La National Divorce Reform League (NDRL) est une association américaine qui riposte contre la Première Vague féministe et prend part au mouvement anti-divorce des années 1880. La NDRL est composée d’hommes, des leaders religieux et des figures académiquesCynthia Akard, « The National Divorce Reform League’s Influence on Divorce Legislation in the Late Nineteenth Century », Essai pour Gender and the Law in American History Seminar, Georgetown, Gorgetown University, 21 janvier 1997, . . Ses objectifs sont la production de statistiques concernant le divorce, le support de lois sévères et l’uniformisation législative du divorce sur le territoire américain.

Histoire Créée au Connecticut le sous le nom de New England Divorce Reform League, celle-ci accorde ses premières années au recrutementGlenda Riley, Divorce: An American Tradition, édition, New York, University of Nebraska Press, 1997 (1991), .. Plus nationale, elle devient officiellement la National Divorce Reform League le Ibid.. L’association est dirigée par , directeur, et révérend , secrétaireNational Divorce Reform League, An Abstract of its Annual Reports, Montpellier, Vermont Watchman and State Journal Press, 1885, . . Dès 1886, grâce à son travail statistique et éducatifC. Larue Munson et William D. Crocker, « The Divorce Question in the United States », The Yale Law Journal, 18, 6 (avril 1909), . , elle acquiert rapidement son influence à travers des séminaires et des conventions religieusesNational Divorce Reform League, Report of the National Divorce Reform League for the Year ending December 31st 1886, Montpellier, Vermont Watchman and State Journal Press, 1886, . . En , le clergé washingtonien s’engage à coopérer avec la NDRL pour réformer les lois sur le divorce et le mariageIbid., ..

La NDLR affecte également le Département de l’Émigration et de l’Immigration des États-Unis. Elle propose plusieurs questions qui couvrent les sujets du mariage, du divorce et des naissances, particulièrement celles dites « illégitimes »National Divorce Reform League, Report of the National Divorce Reform League for the Year ending December 31st 1887, Montpellier, Vermont Watchman and State Journal Press, 1888, . .

Prises de position

La restriction du divorce et l'importance du mariage Le conservatisme moral de la NDRL méprise lourdement le divorce. En 1889, dans un article publié aux côtés du cardinal James Gibbons, l’évêque et le colonel Robert G. Ingersoll, Dike étaye la doctrine principale de la Ligue. On peut y lire que « le divorce affecte la famille », que « le divorce est un problème social prédominant » et que « le système législatif du divorce est lâche et cause beaucoup de mal »Henry C. Potter, Robert G. Ingersoll, Samuel W. Dike et James Gibbons, « Is Divorce Wrong? », The North American Review, 149, 396 (1889), . . Également, le divorce est source de « méfaits par lesquels les partis sont escroqués, les enfants rendus illégitimes et l’héritage rendu incertainIbid., . ». Puisque « sur le mariage repose la famille, et sur la famille repose la société, la civilisation, les intérêts les plus élevés de la religion et l’État », le mariage doit être indissolubleIbid., ..

La famille nucléaire unie La NDRL soutient l’idée selon laquelle la famille de la civilisation chrétienne est « essentiellement composée d’un homme et d’une femme liés par le mariage et leurs enfantsSamuel W. Dike, Perils to the Family: An Address delivered before the Evangelical Alliance Conference at Washington D.C., 1887, 15 p. ». Comme leur constitution en témoigne, la famille, le mariage et le divorce sont indéniablement liés : « son objet [consiste à] promouvoir une amélioration du sentiment public et de la législation dans l'institution de la famille, en particulier en ce qui concerne les maux existants liés au mariage et au divorceNational Divorce Reform League, Report of the National Divorce Reform League for the Year Ending December 31st 1892, Boston, C. H. Simonds & Co, 1892, . ». Également, selon Samuel W. Dike, « la défense de la Maison était aussi cruciale que l’abolition de l’esclavageH. W. Wilson Company, « Dike, Samuel Warren », H. W. Wilson Compagny, American reformers: an H.W. Wilson biographical dictionary, New York, H. W. Wilson Company, 1985, . ».

