pour rejoindre l'organisation internationale, un vote qui échoue et qui est suivie, en 1921, par l'invasion soviétique de la Géorgie.
Les relations diplomatiques entre la République de Colombie et la Géorgie sont officiellement établies le lors de la signature d'un protocole bilatéral à New York (États-Unis) entre Julio Londoño Paredes, représentant permanent de la Colombie aux Nations unies, et son homologue géorgien Petré Tchkeïdzé, un accord qui garantit la reconnaissance de la soveraineté nationale et de l'intégrité territoriale entre les deux nations, particulièrement importante pour la Géorgie qui doit faire face depuis la chute de l'URSS à des conflits séparatistes en Abkhazie et en Ossétie du Sud. La Géorgie est alors menée par Edouard Chevardnadzé, président élu en 1995 qui tente d'étendre le réseau diplomatique de son pays, tandis que la Colombie est présidée par Ernesto Samper, un chef d'État socialiste qui dirige son pays sous sanctions des États-Unis. La Colombie et la Géorgie sont rarement associés pendant plusieurs années et le seul lien existant entre Tbilissi et Bogota est dans la lutte contre le trafic de stupéfiants, tel que l'interception par les autorités géorgiennes d'une cargaison de cocaïne en provenance de Colombie vers la Turquie. Durant cette période, la Colombie continue de reconnaître l'intégrité territoriale de la Géorgie selon le protocole de 1997, réitéré le , tandis que la Géorgie partage ses condoléances auprès du gouvernement colombien lors de la tragédie de Mocoa et l'attentat du 17 janvier 2019 à Bogota.
left|thumb|Mikheïl Saakachvili visite la Colombie en 2010. Malgré un large manque de rapports bilatéraux entre les deux pays, la reconnaissance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud par la Russie en 2008, suivie par le Nicaragua et Venezuela en 2009, puis la visite du ministre des Affaires étrangères du gouvernement séparatiste abkhaze en Amérique latine en 2010 force Tbilissi à développer une stratégie diplomatique avec l'Amérique du Sud et la Colombie, alors l'un des plus proches alliés des États-Unis dans la région, devient une des cibles de la politique géorgienne. Le , le président géorgien Mikheïl Saakachvili commémore les deux ans de la Deuxième guerre d'Ossétie du Sud à Bogota, le seul chef d'État européen présent à l'inauguration du président-élu Juan Manuel SantosSelon la chaîne télévisée géorgienne Roustavi 2, il serait le seul chef d'État européen à être invité à l'inauguration., une visite controversée qui est justifiée par le ministre d'État géorgien pour la Réintégration Temour Iakobachvili comme « importante » dans le cadre de la politique de non-reconnaissance, la stratégie diplomatique géorgienne pour faire balance à l'influence russe dans les pays en développement. À l'occasion, Guiorgui Baramidzé, ministre d'État géorgien pour l'Intégration euro-atlantique, déclare que « la Colombie, un pays démocratique et un partenaire des États-Unis, est un partenaire intéressant pour la Géorgie et approfondir nos relations avec ce pays est désirable pour notre pays ».
En Colombie, Saakachvili rencontre Santos et la nouvelle ministre colombienne des Affaires étrangères María Ángela Holguín, participe à un dîner en l'honneur d'Álvaro Uribe et s'adresse à la presse locale en espagnol, soulignant l'importance de la démocratie colombienne pour la Géorgie. Cette visite ouvre les portes vers des relations de plus en plus proches entre les deux pays. L'ambassade de la Colombie en Turquie est accréditée à la Géorgie en et la Colombie est ajoutée à la juridiction de l'ambassade de la Géorgie au Brézil le quand l'ambassadeur Otar Berdzenichvili présente ses lettres de créance au président Santos. Le , Alfonso Soria, directeur du Département d'Europe du MAF de Colombie, visite Tbilissi et rencontre des membres du gouvernement géorgien pour envisager des relations économiques, culturelles, sociales, éducationnelles et sportives. Le , Sergui Kapanadzé, vice-ministre des Affaires étrangères de la Géorgie, visite la Colombie pour rencontrer son homologue Monica Lanzetta Mutis et des dignitaires des ministères colombiens de l'Infrastructure et de l'Agriculture et du Développement territorial, ainsi que ProColombia, l'agence gouvernementale chargée des exports.
La coopération agricole est abordée pour la première entre les deux pays lors de la rencontre entre l'ambassadeur géorgien Berdzenichvili et la vice-ministre colombienne des Affaires étrangères Patti Londoño Jaramillo le , une rencontre qui se déroule lors de la visite de Berdzenichvili dans les villes de Barranquilla et Medellin. Londoño Jaramilla, en tant que vice-ministre, est chargée du porte-feuille géorgien au sein du gouvernement colombien : elle visite Tbilissi en avec le vice-ministre du Commerce extérieur Gabriel Duque, rencontre ses homologues géorgiens David Zalkaliani en et David Dondoua en à New York puis représente le côté colombien dans les Consultations politiques entre les deux pays qui commencent en . Le , Londoňo Jaramillo visite la Géorgie et signe un accord bilatéral sur l'exemption de visa pour les titulaires de passeports diplomatiques.
À un plus haut niveau, les ministres se rencontrent à plusieurs occasions à New York, particulièrement dans le cadre de l'Assemblée générale des Nations unies : Holguín et Maïa Pandjikidzé le , Holguín et Mikheïl Djanelidzé le (rencontre durant laquelle les deux ministères signent un mémorandum d'entente vers la coopération technologique et économique) et le (durant laquelle Djanelidzé est invitée à visiter la ColombieLa visite d'un chef de la diplomatie géorgienne en Colombie ne s'est pas encore déroulée (septembre 2021).), puis Carlos Holmes Trujillo et David Zalkaliani le .