Daniel Riberzani est un artiste peintre français de figures, nus, paysages, natures mortes, cartons de tapisseries, né le à Paris.

Il a personnellement exposé ses œuvres à partir de la fin des années 1960, régulièrement en France et aux États-Unis.

Dans le domaine de la tapisserie, il a également participé à de nombreuses expositions en France et à l'étranger. On peut citer notamment : en 1984, Histoire d'une Tapisserie, au Musée départemental de la Tapisserie à Aubusson ; en 1985 au Musée des Beaux-Arts d'Arras et à Montreux, dans le cadre de l'exposition Les Chefs-d'œuvre d'Aubusson ; en 1985 et 1986 dans le cadre de l'exposition La Tapisserie en France ; en 1992, à l'Espace Carpeaux ; en 1995, à Avallon et Orléans, etc.

Ses œuvres sont présentes dans les collections publiques françaises (Mobilier National, Paris ; Cité internationale de la tapisserie d’Aubusson ; Fonds national d'art contemporain, Paris ; Fonds régional d'art contemporain de Basse-Normandie…).

II a enseigné aux Ateliers Beaux-Arts de la ville de Paris de 1995 à 2008.

Biographie

Daniel Riberzani, né dans une famille ouvrière en 1942, quitte l'école à 14 ans : son professeur de dessin ayant remarqué ses capacités artistiques, a en effet convaincu ses parents de l'inscrire à l’École des arts appliqués où, de 1959 à 1961, il apprendra entre autres l'accord des couleurs et l'histoire de l'art.

Années 1960 : objets, personnages, poissons

À partir de 1964, il fait partie du « Groupe du 97 » composé de peintres au style de figuration différent, groupe également amical, avec : P. Bezard, F. Brandon, M. Four, G. Lecloarec, D. Sciora, M. Tarazona.

Dès 1967, il participe à de nombreux salons, expositions personnelles et Collectives en France et a l’étranger. Dans ses expositions personnelles, régulièrement se confrontent ses peintures, ses dessins, tapisseries et estampes.

En 1969, il prend part à des manifestations de groupe aux États-Unis, en Irlande, au Canada, en Allemagne et au Japon. En 1976, il participe au Comité de la Jeune Peinture.

Ses œuvres des années 1960 se focalisent sur des thèmes successifs : vélos et machines caractérisés par des couleurs vives et acides en vue de créer un climat irréel autour d'objets anciens précisément restitués (1964-1965), objets et poissons avec les mêmes effets polychromiques (1965-1966), personnages et églises aux couleurs accordées (1966-1967), poissons et anguillesAprès une partie pêche avec Andrée Devars du Mayne, qui deviendra son épouse, Daniel Riberzani ressent le besoin d'immortaliser son abondant butin au travers d'une série de peintures où poissons d'eau douce voisinent avec des anguilles. (1967-1968).

La fin des années 1960 et le début des années 1970 voient émerger des séries de nus et peintures érotiques. Les nus roses sont une série de peintures influencée par l'école de Fontainebleau, référence à une peinture classique mais différente dans la façon de traiter le thème du nu, par des poses inhabituelles et ambiguës, univers coloré qui va du rouge vif carmin aux violets forts en passant par des roses camaïeux.

Années 1970 : nus, paysages, natures mortes

Dans les années 1970, après la série d'huiles sur papier érotiques, Riberzani comme à son habitude, change de thème, de technique et de support.