Objectifs

Recueillir les statistiques sur le divorce et la famille En 1887, l’association obtient à l’aide du Congrès américain des subventions pour étudier le divorce au paysNational Divorce Reform League, Report of the National Divorce Reform League for the Year ending December 31st 1887, op. cit., .. Sur ces entrefaites, Dike soutient que « les statistiques du mariage et du divorce trouvent leur justification dans leur rapport à la famille, puisqu'ils permettent sa formation et sa dissolutionSamuel W. Dike, « The Condition and Needs of Statistics of Marriage and Divorce», American Statistical Association, 3, 4 (1893), . ». D’abord introduit en 1884, ce projet permettra à la NDRL de regrouper des statistiques sur le mariage, le divorce, l’impudicité et l’illégitimité aux États-Unis, mais également au Canada et en EuropeNational Divorce Reform League, Report of the National Divorce Reform League for the Year ending December 31st 1887, op. cit., .. En 1889, la Ligue publie son rapport officiel, qui correspond à l’étude de ces sujets entre 1867 et 1887Dike, « The Condition and Needs of Statistics of Marriage and Divorce», loc. cit., .. L’année suivante, la NDRL est chargée d’étudier la sociologie de la structure de la famille aux États-UnisNational Divorce Reform League, Report of the National Divorce Reform League for the Year ending December 31st 1890, Boston, C. H. Simonds & Co, 1891, .. Dans l’objectif d’informer l’opinion publique sur le mariage et le divorce par des bases de données faisant autorité, la Ligue est en mesure d’édifier de nombreux rapports statistiques pour le gouvernement américainNational Divorce Reform League, For the Improvement of the Institution of the Family, Auburndale, Essex Press, 1895, . .

Supporter les lois strictes concernant le divorce À la suite de la publication de leurs rapports concernant le divorce et le mariage en 1889, la NDRL entame une campagne visant à introduire des lois restrictives sur le divorceHenry Kalloch Rowe, Society: Its Origin and Development, New York, Chicago C. Scribner's Sons, 1916, .. Leurs propositions rendent le divorce largement plus difficile alors que les membres encouragent fortement les législateurs américains à resserrer les lois qui avaient été libéralisées suivant la Guerre de SécessionClaudia W. Strow et Brian K. Strow, « A history of divorce and remarriage in the United States », Humanomics, 22, 4 (2006), .. La Ligue propose un délai de six mois pour l'officialisation des documents de divorce, une interdiction de remariage de deux ans pour les demandeurs et demandeuses puis une interdiction de remariage à vie pour les défendeurs et les défenderessesIra Mark Ellman, « The Misguided Movement to Revive Fault Divorce, and why Reformers should look instead to the American Law Institute », International Journal of Law, Policy and the Family, 11, (1997), . .

Appuyer une uniformisation de la législation du divorce aux États-Unis En 1893 et 1894, des délégués de plusieurs états mettent en place une commission sur l'uniformité du divorceNational Divorce Reform League, Report of the National Divorce Reform League for the Year ending December 31st 1894, Boston, C. H. Simonds & Co, 1895, . . Selon le sociologue et historien Henry K. Rowe, « on croyait presque universellement que la Constitution [américaine] devrait être amendée de manière à garantir une loi fédérale sur le divorce, mais l'expérience a prouvé qu'il valait mieux que chaque État adopte une loi uniformeRowe, Society: Its Origin and Development, op. cit., . ». Dans leurs démarches, ils sont massivement appuyés par l’État de VirginieNational Divorce Reform League, Report of the National Divorce Reform League for the Year ending December 31st 1894, op. cit., .. Dans sa brochure Twelve Reasons for supporting the National Divorce Reform League publiée le , la Ligue mentionne que d'importantes réformes dans les lois sur le mariage et le divorce sont garanties alors que « la législation relâchée a pratiquement cessé, des mesures restrictives sont adoptées, [les taux de] divorce sont tombés en vertu de certaines de ces meilleures lois et les mariages sont plus ordonnésNational Divorce Reform League, Twelve Reasons for supporting the National Divorce Reform League, Auburndale, Essex Press, 1893, . ». Puis, en 1895, la NDRL se réjouit d’un début d’uniformisation législative alors que, depuis leur amorce, vingt-trois états américains ont créé des commissions en ce sensNational Divorce Reform League, For the Improvement of the Institution of the Family, op. cit., ..

The National League for the Protection of the Family En 1897, la NDLR devient la National League for the Protection of the FamilyMichele Adams et Scott Coltrane, « Framing Divorce Reform: Media, Morality, and the Politics of Family », Family Process, 46, 1 (2006), . Dans son rapport de 1897, la Ligue mentionne que « le simple fait que la Famille soit l’institution fondamentale de la société est suffisant pour justifier l’existence d’une association vigoureuse dévouée à la protection et à l’amélioration de la FamilleThe National League for the Protection of the Family, Annual Report for 1897, Boston, The Everett Press Company, 1898, . ». Si ses membres ont toujours « observé le mariage, le divorce et tout autre sujet de la vie domestique comme faisant partie [du] seul problème inclusif de la familleIbid., . », la NDRL devient de nom ce qu’elle a toujours été.

Notes et références

Voir aussi L'inventaire du fonds d'archives de la National Divorce Reform League est conservé par l'Université Harvard et digitalisé par Google.

Catégorie:Association ou organisme ayant son siège aux États-Unis Catégorie:Association fondée en 1881