Il développe ensuite une série de paysages bleus et verts (l'été sans personnage) : dans ces paysages, de nouveaux matériaux interviennent : pâte plastique pour la terre, paille véritable solidifiée pour les blés et les foins, sable fin... Toutes ces matières ont été peintes à l'acrylique ou à l'huile. Le modelé des collines et des autres éléments composants ces sites est dépouillé, étiré, avec toujours la préoccupation de l'artiste de réaliser des compositions rigoureuses, très cadrées. Les couleurs se veulent pures et symboliques : jaunes de cadmium, verts permanents, bleus outremer et cobalt... Ces paysages bleus et verts font l'objet d'expositionsCes paysages sont notamment présentés à la Galerie L55 et Robert Vrinat les présente ainsi dans Nouvelles Littéraire le 27 mai 1974 : « Chercheur explorateur de la matière, ce jeune peintre nous montre ses paysages Galerie L55 : Ce sont des prétextes à transmettre une émotion intérieure, introspection visuelle et esthétique du "Paysage". Un sentiment de plénitude ressort, devant cette synthèse de la nature dans sa diversité, un creux de la vallée, quelques sapins, l'ombre omniprésente de la montagne, un souvenir confus nous envahit "Mais je connais, ce paysage". A-t-il posé son chevalet dans telle ou telle région ? Non sa vision est intime. Un train lancé à grande vitesse laisse entrevoir des suites d'images, ses peintures sortes d'instantanés ne sont pas sans rappeler l'image couleur surexposée, la matière est granuleuse "Petits champs de trèfles" La terre est bleue comme baignée d'ombre, vivante de milliers de monticules. Il évoque l'espace et le temps, "L'ombre bleue" on dirait que l'ombre est en marche, "Arbres bleus dans un champ jaune" ébloui de soleil. Daniel Riberzani avec force nous donne sa vision du monde. » De même, dans le catalogue de l'exposition à la Galerie L55 en 1974, Bertrand Jérôme insiste sur la projection froide des masses rencontre les irradiations chaudes des espaces de lumière..

Entre 1979 et 1981, il peint une série de toiles sur le thème de la nature morte revisitée avec des œuvres comme La Grande raie et ses fans (1981), Les Carnassiers (1981). IL relie ses natures mortes aux Vanités du XVII siècle et d'après la galeriste et conférencière au Musée d'Art moderne de la Ville de paris, Suzanne de Coninck, « cette liaison résulte de la prise en compte de la question de l'être et du non-être et révèle leur médiation obligée : l'instinct de re-production. De la vie comme de la peinture. Eros contre Thanatos. La toile Face à face, par exemple, montre une série de légumes allongés qui sont autant de symboles phalliques confrontés à une moitié de pastèque, métaphore du sexe féminin. L'ensemble des peintures de la série peut être lu sur cette base (...). C'est paradoxalement, cette mise au jour d'une dimension refoulée qui rend les natures mortes de Riberzani particulièrement vivantes comme l'ont souligné certains commentateurs de ses expositionsSuzanne de Coninck, catalogue d'une exposition à la galerie Carla Asbeck à Düsseldorf, 1981. ».

Années 1980 : tapisserie et « Paysages-Événements »

En 1982, il est accueilli à l’École nationale d'art décoratif d'Aubusson, comme premier boursier d’un plan de relance de la tapisserie mis en place par Jack LangRobert Guinot, La Montagne, 6 août 2015., afin de pouvoir travailler à la réalisation de tapisseries d'Aubusson et à la Manufacture des GobelinsDans le catalogue de l'exposition Aubusson 88, Cinq ans de bourses et avances sur tissages du CNAP, à la Cité internationale de la tapisserie, son directeur, Paul Rish, explique les raisons du choix de la commission des bourses : « ses natures mortes rigoureuses dans leur organisation et à double sens pour qui sait lire entre les lignes ont en effet rencontré un accueil enthousiaste » et que Daniel Riberzani, « à pied d'œuvre dès 6 heures du matin à l'École nationale d'art décoratif d'Aubusson puis dans la maison que Camille Legoueix tint à sa disposition, construisit ses premiers cartons avec une précision et un acharnement remarquables ».. À partir de 1983, il peut ainsi créer des cartons pour des œuvres monumentales, telles : La rencontre du cannibale et des carnassiers en 1983Martine Mathias, conservatrice du Musée départemental de tapisserie d'Aubusson, remarque dans le catalogue de l'exposition Histoire d'une tapisserie en 1984, que « la spécificité de la laine et la limitation effective des couleurs invitent à resserrer l'expression : sur seize mètres carrés, trente-sept nuances ont été utilisées, avec un sentiment de la couleur très particulier où dominent violet, rouge et bleu. Ceci allié à la grandeur surréelle du chou et des poissons, confère à la tapisserie un puissant impact ; toutefois le premier choc, passé, nous sommes au cœur d'un univers symbolique très dense, dans cette tenture, fruit de six mois de travail en accord avec l'artiste, de trois lissiers expérimentés ». Outre une exposition, cette tapisserie a par ailleurs donné lieu à un film, "La rencontre du cannibale et des carnassiers" de Christian Riberzani, produit par Art-Consulting, en 1983. Ce film commenté en octobre 1986 dans Le Monde et le Figaro a obtenu le Grand Prix du Festival muséographique de Mont-de-Marsan en 1986. il a été sélectionné aux festivals de Montréal, Tampere (Finlande), Clermont-Ferrand, Moscou... ; La grande raie bouclée en 1984 ; Traces en 1988 ; L'histoire du monde ; La Musique et la Danse en 1991, réalisation de pour l'Espace Carpeaux de Courbevoie par les ateliers Pinton, une des plus grandes au mondeLa Montagne, 12 septembre 2003.Pierre Chevalier, Courrier des métiers d'art, n° 103, juin 1991, p. 5..

Selon Daniel RiberzaniAriane Grenon, France catholique, « Riberzani : déchiré-collé et peintures intimes », n° 2630, 30 janvier 1998, p. 26. : « L'aventure de la tapisserie m'a rend plus audacieux, elle m'a obligé à être plus économe du point de vue des formes, à voir plus vaste dans les compositions et les formats, moins hésitant dans les accords de ton et plus généreux dans la couleur. » Naturellement la tapisserie l'a en effet conduit d'un travail individuel, solitaire, à un travail collectif : « Quelle jubilation, quel bonheur de travailler, et pour soi et pour les autres, et avec les autres ! La peinture est un dur travail solitaire, la tapisserie, une aventure collective qui est peut-être le garde-fou du peintreCourrier des métiers d’art, SEMA édition, n° 103, 1991, page 6.. » Les tapisseries et œuvres tissées requièrent la collaboration entre lissiers et artistes, les thèmes intemporels de ses tissages chargés de symboles sur l'histoire de l'univers et de l'humanité, les destinent principalement à des lieux publics.

Ses allers-retours entre peinture et tapisserie, lui permettent d’interroger formes et couleurs dans des compositions peintes ou tissées qui se complètent et s’enrichissent de leurs acquis respectifsLydia Harambourg, « Daniel Riberzani Tissages & Peintures, Galerie Kron - Rancon », in La Gazette Drouot, n° 23, 10 juin 2016.. Dans les années 1980, a lieu le tissage de la Grande Raie bouclée à la Manufacture nationale des Gobelins, dont un retissage est entrepris à Aubusson pour le compte d’un collectionneur en 2010.

Entre 1982 et 1988, il continue son œuvre de peintre avec la séries « Paysages-Événements », inspirée par les paysages de la CreuseRobert Guinot, Centre-France, 5 juillet 2016., « où il casse ses peintures trop imitatives et sereines pour qu'il s'y passe... un événement» et où il tourne « autour des mythes et des récits légendaires essentiels », dans un « ressourcement dans la tradition, animé de toute la vivacité et d'ardeur d'un art (forme et couleur) pleinement contemporainAriane Grenon, « Daniel Riberzani, tapisseries, peintures, pérégrination », Courrier des métiers d'art, n° 168, 1998. ». Il poursuit son œuvre de peintre avec la série Peintures intimes, entre 1989 et 1992.